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 [Bureau Valdas] L'héritage

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Tao Lyngheid
C.A.M
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▌Né(e) le: 3 décembre
▌Pays d'origine: Norvège, République Tchèque
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MessageSujet: [Bureau Valdas] L'héritage   Lun 22 Mar - 17:46

Agenouillé près de son lit, accoudé sur le matelas, le front appuyé sur ses mains jointes, Tao maudissait sa thèse; ce monstre affalé sur la couverture, gueule béante, membres pendants, tout en longueur et en largeur. La créature informe s'exposait sans pudeur sous le regard abattu de son créateur. À défaut de n'être jamais parvenue à l'aguicher, elle le narguait, ouvertement. Elle n'était jamais assez bien pour lui, il y avait toujours quelque chose à ajouter ou à changer. Et elle se doutait bien qu'il en serait toujours ainsi, qu'elle serait condamnée à la constante torture que lui infligeait l'idéalisme de son auteur. À moins que monsieur Valdas ne vienne à son secours. Celui qui s'était fait son défenseur jusque là était désormais retraité, mais la créature avait foi en son nouvel allié. Tao, quant à lui...

N'y pensait pas. Il se demandait plutôt comment classer l'amas chaotique de parchemins qui constituaient sa... sa thèse. Plus ou moins, en fait. Son ancien directeur de thèse s'était sans doute libéré de ce projet avec soulagement. Tao avait entendu dire que, malgré sa retraite, il avait accepté de collaborer avec ses autres étudiants en CAM travaillant à leur thèse. Le Plume ne s'en était pas indigné, parce qu'il comprenait très bien pourquoi le pauvre vieux n'avait plus voulu de... ça. À dire vrai, il n'était plus certain d'en vouloir, lui non plus. Rien que l'idée de devoir tout rassembler en un unique document lui donnait le vertige. Il y avait les parchemins sur la physiologie du sang, ceux répertoriant les différentes pathologies sanguines selon leur type, puis les parchemins sur les traitements sorciers et les traitements moldus, en plus des informations sur les recherches en cours, mais il y avait aussi des informations générales sur la médecine moldue, en comparaison avec la Santé magique, etc. Le hic c'est que, Tao n'avait au-cu-ne-ment envie de rassembler tout cela pour en faire quelque chose d'intelligible et de réfléchi. Réfléchir lui faisait perdre du temps qu'il aurait pu investir dans la poursuite de ses recherches.

- Bon.

Bon décisif, tranchant, engageant. Il se leva et profita d'un subit – et assurément très passager – regain d'énergie et de semblant d'enthousiasme pour organiser, grosso modo, tout le papier qu'il avait lâcher sur son lit une bonne heure plus tôt. Par thèmes, il regroupa les rouleaux de parchemin dans une boîte de carton, la même d'où il les avait sortis, de sous le lit. De toute façon, en vint-il à se dire, Erwan Valdas avait dû être averti, il n'y avait donc pas de honte à ne pas le surprendre...
Déjà 18h55, lui indiqua sa montre posée sur la table de chevet. Le moment serait bien choisi pour partir, s'il désirait arriver à l'heure prévue. Seul dans le dortoir, les distractions manquaient cruellement, et donc Tao empoigna sa boîte-thèse-tas de parchemins et sortit. Dans le hall il croisa quelques copines entrain d'étudier, avec lesquelles il ne manqua pas de perdre deux ou trois minutes à bavarder, s'enquérant par le fait même de leurs projets pour la soirée de demain. Tao finit par repartir, suivant les conseils de l'une des jeunes filles, se chargeant une fois de plus de sa boîte débordante.

