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 Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord

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Ted Hanson
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▌Né(e) le: quatrième sur cinq enfants
▌Pays d'origine: Lande d'Ir
▌Statut: 5ème année

MessageSujet: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Dim 14 Aoû - 11:01

Emmène-moi sur ton chemin, toi qui n’a jamais peur de rien
Toi qui sais sourire à la vie malgré le froid et puis la pluie ♫

Il ne comptait plus le nombre de gens qui lui avait explosé de rire à la figure à l’idée de Thèdes en camping. Il en faisait beaucoup, des blagues, en général, il les collectionnait, même, il en bourrait ses poches. Mais celle-là, c’était la plus drôle de toutes. Il l’avait même ressortie à Pierrot, d’ailleurs, et ce dernier, au lieu d’essayer de le retenir pour qu’il le fasse rire comme à son habitude, commençait à sourire de ses lèvres habituellement figées dès qu’il le voyait approcher. Il ouvrait le passage qui menait aux dortoirs des Plumentines avant même que Ted n’ait le temps de dire un mot. Complètement hilare, la statue. Thèdes en camping faisait même rire la pierre. Lui, ça l’arrangeait bien, ça lui évitait de devoir retenir le mot de passe. Mais en attendant… Ce n’était pas une blague. Pas un délire, pas une idée lancée en l’air. Et il allait bientôt le leurs prouver ! A lui, ça ne lui faisait pas peur.

Bon, d’accord, elle mettait des chaussures à talon en quasi-permanence, avait un nombre incalculable de robes, n’était jamais partie en camping, grimaçait à l’idée de ne pas prendre une douche chaude tous les matins, ne tenait pas à dormir par terre, n’était pas emballée à l’idée de porter ses affaires, n’appréciait sûrement pas la pluie et avait probablement horreur des insectes. Mais ce n’était pas important, parce qu’elle le ferait quand même : et avec le sourire ! Elle avait toujours un plan dans la tête, des cartes aux chemins définis au millimètre près, avec ses destinations, ses réservations d’hôtel, une liste de choses à faire et sûrement le nombre de moutons sur le côté de la route, aussi, tellement elle pouvait être prévoyante. On ne sait jamais, des fois qu’elle se fasse écrabouiller par un troupeau qui traverse la route. Lui, il se contentait de profiter du paysage et de tourner sur le chemin qui lui paraissait le plus amusant quand il arrivait à un carrefour. Ici, on tourne à gauche, parce que quelqu’un a jeté une bouteille d’eau sur le bas-côté et que le bouchon est tourné dans cette direction, c’est un siiigne. C’était absurde, et absurdement plus amusant que d’aller là où il « faut » aller, là où il y a des « choses à voir. » Ca l’ennuyait, les chemins tracés. Personne n’avait donc compris que tout était à voir ? Un chemin reste un chemin, peu importe le nombre de pieds qui y ont laissé une empreinte.

Alors il lui montrerait, à Thèdes. Il lui montrerait ce que c’était, d’avoir l’esprit léger. Ca allait être drôle. Il s’amusait toujours, avec elle.

Et justement, elle arrivait. Ted grimaça en la voyant. Peut-être, juste peut-être, aurait-il dû davantage écouter les autres. En lui proposant de partir, il avait pensé à Thèdes, celle qui ne laissait jamais tomber, celle qui aimait le foot et escaladait les murs de trois étages, celle qui était endurante et persévérante. Peut-être, juste peut-être, aurait-il dû faire davantage attention à celle qui avait des robes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans son armoire. Peut-être, juste peut-être, serait-ce plus difficile qu’escompté. Enfin, rien ne l’empêchait de marcher en robe, c’était loin d’être le plus grand problème. Ses chaussures, plates et visiblement neuves, attaqueraient bientôt ses pieds à coups d’ampoules, mais ça devrait aller aussi. Non, le véritable hic, c’était le sac. Deux anses, calées contre sa clavicule au détour d’une épaule qu’elles devaient déjà cisailler joyeusement. Puis le sac en lui-même, qui lui bousillait la hanche, retenu par une main tordue pour libérer un peu l’épaule de tout ce poids.

Elle n’allait jamais arriver à porter ça longtemps. Elle ne savait pas que pour partir en randonnée, il fallait prendre un sac de… laissez-moi deviner, randonnée ? Ted la salua d’un air exagérément exaspéré.


- Ca commence bien.

Un sourire, pour dédramatiser, et il la taquina à nouveau :

- Au moins, t’as pas pris une valise…

Il partit dans la foulée, sans attendre, parce qu’au fond, ça n’avait aucune importance, et qu’ils partaient quand même. Il voulait sortir du domaine de Swyn, maintenant ; il y avait passé un peu trop de temps à son goût et l’Irlande l’appelait de son chant irrésistible. Il ne donna aucun détail sur la manière dont ils voyageraient. D’abord, parce qu’il n’en avait aucune idée. Il se doutait que ce ne serait pas comme avec son frère et qu’il leurs faudrait trouver leur propre rythme ; c’était toujours comme ça, quand on partait avec quelqu’un de nouveau. Deux jours d’adaptation, et puis la routine s’imprime, les rôles se trouvent, et c’est parti pour l’aventure. A deux, c’était plus simple, en plus. Pas de détails, donc, et pas de règles, non plus. Ah, si, une, peut-être. Quoique non, ce n’était pas vraiment une règle, plutôt un filet de pêcheur. Vous savez, ce truc avec des mailles et des trous pour attraper le poisson… Quoiqu’en fait non, ça n’avait rien à voir avec les hommes les plus patients du monde non plus, à part en faisant l’un de ces liens foireux qui permet de lier n’importe quelles deux choses sur la terre. N’importe qui peut trouver un point commun entre un sabot et un pingouin, si on lui en laisse le temps. C’était peut-être un trampoline, alors. Pour rebondir. Comme un soleil.

