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 Comme un Ange [PV]

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Andréas A. Leverenz
C.A.M
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▌Né(e) le: 28/01
▌Pays d'origine: Allemagne.
▌Statut: 7ème année

MessageSujet: Comme un Ange [PV]   Dim 23 Aoû - 21:12

« Le Danger, c’est quand on se met à composer sa vie comme une œuvre d’Art. Le Danger, c’est quand l’imagination n’écoute plus que sa propre poésie… »
Madeleine Monette


Le laboratoire. Un endroit fascinant … C’est ce que l’on aurait pu croire. Pourtant, le seul intérêt qu’y trouvait Andréas, c’était le vide et le silence intersidéral qui y régnaient. Et c’étaient les seules choses qui en faisaient un endroit approprié pour ses expériences et autres projets farfelus. Combien de temps y avait-il passé, depuis son entrée à S.W.Y.N ? Beaucoup trop, selon ses proches, inquiets de le voir suivre les traces de leur ancien professeur de potions décidément peu avenant. Mais le petit chimiste ne les avait jamais écoutés et c’était ici qu’étaient nées plusieurs de ses inventions, comme la Morphobulle ou le baume de cécité. Si Andréas affectionnait particulièrement la salle de musique, le laboratoire restait l’un de ses lieux préférés.
Peu fréquentée, la pièce exhalait constamment une odeur tenace de brûlé et restait paradoxalement très fraîche, caractéristique qui ne lui avait pas échappé et l’arrangeait outre mesure, l’allemand craignant la chaleur au moins autant que ses potions. Aussi, la première chose qu’il fit en entrant dans le laboratoire fut de soupirer d’aise tout en plissant le nez. L’endroit lui était si familier qu’il aurait pu s’y aventurer les yeux fermés … Sifflotant comme à son habitude, le jeune homme passa une main dans ses cheveux désordonnés et posa son sac sur une table libre, éternellement paré de son sourire comateux.
Aujourd’hui comme tous les jours depuis le début de l’été, le soleil irradiait du mieux qu’il pouvait, attirant les étudiants à l’extérieur aussi sûrement que du miel avec les mouches, rebutant tout autant certains marginaux préférant conserver leur peau nettes de bronzage… Andréas, lui, trouvait extrêmement désagréable le fait de suer et cette seule idée l’avait convaincu de ne sortir la journée que le strict nécessaire. Il avait donc pris l’habitude de s’aérer dès le soir tombé pour profiter de la fraicheur nocturne et dormait donc beaucoup moins qu’à l’accoutumée. Lui dont le sommeil était déjà dérangé par ses crises de somnambulisme… Il ne fallait pas s’étonner de voir les cernes s’accumuler sous ses yeux voilés.
Le programme de la journée s’annonçait intéressant. Libre pour la vingtaine d’heures à venir, l’allemand avait prévu d’améliorer sa nouvelle invention et se frottait déjà les mains à l’idée de pouvoir bénéficier de ses vertus : du sommeil liquide, rien que ça. N’importe qui lui aurait dit de simplement se coucher plus tôt, mais lui n’avait pas de temps à perdre et voyait déjà ses heures nocturnes passées dans le laboratoire à étudier le sang de ses comparses pour mettre au point de nouvelles potions plus bizarres les unes que les autres… C’était Andréas, ne l’oublions pas. Une tasse de café dans la main, le jeune homme ouvrit un carnet à plat sur la table et fouilla dans son sac pour en extraire une petite fiole au liquide ambré, son sourire s’agrandissant à vue d’œil. La première expérience n’avait pas été la bonne, celle-ci le serait, il en était certain.

« Bonjour, toi, fit-il en secouant légèrement la fiole. Bien dormi ? »

Si quelqu’un était entré à ce moment-là, sans doute l’aurait-il pris pour un fou. Mais la réputation du petit chimiste était bien au-dessus de tout ça… Continuant de susurrer des mots doux à sa création ratée, Andréas suivit des yeux les lignes qu’il avait griffonnées quelques jours plus tôt sur son carnet et se mordit généreusement la lèvre en faisant toutes sortes de conjectures.

