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 Sturm und Drang

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AuteurMessage
Eloy d'Ollenburg
M.U.M
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▌Né(e) le: 13 août
▌Pays d'origine: Allemagne
▌Statut:

MessageSujet: Sturm und Drang   Mar 19 Juil - 18:15

Les mariages arrangés ne rendaient pas les gens de la caste d’Eloy malheureux. Coutume est, pour les enfants de l’aristocratie, de voir les parents porter un choix sur la personne avec qui ils fonderont, à leur tour, une famille. Wendy, l’aînée des d’Ollenburg, vivait avec l’époux choisi par leurs parents ; un noble d’Autriche. Depuis son mariage, elle habitait le château de Tachov. À en croire les missives qu’elle envoyait à son frère, ce dernier ne pouvait que constater l’amour que lui prodiguait l’homme qu’elle avait épousé. Wendy aimait son mari, ou alors apprit-elle à développer une forte inclination, si ce n’est de l’affection, à son égard. Au fond de lui, Eloy l’enviait. Parce que malgré sa beauté, son éducation et son dévouement, Mélite d’Orcy ne l’aimait pas. Devait-il se conduire comme Elias Jensen, pour obtenir d’elle l’attention pour laquelle il se languissait tant ? Pour qu’elle daigne enfin exprimer un semblant d’émoi au creux de ses sombres prunelles ? Une larme, Mélite, rien qu’une seule, pour moi.

N’avait-il pas déjà prit sur lui le poids de son inconvenance ? Humilié devant tous, écrasé sous la violence brute d’un homme qui n’acceptait pas sa situation. Eloy ignorait la nature de la relation les unissant. Elias Jensen n’était pas indifférent au contact, ni même à la présence de Mélite qui, prise de fureur à la simple mention de ce nom, feignait d’y être rattachée. Il s’agissait là d’un mensonge. Tant de hargne ne signifiait qu’une chose, et de savoir que le Plume pouvait atteindre et troubler sa fiancée de la sorte l’obligea à jouer la carte de la malhonnêteté. Tu m’y as contraint, Mélite. À ses pieds se trouvaient des enveloppes décachetées, toutes portant le nom, habilement calligraphié, de sa promise. Plus d’une fois, Eloy se demanda si Elias Jensen écrivait à Mélite. Son imagination débordante ficela un dialogue empreint d’émotions entre eux. Il en tenait aujourd’hui la preuve écrite entre ses mains. Ses doigts se refermaient sur le parchemin, le déchirant. Encore. Et encore. Le vent se chargea d’emporter les morceaux au loin, certains arrêtés par des brindilles d’herbes. De la poche de son veston, Eloy se saisit d’une boule de cristal qu’il contempla fixement. La divination pouvait certainement lui donner les réponses que Mélite lui refusait ?


« Mélite d’Orcy m’aimera-t-elle, un jour ? Dis-le-moi. »

Eloy rapprocha son visage de la sphère, scrutant le moindre mouvement. La fumée brumeuse dansait, errante et aléatoire. Une dizaine de minutes s’écoulèrent sans le moindre signe lorsqu’une ombre se glissa entre les volutes de fumée. Un visage flou, au teint pâle, prit forme. Sans que les traits soient assez définis pour qu’Eloy puisse mettre un nom sur l’apparition, les lèvres du personnage semblaient se mouvoir. Une voix féminine s’éleva, soudaine, soufflant son prénom à son oreille. Eloy se leva d’un bond de son banc, laissant tomber la boule de cristal qui se fracassa au contact du sol.

« Amalia ? »

Il se retourna, mais il n’y avait personne. Eloy aurait pu jurer que la voix appartenait à Amalia De Lenn, la cousine de Mélite. Quelle était la signification de tout cela ? Il s’accroupit pour ramasser les morceaux de verres éclatés qui jonchaient le chemin, ignorant la silhouette qui, s’il se fiait au bruit des pas sur le gravier, se rapprochait. Eloy ne chercha pas à mettre de l’ordre dans la pile de lettres désordonnées dans l’herbe, s’empressant plutôt à terminer de recueillir les débris de la boule de cristal. Dans sa hâte, il se coupa l’intérieur de la main gauche en se saisissant d’un morceau de verre particulièrement tranchant qu’il lâcha aussitôt. Son regard s’attarda sur son annulaire. Son jonc de fiançailles, couvert de sang, quelle sombre ironie.

« C’est… douloureux. » Murmura-il à la personne dont il ne voyait que l’ombre au-dessus de lui, le soleil couchant faisant office d’effet de contre-jour.

Quel triste spectacle devait-il offrir. Et Mélite ne l’aimerait jamais, refuserait toute forme d’attachement à son égard, si ce n’est celui du devoir. Elle serait l’épouse parfaite, fière, sans défaut apparent, et lui, il serait le monstre cherchant à éveiller son humanité.


[Réservé.]

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