- Une chose, Thèdes. Si t’es fatiguée, si c’est trop lourd ou si tu te fais mal, tu le dis. C’est pas une course, on n’a pas de délais, alors c’est pas la peine de compter les kilomètres, si on va loin on va loin et si on reste dans le coin ben on reste dans le coin. On s’arrête quand on veut, où on veut, ça sert à rien d’avancer juste parce qu’on peut. Va pas me sortir que Tiger Lily n’es jamais fatiguée et que tu pourrais faire le tour de la Terre en moins de 80 jours comme ça, parce que je m’en moque, du tour de la Terre ! L’Irlande, c’est beaucoup plus mieux.

Il lui fit un clin d’œil, un sourire sur le visage, et tourna au milieu des herbes, quittant soudainement le chemin.

- On part par là, si le soleil y va c’est que ça doit être un coin sympa !


Emmène-moi, emmène-moi au soleil
Toi qui n'a pas ton pareil pour illuminer ma vie ♫

[A Ted-en-plus-compliqué]

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Je t’ai donné du vent, t’ai donné du vent ♪♫
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Thèdes Konstonhalu
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Mar 30 Aoû - 17:34

Non. Non, ça n’avait rien d’une blague. Thèdes allait faire du camping. Ca n’avait rien de drôle, en plus. Elle ne comprenait pas tous ceux qui s’étaient mis à rire lorsqu’elle était passée près d’eux. « Toi, en camping ? Tu rigoles ? » Non, crétin. Je ne rigole pas. Oui, je vais aller faire du camping. Un froncement de sourcils et elle s’en allait. Même Kai avait rit. Kai, sa cousine, la personne en qui elle avait le plus confiance, qui l’aimait et qu’elle aimait en retour. Même elle, elle avait éclaté de rire lorsque Ted lui avait dit que sa cousine allait faire du camping avec lui. Rien qu’une ingrate, elle aussi. Voilà, Kai, ça, c’est pour toi. T’avais pas qu’à pas rire, aussi. La norvégienne leva les yeux au ciel en y pensant. Non, vraiment, elle ne voyait pas ce qu’il y avait d’hilarant là-dedans et puis, ça la vexait aussi. Comment ça ? Elle n’avait pas une tête à faire du camping ? Et bien elle allait leurs prouver, à tous. Elle allait leurs prouver que Thèdes n’était pas une Konstonhalu pour rien. Qu’elle aussi, elle pouvait dire ‘oui’ à un sac de couchage, à porter des sacs qui faisaient deux fois son poids sur son dos toute la journée, à se laver dans des lacs ou rivières pleines de boue, à se faire piquer par une cinquantaine d’insectes divers et variés. Mieux encore pour le dernier point. Elle était persuadée qu’elle allait revenir couverte de piqûres, mais, consciemment, elle n’avait même pas cherché à fabriquer une pommade ou crème –n’importe quoi, en fait- capable d’éviter cela. Elle allait endurer ce que c’était vraiment, le camping. Oui, elle allait leurs prouver à tous qu’elle n’était pas qu’une fille avec une centaine de paires de chaussures et le double de robes. Ca aussi, c’était fait. Thèdes, ce n’était pas que ça, et les gens avaient tendance à l’oublier généralement. Et puis, au diable tout ce qu’ils pouvaient tous dire, elle s’en fichait. Qu’ils croient tous ce qu’ils veulent, puisque Thèdes, elle, elle savait bien qu’elle était tout à fait capable de bien faire, d’en ressortir indemne. D’accord, elles se prendraient peut-être des coups de soleil dans le dos, mais c’est quoi un coup de soleil lorsqu’elle se serait prouvée à elle-même qu’elle était capable de faire tout ce qu’elle désirait ? Elle survivrait aux coups de soleil, et aux écorchures, et à la mauvaise nourriture. Tiens, il fallait qu’elle demande à Ted s’ils allaient manger des pâtes ou se contenter des mauvaises herbes sur le bas côté de la route pour se nourrir.

Elle mit son interrogation dans un coin de sa tête et continua d’empiler les affaires –plus ou moins aptes à faire du camping, certes- dans son nouveau sac acheté exprès pour l’occasion. Un merveilleux sac qui lui avait coûté plutôt cher mais qu’elle ne regrettait absolument pas d’avoir acheté. De toute façon, était-il possible de regretter pareille chose lorsque l’on voyait une merveille telle que celle-ci ? Définitivement : Non.

Lorsque Thèdes mit son sac sur une épaule, elle se rendit compte que peut-être, oui, peut-être, l’achat n’avait pas été si judicieux que ça, surtout pour l’utilisation qu’elle allait lui donner. En haussant l’épaule (l’autre était bloquée par le sac, c’était plutôt compliqué de la lever, mais elle faisait avec), elle se mit en marche pour sortir de l’université. En sortant, elle aperçut Ted de qui elle s’approcha. Ses réponses cyniques en moins, elle l’aimait bien, hein.