« Hmm, peut-être que tu es trop liquide… En poudre, ce serait sans doute plus concluant. Je me suis trop concentré sur la couleur et le goût ; la quantité de jus de mandragore est trop importante, non ? Sauf que si j’en enlève, je risque de tomber dans le coma. »

Ce qui clochait, il le savait. C’était le sang de basilic, de bien piètre qualité. Peut-être même était-ce un ersatz… Non, c’était certain. Contrarié, il reposa la fiole et se plongea dans la contemplation des volutes dorées qui en faisaient son essence.

« Ah, si le ministère, n’était pas si étroit d’esprit, je n’aurais pas besoin d’aller me faire arnaquer par des petits vendeurs dans des marchés noirs… »

Le basilic était une entité dangereuse et rare, presque légendaire. Son sang faisait partie des produits interdits à la vente libre et il fallait pour s’en procurer légalement une expérience considérable, des liens avec le ministère de la magie et des arguments en béton… Andréas avait une expérience équivalente – voire supérieure - à la plupart des chercheurs adultes mais aucun diplôme ne le certifiait et ses recherches auraient été considérées comme indignes d’intérêt ; quand à ses affinités avec le ministère, il ne fallait même pas en parler. Il préférait passer outre ces règles, et si ses propos quant aux lois qu’il considérait comme rétrogrades n’étaient pas aussi virulents que ceux de son beau-frère, il n’en pensait pas moins.
Ainsi, c’était en toute illégalité que l’allemand s’était procuré le sang si précieux, partisan des marchés noirs et des bourses échangées silencieusement au détour d’une rue. Seulement, cette fois-ci comme tant d’autres, il s’était fait avoir et en beauté. Même couleur foncée, même consistance visqueuse, mais complètement différent au niveau moléculaire. Ce qu’il avait acheté à un prix scandaleux était du sang de lézard hémophile, tout aussi illégal mais bien plus facile à trouver et bien moins cher. En l’occurrence, il en avait déjà à revendre et celui-ci lui était totalement inutile.

« Bon. De un, trouver du vrai sang de basilic, de deux, chercher comment obtenir une consistance plus solide, deux trois… casser la gueule du vendeur. »

Tout ceci dit avec un sourire las. Andréas s’adossa à la table, leva la tête vers le plafond et ferma les yeux en soupirant. Il allait devoir encore donner une mornille au clochard du port pour obtenir des informations sur les fournisseurs de la ville, puiser dans ses économie, si tenté qu’il en ait encore, et attendre des heures dans une ruelle peu accueillante que l’on veuille bien lui vendre ce qu’il cherchait… La vie qu'il menait était décidément bien compliquée.


Dernière édition par Andréas A. Leverenz le Mer 7 Avr - 1:22, édité 2 fois
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Andréas A. Leverenz
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MessageSujet: Re: Comme un Ange [PV]   Ven 28 Aoû - 17:06

Donovan, c’était ainsi qu’il se faisait appeler. Grand et maigre, brun, mal rasé. Sous ses rides précoces devaient se cacher les traits d’un homme de la trentaine, laissé trop tôt à la décadence. Comme bon nombre des petits vendeurs, l’escroc avait monté son petit commerce dans les recoins de la rue de Nulle Part, et n’y apparaissait qu’à des heures précises dont on devait avoir eu vent au préalable. Seulement, à l’heure qu’il était, il devait déjà avoir changé ses plans, sans doute même de lieu… Le genre à utiliser des sortilèges de serments inviolables à tort et à travers, sans se soucier de si oui ou non les répercussions seront douloureuses. Et cette fois-ci, elles allaient l’être.
Sortant à regret de son état léthargique, Andréas esquissa un sourire en sentant une présence s’approcher dangereusement et lâcha le bord de la table pour remuer ses doigts fins dans un craquement sec. Ceci fait, il se décida à accorder un regard au nouveau venu, dont la vue lui arracha un faible ‘oh’ de surprise.

« Tu dois être irrité. »

Il aurait été tenté de répondre ironiquement que s’irriter pour une telle chose relevait d’une immaturité profonde, mais, n’en pensant pas un mot, il ne fit que pencher la tête sur le côté en haussant un sourcil.