Il eut beau chercher, les distractions manquèrent, pour le reste du trajet. À l'approche de la bibliothèque, Tao songea même à faire disparaître ses parchemins afin de troquer sa rencontre avec monsieur Valdas pour un détour à l'infirmerie. Il avait bien demandé à un de ses collègues d'avertir l'infirmière de son absence, mais affronter les blessures plutôt que sa thèse était très tentant. Mais bon, tant qu'à y être, là tout près, plus qu'à deux pas... Tant qu'à avoir traîné ce machin à mains nues... Pourquoi pas. Pourquoi ne pas lui donner une chance, au bonhomme. Tao avait déjà remis à plus tard bon nombres de fois leur première rencontre... C'était déjà pas mal que le professeur ai accepté de le voir ce soir. Serrant maladroitement d'une main sa boîte sur son torse, de l'autre, il cogna sur la porte entrouverte, mais son lourd chargement manqua déverser son contenu. De justesse, il le rattrapa mais percuta la porte, qui s'ouvrit sous le coup de la tête de Tao. Un parchemin tomba par terre et roula aux pieds du professeur.

- Bonsoir... fit Tao dans un sourire gêné. Je... Il baissa les yeux sur sa boîte, constata d'un air embêté son monstre recroquevillé. Je ne savais pas trop quoi apporter alors, j'ai tout pris. J'ai fais un peu de recherche... En fait j'ai... J'ai surtout fait de la recherche.
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Erwan Valdas
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▌Né(e) le: 28 Février 1972
▌Pays d'origine: Japon
▌Statut: Direction

MessageSujet: Re: [Bureau Valdas] L'héritage   Dim 28 Mar - 2:54

Par sa grande politesse, Erwan intimidait parfois les elfes de maison qui, de par cette trop grande marque de respect à leur égard, ne savaient plus dans quel recoin de leur unique morceau de vêtement cacher leur visage. Krolur, l’elfe qui avait malencontreusement perdu à la courte paille déterminant quel elfe allait porter les affaires du professeur Valdas à la sortie de la réunion quotidienne des directeurs lançait des regards inquiets à Erwan qui, en ce qui le concernait, était si préoccupé par le parchemin qu’il avait sous le nez qu’il ne remarqua pas la nervosité de la créature marchant à ses côtés. Devant son bureau, il récupéra ses quelques livres et ses encriers, remercia et salua cordialement Krolur qui déguerpit en courant dès que la porte du bureau fut refermée. À l’intérieur, le microcosme du professeur.

Une bibliothèque renfermait quelques livres, une impressionnante quantité d’ouvrages de références dont la plupart des sujets traitaient de symbolisme. Curieux, pour le directeur de la filière de santé magique de l’université. Sur le mur voisin se trouvait un calendrier lunaire, qui indiquait une semaine et deux jours avant la prochaine pleine lune. Pratiquement au centre de la pièce, légèrement décalé sur la gauche, son bureau, en bois de cerisier, qui mériterait bientôt une touche de vernis. La pièce en son ensemble était chaleureuse. Les deux fauteuils de chaque côté du bureau semblaient si confortables qu’il était miraculeux qu’aucun chat du château ne s’y soit encore frayé un chemin pour y établir domicile. Erwan lui-même avait parfois du mal à quitter son bureau aux allures de salon tellement il s’y sentait à son aise. Sur le coin même de son bureau reposait une théière aux motifs asiatiques, accompagnée de deux grandes tasses, l’une rouge, l’autre orange. D’un coup de baguette, Erwan versa de l’eau qu’il fit chauffer à l’aide d’un second sortilège. Éclairé par la lueur de quelques bougies au mur, il entreprit d’ajouter quelques herbes à son eau chaude afin de la parfumer quand un problème survint.