« J’ai jamais eu l’idée de prendre une valise, hey, pour qui tu m’as prise? Tu crois que j’y connais rien, au camping ? »

Elle évita de dire qu’elle avait eu le temps de lire trois livres dessus avant leur départ. Ce ne serait pas vraiment judicieux et ça agacerait peut-être Ted.

Il commença à avancer, sans prendre la peine de savoir comment la norvégienne s’en sortait avec son sac plus gros qu’elle. Elle ouvrit la bouche pour lui dire que quand même, elle avait pensé que Ted serait un gentleman, qu’il lui porterait ses affaires, qu’il l’attendrait lorsqu’elle aurait du mal à marcher mais se retint au dernier moment. Elle eut envie de se frapper la tête. Deux choses l’en empêchèrent, cela dit. Premièrement, elle tenait le sac de l’épaule gauche, étant gauchère, elle avait plus de force avec ce bras-là, c’était donc plutôt logique qu’elle tente de se frapper avec, or, il était bloqué. Deuxièmement, elle n’allait pas se frapper, c’était stupide, et absolument pas digne d’une Konstonhalu.

Alors, Thèdes le suivit. Elle avança derrière lui un moment, et finit par se mettre à ses côtés. Elle leva les yeux au ciel en réponse à sa tirade mais répliqua tout de même.

« Excuse-moi, tu veux pas que je le dise mais quand même : Tiger Lily n’est vraiment jamais fatiguée, quoi ! Pourquoi tu veux que je le sois ? »

Elle inspira profondément et fit des enjambées plus grandes afin de le doubler, se retourna vers lui mais continua de marcher à reculons, tout sourire.

« T’as raison, l’Irlande c’est beaucoup plus mieux que la terre entière, mais tu sais ce qui est encore mieux que l’Irlande ? L’Irlande avec Tiger Lily ! »

Au dernier moment, elle contint une grimace à cause des anses qui lui faisaient déjà une belle marque rouge sur l’épaule et tourna au même endroit que le Plume et sourit à sa réplique.

« Tu sais… Si on suit le chemin, j’crois qu’il nous emmène aussi au soleil, aussi, pas besoin d’aller marcher dans les hautes herbes, j’suis sûre ! » Lorsqu’il se retourna pour répliquer, Thèdes ouvrit grand les yeux. « Laisse tomber ! Tiger Lily adore les hautes herbes ! »

Elle n’eut presque pas le temps de mettre un pied en dehors du sentier qu’elle vit un moustique se poser sur son bras (le droit, cette fois-ci) et grimaça lorsqu’elle l’agita pour qu’il s’en aille. En murmurant « Et de un », elle accéléra pour se trouver à la même hauteur que son homonyme.

Elle avança un peu à ses côtés, puis se tourna vers lui.

« Ah, Ted. Je voulais dire un truc, tu sais, t’as le droit de dire que t’es fatigué, si t’arrives pas à tenir le rythme, je comprendrais. Si tu te fais mal aussi, tu peux le dire. Personne dira que t’es qu’une chochotte qui pleure pour un petit bobo, en tout cas ! »

Elle regarda aux alentours, pour vérifier, pour se retourna de nouveau lui, en essayant d’avoir l’air sérieuse.

« En tout cas, moi, je dirai rien. Je te le jure ! »

Elle continua de marcher, toujours dans cette position inconfortable qui lui tordait l’épaule gauche et la droite.

« Au fait, on pourra manger des pâtes ? », demanda-t-elle le plus naturellement du monde.

Emmène moi dans ces endroits, toi qui sauras bien mieux que moi
Garder tes yeux d’enfant alors que moi, je suis déjà grand.
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Ted Hanson
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Ven 9 Sep - 23:09

Tu, tutulu, tutulu…

Ted fixa intensément le sac à la première question de Thèdes, mais s’abstint de répondre ; on ne connait rien au camping tant qu’on n’en a pas fait, il en était intimement persuadé, et le sac choisi par la Cinna était une évidence de son incompétence qui hurlait beaucoup plus fort que tous les mots qu’elle pouvait bien lui jeter négligemment à la figure. Elle allait vite en prendre conscience… Il la regarda passer devant et marcher à l’envers, « les poings dans ses poches crevées », comme l’aurait décrit sa sœur, et sourit largement en la voyant si motivée. L’Irlande avec Tiger Lily, c’était déjà plein de promesses…

- Mais si t’es jamais fatiguée, comment je fais pour venir à la rescousse de l’indienne en détresse, moi, hein ? Tu pourrais faire semblant, au moins…

