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 Sincèrement, je préfère les trous noirs.

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Thèdes Konstonhalu
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▌Né(e) le: 27 juillet
▌Pays d'origine: Norvège
▌Statut: 2ème année

MessageSujet: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Lun 9 Mai - 9:40

Ce soir-là, il faisait plus chaud que d’ordinaire. Ce matin, déjà, Thèdes avait mis une robe d’été. Il était 18h30 et la chaleur n’était toujours pas tombée. Non, ce qui était étonnant en Irlande, c’est que malgré qu’il fasse chaud, il pleuvait des cordes. La brune avait été obligée de courir jusqu’à sa chambre lorsqu’elle était sortie des serres. Très sincèrement, elle en avait marre de l’Irlande, maintenant. Non, mais qu’il fasse beau et doux ce matin, d’accord. Mais là, il faisait toujours doux, mais il y avait la pluie qui accompagnait la chaleur, donc pas question d’aller profiter de l’air ambiant.

Thèdes souffla bruyamment en se laissant tomber en arrière sur son lit. Ce soir, la brune avait un rendez-vous avec Andrew, reporté un nombre incalculable de fois et finalement, il était là, enfin, il serait dans exactement une demie heure. La jeune fille avait du mal à savoir comment réagir face à tout ça. C’était un peu nouveau, quand même. Cette fichue histoire de projet, d’Andrew et de voyages avait la sale manie de lui retourner l’estomac et de la mettre un peu mal à l’aise. Pour confirmer ses dires, Thèdes se mit sur le ventre et tenta de s’étrangler toute seule avec un coussin. Inutile de dire que l’action fut vaine. Il n’empêche qu’elle avait joué les dures, qu’elle avait prouvé à Andrew qu’elle n’avait pas peur, que se jeter dans la gueule du loup, c’était tout à fait normal après tout. Seulement là, elle était toute seule dans son dortoir et elle avait mis le verrou, comme ça, elle était certaine que personne ne pourrait la déranger dans sa demie heure d’angoisse intensive. Oui, d’accord elle aimait beaucoup Andrew, elle l’appréciait pour ce qu’il était, elle haïssait ses manières de lui répondre lorsqu’il était en présence d’autres filles, elle aimait bien ses yeux, et ses cheveux aussi. Ah, et son nez (surtout son nez, d’ailleurs). Ceci dit, le projet ne disait pas seulement d’apprécier beaucoup Andrew, il fallait tomber amoureuse et même si il semblait à Thèdes que ce ne serait pas compliqué de parvenir à cette fin là, surtout avec Andrew, elle avait des doutes. Peut-être parce que lui aussi devait tomber amoureux. Curieusement, Thèdes n’imaginait pas la chose possible, pas avec elle, en tout cas, mais elle préférait profiter du temps qu’Andrew lui offrait pour rire, être de bonne humeur et s’amuser. Il fallait dire aussi, qu’il avait toujours un mot pour rire, un mot sur lequel Thèdes pouvait toujours rebondir. C’était quelque chose de bien. Ensemble, la conversation se faisait naturellement et la brune espérait qu’il en serait de même tout à l’heure.

La tête ailleurs, elle prit dans un tiroir un maillot de bains deux pièces rouge. Elle avait envie de mourir de honte en y repensant. La première nuit blanche qu’ils avaient passé ensemble, elle l’avait embrassé. Ca la mettait hors d’elle. Elle l’avait embrassé. Lui non, il avait jamais montré que c’était ce qu’il voulait ! D’ailleurs, si quelqu’un lui demandait quelque chose à propos de ce soir-là, Thèdes nierait en bloc. Non mais ça ne va pas ? Était-elle devenue dingue ? Oui, sans doute, et c’était sûrement l’effet Andrew McAllen.

La deuxième et fatidique nuit blanche restait quelque peu obscure aux yeux de la brune. En même temps, elle avait si mal commencé. Sa discussion avec Mani, sa dispute avec Andrew, la cuite de cet abruti. L’envie de ne plus jamais le revoir. Et ensuite, il a failli commettre l’irréparable. Failli parce qu’il ne l’a pas fait. Et Thèdes l’aurait bien commis à sa place, quitte à lui montrer qu’elle aussi, elle s’en fichait de lui, de toute façon.

« Vraiment ? Tu veux savoir ce que j’en fais de cette bouteille ?! »

Au final, ils n’avaient rien fait. Ni l’un, ni l’autre. Andrew ne l’avait pas bue, Et Thèdes ne l’avait pas cassée. Pourquoi ? Bonne question. Il n’empêche qu’elle avait eu un certain instinct de conservation, un instant de lucidité. « Tu le perds, si tu la casses. Lui, il a compris. » Elle ne l’avait pas fait. Point. La colère avait atteint son paroxysme et il avait fallu l’évacuer. Andrew s’était excusé et Thèdes l’avait encore embrassé. Comme si, en fait, lui, il n’était pas fichu de le faire, au final.

Elle mit son maillot de bain distraitement, puis chercha une autre robe à porter histoire de passer dans les couloirs de l’université sans avoir l’air abruti. Thèdes en trouva une, courte, qui ressemblait vaguement à un tee-shirt, assez vieux, et bien trop large pour elle. Elle s’en contenta, elle n’avait que quelques minutes de marche, de toute façon. Une fois habillée, elle prit une brosse et se mit devant son miroir. Elle se coiffa quelques minutes car c’était sans doute un des seuls gestes quotidiens qui la détendait totalement. Elle mit ses cheveux en arrière et reprit finalement une mèche épaise qu’elle se mit à coiffer avec ses doigts. Allait-il lui toucher les cheveux ce soir ? C’était quelque chose qui se faisait quand on était ensemble, non ? Thèdes n’en savait rien. Quand elle avait eu des copains au collège magique, elle faisait en sorte de les voir le moins possible. Ils étaient stupides aussi, c’était l’âge bête, les garçons de quinze, seize ans, c’était l’enfer. Aujourd’hui, Thèdes était persuadée d’avoir passé le cap. La preuve, elle avait envie de voir Andrew, elle avait même envie qu’il lui touche les cheveux, et Thèdes savait à quel point c’était un signe criant de vérité, ses cheveux, ce n’était pas n’importe quoi, quand même. Sortant de son dortoir, Thèdes se posa contre un mur et respira doucement. Oui, elle allait revoir Andrew, et seule cette fois-ci, personne ne savait où les deux pouvaient être donc personne ne viendrait les déranger. En fait, c’était peut-être ça qui terrifiait Thèdes. Normalement, elle était vraiment courageuse, fonçait tête baissée, comme ça. Le bémol, c’était sans doute qu’elle ne savait pas ce qui allait se passer. D’habitude, ça ne l’aurait pas gênée, l’inconnu, le vide, les trous noirs, c’était des trucs cools. Mais là, ce n’était ni l’inconnu, ni le vide, ni un trou noir, c’était Andrew McAllen et il était bien plus redoutable que ces trois machins réunis en tout cas dans la tête de Thèdes.

Elle se dépêchant maintenant car elle s’était rendue compte qu’elle était en retard de dix minutes, elle traversa les couloirs à pas rapide, ignora le froid qui semblait arracher sa peau à cause de la différence de température et surtout l’image d’Andrew qui lui reprocherait peut-être qu’elle ne soit pas à l’heure. Elle s’en moquait à la limite, elle trouverait bien quelque chose à répondre, n’empêche que la brune n’avait pas envie de gâcher quoi que ce soit, ce soir. Elle alla encore plus vite si c’était possible. Ne pas se fier aux apparences, lui avait dit ce crétin… N’empêche que l’endroit était glauque et que personne ne pouvait nier un fait pareil. Elle atterrit finalement pile en face de la rivière. Apparemment, il n’y avait personne ou alors, c’était encore une action à la Andrew. Si c’était la deuxième proposition, surtout, faire la fille étonnée.

« Andrew ? » Appela Thèdes un peu trop fort, peut-être.
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Andrew McAllen
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▌Né(e) le: 08 Avril
▌Pays d'origine: États-Unis
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Sam 14 Mai - 20:29

L’été n’était pas encore officiellement arrivé, mais avec la chaleur qui pesait sur l’Irlande depuis trois jours, il y avait de quoi en douter. Le marchand de glaces de Bourg-en-bière devait être l’un des rares à jubiler en vue de la météo des jours à venir. Le professeur Campbell, de mauvaise humeur, ne cessait de ramener Andrew à l’ordre pour qu’il se décide enfin à boutonner sa chemise comme il se doit. Inutile de dire qu’Andrew s’en moquait éperdument. L’air était beaucoup trop humide, sa chemise lui collait déjà au torse comme une deuxième peau, fallait pas abuser non plus. Le seul bon point de cette journée étouffante était la soirée qui l’attendait. Deux semaines plus tôt, il avait rencontré Thèdes dans le parc, lui avait aussitôt offert un rendez-vous, comme à bien des filles, mais pour cause de succession de nuits blanches, le rencart avait été reporté. Le soir même, un rassemblement de plusieurs élèves au sein de la salle commune dériva en petite fête où jeux à boire furent de la partie. Peu de temps après minuit, il ne restait plus qu’eux deux pour se partager la bouteille de whisky. Avant qu’Andrew ne le réalise, il faisait jour. L’alcool n’avait pas l’habitude de lui délier la langue – il le faisait très bien sobre -, mais jamais il n’avait parlé si longtemps et si naturellement à une fille, et ce, à un point où il en vint à suspecter l’ingestion d’un philtre quelconque. Le deuxième soir, semblable au premier, confirma à Andrew qu’il n’était sous l’influence d’aucune magie. Un truc ne tournait pas rond, pourtant.