" Mmm, où est passée cette tisane poire-caramel ? "

Remuant le contenu de ses tiroirs, le professeur se mit en quête de sa précieuse tisane disparue. Sans hâte aucune, il souleva quelques piles de papiers, le courrier de ce matin. Le professeur se retourna, examinant la pièce d’un œil avisé qui s’arrêta à la vue du manteau qu’il avait revêtit il y a trois jours pour se rendre à la boutique d’herboristerie. Seulement, alors qu’il s’apprêtait à fouiller le fond de ses poches, la tête d’un étudiant percuta la porte de son bureau qui s’ouvrit sur le coup. Un rouleau de parchemin vint rouler aux pieds du professeur qui poussa une exclamation ravie en mettant la main sur le fameux sachet de tisane qui, effectivement, n’avait pas quitté la poche de son manteau depuis qu’il en avait fait l’achat. Son attention dériva aussitôt vers l’étudiant alors que celui-ci lui adressait des salutations gênées.


" Bonsoir. Je devine que vous devez être Monsieur Lyngheid ? Entrez, je vous en prie. " Fit le professeur d’un sourire accueillant. " J’étais sur le point de préparer une tisane à saveur de poire-caramel, vous en voulez ? "

Lentement, Erwan attendit que l’étudiant prenne place sur le fauteuil pour refermer la porte derrière lui, puis il vint infuser les herbes qui imprégnèrent l’air d’une délicieuse odeur sucrée. Le professeur Valdas alla prendre place de l’autre côté du bureau et jeta un coup d’oeil à l’horloge murale en forme de sablier.


" Vous savez, il n’y a aucun mal à faire de la recherche, au contraire, c’est tout à votre honneur, c'est ce qui fait avancer le monde, mais ne nous éloignons pas du sujet... Vous aviez besoin d’aide pour votre thèse, si j’ai bien compris ? Peut-être pourriez-vous commencer par m’en parler, quel en est l’objet ? "

D’un geste serein, le professeur retira le couvercle de la théière pour en humer l’odeur. Soucieux d’écouter son élève, il lança un regard attentif au Plumentine avant de verser la tisane dans les tasses. Il espérait bien être utile d’une quelconque manière à son élève. Par le passé, il avait lui-même écrit une thèse, et sa mémoire se rappelait très bien les nuits blanches penchées à la rédaction de chapitres particulièrement difficiles. L'écriture d'une thèse demandait des heures de travail, voire des journées entières. Cette étape était très certainement l'une des plus ardue à traverser pour un étudiant. Afin d'être certain d'accorder à Tao tout le temps dont il aurait besoin, Erwan s'était affranchi de toute autre responsabilité pour ce soir, à la seule exception, bien évidemment, du plaisir de boire une tisane chaude.
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Tao Lyngheid
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▌Né(e) le: 3 décembre
▌Pays d'origine: Norvège, République Tchèque
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MessageSujet: Re: [Bureau Valdas] L'héritage   Ven 16 Avr - 3:38

Monsieur Lyngheid hocha la tête une première fois pour signifier que le professeur ne se méprenait guère sur sa personne. Et une deuxième fois parce que les mots « caramel » et « poire » sonnèrent à ses oreilles particulièrement bien l'un près de l'autre, provoquant une image d'une alléchante douceur à son esprit : un épais caramel enveloppant mollement les courbes juteuses d'une poire... Appétissant. Quelque poire et quelque caramel jamais ne rivaliseraient avec un tel tableau. Les œuvres d'arts n'ont d'égal que dans l'imaginaire, mais surtout, Tao a de loin le rêve plus fin que le bec.

- S'il vous plaît, sourit-il donc.