Il allait regretter cette phrase, il le sentait déjà ; mais il préférait la regretter plutôt que de laisser Thèdes se tuer de fierté. Parce que Thèdes n’avait rien compris. Ou alors, elle avait compris, mais elle faisait semblant que non. A moins qu’elle ne soit tout simplement incapable de faire ce qu’il lui demandait. Elle était ce qu’elle était, après tout. Allez demander à un manchot de marcher sur les mains, vous. Elle avait toujours eu les épaules un peu crispées, des nœuds de tension dans les muscles, à défaut de nœuds dans ses cheveux soyeux. Elle avait fermé les mains sur son hochet, et elle n’avait plus jamais lâché. Il faudrait qu’il se rappelle de ne jamais jouer au jungle speed avec elle, d’ailleurs, pour cause de danger imminent de mort par totem. Thèdes, elle était du genre à marcher jusqu’à l’épuisement, parce qu’elle était trop fière pour s’arrêter avant, et visiblement, tout ce qu’il pouvait dire n’y changerait rien. Il ne doutait pas un instant qu’elle soit aussi endurante que lui, nonon, aucune ironie dans ces propos, mais elle avait aussi tendance à vouloir le paraître plus qu’elle ne l’était, et à se taire plutôt que de montrer le moindre signe de faiblesse. Sans compter son adresse époustouflante pour se compliquer les choses juste pour se compliquer les choses. Ca se trouve, elle n’avait pas pris de matelas et de sac de couchage pour faire de la place dans son sac pour prouver qu’une Konstonhalu pouvait dormir par terre sans rien, alors que personne ne lui avait demandé de se tordre le dos. Au moins lui avait-il tendu une perche, et si elle refusait de rebondir sur cette excuse, il pourrait toujours s’arrêter de lui-même plus régulièrement, comme si de rien n’était, lui laissant le temps de reposer son épaule avant qu’elle ne se déboîte sous le poids de ce qu’elle avait apporté. Argumenter ne servait à rien, il préférait laisser couler.

- Ce serait chouette, de vraiment ne jamais être fatigué, n’empêche. On aurait le temps de faire deux fois plus de conneries !

Pas qu’il n’en fasse pas déjà assez ; il devait avoir battu des records, avec les autres Plumes ou même avant, et avait déjà le temps d’en faire plus que la personne moyenne, vu qu’il sacrifiait joyeusement les heures d’études et les heures de sommeil à leur profit. Il dormait peu, mais toujours profondément, comme si son corps avait besoin de balancer le trop plein d’énergie qu’il dégageait éveillé et ses mouvements continuels par un sommeil dont rien ni personne ne pouvait le tirer. Il s’endormait la tête à peine posée sur l’oreiller. Les insomnies ? Connait pas. Les cauchemars ? Non plus. Ca, c’était hyper pratique, en cours de divination à Poudlard, quand la vieille folle voulait leurs apprendre à décrypter leurs rêves… Il s’amusait à s’en inventer à chaque fois et en profitait pour faire rire la galerie à grands coups de liens foireux et d’images loufoques. Tiens, pourquoi toutes les affaires de sur la commode se sont fait la malle ? Comment ça, un tremblement de terre ? Et puis quoi, encore ? J’ai rien senti, c’est qu’il n’y a rien eu, tu racontes n’importe quoi.

…Et elle se plaignait déjà. De manière détournée, certes, mais elle se plaignait. Qu’est-ce qu’elles avaient, les hautes herbes, Thèdes n’aimait pas le vert ? Elle avait peur de se faire manger les pieds par des brins affamés ? C’était la question qu’il allait poser, mais elle ne lui en laissa pas le temps, et il se contenta de rire. Tous les chemins mènent au soleil, mais il préférait passer hors du sentier plutôt que de voler le chariot d’Apollon. Et puis Icare, il n’était pas passé par la verdure sauvage, et il s’était brûlé les ailes. Ted n’avait pas d’ailes à brûler, alors ça devrait aller.

Sauf que Thèdes ne l’avait vraiment pas pris au sérieux, pour cette histoire de fatigue, vu les commentaires qu’elle lui faisait maintenant. En même temps, c’était difficile de le prendre au sérieux pour quoique ce soit. Après avoir fait le clown, il pouvait difficilement s’en plaindre. On rembobine, y a pas de DVD dans le coin, et on retente, peut-être que cette fois-ci, elle comprendrait mieux. Parce que c’était important, au fond : il préférait savoir qu’elle n’allait pas se pourrir l’existence en se forçant à gravir tous les cailloux qui se dresseraient sur son passage plutôt que de profiter. Alors il lui ébouriffa les cheveux (de toute façon ils n’allaient pas rester coiffés longtemps) et parla quand même, même s’il savait que ça ne lui plairait pas, et que ça ne lui plaisait pas à lui non plus.


- La différence, Thèdes, c’est que je ne suis pas assez con pour continuer à marcher des jours avec une cheville foulée.

Pas tout à fait vrai, mais il avait un point à faire passer. Il était même assez stupide pour se mettre dans des situations où il risquait bien plus qu’une foulure, alors…

- Y a plein de gens qui sont super amusants et qui sont fatigués, des fois. Genre les enfants perdus, ils font des concours de bâillements tous les soirs, mais ça ne les empêche pas de courir toute la journée et de chasser les pirates et de jouer à cache-cache et de trouver des trésors et de sauver Tiger Lily quand elle se met dans le pétrin…

Il avait légèrement appuyé sur le dernier exemple, un sourire espiègle sur le visage, certain qu’elle réagirait à cette pique là comme aux autres.

- Donc t’inquiète pas, je compte bien m’arrêter quand je le sens. Je n’ai rien à prouver. Toi non plus, tu n’as rien à prouver. Je m’en fous, que tu sois ou que tu ne sois pas la plus forte, ce n’est pas important. Ce qui est important… c’est ce qu’on va manger, ça c’est essentiel ! Tu ne crois quand même pas que j’allais te laisser mourir de faim ? Je sais bien que tu ne manges que ça…

Et en effet, il avait prévu le coup (pour aujourd’hui, en tout cas, mais demain était un autre jour), une salade de pâtes dans un Tupperware trônant au dessus de ses affaires, là où il pourrait aisément l’attraper lorsqu’ils auraient faim. Il partait toujours avec le premier repas. Et puis il avait des pommes, aussi, parce que quand c’est chacun pour sa pomme on ne peut pas partir sans…

- J’espère que tu les aimes froides, par c… oh !