La présence de vérité, voilà ce qui clochait. Pourquoi répondait-il aux questions Thèdes alors qu’il prenait soin de faire dériver la conversation, avec les autres ? Peut-être parce qu’il avait l’impression que les confessions étaient réciproques. Tu es un fou, Andrew McAllen ! Tu sais pourtant que les filles n’en valent pas la peine ! Pas plus d’une nuit ou deux, en tout cas. Le délire de Malloy et Mani étant un cas à part, rien n’empêchait Andrew de sortir avec Thèdes de la même manière qu’Alex avec Lizzy. Andrew se rassurait avec cette idée qu’il pensait officialiser pour s’expliquer, d’abord à lui, ensuite aux autres, tout le temps qu’il passait avec Thèdes. Il l’aimait bien, beaucoup même, comme il le lui avait dit. Si tel n’était pas le cas, il ne passerait pas son temps à s’engueuler avec elle un soir sur deux. C’était pareil avec Alex et Gaby, sauf qu’Alex n’était amoureux, ni de Gaby, ni de Lizzy. Pas qu’Andrew était amoureux de Thèdes, pour lui c’était plutôt l’inverse, sauf qu’il avait dérapé à un certain moment. Parler avec elle tenait trop du naturel qu’il en oubliait de se méfier. Mani le lui avait aussi dit, de faire gaffe, mais Andrew n’écoutait jamais personne, c’était bien connu.

Il avait en vain cherché à mettre la faute des récents événements sur le compte de l’alcool. L’ennui était qu’il était le premier à savoir qu’il tenait très bien l’alcool. Andrew décida de ne pas se prendre au sérieux, comme il avait l’habitude de le faire. Il irait en Norvège, et rencontrerait les parents de Thèdes, ça ne l’effrayait pas. Il avait bien vu ceux de Calliope et de Mani, par le passé. Que Thèdes vienne en Amérique voir les siens était une autre histoire. Andrew n’avait pas vu ses parents depuis cinq ans, soit depuis qu’il étudiait en Irlande. Rentrer pour les vacances d’été comme ça pour une semaine, ça allait, d’autant plus que sa mère et sa sœur croiraient qu’il rentrait parce que Thèdes l’avait persuadé de le faire. Pas faux, certes, mais Andrew maintenait qu’il se moquait de voir sa famille. Surtout son père qui lui tenait encore rigueur d’avoir abandonné le Quidditch pour se lancer dans une carrière d’Auror. Bref, pour le côté ambiance, les premiers jours seraient sans doute à revoir. Et puis une semaine, ça n’engageait à rien, qu’on se le dise. Des vacances de l’autre côté de l’océan, loin de tout, point barre. Voilà pour les pensées rassurantes. Il avait déjà envoyé un hibou à sa sœur pour ensuite écrire à sa mère, question de les prévenir. Elles se chargeraient de transmette l’information au dernier membre de la famille.

Le plus étrange, depuis quelques jours, c’était cette sorte d’ambiance à la œil pour œil, dent pour dent. Thèdes lui avait fait part de son projet auquel il adhéra sans réfléchir. Elle avait imposé ses conditions, lui les siennes, et depuis, c’était plus ou moins le drame. Ils ne jouaient pas selon les règles établies. Dès qu’une tierce personne se trouvait dans la même pièce, chacun mesurait les gestes de l’autre et réagissait en conséquence. Andrew vivait sur le moment présent, peu habitué à voir sur le long terme, sauf que qui dit projet dit aussi avenir. Voilà qui entrait en conflit avec son mode de vie. Toutes les activités qu’il pratiquait en dehors des cours seraient à revoir. Il avait pourtant envie de se jeter tête première dans cette idée folle suggérée par Thèdes, ne serait-ce que pour être débarrassé du souvenir de Lenna une bonne fois pour toutes. Il y avait tant à risquer. Son amitié avec Alex battait déjà suffisamment de l’aile avec leur engueulade au sujet de Gaby. S’il fallait qu’Andrew en vienne à revenir sur la promesse qu’ils s’étaient faite, ça allait en être fini, des Cinq Plumes. Il n’en était pas encore à ce point, Merlin soit loué, la marche arrière était toujours possible à l’heure qu’il était.

Et il était très exactement 19h07 à l’heure actuelle. Le fameux rendez-vous qu’Andrew promettait à Thèdes était imminent, et elle, elle était en retard. Andrew croyait la connaître suffisamment pour oser croire qu’elle ne s’était pas défilée. À vrai dire, il était convaincu qu’elle viendrait. Lui donnant raison, la voix de la jeune fille résonna dans l’écho de la rivière souterraine dans la minute suivante. Émergeant d’un trou noir dans le mur, Andrew apparu, le sourire aux lèvres. Comme promis, il portait son maillot de bain, quelque chose d’un noir très simple avec quelques lignes bleues sur le côté. Ce ne fut que lorsqu’il siffla avec admiration pour la tenue de Thèdes que cette dernière remarqua enfin sa présence. D’un air amusé, il croisa les bras sur son torse nu de tout vêtement et de tout pendentif.


" La bouteille de whisky et moi t’attendions ! "

Andrew s’approcha de Thèdes pour l’embrasser, puis lui agrippa la main pour la guider à l’intérieur d’un sombre passage étroit, sa baguette éclairant le chemin dans l’autre main. Ce soir, au diable la salle commune, ils ne seraient que tous les deux. Ils marchèrent dans le tunnel deux brèves minutes avant d'arriver devant un mur. Andrew étira son bras qui passa au travers du mur sans impact.

" Sortilège de dissimulation. " Expliqua-t-il, toujours souriant. " Donne-toi un élan et passe au travers. On se retrouve de l’autre côté, d’accord ? Et n’oublie pas de retenir ta respiration ! "

Sans attendre de réponse, Andrew lui envoya un clin d’œil et se jeta de l’autre côté du mur. Cinq secondes plus tard, il atterrissait dans l’eau. Il remonta jusqu’à la surface et se passa une main sur le visage avant de nager un peu plus loin. L’endroit était une grande caverne aux murs de pierres noires. Grâce à une potion qu’il avait lui-même préparé puis versé dans l’eau, celle-ci arborait une couleur bleu clair semblable aux plages de Californie. Sur le rebord trônait la bouteille de whisky, déposée sur une pierre lisse.
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Thèdes Konstonhalu
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▌Né(e) le: 27 juillet
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Mer 18 Mai - 15:30

Thèdes n'avait jamais peur, ou presque jamais en tout cas. Si elle était effrayée, c'était généralement lorsque l'on s'en prenait aux siens. Dans ces moments-là, la jeune fille avait vraiment du mal à savoir ce qu'elle devait faire exactement. Suivre son instinct ou sa conscience devenait alors la question qui ne cessait de faire écho dans son esprit et généralement, elle en ressortait avec un affreux mal de tête. L'endroit dans lequel elle se trouvait ne lui faisait pas peur, non. Peut-être si elle avait été plus jeune, d'accord, l'endroit l'aurait peut-être un peu effrayée. Les dalles froides, le climat environnant, la luminosité totalement absente. Mais, il en fallait bien plus pour l’angoisser aujourd'hui, et Thèdes attendit quelques secondes dans le calme.

C'est un sifflement qui la fit se retourner brusquement en sursautant un peu pour finalement voir Andrew qui la regardait, bras croisés, déjà en maillot. Thèdes lui lança un sourire.

Whisky et Andrew rien que pour elle. La soirée s'annonçait bien et la brune fit en sorte de ne plus penser du tout à partir du moment où le plume l'embrassa et la tira jusqu'à un passage encore plus noir que l'endroit où se trouvait déjà. La température descendait lentement et Thèdes finit par se dire qu'il aurait mieux valu qu'elle mette autre chose que ce bout de tissu qui ne la réchauffait pas pour un sou. Pour prouver ce fait, la cinnacrow sentit que la chair de poule la gagnait doucement, et, en réprimant un frisson, elle hâta sa marche.

Quand ils arrivèrent enfin devant un mur, Andrew lui donna des explications -brèves, certes, mais tout de même- et se jeta de l'autre côté du mur. Visiblement, il attendait à ce que Thèdes fasse de même. Retenir sa respiration ? C'est ce que la brune fit en même temps qu'elle sauta contre le mur. Oui, elle s'attendait à ressentir une douleur quelconque, au cas où le charme se serait rompu entre temps mais ce n'était pas le cas. Le mur s'était soudain comme transformé d'une consistance si fine qu'aucun barrage ne se posa entre Thèdes et... et cette chose qui la conduirait quelque part. Réprimant encore un autre frisson à cause de la température qui chuta d’un coup pour devenir plus chaude, elle attendit la suite.

Quelques secondes plus tard, la brune se retrouva la tête immergée dans l'eau. Sa première pensée après le choc fut pour Andrew qui ne l'avait bien entendu pas prévenue qu'elle atterrirait la tête sous l'eau. Elle devait vraiment avoir l'air fine avec sa robe-tee shirt trop large-pyjama trempée. En sortant la tête, Thèdes replaça correctement ses cheveux en arrière et nagea rapidement vers le rebord où Andrew était déjà. Sa robe collant à sa peau, elle avait tout de même plus de mal à nager correctement mais arriva sans difficulté au rebord en lançant un regard noir au Plume.

« Heureusement que tu m'as prévenue que je tomberai dans l'eau ! Ma robe est trempée, maintenant ! »

Elle termina la tête sous l'eau et tenta d'enlever sa robe, pensant que ce serait plus facile. Il n'en fut rien cependant mais Thèdes y arriva finalement et remonta à la surface à bout de souffle, le tissu entre les mains, à présent en maillot de bain. Sans faire attention à Andrew, la brune l'essora en jurant intérieurement : Malgré l'air délabré de sa robe, Thèdes n'avait pas pour habitude de négliger ses vêtements et elle était un peu mécontente de savoir qu’elle serait froissée mais surtout qu’elle allait sans doute devoir rentrer dans le dortoir en maillot de bain, à moins que la robe ne sèche très rapidement. Au pire, se dit-elle, elle utiliserait un sort pour accélérer les choses car il était juste hors de question qu’elle rentre dormir en bikini.

Une fois qu’elle eut fini de s’acharner sur sa robe, Thèdes se décida enfin à regarder l’endroit dans lequel elle se trouvait, oubliant un moment Andrew près d’elle. Une sorte de caverne, c’était le seul que Thèdes trouva pour définir l’endroit. Peu éclairé, aussi, mais plus chaleureux, curieusement, sans doute parce qu’il y faisait bien plus chaud. En observant vraiment le lieu, elle se rendit compte que l’eau avait une couleur bleu clair. La brune ouvrit grand les yeux de surprise et se tourna vers Andrew.