Il attrapa, en pénétrant dans la pièce, le parchemin fugitif et posa son chargement au sol, au pied du fauteuil dans lequel il s'installa. Bras sur les accoudoirs, confortablement assis, Tao se laissa aller à une rapide observation de la pièce. Étonnamment, il découvrait l'antre de monsieur Valdas pour la toute première fois. Il avait eu à faire, au cours des dernières années, à nombre d'autres professeurs, à cause de ses résultats souvent à la limite du passable, mais s'en était décemment sorti en psychomagie, lui semblait-il. À l'issue de son MUM en santé humaine, Tao s'était permis d'espérer que le pire était passé, mais non. Être laissé à soi-même, ou presque, s'avérait plus ou moins fructueux dans son cas. Mais bon, tout irait bien n'est-ce pas, maintenant qu'il était là, assis dans ce trône au milieu d'un charmant décor où régnait un doux parfum fruité.
Lorsque le professeur vint s'asseoir face à lui, Tao se redressa, un peu déçu de n'avoir eu le temps de complètement oublier sa thèse. Discuter pleine lune et tisane ne lui aurait pas déplu. Une prochaine fois peut-être.
Donc ses recherches, ses travaux! Acquiesçant en fronçant les sourcils, rassemblant ses idées du mieux qu'il le pouvait, ses idées qui sous sa poigne se relâchaient au point de lui glisser entre les doigts, Tao soupira et, au bout d'un court instant, se risqua à entrouvrir les lèvres en portant son regard sur l'homme devant lui.

- C'est... J'ai choisi un sujet assez... Un sujet plutôt...

Se laissant aisément distraire, Tao suivit des yeux les gestes du professeur, trouvant à l'haleine de cette théière un intérêt renouvelé. Cependant, il n'osa de suite goûter le liquide fumant et s'en remit donc à la réponse qu'il avait entamée.

- Je fais une thèse sur les pathologies sanguines, lâcha-t-il.

Et, ne trouvant rien à ajouter sur le coup, il tendit une main vers la tasse plus près de lui, en saisit l'anse et la cueillit à deux mains, observant son contenu, le humant, sans encore se hasarder à s'en réchauffer la gorge. Tête baissée vers son reflet ondulant que lui renvoyait le liquide doré, il poursuivit d'un ton morne.

- Je n'ai rien écrit. Ou presque. Le temps que je consacre à ma thèse, je le consacre à mes recherches. Je m'intéresse aux divers types de pathologies du sang et aux traitements pour les soigner. Je me suis penché sur les remèdes sorciers et sur la médication moldue également. C'est ce qui rend le projet intéressant, à mon avis. Et puis en approfondissant mes recherches sur la médecine moldue, j'en suis venu à m'interroger sur la santé en général, par rapport aux deux mondes...

Tao sourit ironiquement en relevant le menton et son regard se reporta vers celui du professeur.

- C'est drôle cette façon qu'on a de parler de deux mondes alors que... Enfin, ce n'est pas la question mais, la question que je pose, moi, avec cette fichue thèse, ne va nulle part et est sans intérêt. Ce n'est même pas une question. Je ne fais que rassembler des données, des faits que d'autres avant moi ont véritablement observés... La vraie recherche, ce n'est pas ici, qu'elle se fait, pas vrai? Il soupira et se cala davantage dans le fauteuil. D'un autre côté, j'entretiens l'espoir que toutes ces informations que j'ai accumulées et que j'accumule toujours m'inspireront... Je sais pas... Quelque chose de significatif. Si ce n'est qu'une réponse, qu'une seule, à l'une des trop nombreuses énigmes de la médecine. Sorcière comme moldue.

Cela lui sembla, ainsi formulé, énorme. Surtout venant de lui qui, jusque là, s'en était toujours sorti de justesse et avait même dû reprendre quelques cours échoués. Énorme oui, mais pas encore impossible. Bref, sa thèse, son projet, c'était ça.
Tout en rapprochant la tisane de son visage, Tao songea qu'il discutait ouvertement de ses travaux pour la toute première fois. La pensée lui arracha un sourire perplexe qu'il fit disparaître derrière sa tasse. Et lorsqu'il la rabaissa, il affichait plutôt un air agréablement surpris.
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Erwan Valdas
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▌Né(e) le: 28 Février 1972
▌Pays d'origine: Japon
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MessageSujet: Re: [Bureau Valdas] L'héritage   Mer 23 Juin - 17:57

