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 Harmonie d'un soir [Réservé]

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Ted Hanson
M.U.M
M.U.M
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▌Né(e) le: quatrième sur cinq enfants
▌Pays d'origine: Lande d'Ir
▌Statut: 5ème année

MessageSujet: Harmonie d'un soir [Réservé]   Ven 17 Juin - 13:26

- …et je ne vous retiens pas plus longtemps, vous pouvez partir.

Ted s’était levé comme un ressort à ces mots, faisant claquer le siège de l’amphithéâtre, bruit dont il entendit bientôt l’écho partout autour de lui, comme un concerto. Bruit sec des sièges, brouhaha des voix qui s’élèvent, froissements des vestes que l’on récupère, sacs qui retombent sourdement sur les hanches ou dans le dos, expiration bienheureuse des fins de cours, après être resté, trop longtemps, limité dans ses mouvements et dans le volume de sa voix. Il descendit les marches aux côtés d’un quidam bien utile pour l’occasion que nous dénommerons John dans un sursaut d’originalité, avec qui il jouait parfois au quidditch, pour plus de crédibilité. Ils continuaient la discussion qu’ils avaient commencée en chuchotant pendant le cours, sans vraiment faire attention à ce qui se passait autour d’eux, lorsqu'ils arrivèrent au niveau de l'estrade.

- Non, franchement, je préfère venir en skateboard que transplaner, ça va peut-être moins vite mais c’est plus agréable !

Et là, sortant de nulle part, une voix qu’il connaissait bien et à laquelle il ne s’attendait pas le moins du monde se lia à la conversation. Une voix féminine, aux accents d’ailleurs, qu’il entendait habituellement dire des mots barbares avec humour, leur présenter des concepts qu’il prenait un temps infini à assimiler, et dont la voix était habituellement amplifiée par un sort. C’était étrange, de l’entendre aussi basse, et pourtant toujours aussi chantante, volant au creux des clochettes de muguet et à l’ombre des fougères.

- Je n’ai jamais eu l’occasion de monter sur un skateboard et j’ai bien peur d’y être aussi à l’aise qu’un poisson dans l’air, mais si vous voulez lier la vitesse à l’agréable, essayez le tapis volant.

C’était étrange, aussi, d’entendre un mot moldu qu’il n’entendait habituellement que dans la bouche d’autres étudiants rouler sur la langue de Chenoa Kalawei. Les peu de fois où elle s’était adressée directement à lui, et pas à une foule d’étudiants tous plus réveillés les uns que les autres, c’était pour parler examens, dissertations, sortilèges, diplomatie et créatures, et il n’écoutait jamais que d’une oreille, pressé de s’en aller. Ce fut limite s’il ne la prit pas pour une autre étudiante, lorsqu’il entendit son conseil désinvolte. Pas tout à fait. Il s’arrêta quand même. John bredouilla un « on essaiera » en faisant un pas en avant, apparemment pressé de partir, mais Ted se tourna vers elle en souriant.

- Jamais montée sur un skateboard, vraiment ? Même pas une fois ?

La sorcière rangeait délicatement ses affaires dans sa sacoche, et il la regarda faire pendant que John s’arrêtait à son tour, à demi tourné vers eux, à demi vers la porte, comme pour faire signe à Ted de ne pas s’attarder.

- J’ai bien peur que ces bêtes-là ne poussent pas dans la forêt, malheureusement.

Ted sourit à sa tournure de phrase puis, amusé, se laissa prendre au jeu.

- Vous voulez que je vous apprenne ?

Une question lancée en l’air, dont il n’avait pesé aucun des mots, et qui était accompagnée d’un sourire dévoilant sa dentition régulière. Une légèreté, une rigolade, qui serait bientôt suivi de rires, d’un refus enrobé dans un remerciement pour la forme, puis il passerait la porte et reprendrait sa conversation comme s’il n’avait pas échangé une seule parole avec elle. En tout cas, c’était ce à quoi il s’attendait. C’est pourquoi son expression passa du rire à la décontenance, lorsqu’à la place, la gorge de la métisse se secoua d’un rire, et qu’elle prononça, taquine :

- Et si je te prenais au mot ?