« C’est toi qui as fait tout ça ? C’est… Génial. »

Du regard, elle chercha des yeux le whisky qu’il lui avait promis et la trouva non loin, sur le rebord, posée sur une pierre lisse. Thèdes eut une pensée pour Andrew qui n’avait plus d’argent du tout et se demanda de quelle manière il pouvait tout de même acheter de l’alcool.

« Bon, on l’ouvre cette bouteille ? »

Sans laisser à Andrew le temps de répondre, Thèdes s’agrippa au rebord pour attraper la bouteille et l’ouvrit. Elle but au goulot quelques gorgées qui lui brûlèrent un peu la gorge puis tendit la bouteille à Andrew en souriant. Surtout faire croire qu’elle était là juste pour boire. Pas pour Andrew, c’était mieux. Et puis, même si le Plume n’y croyait pas, au moins, Thèdes faisait semblant d’en être persuadée. Elle en avait vraiment besoin, elle qui avait failli à toutes ses promesses, une à une.

L’embrasser, déjà pour commencer. Première erreur. ‘Non, mais moi… C’est pas mon genre.’ Comment allait-elle faire maintenant pour lui faire croire une pareille bêtise ? Sachant que c’était elle qui lui avait carrément sauté dessus. ‘Je ne coucherai pas avec, il en est hors de question, je ne suis pas comme ça.’ Trop tard. Au point où elle en était à présent, elle préférait ne plus rien promettre du tout, et juste voir la suite, sans se poser de question. Quoi que, ce n’était pas vraiment quelque chose de facile, non plus. Alors, pour faire plaisir à tout le monde, elle se posait un milliard de questions et tentait de ne pas en poser de trop aux autres. Bon, des fois, ça ne marchait pas et Thèdes harcelait tout de même certaines personnes afin d’avoir des réponses, mais, en général, elle avait appris à laisser tomber si elle voyait que vraiment, on ne voulait pas répondre à ses questions ô combien intéressantes (Si si.).

Coiffant ses cheveux sans nœud à l’aide de ses doigts, Thèdes observa Andrew. Oui, c’est vrai que les choses avaient pas mal changé depuis deux semaines, pourtant, au contraire de ce qu’elle aurait fait habituellement, elle n’avait pas fui. Elle était bien présente, en maillot de bain, dans l’eau qui était d’ailleurs étrangement à température ambiante. Battant des pieds pour se maintenir à niveau, elle croisa le regard d’Andrew.

« Tu crois qu’il y a une possibilité qu’on puisse s’asseoir quelque part ou tu as prévu qu’on boive le whisky en même temps qu’on nage ? »

Ca lui était égal, en vérité. Qu’elle soit dans l’eau ou non, la réponse à sa question importait peu.

« Je tiens à te féliciter, c’est à la hauteur de mes espérances. »

Il en fallait beaucoup pour étonner Thèdes, et il est vrai qu’au premier abord, elle n’avait pas cru Andrew lorsqu’il lui avait dit qu’elle devait se préparer à être surprise. D’ailleurs, lorsqu’il lui avait dit ça, elle avait plus pensé au fait que cela importait peu, que si c’était le cas, tant mieux, sinon, tant pis. Au jour d’aujourd’hui, il n’en était clairement plus rien. Déjà parce qu’elle savait qu’elle allait l’être, surprise, car Andrew n’était pas réputé pour ses plans ennuyeux… Ou peut-être lorsqu’il était question de garder une bulle d’eau au dessus de la tête sans finir trempé, ça, c’était vraiment naze, mais aussi parce qu’au fil des deux semaines qui s’étaient passés, elle était allée de surprise en surprise et que, de ce fait, il était juste impensable que ce soit différent ce soir.

Elle plongea sous l’eau pour remouiller ses cheveux et en sortit en essuyant ses yeux. La vue à présent totalement accoutumée à la luminosité quasi inexistante, elle fit une nouvelle fois le tour en détaillant un peu plus précisément l’endroit dans lequel elle se trouvait. Pas totalement rassurée pour autant, elle lança un regard à Andrew.

« Dis-moi, y a des créatures dans l’eau ? »

Thèdes n’avait pas peur des algues, poissons, crevettes et crabes mais elle n’espérait pas pour autant en trouver ici. Elle n’était pas comme si sa cousine, qui, lorsque quelque chose frôlait son pied dans l’eau, se mettait à hurler. N’empêche qu’elle n’aimait pas ça non plus. En plus, les créatures-animaux-appelez-ça-comme-vous-voulez, ce n’était pas vraiment pour elle. Aucun intérêt. Le seul qu’elle acceptait et aimait, c’était Pépito, point barre. Le reste ne lui était d’aucune utilité donc pas important.

« Bon, que fait-on ? »

Il avait préparé le rendez-vous donc il devait également trouver des activités, ça allait de soi. Andrew allait parler lorsque Thèdes le coupa de manière un peu abrupte : Mettre sa main sur sa tête et l’enfoncer dans l’eau. Au bout de quelques secondes où Andrew ne se débattit pas, Thèdes se demanda s’il était vraiment sage de le sortir de l’eau, imaginant à peu près ce qu’il allait suivre. Pourtant, prise de pitié, elle lâcha quand même le crâne du Plume et le regarda remonter à la surface. Thèdes lui fit un sourire angélique, histoire qu’il évite de faire de même avec elle et parla :

« Si c’est pour proposer encore le jeu des bulles d’eau, je te préviens c’est non. »
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Andrew McAllen
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Lun 23 Mai - 18:01

L’humour d’Andrew McAllen provoquait des soupirs d’exaspération partout où il allait. Une blague stupide par ici, une remarque typique des Cinq Plumes par-là. Sa matière grise générait des conneries sans fin. Un don rare, à coup sûr. L’idée de ce soir ne faisait pas exception à la règle. Une fois dans l’eau, Andrew voyait déjà Thèdes l’engueuler pour le manque de précision sur ce qui l’attendait de l’autre côté du mur. Il savait également à quel point elle tenait à ses cheveux, vu le temps qu’elle mettait à les coiffer. Les tremper d’un coup sous l’eau ne serait peut-être pas franchement apprécié, il n’en savait rien. Pour la robe, par contre, c’était tant pis pour elle. Un sourire amusé vient éclairer son visage alors qu’il encaissait la critique avec une aisance irrécupérable.

" Je t’avais dit de venir en bikini, c’est quand même pas ma faute si t’as décidé de mettre une robe par-dessus. "

Effet de surprise réussi, au moins. Peut-être pas des plus habiles, mais réussi tout de même. Il savait que Thèdes ne lui en tiendrait pas rigueur pour la robe. Andrew plaisantait toujours sur le fait que les filles devaient porter des jupes et ne pas avoir peur d’un verre d’alcool. La pensée que Thèdes réunissait les deux le faisait sourire. Il s’amusait même de la mauvaise humeur qu’il provoquait dans le séduisant regard sombre de la jeune fille à chaque fois qu’il faisait quelque chose digne du Plume qu’il était. Et son sourire s’élargit davantage au moment où Thèdes prit conscience de ce qui l’entourait, et le félicita sur la caverne transformée par ses soins.

" Pas mal, hein ? J’te le disais bien, que t’allais adorer ! "

Ce qui impressionnait les filles décourageait le reste de la population swynienne. Beaucoup de gens ne comprenaient pas pourquoi il pouvait tant dépenser de temps, d’argent et d’énergie en de telles futilités, comme ils disaient. Andrew, au contraire, pensait que la magie devait servir à mieux vivre, à faire sourire. Il n’avait pas besoin de grandeur pour être heureux, parce qu’au final, de la grandeur, il ne saurait pas quoi en faire. Son père chérissait bien assez d’idées de gloire pour deux. Andrew n’avait rien à faire de l’argent non plus, il dépensait sans compter, pour tout et n’importe quoi, et faisait avec quand il ne lui restait plus un sous. Sa mère lui proposa à plusieurs reprises de lui envoyer une plus grosse somme, pour qu’il ne manque de rien, tout ça, mais Andrew refusait. Ses parents, sans être riches, vivaient extrêmement bien grâce à leur salaire, fruit de leur effort respectif. Andrew n’était pas fan du tout cuit dans le bec, et préférait économiser plus longtemps pour un truc qu’il voulait vraiment. De cette façon, chaque achat prenait une certaine valeur parce que désiré plus longtemps, c’était con comme ça. Plus on mettait d’efforts dans quelque chose, plus on savait l’apprécier. C’était comme le whisky vieux de quinze ans que Thèdes ouvrait en ce moment. Le principe était le même, car plus le whisky fermentait, plus il prenait de la valeur, et plus son goût était meilleur. Au diable tous les gallions qu’il avait pu utiliser pour métamorphoser la caverne en lagon souterrain, il savait que ça en vaudrait la peine.

" Tu veux un endroit pour t’asseoir ? Suffit de demander. "

Sans attendre, un sourire espiègle sur le visage, Andrew prit sa baguette laissée sur la pierre lisse près du whisky et fit deux mouvements circulaires dans l’air en direction de Thèdes. La surface de l’eau se mit aussitôt à trembler et un îlot émergea des profondeurs, sous Thèdes, obligeant celle-ci à adopter une position assise alors que l’îlot la soulevait en sortant hors de l’eau.

" Très sexy, le bikini. "

Et la fille dedans, surtout, le corps ruisselant de l’eau qui s’écoulait de ses longs cheveux. Andrew suivit sa silhouette du regard, puis nagea jusqu’à elle pour se saisir de la bouteille de whisky et en boire une longue gorgée qui lui réchauffa agréablement de l’intérieur d’un léger picotement. Il déposa la bouteille à côté de Thèdes alors qu’elle lui demandait s’il y avait des créatures dans l’eau. Sans la quitter du regard, Andrew s’éloigna un peu de l’îlot en riant doucement.