En quittant le Japon pour la première fois, Erwan fut persuadé de perdre à jamais quiconque avec qui partager une bonne tasse d’herbes infusées. Ce préjudice avait pour source nul autre que son père qui, lui, ne manqua pas une occasion de critiquer la passion de son fils pour les tisanes et les thés en tout genre. Par conséquent, à l’âge qu’il avait lorsqu’il quitta le pays du soleil levant, celui de sa défunte mère, pour les neiges éternelles de Russie, Erwan songea avec dépit que sa passion serait incomprise ailleurs. Il découvrit rapidement qu’il faisait erreur, et que bien des gens, dans de nombreuses villes et pays, prenaient grand plaisir à savourer une tisane en discutant, devant la cheminée avant le coucher, ou encore en solitaire à toute heure du jour. Il le comprit si bien, et s’en réjouit avec tant d’enthousiasme que lorsqu’il fut en âge de vivre par lui-même, Erwan renoua avec son Japon natal afin de faire l’acquisition d’un salon de thé et d’en devenir le digne propriétaire. Maintenant en Irlande, il se voyait ravi de constater que les étudiants se plaisaient aussi à boire de son nectar favori. D’un geste cérémonieux, Erwan versa la tisane dans la tasse de Tao, puis dans la sienne avant de reposer la théière sur son socle où une bougie gardait le liquide chaud.

" Vos réflexions sont étonnantes, d’autant plus que le sujet n’est pas des plus aisé. "

Déposant sa tasse sur son bureau, Erwan se leva vers sa bibliothèque personnelle pour en extraire un grimoire couleur ocre en feuilletant à peine quelques pages avant de tomber sur ce qu’il cherchait. De toute évidence, ce n’était pas la première fois qu’il consultait cet ouvrage. Erwan vint se rasseoir à son bureau en déposant le livre ouvert devant Tao et attira son attention sur une peinture médiévale : À gauche, un homme en armure en cote de maille avec un heaume, tenant une lourde épée à une main dont le manche arborait le symbole d’une croix. Face à lui, sur la droite, un second personnage vêtu d’une longue cape marron à capuchon. D’une main il tenait un balai, de l’autre se formait une boule de feu de la grosseur d’un cantaloup. En bas du tableau se trouvait le titre de ce dernier : Dualité.

" Lorsque vous évoquez deux mondes, et cela ne date pas d'hier, vous n’êtes pas dans l’erreur, néanmoins on ne peut considérer nos différences de manière si tranchante. Nous possédons beaucoup de points communs avec les moldus. Sur le plan médical par exemple, saviez-vous que les moldus pratiquent aussi la transfusion sanguine ? Certes ils sont pénalisés de bien des façons car la magie simplifie de beaucoup, et pas seulement au niveau de cette opération. Au lieu de sortilèges, ils se servent d’instruments, un peu comme nous le faisons nous-mêmes lors de la concoction de potions. Le résultat reste le même, et le sang est transféré d’un individu à l’autre. Chaque méthode a son pour et son contre. Comparer certains traitements de pathologies est sans aucun doute fascinant. "

Avant de poursuivre, le professeur Valdas prit le temps de boire une douce gorgée de tisane qui sembla lui donner un regain d’énergie.

" Accepter l’absence de réponse n’est pas une mauvaise chose non plus. Il vous est possible de réunir vos recherches et d’y démontrer les constatations que vous en avez faites pour en venir à une conclusion qui vous est bien personnelle selon votre point de vue étudiant. Le but de la thèse est de vous préparer à devenir un professionnel. Si vous souhaitez approfondir vos connaissances en pathologie sanguine et en faire une profession, vous aurez, grâce à votre thèse, une base très solide en la matière. Ainsi la réponse que vous souhaitez élucider viendra en son temps. "

Un silence pensif succéda aux paroles d’Erwan qui saisit l’anse de sa tasse afin de la porter à ses lèvres une nouvelle fois.