Comme un trébuchement, deux secondes de silence, alors que Ted, au lieu de rire et de faire un signe d’au revoir pour rejoindre John, se reposait mentalement la question. Et oui, s’il la prenait au mot ? Deux secondes, seulement, parce que Ted n’était pas du genre à réfléchir bien longtemps. La réponse à toutes les questions était « d’accord » avant même qu’il n’en connaisse la teneur, ce qui simplifiait grandement les choses. Le fait qu’elle lui enseigne, qu’il avait éventuellement des examens à réviser, que jamais au grand jamais l’idée d’accepter qu’un étudiant lui enseigne le skateboard, le roller ou quoique ce soit d’autre ne serait passé dans la tête de Celyn Creedpeur ou de n’importe lequel des autres professeurs – pas une seconde de réflexion. C’était ça, qui était bien, c’était que Chenoa Kalawei était Chenoa Kalawei, et qu’en une question, l’improbable devenait soudain une possibilité à portée de doigts. Alors il ferma le poing et l’attrapa, comme s’il venait de saisir le vif d’or.

- Seize heures trente, hall d’entrée.

Ferma l'oeil droit du même coup, aussi, brièvement, en un clin d'oeil amical. Et quand il avait pris conscience de ce qu’il venait de faire, il était trop tard, parce qu’elle avait déjà accepté, et qu’il était déjà parti. C’était John, qui l’avait fait redescendre les deux pieds dans la réalité. Ou pas, en fait.

- Tu as donné rendez-vous à Chenoa Kalawei pour lui apprendre à faire du skateboard ?

Les mains dans les poches, Ted avait shooté dans un caillou sur le chemin, le regardant débouler trop loin de leur course pour qu'il puisse le rattraper une deuxième fois, et avait simplement mâchouillé :

- Ben, quoi ?

Silence grésillant, estomaqué peut-être, désabusé sinon.

- T’es incroyable.

Et les lèvres qui s’étirent vers la droite, et l’avant-rire qui fait trembler les narines, et l’absence de réponse, encore plus éclatante que n’importe quelle banalité qu’il aurait pu sortir.

Les roues tournent.

L’eau mouille et le feu brûle, aussi, mais nous ne sommes pas là pour lister des évidences. Ce qui importe, aujourd’hui, c’est que les roues tournent. Dans le vide, pour être plus précis. Relancées de temps en temps par l’index de Ted qui, assit sur les marches de l’entrée de l’université, attendait l’arrivée de son… élève. Les rôles se retournaient comme un gant avec une douce ironie, et il sourit pour lui-même. Un skateboard était appuyé à moitié sur son pied, emprunté à Elias/Alex/Malloy/Andrew (rayez les mentions inutiles pour ne garder que celui qui a le plus de chance d’être en possession d’un skateboard. En cas d’absence de réponses, inventez un nom. Exemple : John. Mais pas John, parce qu’il existe déjà, et préfère transplaner plutôt que d’en faire. Il n’est donc pas en possession d’un de ces objets. Ou alors, inventez un autre John, mais ce serait peu original, voyons). Un autre, le sien, était retourné sur ses genoux, et c’était avec celui-ci qu’il jouait de manière absente (en faisant tourner les roues, pour ceux qui n’ont pas suivi). Du regard, il suivait les groupes qui se baladaient et passaient à côté de lui pour entrer ou pour sortir. Fourmilière géante, activité incessante dans la douceur d’un début d’été, et quelque part, une indienne qui le rejoindrai bientôt. Si on lui avait dit, le matin même, qu’il patienterait pour Chenoa Kalawei alors que la fin des cours avait sonné depuis déjà plusieurs heures pour lui apprendre à se déplacer comme une moldue, il n’en aurait pas cru un traître mot… Et pourtant, la voilà qui arrivait, ses deux tresses battants ses épaules basanées et son parfum de noix de coco s’accrochant dans les plis de sa peau et de ses vêtements.