Ted s’arrêta net, regardant par terre, et attendit que Thèdes s’approche pour voir… pour partir en courant pendant qu’elle cherchait un truc intéressant dans les hautes herbes. A part un escargot, elle ne risquait pas de trouver grand-chose. Le basique « oh, regarde derrière toi, un oiseau/éléphant rose/monstre du Loch Ness ! » marchait toujours, quand mené avec assez de subtilité !

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Thèdes Konstonhalu
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Mar 13 Sep - 19:07

« Et qu'est-ce que tu dirais si on changeait un peu l'histoire ? Tiger Lily n'est jamais fatiguée mais... Elle se fout encore plus souvent dans des pétrins pas possible. Tu sais, le genre à trop s'approcher du feu quand elle danse et à embraser sa robe ? Ou à marcher toujours trop près des cactus ? Ca pourrait totalement être des excuses pour se reposer un peu. »

Le compromis était là. Ted en faisait ce qu'il voulait, ensuite. Ne pas s'énerver, surtout. Non, pas quand on part, comme ça, ça n'aurait servi à rien, en plus. Elle savait bien qu'elle ferait mieux d'écouter le Plume, et juste de se taire, et de marcher, et puis de suivre ses conseils mais... Non. Juste non.

« Le souci, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de cactus ici... On trouvera bien quelque chose ! Et... Ohh ! On fera un feu ? On dirait pas, hein, mais je te jure que je suis tout à fait capable de faire du feu, comme ça, sans rien, juste avec des bouts de bois ! »

Faux, mais ça, Ted n'était pas obligé de le savoir, et puis au moment où l'occasion se présenterait... Thèdes apprendrait sur le tas. Elle aurait peut-être la chance du débutant. Elle grimaça. Mouais, elle n'y croyait pas vraiment mais... tout était possible, alors pourquoi pas. Et puis, ça éviterait à Ted de parler encore et toujours de la même chose, elle pensait que ça allait finir par l'ennuyer, et puis, elle n'avait pas vraiment envie qu'il s'ennuie en sa présence. Alors, elle continua à avancer avec lui, sans rien dire. Sauf que lui, il continua. Ted, t'es un abruti, sur ce coup.

« Non mais alors c'était carrément rien, ce que j'avais à la cheville, tu sais. Un petit truc de rien du tout. En fait, j'aurais pu ne jamais m'en rendre compte. Ca tirait un peu, quoi. Rien de bien dramatique. Aucun souci pour marcher avec ça ! »

Et elle ne s'énervait pas, soit elle avait appris le self control et elle avait vraiment pris sur elle soit... Soit elle faisait tout simplement semblant de ne pas comprendre. Hm, utilisez la deuxième option.

Elle rêvait ou il était carrément en train de lui faire une leçon de moral, là ? Bon. Cette fois-ci, il n'était plus franchement question d'ignorer ses remarques mais plutôt de les encaisser. D'accord, Ted, d'accord. Elle allait faire ce qu'il voulait, parce qu'elle n'était pas franchement embêtante, Thèdes, elle se laissait quand même souvent porter au gré du vent, et surtout si le vent s'appelait Ted. Elle hocha la tête. Elle allait essayer de faire attention, essayer de ne pas faire trop n'importe quoi. Essayer. Oui, bon, elle allait juste essayer, pour le moment. Il ne demandait rien de plus, après tout ? Pas vrai qu'il ne s'attendait pas à ce que, directement, elle change, comme ça, du tout au tout ? Parfait.

« Ohhh, une salade de pâtes ! On mange quand ? »

Il ne lui répondit pas et se pencha vers le sol. Bien entendu, Thèdes fit de même, elle chercha, au hasard, ce qu'il y avait de si intéressant à voir par terre, dans l’herbe.

Tiens, un escargot.

La norvégienne grimaça et pensa que personne, mais alors personne ne voudrait avoir ce genre de truc gluant dans les cheveux... Elle leva les yeux pour regarder Ted et lui expliquer à quel point les escargots, c'était vraiment pas esthétique mais il n'était plus là. Elle le chercha du regard, pour lui expliquer le fond de sa pensée, qu'il n'avait pas le droit de partir comme ça, sans rien lui dire, que ce n'était vraiment pas poli, et que Ted, il fallait vraiment qu'il soit poli, lui aussi, parce que sinon, ça n'allait pas aller du tout, et puis, si Thèdes faisait des efforts, Ted devait bien en faire aussi. Ils s'appelaient pareil, tous les deux. Si ce n'était pas de la connexion... Lorsqu'elle aperçut une silhouette au loin, elle sourit et courut jusqu'à elle.

À quelques pas de lui, elle se hâta encore plus et grimpa sur son dos, sous son poids, Ted chuta.

Dommage, il avait plu la veille. Dommage, Ted était tombé dans une flaque de boue. Thèdes éclata de rire et se releva. Si elle avait un peu de vase sur les genoux et sur les mains, ce n'était pas bien grave puisque ça valait très sincèrement la tête du Plume pleine de boue, sans parler des vêtements. La brune eut vraiment du mal à s’arrêter de rire, et dût se mettre dos à lui pour retrouver son calme. Lorsqu’elle fut de nouveau sérieuse, elle se retourna vers lui, tout sourire.