" T’es la seule sirène que j’vois. "

Donc non, pas de monstres marins dans l’eau, de calmar géant ou de strangulot. Pas une seule algue non plus, ni même la moindre parcelle de nénuphar. Qu’une eau bleu limpide et brillante, non sans raison. De toute manière, il n’y avait que du sable au fond des eaux cristallines de Californie, alors voilà, la reconstitution était parfaitement fidèle au modèle. Évidemment, ceci étant dit, l’impatience de Thèdes reprit rapidement, et Andrew secoua la tête, aussi amusé que découragé. Cette fille ne pouvait pas rester tranquille deux minutes, et malheureusement pour elle, aucun livre ni verre d’eau n’était à sa portée à l’instant. Seulement Andrew, dont elle plongea justement la tête sous l’eau avant qu’il puisse répondre à sa question. Le Plume se laissa faire, parce que qu’il savait rire de n’importe quelle situation, et que même s’il savait que Thèdes le détestait par moment, elle ne le noierait certainement pas. Comme de fait, elle relâcha son emprise sur lui, et Andrew refit surface en riant, non pas de la situation, mais de ce qui allait venir.

" Mon jeu de bulles d’eau est très distrayant, lorsque tout le monde porte du blanc. J’ai mieux pour ce soir, mais avant ça… "

Aussitôt, Andrew se mit à rire et retourna sous l’eau, nageant en direction de Thèdes, ce qui ne présageait rien de rassurant pour elle, d’où le sourire angélique qu’elle lui lança une minute plus tôt. Andrew n’était pas spécialement rancunier, mais il ne laissait jamais passer l’occasion de se venger lorsque c’était pour rire. Sous l’eau, il agrippa les jambes de Thèdes, remonta ses mains jusqu’aux cuisses et se donna un élan pour sortir de l’eau, la jeune fille sur les épaules. Thèdes se verrait forcée de se tenir après lui pour ne pas perdre l’équilibre, et cette pensée amusait particulièrement Andrew. Surtout qu’il ignorait ce qui pouvait effrayer Thèdes, en vérité. Si elle avait le vertige ou pas. Étrangement, il n’avait pas l’impression que grand-chose pouvait lui foutre les jetons, ou alors elle le cachait assez bien jusqu’à présent.

" Je t’explique les règles du jeu auquel on va jouer, toi, moi et le whisky. "

Tenant toujours la Cinnacrow de ses mains, Andrew se mit à nager tranquillement près de l’îlot.

" C’est très simple. Chacun notre tour, il faut énoncer deux faits, un mensonge et une vérité. L’autre doit deviner le faux du vrai, et s’il y parvient, il boit, sinon, on passe au suivant. C’est parti ! "

Joignant le geste à la parole, Andrew renversa Thèdes par-dessus son épaule pour la faire basculer dans l’eau en riant. Ça, c’était pour avoir dit que son jeu de bulles était naze alors que c’est lorsque les bulles éclatent qu’il devient marrant. À chaque jeu son moment fort, quoi ! Andrew attendit que Thèdes refasse surface, devinant déjà soit un rire, soit un regard noir, et reprit la conversation, mine de rien, toujours souriant.

" Je commence. Alors, d’abord, une facile... J’ai déjà triché en buvant une potion pour remporter la finale d’un match de Quidditch, à Salem. Ensuite, j’ai déjà acheté une bague en or pour une fille, et je le lui ai offert en dînant avec elle au Lys Blanc. "

Andrew se passa la main dans les cheveux question de replacer les mèches qui dégoutaient d’eau sur son visage, attendant de voir si Thèdes savait toujours aussi bien discerner ses mensonges de ses vérités. Le jeu promettait d’être intéressant, le whisky ne faisant qu’agrémenter une soirée réussie d’avance.
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Thèdes Konstonhalu
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▌Né(e) le: 27 juillet
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Jeu 26 Mai - 21:46

Elle n'avait jamais rien attendu lorsqu'elle demanda à Andrew s'il y avait une possibilité de s'asseoir là où il se trouvait. Non, ce n'était pas quelque chose dont elle avait vraiment besoin sur l'instant, Thèdes avait juste demandé, comme ça. C'était d'ailleurs ce que la brune faisait la plupart du temps. Poser des questions à tout va histoire d'avoir des réponses qui ne lui serviraient sans doute jamais. La brune avait pris cette habitude lorsqu'elle avait commencé à étudier à l'école de magie de Norvège, une habitude presque aussi vieille que le monde, en soit. On lui avait demandé d'être la meilleure, et Thèdes, totalement habituée à faire ce qu'on lui demandait, avait trouvé une solution bien simple. Poser des questions tout en sachant que les autres allaient lui répondre était tout de même une action passive mais la jeune fille n'aimait pas beaucoup se fatiguer, surtout si les questions qu’elles posaient n’avaient aucun sens et donnerait donc des réponses qu’elle ne comprendrait peut-être pas. Ainsi, elle avait compris qu'elle n'avait pas vraiment besoin de méditer de longues heures durant, comme les autres. Demander, c'était bien plus simple, et Thèdes l'avait compris bien assez tôt. Là aussi, elle avait demandé, et Andrew fit apparaître un îlot des profondeurs. Thèdes aurait menti si elle avait dit qu'elle n'avait pas été surprise, cependant, elle ne dit rien, se contenta de lui sourire et fit en sorte de ne pas tomber lorsque l'îlot arriva à la surface de l'eau. Elle s'assit alors et essora ses cheveux doucement.

« Très sexy, le bikini. »

Thèdes avait l'habitude des beaux parleurs. Elle avait cru, pendant un temps, que la Norvège était d'ailleurs leur endroit de prédilection mais, quand elle avait passé pour la première fois ses vacances aux États-Unis et surtout qu'elle avait été en âge de comprendre certaines choses, elle s'était rendue compte que ce genre de personnes habitaient en fait toute la terre entière, et particulièrement les environs de Seattle, d’ailleurs. Au final, rougir pour si peu était rapidement passé. La brune se souvenait vaguement de son adolescence et du peu d'effet que les paroles de ces baratineurs avaient sur elle mais elle était presque sûre de n'avoir jamais rougit vraiment lorsqu'on lui avait fait des compliments, dans le passé. Non pas qu'elle soit narcissique, c'était bien loin de là, c'était seulement la pure habitude d'entendre les gens parler sur elle qui, finalement, n'avait plus vraiment de conséquences. Si elle avait été habituée à une telle chose et qu’elle n’y faisait plus attention, c’était sans doute à cause du travail de son père qui était connu dans son pays et par conséquent elle aussi. Son père était aimé des norvégiens et ces derniers se sentaient sans doute obligés d’aimer la fille d’Aradan Konstonhalu aussi. Thèdes ne leur rendait pas l’admiration que certains lui offraient, parce que contrairement à ces derniers, Thèdes n’avait aucune envie de faire semblant.

Pourtant, et sans doute malheureusement pour elle, elle était en face du plus brillant des beaux parleurs de l'université et Thèdes se laissa aller à rougir un peu. Pas trop, cependant. De toute façon, avec l'obscurité installée dans la grotte, la Cinnacrow était persuadée qu'Andrew ne le remarquerait pas. Elle refit un sourire et dit un mot qui ferait étirer les lèvres au Plume à coup sûr.

« Irrécupérable. »

Pour continuer dans le lot des belles paroles, Andrew recommença de plus belle. Cette fois-ci, plus d'effet sur Thèdes si ce n'est un grand éclat de rire en regardant le Plume.

« La seule sirène, vraiment ? Je ne sais pas comment j'dois le prendre... En Norvège, les sirènes ne sont pas très bien vues. »

Elle ne rougit pas, il ne fallait pas abuser, deux compliments trop rapprochés, ça n'avait plus le même effet.

Thèdes n'avait elle-même jamais rencontré de sirènes. Il n'empêche que de là où elle venait, les sirènes étaient considérées comme des monstres redoutables de par leur beauté et leur envie de meurtre assez fréquent. En y repensant, Thèdes avait peut-être bien le caractère d'une sirène, alors, avec son incroyable tentation d'en vouloir toujours aux autres au point de les haïr et... de leur vouloir du mal, quitte à les tuer. Elle n'était jamais arrivée jusque là, par contre, puisque sa lubie partait aussi rapidement qu'elle venait, et c'était peut-être tant mieux, tout compte fait. Thèdes voulait trop de choses, elle en avait conscience, mais elle savait que tout s’effacerait aussi vite qu’elle est venue. Parce que c’est ainsi qu’elle est faite à présent. Elle était juste… aléatoire. Le pire, peut-être, dans tout ça, c’était peut-être que sa force à elle, lorsqu’il s’agissait de relations humaines, ne venait que si c’était pour faire quelque chose de mal.

D'ailleurs, mettre la tête d'Andrew sous l'eau et attendre qu'il s'étouffe lentement était peut-être une petite pulsion meurtrière, pensa-t-elle en souriant. Sourire qui partit relativement vite lorsque le Plume se remit à prendre la défense de son jeu. Prête à lui dire le fond de sa pensée sur ce jeu aussi inutile que stupide, Thèdes ouvrit la bouche mais, avant même d'avoir formuler une seule syllabe, la jeune fille se rendit compte qu'Andrew était en train de nager vers elle avec un sourire. Fronçant les sourcils mais tout de même amusée, Thèdes le laissa venir vers elle en imaginant à peu près ce qui allait suivre. Ceci dit, la brune fut un peu surprise de le voir plonger la tête sous l'eau mais comprit rapidement son manège lorsqu'il lui agrippa les jambes. Thèdes se débattit un peu, pas plus que ça, en riant et s'accrocha à son cou lorsqu'il sortit de l'eau avec elle sur ses épaules.

« Pas trop lourde, ça va ? »

Thèdes embrassa le haut du crâne d'Andrew en se retenant toujours à lui et se remit à rire.