Ted avait choisi les relations internationales par intérêt, à la base, mais aimait répéter qu’il avait décidé en fonction de la tête des professeurs ; et il était indéniable que Miss Kalawei était la plus attractive des enseignantes et la plus amicale avec les étudiants. Elle respirait le voyage et la jeunesse, et ne posait pas le rideau de sa position entre elle et eux, inspirant le respect par sa personnalité, plus que par une autorité imposée fermement. Pas qu’elle n’ait pas d’autorité, au contraire ; mais elle était l’exemple parfait de la main de fer dans un gant de soie, et imposait le respect davantage par son naturel que par une quelconque peur des représailles qu’elle essaierait d’instiguer en eux. C’était peut-être pour ça, aussi, que la situation ne lui paraissait pas plus anormale que ça. Ou peut-être que c’était lui, et pas elle. Tout simplement parce qu’il ne se posait pas les barrières habituelles, ne se compliquait pas l’esprit à penser aux conséquences, contrairement à d’autres qui passaient leur vie à se poser des questions dont les réponses n’ont aucune importance ; il voulait faire du skate, il faisait du skate, et ne réfléchissait pas plus loin. Chenoa voulait apprendre, et bien il lui apprendrait, il n’y avait rien de compliqué là dedans… L'étonnement de John et le fait que ce dernier n'aurait jamais osé ou voulu faire une chose pareille ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se releva, lui sourit, et commença à descendre les marches.

- Prête à essayer le tapis à roulettes ?

Il lui passa le skateboard emprunté, garda le sien à son côté, et commença à marcher, nonchalant, vers l’intérieur du parc. Il y avait un peu trop de monde à l’entrée de l’université à son goût pour commencer, et ils seraient mieux plus loin, sur la route, avec la lande autour d’eux plutôt que les bâtiments. Le ciel gris s’étirait au dessus de leurs têtes, et la luminosité de fin d’après-midi changeait du tout en tout de manière plus ou moins régulière, sous l’éclaircie soudaine d’un soleil qui perce à travers les nuages avant d’être à nouveau englouti par leur masse. Lumière, pénombre, lumière, pénombre. C’était des jours comme celui-ci où on prenait conscience de combien le soleil brillait, en fait, quand on en était perpétuellement privé, tout en ayant un rappel continu de son existence. Le vent, lui aussi, était d’humeur capricieuse ; il soufflait, mourrait, puis repartait de plus belle. Ted leva le nez en l’air ; s’ils avaient de la chance, il ne pleuvrait pas avant le soir, ou plutôt, comme répétait souvent sa sœur, avant « les temps où vibrant sur sa tige / chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ». La phrase écrite sur un post-il vert vibrant était restée collée sur la soupente au dessus de son lit pendant toutes les dernières vacances, merci Shannon. Enfin bon. Si la pluie voulait bien se tenir à distance jusque là, ils seraient rentrés longtemps avant d’avoir l’occasion de se mouiller. L’humidité imprégnait l’air sans être lourde. Il espérait tout du moins que les gouttes attendraient un peu avant de commencer à les éclabousser, il serait dommage que leur fin d’après-midi soit tuée dans l’œuf avant même d’avoir commencée. Enfin, pour le moment, ça avait l’air de tenir…

- On va se mettre là-bas, le morceau de route pour aller vers le terrain de Quidditch, c’est plat et à part les groupes qui s’y rendent ou en reviennent à pied, il n’y aura pas grand monde sur qui foncer. Moins d’admirateurs pour applaudir à tes prouesses, par contre !

« Tes. » Si nous étions en France, en Belgique ou en Suisse, Ted se serait sûrement rattrapé en passant de « tes » à « vos », mais comme nous sommes en Irlande, baignant dans la langue de la simplicité, le « you » peut s’interpréter de la manière qui nous met le plus à l’aise, et sera traduit par « tu » pour une meilleure compréhension de l’ambiance instaurée entre les deux êtres débordant d'enthousiasme. Important, l’ambiance, parce que quand il n’y en a pas il n’y a pas de fous et personne ne rit. Alors que Ted souriait, là, comme souvent, le pas vif même s’il ralentissait un peu pour elle, et les yeux rieurs sous ses cheveux de blé.

- C’est parti !
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