" Vous savez, si l’expérience vous intéresse, j’ai une connaissance en Roumanie qui effectue des expériences sur les caractéristiques du sang. Le docteur Elena Balasko. Elle concentre ses recherches sur les altérations génétiques humaines, soit les géants, les vélanes, les loups-garous, les vampires. Effectuer vos propres expériences avec une spécialiste pourrait ajouter un nouveau point de vue à votre thèse. Je ne peux rien vous promettre, c’est une femme très occupée, mais si cela vous dit, je peux lui envoyer un hibou pour m’enquérir de ses disponibilités, elle accueille à l’occasion des stagiaires au sein de son laboratoire. Si tel est le cas, il vous faudra probablement sacrifier quelques jours de vos vacances d’été. "

Le professeur Valdas était de la même promotion qu’Elena Balasko. De ce qu’Erwan se souvenait, de son temps elle était une élève excessivement brillante, très sérieuse dans ses projets. Suite à une trop grande concentration, il lui arrivait fréquemment d’en oublier les heures de repas. Aux yeux de plusieurs étudiants de Bolgarski, Elena Balasko était incomprise. La majorité trouvait étrange cette passion pour le sang, et préférait en mettre toutes les singularités sur le compte de la nature.

" Mais s’il-vous-plaît, je n’ai pas encore jeté de coup d’œil sur vos recherches. " Fit Erwan en tendant le bras, soudainement conscient de son impolitesse alors que Tao était venu chargé de tout ses papiers de recherches.
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Tao Lyngheid
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MessageSujet: Re: [Bureau Valdas] L'héritage   Ven 30 Juil - 15:07

Tao buvait à la fois la tisane et les paroles de professeur, s'efforçant de maintenir son attention sur la conversation plutôt que de se laisser aller à ses habituels égarements. Cela goûtait bon la poire. Et le caramel. Et ce qui se disait était fort intéressant. Aucune raison de s'égarer, sinon le souffle d'inspiration qu'éveillaient les mots de monsieur Valdas. Ainsi que l'image qu'il lui présenta. Tao hocha la tête, esquissant un sourire. Il connaissait cette image, et devrait se la remémorer plus souvent, peut-être. Cette dualité s'était montrée d'autant plus présente lorsqu'il avait entamé sa septième année et qu'il s'était plongé, porté par sa curiosité, dans l'univers médical moldu. Comment ne pas dévorer ces livres dans lesquels il était question de chirurgies toutes aussi complexes les unes que les autres. Mettre un type sur une table, l'ouvrir, couper ici et là, lui sortir le cœur de la cage thoracique avec ses mains, puis en mettre un autre, un bon, l'y fixer et tout refermer. C'était de la magie. Comment ne pas croire qu'il s'agissait de magie. Tout était soit-disant calculé, contrôlé, mais il demeurait que le gars avec le masque se baladait avec des cœurs encore vivants dans les mains. Tao aurait aimé savoir faire ça. Peut-être un jour.

Il retrouva le dossier du fauteuil lorsque le professeur l'assura qu'il viendrait à trouver la réponse à son énigme. Cela viendrait « en son temps », disait-il. Tao baissa les yeux vers sa tasse, imita Erwan en en buvant une gorgée. C'était une façon gentille de dire qu'il n'avait pas encore l'expérience pour arriver à révolutionner, même de manière infime, le ou les mondes de la médecine, sorcière comme moldue. Oui. Possible. Mais Tao et le temps ne faisaient pas particulièrement bon ménage, un peu comme tout le monde, si on veut, mais autrement, aussi. Le professeur ne pouvait pas le deviner. Et de toute façon, ce n'était pas pertinent. C'était un détail dont l'auteur de la thèse dont il était question devait traiter seul.