« Je t'écoute pour les règles, vas-y ! »

N'écoutant qu'à demi ce qu'Andrew pouvait raconter, elle observa de nouveau la grotte de cette nouvelle hauteur et prit même un peu plus de temps pour regarder le fond de l'eau. Epoustouflée, ça devait sans doute être le mot adéquate. Même si elle n'entendait qu'à moitié les paroles du Plume (elle prit seulement en compte la fin "Vrai du faux... Il boit."), Thèdes hocha la tête lorsqu'il termina de parler, tout en sachant pertinemment qu'il ne le verrait pas. À peine eut-elle finit son mouvement de tête qu'elle termina sous l'eau. Elle éclata de rire dans la rivière et but la tasse. Elle revint rapidement à la surface, en riant toujours mais en toussant, surtout.

« Tu vas finir par me tuer, un jour. »

Thèdes toussotait encore un peu lorsqu'elle finit de nager jusqu'à l'îlot et s'y installa. En entendant les paroles d'Andrew en même temps qu'elle essorait ses cheveux, elle se mit une nouvelle fois à rire.

« Toi ? Offrir une bague à une fille ? Laisse moi rire ! »

Elle réfléchit deux secondes.

« Ah, c'est le jeu ? Le vrai du faux, un truc comme ça ? Bon, alors faux pour la bague, bien entendu et je n'ai même pas besoin d'attendre ta réponse pour boire, je la connais déjà. Sinon, pourquoi avoir bu une potion pour gagner un match ? J'croyais que t'étais plutôt doué moi, au Quiddich... »

Thèdes n'avait franchement aucun doute sur ce qui pouvait être la vérité. Elle ne connaissait Andrew que depuis très peu de temps, mais elle était sûre et certaine que jamais il ne ferait une telle chose. Une bague, dans sa tête, ça sonnait sans doute un peu trop comme un gigantesque engagement.

La brune se redressa pour se mettre sur ses deux pieds pour avancer jusqu'à la bouteille et but rapidement quelques gorgées. Elle resta debout quelques secondes, les poings sur les hanches, la bouteille toujours à la main.

« À moi, c'est ça ? Laisse moi réfléchir deux secondes, alors. »

En fronçant les sourcils, Thèdes fouilla dans sa mémoire quelques évènements incongrus qui auraient pu se passer. Cela prit bien plus que quelques secondes, et elle s'imaginait déjà Andrew s'impatientait et ouvrit la bouche pour la refermer. Il n'y avait pas grand chose qui lui venait, alors, elle décida de revenir à un classique qui la faisaient rire, à présent. À présent parce que sur le moment, ce n'était pas réellement la joie qui avait transpercé de part et d'autre son visage.

« Alors... Une fois, avec mes cousines, j'ai bu quelques bouteilles dans la cave à vin de mon grand-père et ça s'est su. Mon père ne m'a jamais autant donnée d'importance que ce soir là. Ou... Lors d'une soirée à Seattle, mes cousins m'ont forcée à boire six litres de vodka pour leur prouver que j'étais une vraie norvégienne. Alors, t'en dis quoi ? »
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Andrew McAllen
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▌Né(e) le: 08 Avril
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Ven 17 Juin - 22:11

Irrécupérable, disait-elle. D’autres se contentaient de le qualifier de crétin, d’abruti ou d’idiot. Certains parvenaient même à prononcer McAllen avec un ton si méprisant que son propre nom de famille se transformait en insulte bien placée. Andrew savait que Thèdes le disait avec le sourire, ce soir, parce qu’elle réagissait à son compliment, et non pas à une énième connerie qu’il avait encore dite ou faite. Alex et lui tapaient dans le mille, en ce qui concernait les gestes impulsifs et les paroles sorties sur un coup de tête Comme quoi ils n’étaient pas potes pour rien. Peu importe ce qu’Andrew voulait vraiment au fond, il y aurait toujours quelque chose à perdre d’un côté. Il ne saurait l’expliquer à Thèdes, mais s’il devait un jour choisir entre elle et les Cinq Plumes, il s’en trouverait bien embêté. Il préférait ne pas y penser, et se dire que ce jour n’arriverait probablement pas. Pas qu’il se mettait la tête dans le sable, loin de là. C’était juste un espoir tout con, de ne pas avoir à subir un tel ultimatum, auquel cas il en viendrait sûrement à perdre les deux, incapable de pencher la balance d’un côté plus que de l’autre. Ne pas choisir, c’était prendre le chemin de la facilité.

" En Amérique, les sirènes sont des créatures envoûtantes qui ensorcelaient les marins tellement elles sont belles. On raconte que c’est pour faire échouer leurs navires contre les rochers. Si tu ne me crois pas, on demandera à un vieux pêcheur quand on y sera, j’dois ramener une photographie à Ennis de toute manière, et tu verras par toi-même ce qu’il dira. En tout cas c’est un compliment ! "

Andrew ne souleva pas la remarque de Thèdes lorsqu’elle refit surface, peu de temps après qu’il la balance dans l’eau, et préféra enchaîner directement sur le jeu à boire, quand même un peu coupable de la voir tousser pour s’éclaircir les poumons. Le whisky se chargeait de régler tout ça. Nageant sur place, le sourire aux lèvres, il observa Thèdes réfléchir, puis s’élancer dans ses explications sur le vrai et le faux de ses deux énoncés. Il ne chercha pas à l’arrêter dans sa théorie, et alla même jusqu’à la regarder boire avant d’afficher un air suffisant.

" Mais je suis doué, au Quidditch. T’es tombée dans le piège, je n’ai jamais triché ! "

À ces paroles, il regarda Thèdes froncer des sourcils, réaction typique de sa part lorsque quelque chose l’embêtait ou venait contredire ses attentes. Andrew garda délibérément le silence quelques secondes supplémentaires avant de s’expliquer, rien que pour faire durer un peu plus longtemps le suspense, ou peut-être pour l’agacer aussi.

" J’ai bel et bien invité une fille à dîner au Lys Blanc, et je lui ai offert une bague en or. Il y avait même son prénom gravé à l’intérieur ! Je t’ai déjà parlé d’Arabella, il me semble ? "

Il s’agissait du prénom de sa jeune sœur. Âgée alors de douze ans, elle fit le voyage seule jusqu’en Irlande pour venir voir son frère qui entamait alors sa deuxième année en Défense contre les forces du mal. Dans l’une de ses lettres, Arabella lui parla de cette nouvelle mode chez les filles pour les bijoux ornés de pierres de naissance. Ses copines en avaient toutes. Le sujet n’intéressait nullement Andrew, comme bien des choses que sa sœur lui racontait, mais quand Arabella lui annonça sa venue pour une semaine, cette histoire de bijoux refit surface dans sa mémoire alors qu’il déambulait devant les boutiques du village, songeant à quoi lui offrir pour son anniversaire, la semaine en Irlande étant le cadeau qu’elle demanda à leurs parents. Elle devait d’ailleurs avoir longtemps supplié leur père pour qu’il accepte de la laisser partir.

Réfléchissant à son tour à deux histoires, Thèdes marchait sur l’îlot jusqu’à la bouteille de whisky. Le geste n’échappa pas à Andrew qui, mine de rien, l’air de tout, ne la quittait pas des yeux. Il nagea jusqu’à elle et appuya ses bras hors de l’eau sur l’îlot, faisant signe à Thèdes devenir s’asseoir près de lui. Pas pour le whisky, non, ça, c’était le bonus. Il attendit qu’elle vienne pour se hisser hors de l’eau, sauf pour ses jambes qui y trempaient irrémédiablement jusqu'aux genoux. Il fallait être prudent, avec l’eau. Andrew, toujours souriant, croisa le regard de Thèdes, s’y attarda un instant, parce que des yeux comme ça, on n’en croisait pas tous les jours. Sans rompre le contact, Andrew bu une gorgée de whisky.


" C’est la première histoire, la vraie. Même moi, j’peux pas boire six litres de vodka sans sombrer dans un coma éthylique. "

Il ricana, amusé, et se passa une main dans les cheveux.

" Mais j’vois que nos pères ont un point commun. Le mien n’a jamais prit la peine de discuter de mon avenir avant que je lui dise que j’abandonnais le Quidditch, et il gueulait plus qu’il ne parlait, hein"

Andrew pouvait concevoir que son père encaissa une grande déception le jour où son fils lui annonça qu’il laissait tomber la carrière de joueur de Quidditch pour viser le métier d’Auror. Ils se disputèrent à plus d’une reprise à ce sujet. La mère d’Andrew se montra beaucoup plus compréhensive, mais encore aujourd’hui, Andrew ressentait la désapprobation de son père, comme si ce dernier n’avait jamais pu digérer sa décision. Ce n’était pas comme si être Auror n’avait pas de classe, quoi ! Andrew ne comprendrait décidément jamais son père.

" Dis-moi, pourquoi tu tiens tant à ton histoire de projet ? Pourquoi en faire un projet, quoi ? "

Un bref moment d’évasion avant de poursuivre le jeu. Il ne comprenait pas la logique de Thèdes, et ne voyait absolument pas ce qu’elle cherchait en allant chez lui dans le Maine. Par le passé, Andrew avait déjà rencontré les parents de Calliope, et ceux de Mani. Enfin, le père de Mani, qui était en couple avec la mère de son pote surtout. Il ne connaissait pas Mani, avant de connaître Elias. Les parents des filles ne l’aimaient pas, en général, et ne voyaient en lui que le charmeur qui voulait obtenir ce qu’il désirait avant de prendre ses jambes à son cou. Parfois il jouait son numéro, comme il avait fait devant la mère de Calliope. Ça le faisait bien rire. Pour ce qui en était de ses propres parents, Andrew ne saurait dire. Il ne les avait pas vu depuis cinq ans, et savait que s’il débarquait après tout ce temps accompagné de Thèdes, il n’aurait pas le choix de la leur présenter comme sa copine. Les choses seraient plus simples comme ça, aussi. La question persistait toujours malgré tout, et Andrew ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui était passé par la tête de Thèdes depuis leur rencontre au parc, et successivement lors des nuits blanches passées ensemble pour qu’elle déniche un plan pareil ?

" Et pourquoi moi ? Parce que tu sais, par moments j’me dis que tu sais pas dans quoi tu t’es embarquée, enfin j’dis ça comme ça "

Pas qu’elle était la première à vouloir de lui une telle relation, ça non il ne les comptait plus depuis longtemps, mais considérant sa réputation, les Cinq Plumes et tout ça, Andrew s’étonnait encore de voir des filles tenter leur chance.