« Bein alors ? Tu sais plus marcher, Ted ? »

Elle éclata de rire de nouveau, parce que c’était tout simplement impossible de rester insensible à la situation.

« T’as le nez tout noir… »

… Et c’était plutôt dommage, parce qu’il avait un nez pas trop mal, dans son genre.

« Allez, je prends un peu d’avance, moi ! »

Décidée à lui tourner le dos pour de bon –et à ne pas se retourner, aussi-, elle avança d’un bon pas. Elle n’avait aucune idée de s’il l’avait suivie ou pas. Si c’était le cas, il n’avait pas intérêt à faire quelque chose de stupide. Ses cheveux étaient propres de ce matin même, et le fait qu’il ait passé sa main dedans l’avait déjà assez agacé comme ça, et sa robe était toute neuve. En attendant, elle marchait toujours, son sac sur une épaule, la douleur toujours plus lancinante, la marque toujours plus rouge. La anse allait finir par lui découper le bras, elle en était sûre, maintenant. Tant pis, maintenant, elle allait faire avec. Ca n’allait pas la tuer, de ça, elle en était persuadée. Alors, elle marchait encore. Ted allait bien finir par revenir, non ? Enfin, elle l’espérait, du moins.

Après tout, c’était lui qui avait la salade de pâtes.
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Mer 28 Sep - 15:53

Au delà de tous ces mots, de toutes ces angoisses
Eux voyagent le coeur en haut à gauche de la crasse ♫

Il sourit, en l’écoutant énumérer la multitude de situations abracadabresques dans lesquelles Tiger Lily pourrait bien se fourrer. Il pouvait repartir l’esprit léger, maintenant. Il se moquait qu’elle dise qu’elle était fatiguée ou qu’elle trouve des excuses pour s’arrêter, tant qu’elle ne continuait pas à avancer comme une mule lorsqu’elle n’en avait plus envie, et qu’ils s’arrêtent pour chercher des cactus (avec les yeux et bien installés dans l’herbe ou sur une pierre) ou pour souffler sur un bout de tissu pour éteindre des flammes imaginaires lui allait farpaitement bien. Elle n’avait même pas besoin de trouver quelque chose de plausible, tant qu’elle trouvait quelque chose. Et puis si elle tenait vraiment à être logique, cohérente et carrée, un bon endroit pour faire du feu ferait l’affaire. Il tourna un visage innocent vers elle.

- Tu vas pouvoir m’apprendre, alors !

Il ne pouvait pas attendre ce soir, l’impatience lui chatouillait les doigts de pieds. Il avait envie de voir Thèdes en train de frotter deux morceaux de bois l’un contre l’autre, Thèdes avec un piquet dans la main en train d’essayer de monter la tente, Thèdes en train d’essayer tant bien que mal de mettre son sac de couchage dans le bon sens sans rester coincée en mode momie dans son sarcophage dedans… Mais le soleil brillait haut, très haut au dessus de sa tête, et il y avait bien d’autres choses à faire, encore, avant de pouvoir profiter du spectacle.

Il était parti en courant sans répondre à sa question, parce que ce n’était pas en restant planté là à y répondre qu’il allait la surprendre. Alors à la place il resta planté plus loin, et c’est elle qui le surprit en ajoutant son poids (léger, tout léger, bien sûr) à celui de son sac (beaucoup plus lourd, nous en conviendrons. La salade de pâtes, ça pèse au moins trois tonnes). Il voleplana (mais si, c’est un verbe, ajoutez un espace si vous en voulez deux) et s’étala par terre, à plat ventre dans la gadoue, comme un pancake. Un pancake plein de nutella, même, partout le long de ses bras, son t-shirt, son short, le bout de ses cheveux blés et même, comme Thèdes le lui fit aimablement remarquer, sur le nez. Il aurait bien aimé que ce soit du vrai nutella, pensa-t-il en louchant pour la faire rire, ça aurait été plus pratique. En fait, ça ne servait à rien, elle était déjà tellement morte de rire qu’elle n’arrivait pas à le regarder en face. Il rit, lui aussi ; ça n’allait pas du tout être agréable pour marcher le reste de la journée, ce n’était pas du tout une bonne idée de se jeter dans la boue dès le début du voyage, mais il s’en moquait, c’était les vacances. En fait, même si ce n’était pas les vacances, ce n’était pas grave, la boue n’avait jamais tuée personne. Ah, quoique, il devait bien y avoir un ou deux imbéciles sur la planète à s’être étouffés avec. Il tenta de s’essuyer le nez avec son bras, mais ne fit que s’en étaler un peu plus, et se releva en râlant pour la forme.


- Je sais pas marcher, moi, je vole…

Ou je rampe, en l’occurrence, mais c’était tout de suite moins joli à dire. Il regarda Thèdes s’éloigner d’un pas rapide, un éclair malicieux fit briller ses yeux sauges, et il remit brièvement les mains dans la boue avant de la rejoindre en courant. Ses bras passèrent au dessus des épaules de la Cinnacrow, et ses paumes vinrent se fermer autour des yeux de la jeune femme, même s’il eut assez de sens commun pour ne pas toucher ses paupières. Il voulait lui mettre de la boue sur le visage, mais pas dans les yeux, quand même, c’aurait été dommage qu’elle ne voie plus où elle mettait les pieds, après elle risquait de tomber et de renverser son sac et c’était lui qui devrait tout ramasser.