« Moi, en tout cas, je le serais. »


Et il n’en doutait pas. Nastassia Maïakovski, troisième année en spécialisation Recherche, réputée pour ses tendances satanistes, bien qu’il ne doutât pas que ce ne fussent que des ragots de couloirs. Néanmoins, il s’avouait intérieurement que s’il n’avait pas été Andréas Aliosha Leverenz, ce regard lui aurait fait froid dans le dos.
Le sourire de son interlocutrice l’intrigua cependant plus que sa présence à ses côtés et c’est avec un soupçon de méfiance que l’allemand écouta la suite, qui devait être beaucoup plus intéressante.

« Le sang de basilic n’est pourtant pas ce qu’il y a de plus compliqué à trouver. »

L’information ne mit pas bien longtemps à parvenir au cerveau du jeune homme qui s’immobilisa un instant et porta une main à hauteur de son visage, rendant tout son sens théâtral à la scène ; ou pas. Nastassia n’était pas idiote. Elle savait qu’il savait. Il savait qu’elle savait. Savait quoi ? Ne rendez pas les choses plus compliquées qu’elles ne le sont déjà, s’il vous plaît.
Ne voulant salir l’aspect romanesque de la situation, il se saisit de sa tasse de café et en but une gorgée, d’un geste professionnel, avant de la reposer, aussi calme que le lui permettait l’exaltation qui le dévorait. Ensuite seulement, se permit-il de décréter d’une voix qui cachait mal son intérêt :

« Certes. »

Avouez que vous restez sans voix devant cette réplique d’un remarquable punch. Mais rassurez-vous, il y a une suite.
Esquissant un sourire en coin à la limite du narquois, il continua, une main sur la hanche :

« Tu sais comme moi que cet ingrédient est difficile à obtenir, pour des étudiants de notre niveau. J’conçois qu’il ne soit pas le plus rare et le plus cher, mais si on regarde plus haut, ça tient presque de l’inaccessible… »

Marquant une courte pause, il croisa les bras et reprit, sans se départir de son sourire :

« Cependant, tu sembles bien renseignée sur le sujet. Plus que moi, visiblement. »

Le ton qu’elle avait employé l’indiquait clairement : Elle savait comment se procurer du sang de basilic, et même peut-être d’autres ingrédients encore plus rares. Et ça… c’était intéressant. Vraiment, très intéressant. Mais – parce qu’il y avait toujours un mais – Andréas n’était pas idiot. Il n’était pas plus intelligent qu’un autre, mais il n’était pas idiot. Et il aurait fallu l’être pour ne pas deviner qu’à médaille il y avait toujours deux revers, et qu’un service n’était jamais gratuit. A fortiori quand il venait de Nastassia Alekseïvna Maïakovski. D’autant plus qu’elle ne devait pas être là par hasard… Si marginale fût-elle, le laboratoire n’était pas la destination première des étudiants, et le fait qu’elle se soit approchée de lui dès son entrée et sans matériel révélait qu’elle lui voulait quelque chose. A moins que leur présence au même moment dans un endroit aussi isolé ait été un hasard. Mais il ne croyait pas au hasard… Pas plus qu’il ne croyait au destin.
Et, alors qu’il s’approchait doucement de la jeune femme, sa main droite effleura le creux de son cou veiné pour y déposer une caresse, le temps d’un battement de cœur étranger. Ses yeux s’agrandirent, son sourire se tordit étrangement. Du sang. Il y avait du sang, dans cette gorge tendre et frêle. Et ça aussi, c’était intéressant…

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Il savait qu’elle n’était pas idiote. Et il aurait été prêt à vendre son âme au Diable pour obtenir ce qu’il désirait… pour peu qu’il en ait encore une.
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Andréas A. Leverenz
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MessageSujet: Re: Comme un Ange [PV]   Ven 25 Sep - 20:37