Tao accueillit le changement de sujet, plutôt la déviation, avec soulagement, tout de même. Il ne connaissait pas Elena Balasko. Peut-être son nom avait-il été cité dans l'un des nombreux volumes qu'il avait accumulés au cours des années, mais il ne s'en souvenait pas. La proposition n'en piqua pas moins son intérêt. Et pas seulement à cause de la mention des vélanes. Car après tout, rien ne l'assurait qu'il aurait l'occasion d'en voir, peut-être se contenterait-il d'analyser leur sang. Et ça, c'était si Elena Tabasco voulait bien de lui comme stagiaire. Mais puisque le professeur le lui offrait directement, Tao espérait qu'il soit le premier en liste, cette fois-ci. Autrement, si le stage trouvait de trop nombreux intéressés, il passerait deuxième, puis troisième, et quatrième, et ainsi de suite, parce qu'il n'avait jamais représenté quelque menace qui soit dans les listes où les notes avaient leur importance. Il ignorait s'il était dernier de sa promotion, et ne tenait pas tellement à le savoir, mais c'était tout comme.
Il puisa dans sa tasse de quoi chasser ce brouillard de pensées, et émergea effectivement des effluves caramélisés de la tisane plus guilleret. Il acquiesça à la demande d'Erwan et posa sa tasse sur le bureau avant de se pencher pour attraper sa caisse, qu'il posa sur ses genoux.

- Je vous la laisse pour quelques jours, si vous voulez. C'est un peu... confus. Mais comme ça, vous pourriez prendre votre temps et puis moi je pourrais préparer un plan, pour la rédaction de ma thèse. J'en ai pas besoin, pour ça. Les grands constats je les connais et puis c'est surtout la conclusion qui m'embête alors, je pourrais y penser tranquille.

Pendant que sa thèse serait confiée aux mains d'un autre, se disait Tao en regardant son tas de parchemins avec ennui. Il releva la tête, souriant en pensant à l'autre proposition.

- Je ne connais pas Elena Tabasco, mais ses recherches semblent vraiment intéressantes. Et... ouais. Ça me plairait beaucoup de le faire, ce stage. Ça me changerait des bibliothèques.

Déjà qu'il n'était pas fin appréciateur de littérature à la base, se plonger le nez dans les épais documents poussiéreux relevait souvent de l'obligation. D'où, en partie, le désintérêt qu'il s'était mis à cultiver à l'égard de la thèse.
L'enthousiasme grandissant le fit tendre sa main vers sa tisane, pour y chercher, peut-être, de quoi l'assurer qu'il se trouvait bel et bien dans le bureau d'Erwan Valdas et que la suite des choses ne s'annonçait pas aussi pénible qu'il l'avait imaginée. Même que, songer à la rédaction de sa thèse ne suffisait pas à le décourager. En espérant que cela dure une fois qu'il aurait passé la porte.

- Mais, pour madame Tabasco, vous êtes certain que ça suffira, un hibou? Je veux dire, elle voudra pas voir mes notes? Parce que...

Parce qu'alors ce serait raté.

- En tous cas vous pourrez lui écrire que je dérangerai pas. Et que je connais des trucs. Le sang, la génétique... Ça m'est même un peu plus que familier, je dirais.

À l'instar de sa plus ou moins existante thèse, ses recherches n'étaient pas moins complètes et détaillées. Un beau monstre en pièces que cette thèse, bref.
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Erwan Valdas
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MessageSujet: Re: [Bureau Valdas] L'héritage   Mer 15 Sep - 15:23

À la fin du repas du soir, afin de ne pas être en retard à son rendez-vous avec Tao, le professeur Valdas s’était excusé de couper court à sa discussion avec son collègue, le professeur Timothy Jude. Ce dernier souffla un long soupir à la mention de cet étudiant et dans un élan de compassion, il prévint Erwan de ne pas accorder trop de crédit à la thèse de l’élève qui, selon lui, n’était qu’un fainéant qui ne réalisait pas sa chance d’étudier à l’université. Erwan lui répondit d’un sourire, remerciant son collègue de partager sa pensée avec lui non sans spécifier que sans offense aucune, il comptait se faire sa propre opinion de Tao Lyngheid. Convaincu qu’Erwan ne pouvait ressortir de son entretien avec Tao avec un point de vue différent du sien, le professeur de médicomagie lui souhaita bonne chance et retourna à son assiette de pâtes.