- C’est qui ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il se colla à elle, essuyant son t-shirt boueux sur le dos de sa robe. Oh, et sur ses cheveux, elle n’avait qu’à pas les avoir aussi longs aussi, s’ils ne traînaient pas partout ils auraient pu rester propres, c’était complètement leur faute ! Il découvrit ses yeux, garda un bras appuyé sur l’épaule de Thèdes, puis marcha à côté d’elle, avant de rire en voyant la tête qu’elle faisait.

- T’en as pas marre de me copier ? D’abord le nom, maintenant le nez… Bientôt tu vas te mettre à faire du yoyo tu vas voir !

Il lui essuya gentiment la joue avec le dos de son pouce de la main rattachée à son bras libre (c'est plus pratique qu'avec le petit doigt de pied déjà occupé à marcher) en souriant. Ils faisaient bien la paire, tous les deux…

- T’as déjà faim ?

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Thèdes Konstonhalu
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Jeu 13 Oct - 21:10

Elle s’en doutait. Non, pire, elle le savait. Elle savait parfaitement que Ted tenterait quelque chose… Mais quand même. De la boue ? Honnêtement ? Sur le visage, en plus ? Et ses cheveux propres et sur sa robe ? Elle respira profondément – et grogna aussi -, pour éviter de hurler, parce que ça n’aurait clairement pas eu un bon effet et qu’ils étaient encore tout prêts de l’université, et que tout le monde l’aurait entendu. Alors, elle continuait de respirer profondément, en tentant de rester calme, posée, comme quand Ted lui avait fait une leçon de morale et qu’elle avait réussi à se contrôler sans problème. Elle y parvint. Avec difficulté, certes, mais il était cruel de demander à Thèdes de se contenir, de faire comme si de rien n’était, alors qu’à l’intérieur d’elle, la rage commençait dangereusement à bouillir. Ses… cheveux ? Elle avait frappé des garçons pour moins que ça, vous savez ? Elle aurait pu tuer Ted sur le coup, le faire tomber de nouveau par terre, parce qu’elle avait l’intime persuasion qu’il se laisserait faire, et l’étouffer avec toute cette boue sur le sol. En tournant la tête vers lui lorsqu’il passa un bras autour de son épaule, elle se contenta de sourire en secouant la tête.

« Te copier ? Excuse moi, mais j’ai la légère impression que c’est toi qui me copies ! Le prénom déjà, ensuite me recouvrir de boue ? J’étais la première à le faire, ça ! Et c’est toi qui vas finir par lire des livres et à être premier de la classe ! »

Elle n’y croyait pas tant que ça, pourtant, déjà parce qu’on parlait de Ted, tout de même et qu’il semblait totalement incapable de lâcher le genre de vie qu’il avait adopté. Ca devait être exaltant, en un sens. Ne pas savoir ce qu’il allait faire le lendemain, choisir sur le tas, sans aucune raison particulière, parce qu’il en avait envie. Thèdes avait le même genre de pensée, de temps à autre, mais toujours lorsqu’il s’agissait de dispute (ou alors c’était parce que quelque chose n’allait clairement pas dans sa tête.) et où elle émiettait chaque personne comme un morceau de pain, jusqu’à ce qu’il soit réduit à des brides de rien du tout. Ca aussi, c’était carrément enivrant. Mais pas sain du tout, et elle en avait parfaitement conscience.

L’air de rien, elle se détacha et s’éloigna de lui de quelques pas lorsqu’il lui essuya la joue de son pouce. La proximité n’avait jamais été son fort, et elle n’était pas tactile. Tout contact physique qui n’était pas fait par elle ou dont elle n’avait pas l’habitude la rendait mal à l’aise. Un malaise qui ne se voyait jamais, cela dit, puisque Thèdes n’était pas du genre à rougir ou à bégayer. Pourtant, il était bien présent, là, au niveau de son estomac, qui grondait déjà de faim par ailleurs, et qui ne cessait de lui intimer de s’éloigner encore, toujours plus, parce que ça ne se faisait pas, parce que ce n’était pas normal, parce que ce n’était pas décent, parce que ce n’était habituel, aussi. Le problème avait toujours été là, d’ailleurs : Elle grognait toujours lorsque Kai prenait un peu trop de liberté, quand elle lui embrassait le front, quand elle la serrait dans ses bras. Lorsqu’il s’agissait d’Andrew, elle se sentait toujours obligée de s’éloigner de lui dès qu’un tiers se trouvait dans la même pièce qu’eux. D’où son attitude froide et toujours distante envers les autres. Voilà une chose qui n’avait pas changé depuis qu’elle était arrivée ici. La Norvégienne était restée inabordable, et se savoir dans le même lot que celui dans lequel elle se trouvait quand elle était encore à l’école magique de Norvège la réconfortait. Thèdes lança un dernier sourire à Ted – sans doute pour s’excuser – et se décida à répondre à son interrogation.