L’intérêt d’Andréas pour le sang ne datait pas d’hier, ce n’était un secret pour personne. Les professeurs eux-mêmes avaient déjà eu l’occasion de le voir à l’œuvre lors de ses expériences libres en première année, et les ragots avait fait bon train : on ne s’étonnait plus lorsque le petit Leverenz demandait au professeur de créaturologie s’il pouvait ‘emprunter’ du sang à ses charmantes bestioles – d’ailleurs plus ou moins ‘charmantes’. Abraxans, chartiers, botrucs, doxys, tous présentaient des particularités plus ou moins intéressantes qu’il tentait d’exploiter au mieux, et le danger qu’ils représentaient à l’état de vivants n’était que secondaire. S’il avait eu l’occasion de récolter du sang de détraqueur, il se serait jeté dans leurs bras avec joie, de même qu’il aurait tué une licorne sans broncher s’il avait fallut lui enlever la vie pour récolter de son sang. Fort heureusement pour lui – et bien malgré ses désirs -, il n’avait jamais eu l’occasion d’en croiser et la seringue restait un outil très efficace pour soutirer du sang sans tuer. Bien sûr, il avait déjà eu quelques problèmes avec des créatures quelque peu vicieuses, mais sa plus grande blessure à ce jour avait été une plaie béante dans le flanc droit causée par une mauvaise manipulation avec un hippogriffe. Souvenir cuisant, et pourtant peu important dans son esprit. Bien moins que quand ce sang durement obtenu s’était révélé être parfait pour accélérer la confection du polynectar… Sans parler des effets secondaires que cela entrainait, bien entendu. Après tout, ils étaient ‘secondaires’. Donc négligeables. ( Ou pas ? )
L’intérêt du petit chimiste pour le sang humain était en revanche plus récent, et datait de sa troisième année. Oh, il avait suffi d’un rien, une information volée au hasard d’un livre, supposant que peut-être, le sang de sorcier très concentré pourrait apporter un quelque chose à certaines potions, que le sang moldu n’avait sans doute pas … Alors ses recherches s’étaient étendues, et pas seulement aux sorciers. Des vélanes aux individus à la personnalité très marquée, il s’était perdu dans ses conjectures et tentait à tout prix de prouver que suivant son caractère, un tel possédait un sang différent d’un autre, et présenterait un avantage ou un inconvénient à être utilisé. Ce qu’on aurait pu appeler ‘âme’ et que lui nommait ‘essence’ était dans son esprit un voile diffus parant l’entièreté du corps humain, de ses os à sa chair, de son cœur au bout de ses ongles. Le sang étant un élément liquide, il se plaisait à penser que l’essence d’un être s’y trouvait en plus grande partie ; et enfermer l’âme entière d’un individu dans sa seule seringue avait souvent été l’un de ses plus grands fantasmes. Enfermer l’âme de Nastassia n’en aurait été que plus jouissif.

Andréas ne broncha pas lorsque la jeune femme au regard trouble sortit sa baguette et ne songea même pas à décrypter son attitude, complètement plongé dans ses calculs scientifiques. S’il avait été plus conscient, il n’aurait pas plus bougé, mais aurait monté plusieurs hypothèses en attendant que l’une d’elles se vérifie. Car l’un des plus grands plaisirs de sa vie était de se faire surprendre … Sortant doucement de son état presque secondaire, il suivit des yeux les gestes de la belle sorcière et se saisit du verre improvisé qu’elle lui tendait, non sans un sourire aussi trouble que ses iris.

« Aux bonnes affaires. »

Aux bonnes affaires, oui. Levant son verre à hauteur de ses yeux, Andréas observa un instant les volutes claires de l’alcool en se demandant instinctivement si cette boisson russe aurait une quelconque utilité dans sa potion de sommeil, la frustration éprouvée à l’égard de cet échec s’étant presque dissipée. Il n’eut en revanche aucune pensée pour le potentiel danger que présentait ce liquide, conscient depuis bien longtemps de sa résistance phénoménale aux potions les plus hargneuses. A force de s’envoyer des litres de cochonneries de sa fabrication, le petit Leverenz craignait moins l’alcool que sa sœur, c’était pour dire … D’ailleurs, elle ne l’avouerait jamais, la Manuela. Andréas avait toujours été remarquablement idiot, du côté de sa légendaire inconscience face au danger, et ce bien plus qu’elle. Un magyar aurait pu apparaître devant lui qu’il se serait contenté de hausser un sourcil. Autrement dit, l’instinct de survie était chez cet individu spécial, bien peu développé.