Dans son bureau avec Tao depuis une dizaine de minutes, Erwan comprenait comment Timothy Jude en vint à penser ce qu’il pensait sur Tao. Les notes de l’étudiant étaient effectivement très chaotiques et peu soignées, néanmoins les sources bibliographiques de Tao s’avéraient excessivement variées. L’avis personnel d’Erwan sur le cas Tao Lyngheid était fortement nuancé par rapport à celui de son collègue. Pour certains étudiants, s’enfermer dans la bibliothèque pour y écrire une thèse du début à la fin se faisait sans problème. Pour d’autres, la théorie seule était insuffisante. Erwan avait l’impression que Tao s’était forcé à lire parce qu’il aimait la matière, mais que de remâcher les mots à sa sauce le rendait confus. Qu’il devait se faire sa propre opinion des pathologies sanguines, et non retranscrire à sa manière celle d’un autre avec ses points de vue personnels. L’université permettait aux étudiants de faire des stages au sein du Ministère, mais de l’avis d’Erwan, un champ plus large que celui du Ministère ne pouvait pas faire de tort. Elena Balasko était de ces scientifiques qui travaillent seuls et s’en contentent très bien. Si elle autorisait des stagiaires à l’assister en laboratoire, c’était parce que des amis et collègues lui faisaient des recommandations. Erwan expliqua la situation à Tao, après une énième gorgée de la tisane qui arrivait à sa fin :


" Le hibou sera suffisant, je me porterai garant du reste. "

Soulevant la théière du réchaud, Erwan la suspendit au-dessus de la tasse de Tao, puis de la sienne avant de l’immobiliser en plein air quelques secondes.

" Je ne doute nullement de vos capacités, ni de votre aptitude à ne pas déranger le docteur Balasko. Ce que j’espère, c’est que vous y trouverez les réponses manquantes vous empêchant de terminer votre thèse. "

Déposant finalement la théière sur son socle, Erwan se remit à feuilleter les pages remises par Tao, et qui consistaient la masse de recherche pour la thèse qui l’embêtait tant. Son regard s’attarda surtout sur les notes écrites par Tao lui-même. Il jeta un coup d’œil sur quelques pages encore avant de relever son regard vers Tao, pensif.

" Un peu plus que familier, vous dites... Je vois. "

Sans doute Tao avait-il de la famille dans le domaine de la santé, par exemple un parent médicomage. Ce pouvait également être un être cher décédé à la suite d’une maladie grave. Pire encore, Tao lui-même souffrait d’une pathologie sanguine particulière. Dans un autre cas, et il ne serait pas le premier, par overdose de théories et d’hypothèses, il s’était adonné à ses propres expériences personnelles sans demander l’avis de personne. Puis, pour donner à Tao de quoi ne pas répondre à la question si celle-ci s’avérait trop personnelle, il enchaîna sur un conseil :

" Je préfère vous prévenir… Je n’ai rien contre l’appellation Tabasco, c’est même une sauce épicée que j’affectionne moi-même. Vous savez, mélangée à de la sauce à spaghetti, c’est tout-à-fait délicieux. Cela dit si le docteur Balasko vous entend l’interpeller de cette façon, vous allez très probablement analyser du sang de verracrasses tout au long de votre stage, et ce serait bien dommage. "

Imaginant lui-même l’air choquée que pourrait adopter Elena Balasko à l’entente de ce sobriquet, le professeur esquissa un faible sourire avant de siroter un peu sa deuxième tasse de tisane brûlante.
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[Bureau Valdas] L'héritage

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