" Mm, c'est mon tour, sinon... Alors, une fois, j'suis allé à un bal avec deux cavalières, et j'ai lancé mon premier Stupéfix à l'âge de sept ans ! Tu crois pouvoir deviner, cette fois ? "

Il appuya le tout d'un clin d'oeil en la poussant un peu de son coude pour la taquiner puisque l'air de rien, la distance qui les séparait n'aurait pas permis à un chat de passer entre eux.
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Thèdes Konstonhalu
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Mar 28 Juin - 10:22

« En Norvège, ce n’est pas tout à fait ça. Déjà, on appelle les sirènes des ‘Havfrues’, et oui, d’accord, elles sont très belles, mais elles sont encore plus perfides. Les havfrues manipulent les hommes pour les emmener sous l’eau et les tuer ensuite. En fait, si on déchiffre bien ce qu’elles disent, on comprend qu’elles parlent de sang, de mort, et d’odeur putrifiée. On dit, chez moi, que tous les marins qui n’ont jamais été retrouvés sont en fait morts à cause d’elles. Charmant, tu ne trouves pas ? Alors, tu penses toujours que c’est un compliment de dire que je suis une sirène ? »

Thèdes récita sa tirade comme si elle la connaissait par cœur. En fait, c’était un peu le cas. Elle, qui n’aimait pas les créatures avaient toujours été fascinée par l’histoire des sirènes. Le conte d’Andersen n’avait plus aucun secret pour elle qui le connaissait sur le bout des doigts, du premier mot au dernier, de l’intonation parfaite et des illustrations qui se trouvaient à côté du texte, merveilleusement bien dessinées. Assez bien dessinées pour qu’elle puisse s’y croire, comme si elle y était réellement. Bien entendu, il y avait d’autres contes qui avaient retenu son attention, mais celui-là particulièrement était… Magique.

Thèdes savait qu’elle avait juste au jeu auquel Andrew et elle jouaient. C’était certain, c’était un fait. Une bague, vraiment. Non mais une bague ! C’était non, c’était définitivement non. Et c’est pourquoi, lorsqu’Andrew lui dit finalement qu’elle avait tort, Thèdes fronça les sourcils et attendit la suite. Peu patiente, elle fit tout de même un effort pour ne pas soupirer fortement lorsque le Plume prit du temps pour répondre. N’était-il pas capable de faire comme les gens normaux et de formuler des phrases, rapidement de préférence ? À vrai dire, elle était un peu jalouse et se demandait si réellement elle avait envie de savoir qui était cette fille. Pas n’importe laquelle, vraisemblablement, quelqu’un qui devait compter beaucoup pour lui. La brune se réconforta en disant qu’elle avait eu droit à Pépito, elle. Thèdes se consolait vraiment en se disant que tout de même, Pépito n’était pas n’importe qui non plus. Puis, quand elle su qui était la jeune fille, elle éclata de rire. Il se moquait vraiment d’elle. Pire, il se jouait d’elle. Certes, ce n’était pas la première fois, mais là….

« Ah, Arabella. Tu m’en as vaguement parlée, en effet. Ta petite sœur… Je m’en souviens. Cela dit, je trouve que ça ne compte pas. Arabella n’est pas n’importe quelle fille. »

Ce qui signifiait, à peu de choses près, qu’Andrew n’avait pas gagné. Il avait triché ! On ne peut pas gagner en trichant, sauf si on s’appelle Thèdes Konstonhalu. Du coup, il avait tort. Arabella ne comptait pas, point barre. Lorsqu’Andrew lui fit signe de se rapprocher du bord de l’îlot après que Thèdes eut donné deux nouveaux exemples pour le jeu, elle n’hésita pas et emporta la bouteille avec elle. S’asseyant en tailleur sur le rebord, elle l’observa boire une gorgée de whisky en lui expliquant pourquoi il avait juste au jeu.

« Non, mais ils m’ont vraiment proposée de le faire, le problème, c’est que je ne me souviens plus de rien après la troisième bouteille… Autant j’ai réussi, t’en sais rien. Mais sinon, oui, t’as juste. »

Elle l’entendit rire et fit de même, lui prit la bouteille des mains et en but une nouvelle gorgée. Cela dit, elle faillit s’étouffer pour la deuxième fois de la soirée lorsqu’elle comprit qu’Andrew parlait de son père. En déglutissant difficilement, elle tourna la tête vers le Plume.

« Mon père ne peut pas vraiment s’occuper de moi, en fait. Il a beaucoup de travail, c’est difficile de concilier tout ça, tu sais, la famille et le travail. Il n’a pas le temps de discuter avec moi, il a d’autres choses à faire, tu vois. Il travaille dur. Très, très dur. »

C’était l’excuse dont elle usait et abusait. Elle avait finit par y croire au final. Le grand Aradan Konstonhalu avait d’autres choses à faire. « Non, il ne sera pas là aujourd’hui à dîner, tu comprends, il a beaucoup de travail. » C’était normal. Thèdes aurait fait pareil, non ? Sans doute. Bien sûr que non, il ne pouvait pas juste se moquer de sa fille et l’ignorer jusqu’à la fin de ses jours, c’était impossible, ce ne sont pas des choses qui se font, après tout. Non, bien entendu que non. Son père avait des obligations qui passaient avant tout, c’était nécessaire. Sans cet amas de travail, il n’aurait jamais pu avoir la notoriété qu’il avait aujourd’hui et il ne voulait pas la perdre. Thèdes comprenait, c’était déjà ça. Thèdes se mentait à elle-même, aussi. Elle comprenait son mensonge, cela dit, et c’était tout de même un bon commencement de l’histoire.

« Dis-moi, pourquoi tu tiens tant à ton histoire de projet ? Pourquoi en faire un projet, quoi ? »

Thèdes écarquilla les yeux, oubliant son père d’un seul coup et se demanda s’il était possible de répondre à ça.

« Je vais essayer de te répondre, mais si tu comprends pas, fait comme si, au moins, d’accord ? Je ne sais pas si tu te rappelles mais au tout début, c’était à projet avec Mani que je voulais, ça se passait bien, Mani allait presque me prendre sous son aile et… T’es arrivé. Il fallait vraiment que t’arrives à ce moment-là ? T’aurais pas pu t’organiser, faire ça plus tôt, par exemple ? Ca aurait été bien si je n’avais pas eu le temps de faire un projet avec elle parce que tu étais venu avant. En même temps, je sais pas si j’aurais fait un projet avec toi, du coup. Enfin, je vais pas me poser la question longtemps puisqu’il est là, le projet. Il a été fait finalement… Je dirai pas que j’y tiens, tu vois. Un projet, c’est pas grand chose, c’est pas comme si on avait signé un papier, comme si on avait pas le droit de se dire ‘Stop, j’en veux plus de ce projet, met-le à la poubelle.’ On a le droit de tout lâcher, de l’abandonner, même. Là, par exemple, maintenant, tout de suite, tu peux tout arrêter. Après, je ne dis pas qu’il y aura pas des répercutions, parce que mine de rien, il s’est passé pas mal de choses mais… Tu peux arrêter, voilà. C’est tout ce que je voulais dire, au final. »

Comme prévu, elle s’était emmêlée dans ses explications, elle tenta à présent de répondre à sa deuxième question en grimaçant.

« Parce que j’aime bien les projets. C’est comme un but, en fait. Tu le fixes, et la seule chose que tu as à faire, c’est de le suivre et de voir ce qu’il se passe. Honnêtement, je crois que les projets sont les seuls trucs que j’ai jamais tenus de toute ma vie. Du coup, je m’y réfère souvent. Un projet du genre ‘Être la première de la classe’ ou ‘Avoir les plus beaux cheveux’ ou même ‘Tomber amoureuse de quelqu’un.’ Bon, le problème, dans le troisième projet, c’est que c’était pas calculé à la base et que ça part un peu dans tous les sens, sans que je puisse en contrôler quelque chose, mais bon, c’est un projet, et je m’y tiendrai. »

Les projets, c’était toute sa vie. Vaguement, elle tenta de se remémorer le projet de boire six litres de vodka, mais, comme d’habitude, elle fit face à un mur et secoua la tête pour ne plus y penser. Elle but une nouvelle fois en entendant Andrew lui posait une nouvelle question. Pour se donner du courage et répondre le plus efficacement possible, elle respira profondément et chercha ses mots.

« Parce que t’es américain ? J’aime bien les américains, tu sais, c’est des gens sympas. À chaque fois que j’y suis allée, ils était vraiment tous très gentils avec moi et… Bon, okay. La vraie raison ? Bien, pas de soucis, je peux te la donner sans problème. Tu me connais, j’ai toutes les réponses, je suis pas Thèdes Konstonhalu pour rien, tu vois. »

À vrai dire, le problème n’était pas là, selon Thèdes. Il n’y avait pas à tergiverser longtemps sur la réponse. De toute façon, elle ne la connaissait pas. Pourquoi Andrew ? Oui, c’était certainement une excellente question et oui, elle aurait adoré pouvoir y répondre, comme toutes les interrogations qu’on pouvait lui poser et auxquelles elle répondait. Seulement, il n’y avait pas de réponse. Il n’en y avait aucune dans les livres qu’elle avait sous la main. Elle aurait pu chercher, non, en fait elle aurait du chercher. Mettre son nez dans tous les livres possibles et imaginables et attendre que la réponse lui saute aux yeux, totalement évidente, comme elle en avait l’habitude. Cependant, et malheureusement, elle était certaine qu’elle n’aurait jamais trouvé ce qu’elle cherchait et, du coup, à quoi bon attendre une réponse ? Elle n’en trouvait pas, et ça s’arrêtait là.

« Parce que t’es Andrew. »

Thèdes ferma les yeux quelques secondes sans savoir quoi rajouter, en pensant que franchement, c’était niais ce qu’elle venait de dire, elle but une nouvelle gorgée de whisky et déposa la bouteille entre ses jambes, avec l’idée de ne plus y toucher avant longtemps.