Vidant d’un trait le verre qui, quelques secondes plus tôt, était un simple récipient, notre bonhomme se prit à penser que la ‘petite eau’ russe portait bien son nom et manquait sérieusement de goût. Rustre qu’il était, insensible aux nuances légères de … bref. Tout de même un minimum éduqué, il attendit de voir l’intrigante faire de même avant de remettre les négociations sur le plateau. Il fit mieux, même : Il se tut. Après tout, n’était-ce pas à la jeune femme, de commencer ? C’était elle qui avait l’avantage, pour l’heure. Et pour être franc, Andréas ne voyait pas ce qu’elle pourrait tirer de lui à part ses dernières mornilles … S’il avait fallu passer par la prostitution, il n’aurait pas hésité une seconde, seulement, elle n’avait pas l’air d’être du genre à nourrir ces sombres desseins … A moins que. C’était quoi, ce regard trouble, profond et vide à la fois ? Cette robe sanglante, longue, trop longue même, cette parure de femme fatale ? Une invitation au viol, sans doute. Et Andréas devait s’avouer qu’il n‘irait pas refuser de telles demandes.
Enfin, là n’était pas la question, puisque Nastassia n’avait encore rien demandé. Alors ? Quoi ? Du fric, du sexe de la violence, les trois en même temps ? Du sang ? Non, ça c’était trop précieux, bien trop précieux … Son sang à lui ? Une véritable réserve de drogue, toxique pour quiconque tenterait de l’assimiler à son organisme. Son expérience ? Voulait-elle empoisonner quelqu’un ? C’est que ça ne l’aurait pas étonné.
Et il l’aurait suivie, au bout du monde et jusqu’en Enfer si elle le lui avait demandé.
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Andréas A. Leverenz
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MessageSujet: Re: Comme un Ange [PV]   Mar 6 Avr - 23:36

Que n'aurait-il pas donné, pour la science … Il lui avait déjà cédé son corps et son âme, sans aucune hésitation, et il était prêt à offrir plus encore. Les veines piquées d'aiguilles, le corps brûlé par des élixirs mal dosés, les organes empoisonnés à saturation, Andréas avait pris plus de drogue dans sa courte vie que les plus gros des consommateurs. Et il en riait. Sa soeur l'avait plusieurs fois mis en garde, mais c'était déjà trop tard pour retourner en arrière ; il en venait à prendre des drogues de junkie pour atténuer les effets secondaires parfois désagréables de ses breuvages. La morphine était elle aussi devenue une véritable addiction, et pour cause : sans elle, la douleur était telle qu'il en était paralysé, forcé d'avoir recours aux scarifications pour retrouver ses fonctions motrices. Il lui était arrivé plusieurs fois de manquer de morphine au mauvais moment. Depuis ces épisodes, il vérifiait constamment sa présence dans la poche intérieure de sa veste. Et plus le temps passait, plus les doses augmentaient, plus ses élixirs gagnaient en concentration … Plus il détruisait son corps. Andréas ne vivrait pas bien longtemps, il s'était fait à cette idée depuis son passage en MUM. La seule chose qui lui permettait de ne pas succomber trop tôt à ses petits jeux était la maîtrise de son organisme, acquise grâce à sa pratique régulière de gymnastique chinoise. C'était l'une des nombreuses choses qu'il avait apprises lors de son aventure asiatique, épisode de sa vie qui était resté obscur pour tout le monde. Manuela elle-même n'avait aucune idée de ce qui avait pu lui arriver là-bas ; il n'avait rien voulu raconter. Elle était d'ailleurs au courant de bien peu de choses, lorsque l'on y pensait. Elle savait comme la majorité des étudiants de son année qu'il se droguait et testait ses expériences sur lui-même, mais connaissait-elle vraiment l'ampleur du danger dans lequel il se mettait ? Elle ne savait rien non plus des méthodes qu'il avait eu à employer lorsqu'il s'était trouvé en manque d'argent, quand plutôt que de demander de l'aide financière à qui que ce soit il avait préféré passer une nuit avec un homme dont il ne connaissait même pas le nom. Non, Manuela Leverenz ne savait rien. La seule personne qui était en mesure d'arrêter Andréas, c'était lui-même, et il n'en avait aucune envie.

Ce genre de personnalité plaisait à Nastassia, c'était certain. De même que Nastassia plaisait à Andréas. Il ne l'avait jamais vraiment regardée auparavant, prenant rarement aux sérieux les ragots de couloirs qui s'exprimaient à son sujet, mais aujourd'hui il découvrait une femme tout à fait plaisante. Sombre et retorse, difficile à cerner, mystérieuse et charismatique. Après l'avoir regardée, on ne pouvait détacher son regard d'elle. Nastassia était belle, aussi belle qu'un ange vengeur, mais au-delà de ça elle était attirante. Tant par les veines bleutées qui coloraient son cou que par les formes provocantes que laissaient paraître ses atours. Aussi, quand elle posa cette simple question qui ne souffrait aucune réponse, Andréas ne put s'empêcher de sourire. Non seulement elle était attirante, mais en plus elle en avait pleinement conscience. Rien d'étonnant à cela ; il avait affaire à une femme intelligente, c'était aisément devinable. Sa deuxième question mit un peu plus de temps à se frayer un chemin dans son cerveau. Peut-être parce qu'elle était plus près. Il attendit d'entendre la suite, avant de se prononcer. Non, il n'était pas adepte des théories les plus conventionnelles … Il les avait abandonnées définitivement trois ans plus tôt. Après avoir décidé qu'il agirait fatalement à l'encontre de tous les codes.

Lorsqu'elle découvrit les arabesques bleutées que décrivaient ses veines sur son poignet, il sentit un frisson grimper du bas de son dos jusqu'à sa nuque, faisant délicieusement monter l'adrénaline. Il suivit le reste de l'action sans ciller, attendant avec une concentration malsaine le moment fatidique où le sang s'échapperait de ce poignet. Une goutte vermeille traça son chemin sur la peau diaphane de l'ange, suivie par une autre, puis deux, puis trois, qui churent sur le sol froid avec la même fréquence, dans un manège presque hypnotique. A moitié conscient de ses actes, Andréas prit cette main blessée dans la sienne et posa le pouce de son autre main sur l'entaille, avant d'attirer un peu plus Nastassia à lui. Et avec l'expression passionnée d'un peintre devant son tableau, il leva son pinceau maculé de sang à la hauteur du visage de sa proie, pour le poser délicatement sur sa lèvre inférieur déjà écarlate. Il apprécia quelque seconde la sensation de la chair ferme et douce sous son doigt, puis la quitta à regret. Passa son pouce sur sa langue pour le nettoyer des dernières traces d'hémoglobine. Plongea ses yeux profonds dans les lacs troubles du regard de Nastassia, sans lâcher sa main dont le sang gouttait à présent sur ses propres doigts.


« Qui de nous deux pervertira l'autre … »

Ils avaient fait du chemin, tous les deux. Elle venait de Russie, et lui de Chine. Deux cultures profondément différentes et encrées dans leurs veines. Elle avait sans doute vécu toute son enfance là-bas, tandis que lui n'y avait passé qu'un an de sa vie. Mais il lui semblait avoir plus vécu cette année-là que pendant les vingt-trois autres réunies. Ils avaient fait du chemin, et n'avaient pas de limites. Ni d'éthique, ni de morale. Prêts à n'importe quoi pour arriver à leurs fins. Ils étaient encore jeunes, et pourtant leur corps portait déjà les marques d'une longue vie. Chacun à sa manière, ils trompaient leur entourage sur leur véritable nature, et se livraient à des activités malsaines. Deux personnalités, qui sans être similaires, étaient semblables.

Si Nastassia avait matière à le pervertir aisément, il n'était pas en reste non plus. La perversion était son domaine de prédilection depuis un certain temps ; sans doute depuis que son âme d'enfant s'était perdue dans une adolescence mouvementée – comme toute autre. Il ne ressentait aucune peur à l'idée de marchander avec une personne réputée pour être dangereusement infréquentable, et prenait un plaisir maniaque à l'approcher de trop près pour reculer ensuite. En prenant sa main comme il l'avait fait, il avait brisé la première barrière qui les séparait. Le reste ne s'ensuivrait que plus rapidement. Peut-être pas comme il l'entendait, mais c'était ce qui le faisait frémir d'avance. Etonne-moi, Nastassia, prends-moi au dépourvu, et je te montrerai de quoi je suis capable … Nous verrons ensemble, qui de nous deux pervertira l'autre.
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