« Et toi ? Pourquoi t’as dit ‘oui’ ? Et me sors pas ton explication de ‘Je suis impulsif, j’ai dit ‘oui’ comme ça’ parce que j’y crois pas. T’as eu le temps de rétracter de nombreuses fois, depuis que t’as dit que t’étais d’accord. »

Bien entendu que non, elle ne savait pas dans quoi elle s’était embarquée, mais c’était curieusement agréable. Thèdes avait l’impression de faire partie d’une mission secrète particulièrement dangereuse et ne savait donc pas à quoi s’attendre. Bon, quand on remettait les choses dans son intégralité, la mission était stupide et niaise. Surtout très niaise. Thèdes se mordit la lèvre en y pensant, et ouvrit un œil pour regarder la bouteille en biais. Non, ne pas boire. Pas avant que le jeu reprenne.

« T’es déjà allé au bal avec deux filles, tu me l’as déjà dit, aucun challenge. »

Là, avec le plus grand bonheur qui soit, elle se permit de boire à nouveau de longues gorgées pour faire passer la boule qui obstruait sa gorge et qui ne cessait de répéter « Niaise, niaise, niaise. ». Ne pas s’en émouvoir, surtout de ne pas s’en émouvoir. C’était un exercice relativement difficile mais Thèdes avait l’habitude alors elle avait depuis longtemps mémorisé quelques phrases simplissimes et pleines de bon sens capables de l’aider à oublier la voix qui lui martelait qu’elle était tout simplement stupide. L’alcool aidant, sa solution miracle fit ses preuves en quelques secondes et Thèdes respira longuement, pour se reconcentrer sur Andrew, les sourcils froncés.

« Tu sais quoi ? J’arrête de jouer, t’es qu’un tricheur et… Je ne joue pas avec les tricheurs. »

Oui, c’est certain, c’était l’hôpital qui se moquait de la charité mais la tête d’Andrew à ce moment là valait bien tout l’or du monde.

« Non, vraiment, excuse moi de vouloir la jouer à la loyale, mais tu m’as déçue. Te moquer de moi, ouvertement, et me faire croire que j’ai tort alors qu’Arabella n’est pas n’importe quelle fille ? Non, je ne pense pas aller trop loin en te disant que, cette fois-ci, tu as dépassé les bornes. »

Elle retint un sourire et préféra quitter le morceau de terre pour mettre la tête sous l’eau et rire à sa guise, lorsqu’elle refit surface, elle avait de nouveau les sourcils froncés, avec une lueur dans les yeux et un sourire en coin qu’elle tentait de cacher en continuant de nager au loin.

« Non, vraiment, ça ne se fait pas. »
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Andrew McAllen
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▌Né(e) le: 08 Avril
▌Pays d'origine: États-Unis
▌Statut: 6ème année

MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Mer 3 Aoû - 22:29

Ce que Thèdes pouvait être bornée, parfois. Andrew haussa les épaules lorsqu’elle termina de lui servir son cours de Créaturologie, le sourire au visage.

" C’est bon, j’te ferai plus de compliment Rolling Eyes "

Il méritait bien une gorgée de whisky, à présent. À vrai dire, toutes les raisons étaient bonnes pour boire du whisky. Andrew trinquait à ce qui lui semblait le plus approprié, au feeling, sur le moment, que ça soit l’été, les vacances, le vendredi soir, ou encore les beaux yeux d’une fille. Il s’exécuta donc, prenant la bouteille d’une main pour boire à même le goulot. Quand Thèdes évoqua sa sœur, après son histoire de bague et de restaurant, Andrew afficha un air amusé. Non, Arabella n’était pas une fille ordinaire. Elle ne connaissait sûrement pas sa chance, mais en même temps, Andrew était persuadé que si certaines filles désiraient se rapprocher de lui, aucune ne voudrait du rôle de la petite sœur d’Andrew McAllen. On ne l’appréciait pas parce qu’il agissait en grand frère, loin de là. Surtout qu’il ne ratait jamais une occasion de préciser à quel point sa sœur était une gamine insupportable. Elle devait avoir beaucoup grandi, en quatre ans. Arabella n’avait que onze ans, la dernière fois qu’il l’avait vu, à ce dîner où justement il lui avait offert la bague qu’elle voulait tant.

" Ouais, j’vois "

Malgré l’amertume qu’il ressentait en songeant à son père, quand il pensait à celui de Thèdes, c’était de la colère qui s’éveillait en lui. Andrew méprisait l’aristocratie, les parents tellement riches et complètement noyés dans leur amour propre. Ces gens-là ne devraient pas avoir de gamins, si c’était pour les abandonner et envoyer la gouvernante acheter les cadeaux de Noël. Du n’importe quoi ! Vraiment, de la grosse connerie. Il y avait une marge entre être occupé et être égoïste, hein ! Quelque part, Andrew comprenait Elias d’avoir envoyé d’Ollenburg au tapis, dans la grande salle. Le monde n’avait pas besoin de mariages arrangés, de réceptions sans fin bourrées d’hypocrisie. Andrew se rappelait les soirées où sa mère devait rester tard au boulot pendant que son père jouait un match important à l’autre bout du pays. Il restait seul avec sa sœur, se débrouillait pour faire quelque chose à manger, et lui foutait la trouille en soirée avec ses histoires de monstres et d’esprit frappeur quand la nuit tombait. Arabella détestait ça à l’époque, et morte de peur, elle traînait le matelas de son propre lit jusqu’à la chambre de son frère pour y dormir, la couverture remontée jusqu’au nez. Andrew pouvait songer à des souvenirs comme ceux-là avec le sourire, parce qu’il comprenait que ses parents adoraient leur métier, et qu’ils ne faisaient pas exprès de s’absenter longtemps de la maison. Sans jamais avoir rencontré le père de Thèdes, Andrew était persuadé qu’il préférait ignorer sa fille au profit de sa ô combien importante carrière, comme s’il n’y avait que ça dans la vie. Andrew préférait ne rien dire à Thèdes à ce propos, convaincu aussi qu’elle était plus que consciente de la situation.

" Mm… "

Même les papiers, on pouvait les foutre à la poubelle. À part les serments inviolables, on pouvait tirer un trait sur toutes les promesses du monde, si on le voulait, ou si on en avait marre, un jour ou l’autre. Personne ne s’en priverait, et c’était pour ça que les gens se méfiaient quand ils devaient signer quelque chose. Puis qu’on se le dise, aucun sorcier n’acceptait de faire un serment inviolable, à moins d’être inconscient, ou extrêmement sûr de son coup. Andrew écoutait Thèdes qui essayait tant bien que mal de répondre à sa question. Pourquoi lui et pas un autre ? Mieux encore…

" Pourquoi moi, et pas Mani, j’ai envie de dire, parce que t’avais déjà un projet avec elle, et t’as dit stop, pour en faire un nouveau avec moi. "

C’était facile de dire stop. Andrew vit Thèdes boire une autre gorgée de whisky. Il savait qu’il touchait une corde sensible, autant pour elle que pour lui, parce qu’il voulait la croire différente des autres, s’assurer qu’elle pouvait voir ce qu’aucune fille n’avait remarqué en sa présence, ni même cherché à savoir. Un sourire moqueur se dessina au coin de ses lèvres quand Thèdes lâcha son « Parce que t’es Andrew » comme s’il s’agissait là d’un argument de poids de type certitude universelle.

" On est cinq, comme ça, y’a pas que moi. T’aurais pu tomber amoureuse d’Alex ou de Ted, t’sais. "

Dire qu’il était Andrew, ça ne voulait rien dire. Il comprenait que par-là, elle entendait qu’il n’était pas n’importe qui, du coup, ça répondait à moitié à sa question qu’elle lui retourna, appréhendant d’avance ce qu’il pourrait répondre en lui interdisant de mettre ça sur le compte de l’impulsivité.

" Je t’ai dit oui sur un coup de tête, mais pas sans raison. "

Andrew posa sa main à son cou, agrippant du vide là où normalement se trouvait son pendentif en argent.

" T’es la première à avoir deviné, pour elle et le collier. C’est pour ça que j’me suis intéressé à toi. "

C’était pas forcément sympa, comme réponse, mais au moins ça avait le mérite d’être sincère. Pour tout le monde, les Plumes se résumaient à une bande de très beaux gars, très crétins, mais aussi très marrants. Ceux qui voyaient au-delà de ça, Andrew avait assez d’une main pour les compter. Que Thèdes, le connaissant à peine, s’attarde sur les détails et puisse y déceler ce qu’il ne cherchait pas à exposer, ça l’avait impressionné. Le reste du monde ne voyait de lui que ce qu’il acceptait de leur montrer. C’était entre autre ça, être un Plume. Andrew ne pouvait pas accorder une confiance totale à Thèdes. Quoi que si, en elle, ça allait, mais en son amour, non. Elle finirait par changer d’idée, un jour, il n’en doutait pas. Un beau matin, elle se tirerait du lit et réaliserait qu’elle n’avait plus aucune affection pour lui, ou pire encore, qu’il lui était indifférent. À ce stade, Andrew préférait encore qu’elle le déteste, tiens. La parole d’une fille, il ne s’y fiait pas. Pas totalement, parce que les sentiments des filles changeait de direction aussi rapidement que le vent. Mais alors qu’il cherchait cette certitude au fond de lui, ne la trouvant momentanément pas, Thèdes le tira de ses pensées en décrétant la fin du jeu.

" Aux dernières nouvelles, ma sœur est une fille, hein ! "

Andrew lui prit la bouteille des mains pour en boire une longue gorgée. Ce que Thèdes pouvait être mauvaise joueuse. Et puis, si les questions étaient trop faciles, le jeu perdrait tout son intérêt. Résigné à passer à autre chose, il prit une nouvelle gorgée de whisky avant de redonner la bouteille à Thèdes. Sauf qu’au lieu de la lui tendre, il la lâcha dans ses mains et ramena ses bras sur son ventre comme si de rien n’était, espérant que le tout passe inaperçu. Il y crût deux secondes, mais son front se perla rapidement de sueur. Il ferma les yeux et fronça les sourcils un instant. Ça allait passer. Ce n’était pas la première fois. La voix de l’infirmière résonna dans sa tête qu’il s’empressa de secouer pour la chasser.

* Bordel ! Fait chier ! *

En même temps, c’était sa faute. Il pensait que l’infirmière exagérait, parce qu’il avait à peine vingt-trois ans, fallait pas déconner. Fallait surtout croire que sa mise en garde était bien réelle. Autant que cette satanée douleur au ventre. Voilà ce que ça lui en coûtait, de ne jamais rien prendre au sérieux.

" Donne-moi deux minutes, okay ? " Articula-t-il en serrant les dents.
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Thèdes Konstonhalu
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▌Né(e) le: 27 juillet
▌Pays d'origine: Norvège
▌Statut: 2ème année

MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    Mar 6 Sep - 21:46

La réponse désinvolte d’Andrew au sujet d’Aradan Konstonhalu mit Thèdes mal à l’aise. Un « Je vois », ça pouvait dire tellement de choses. Au pire, il n’y voyait rien, aussi, il pouvait s’en moquer. Il n’avait pas l’air de s’en moquer, pourtant. Il semblait en colère, comme s’il pesait ses mots. Il avait raison, aussi. Personne n’avait le droit de dire du mal d’Aradan, personne n’y pensait, de toute façon, il avait toujours fait les choses tellement bien, alors pourquoi être en colère contre lui ? Pourquoi Andrew semblait en colère, tiens ? Elle se tourna vers lui, mais il ne répondit pas à son regard.

Et puis, bien entendu que ça devait arriver, bien entendu qu’il allait en parler, et pourtant, Thèdes aurait rêvé qu’il n’en fasse jamais écho. Pourquoi pas Mani, pourquoi lui. Il était fatiguant à toujours vouloir des réponses. Lui, il ne répondait jamais à ses questions, préférait les omettre, s’abstenir d’y répondre. Alors pourquoi Thèdes devait toujours tout dire ? Ce n’était clairement pas du jeu, et pourtant, plus sérieuse que jamais, elle se mit à réfléchir au comment du pourquoi.

« Le soir où on s’est parlés sérieusement pour la première fois, tu m’as semblée plus intéressant que Mani. J’avais davantage envie de te parler à toi qu’à elle. J’imaginais que ça allait durer, que j’allais te trouver intéressant pour toujours, alors j’ai tout arrêté avec Mani pour te choisir toi. Et puisque tu m’intéressais, et que t’as été honnête avec moi, que tu m’as parlée du pendentif et de l’histoire, j’ai eu envie de t’aider. C’est une des clauses du pacte : Te faire enlever ce collier. »

Elle n’était pas sûre que ce soit exactement la réponse qu’il avait attendue d’elle. Peu importe. Elle regarda ses pieds tremper dans l’eau en continuant sur sa lancée.

« Toi et moi, on s’était dit qu’on était pareils. C’était plus sécurisant de penser que j’arriverai à appréhender tes réactions plutôt que celles de Mani, que je ne connais pas vraiment, au final. J’ai tendance à croire que les gens qui se ressemblent s’entendent mieux. Et puis, quand on s’entend bien, un projet marche. C’est ce que je pensais. Et… on a remarqué tous les deux qu’on faisait que se disputer pour tout et rien. Ca remet toujours les choses en place, mais je peux pas m’empêcher de me demander jusqu’à quand ça va durer. »

Elle déglutit en regardant au loin.

« Nos disputes ont été bégnines, jusque là. Pourtant, on sait tous les deux qu’un jour, ça va exploser. Littéralement. »

Et puis, comme toujours lorsqu’elle se sentait particulièrement mal à l’aise ou mise à nue, elle fit de l’humour en se retournant vers lui et lui faisant un grand sourire.

« Mais il n’y a pas de problème ce soir, pas vrai ? Il n’y a aucune raison que je t’éclate la bouteille sur la tête ou que t’essaies de me tuer en me tapant le crâne contre un rocher, non ? » Elle s’immobilisa, tout sourire et prit une voix grave pour dire « Ah non, je ne cogne pas sur les filles ! »

Elle reprit son sérieux en écoutant Andrew lui dire pourquoi il avait accepté le projet. Elle aurait pu être peinée d’en apprendre les raisons mais pas tant que ça, en fait. Surtout, elle était surprise que personne n’ait jamais pu penser au passé d’Andrew, ou même essayer de voir à travers lui. Elle ne savait pas pourquoi elle, elle avait tout de suite compris. C’était écrit sur son front, presque. C’était curieux que personne n’y ait jamais pensé avant elle. Thèdes haussa les sourcils en l’observant porter la main à son cou. La norvégienne se rappelait la toute première fois où elle lui avait parlée de la fille du pendentif. Ca faisait peut-être une ou deux semaines qu’elle était arrivée à l’université, et elle avait posé la question la plus anodine du monde, sans vraiment penser aux conséquences. Elle lui avait demandé qui était la fille qui lui avait brisé le cœur. Il avait répondu avec le sourire, au début, mais vu que Thèdes insistait, Andrew s’était montré plus froid. Et c’était là qu’elle avait compris. Oui, c’était écrit sur son front. Un gigantesque « Mon cœur est en mille morceaux, hey. » Alors non, elle n’avait pas le temps d’être vexée, puisque sa réponse l’avait choquée, pas pour le contenu, mais bien parce que ça sautait aux yeux, et que seule Thèdes avait été capable d’y faire attention.

Et puis, Thèdes cessa d’y penser. Elle n’en avait rien à faire, de toute façon, que les autres veulent apprendre à connaître Andrew ou non, parce qu’elle, vraiment, elle voulait apprendre à le connaître.

« Non mais formulée comme tu l’as fait, j’ai pas pu comprendre de quoi tu parlais ! C’est normal d’acheter des cadeaux à ta sœur, alors que pour les autres filles que tu côtoies ici, ça ne l’est pas. Du coup, ça marche pas ! »

Un instant, Thèdes se remémora qu’Andrew lui avait donné Pépito. Elle continua de reculer dans l’eau tout sourire, mais toujours la tête tournée vers le Plumentine. Lorsqu’il lui tendit la bouteille, elle s’approcha de nouveau du bord pour l’attrapa mais le whisky tomba dans la rivière. La norvégienne ne tenta même pas de la rattraper et leva les yeux vers le Plume.

« Ca ne va pas ? »

Il avait mal, ça se voyait. Thèdes était en santé magique, bien sûr qu’elle savait quand quelqu’un avait mal. Les sourcils toujours froncés, elle entreprit de sortir de l’eau pour se pencher vers Andrew.

« Hey, mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce que t’as ? Tu veux que je t’emmène à l’infirmerie ? »

Bien sûr que maintenant, Andrew aurait l’occasion de se moquer d’elle. Et puis, il ne lassait pas de se moquer d’elle, de toute façon. Cependant, cette fois-ci, il ne répondit pas. Peut-être avait-il trop mal. En fait, il avait sans doute trop mal, il ne se serait jamais gêné en temps normal, non, vraiment, il n’aurait jamais hésité. Thèdes fronça les sourcils en continuant de poser des questions, comme s’il allait lui répondre.

« Mal au ventre ? Mais mal où ? Je comprends pas, Andrew… Je comprends rien, là… »

Et voilà. Elle commençait déjà à angoisser. Ca n’arrivait qu’avec Andrew, ce genre de trucs, en plus. Il ne pouvait pas juste… être en bonne santé, tout le temps ? Ou ne pas se battre avec tout le monde ? Ou ne pas faire de sport dangereux ? La brune arrivait à penser qu’il faisait tout ça pour l’énerver, alors qu’elle avait totalement conscience du contraire. Le problème, c’était surtout que lorsqu’elle était face à un cas qu’elle n’avait jamais rencontré dans une étude (Elle était en première année, aussi.), elle n’angoissait pas autant que lorsqu’Andrew se faisait éclater la joue par elle ne savait qui, ou qu’il revenait avec des entailles par ci par là. C’était pourtant simple à arranger une coupure, ou un bleu. N’empêche que dès que c’était Andrew qui les portait, ça devenait tout de suite beaucoup plus compliqué. Elle savait bien qu’elle ne devait pas faire interférer les sentiments et tout ce qu’elle pouvait apprendre en cours, le soucis, c’était surtout qu’elle avait l’impression de ne jamais rien faire de correct lorsqu’il était question de soigner le Plume.

Mais ça, c’était aussi parce qu’elle voulait le soigner mieux qu’elle n’avait jamais soigné n’importe qui d’autre.

Et Andrew qui ne parlait toujours pas… Thèdes commençait vraiment à paniquer à se demander ce qu’il fallait ou ne pas faire. Elle posa sa main sur son estomac. Comme si ça aurait pu apaiser quoi que ce soit. Tu es stupide, Thèdes. Tu es stupide. Elle secoua la tête et lança un sort. N’importe lequel du moment que ça faisait passer la douleur. Le premier sort de base qui lui passa par la tête. Elle savait qu’il n’allait pas durer très longtemps, celui-là alors, puisqu’Andrew semblait déjà se remettre un peu mais pas assez pour l’empêcher de faire ce qu’elle devait absolument faire en cas de problème, Thèdes l’aider à se relever et le fit s’appuyer contre elle.

« Bon, on rentre maintenant, on va voir l’infirmière. Où est ta baguette ? »

Elle n’attendit pas de réponse et aperçut le morceau de bois trôner dans un coin du rocher qu’Andrew avait fait jaillir hors de l’eau, un peu plus tôt. Elle l’attrapa et reprit sa marche pour sortir d’ici. Lorsqu’Andrew sembla vouloir répliquer, Thèdes l’arrêta aussitôt.

« On en aura plein d’autres des rendez-vous, pas vrai ? »

Il ne répondit pas non plus. Peut-être que le sort ne faisait déjà plus effet, alors la norvégienne s’activa et sortit de la rivière souterraine, oubliant même sa robe.
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MessageSujet: Re: Sincèrement, je préfère les trous noirs.    

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Sincèrement, je préfère les trous noirs.

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