« Oui, mais je veux marcher encore, d’abord ! Pourquoi ? T’as faim, toi ? »

Si Ted avait faim, alors elle mangerait aussi. La nécessité ne l’avait pas tant frappé que ça, même si son ventre semblait attendre d’être rassasié, Thèdes, elle, avait encore le loisir de décider quand elle mangerait. Le signal serait donné par Ted, voilà. C’était peu engageant, et c’était bien mieux, comme ça. Prendre des décisions, c’était compliqué, et ça ne l’avait jamais mené à rien. Quoi que si, en fait, à des ennuis, à beaucoup d’ennuis, depuis elle préférait lorsque les autres décidaient, c’était mieux, et ça, pour le coup, c’était plus sain.

« Ca va être grandiose, Ted ! Tu vas voir, tu vas halluciner, j’en suis sûre. Tu vas adorer ! »

Ca, elle n’en était pas vraiment sûre, mais ils verraient bien, tous les deux, et puis, personne n'obligeait Ted à aimer le séjour qu'il allait passer avec son homonyme, sauf peut-être le gigantesque sourire qu'elle lui faisait, en cet instant précis.

« Lors de ta prochaine sortie avec d’autres personnes, tu te diras ‘Mince… Où est Thèdes ? Elle me manque ! Elle était tellement douée pour faire du camping !’ »

Thèdes fit un grand sourire – faux - en tapant dans ses mains, avec l’impression d’être très sûre d’elle, alors qu’au fond, c’était tout le contraire. Alors, elle diminua son sourire pour se remettre à côté de Ted, en ignorant parfaitement bien son estomac qui voulait la pousser à tout prix à le fuir, encore une fois.

« En fait, ça me terrifie. L’inconnu, tout ça. Mais avec toi, ça va être bien, j’crois. »

Sincère, au moins, elle l’avait été, rien que l’espace d’une seconde.

« Et avec la salade de pâtes aussi, ça me fait moins peur. Enfin, j’pense que c’est la salade de pâte qui me fait dire que tout va aller bien ! »

Oui, une seule petite seconde.


Dernière édition par Thèdes Konstonhalu le Mer 19 Oct - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Mar 18 Oct - 15:31

- Tes désirs sont des ordres, on s’arrête au prochain coin sympa, alors !

S’arrêter là maintenant tout de suite et manger dans l’herbe près de l’université ne le dérangeait pas, mais ce serait quand même mieux un peu plus loin, et vu qu’elle voulait continuer à marcher d’abord, autant continuer. Surtout que lui pouvait manger n’importe quoi n’importe quand et avait toujours plus ou moins faim, n’étant rassasié qu’après avoir mangé, et pas pour bien longtemps, la faute à un métabolisme trop rapide et à un rythme de vie effréné. Quand on bouge, on a besoin d’énergie, que diable. Tiens, en fait, ça tombait bien qu’ils aillent dans cette direction, il connaissait déjà un peu le coin. Il bifurqua légèrement sans paraître vraiment choisir la direction qu’il prenait, et Thèdes suivit naturellement, peut-être sans remarquer le changement de direction, même. Quand quelqu’un mène, on a tendance à suivre sans faire autant attention au paysage… Ted aimait se laisser porter par le mouvement, suivre les autres sans avoir la moindre idée de l’endroit où ils étaient et de comment arriver à destination, ou même le nom de ladite destination, mais il aimait tout autant mener, prendre la tête de file et choisir lui-même dans quel marécage il allait traîner les autres. En fait, Ted était un poisson. On n’aurait pas dit, comme ça, parce qu’il cachait bien ses nageoires, mais en fait si. Un coup il suivait le courant de la rivière, se laissant emporter, et un coup il le remontait énergiquement, comme un saumon. Ou alors un oiseau, et quand celui de devant était perdu ou en avait marre, c'était au suivant de prendre la tête, et lui il tournait en permanence. Il faudrait qu'il vérifie si c'était des plumes ou des écailles. Il n’était pas bien compliqué, et laissait plutôt l’égo des autres prendre la place qu’ils voulaient et s’étalait ensuite là où il en restait (ou sur les autres, ça marche aussi, s’ils ne voulaient pas se faire écraser ils n’avaient qu’à pas ressembler à des crêpes).

Pourquoi est-ce que Thèdes n’arrêtait pas de répéter que ça allait être bien ? Il le savait, que ça allait être bien. C’était toujours bien, le camping. Déjà parce que même quand tout tournait horriblement mal, ça donnait quelque chose à raconter en rigolant un peu plus tard, à l’intérieur, avec l’eau courante, l’électricité et de la nourriture chaude à portée de main (plus ou moins, faut se bouger un peu quand même). Tout plein de souvenirs clignotants, des images, des cris, des chants, de la pluie et du soleil, du vent froid et des pieds gelés, de la poussière et de la boue, des insectes et la chaleur étouffante. Ce n’est qu’en l’écoutant continuer qu’il comprit pourquoi elle avait appuyé sur le bouton replay autant de fois. Peur ? Thèdes, avouer avoir peur ? Il la croyait trop fière pour ça. Et qu’elle se sente assez à l’aise pour le lui dire quand même, ça voulait certainement dire quelque chose. Il lui sourit, véritablement, son calme et la confiance qui s’étalaient sur son visage particulièrement rassurants.


- Tu veux que je te dise un secret ?

Question rhétorique. Evidemment, qu’elle voulait qu’il lui dise un secret, d’ailleurs, de toute façon, elle n’avait pas le choix, parce que lui, il allait le lui dire quand même. Il écarta de la main les cheveux qui tombaient sur l’épaule de la future médicomage et se pencha vers son oreille pour lui murmurer :

- Le camping, c’est encore plus drôle avec les gens qui ne savent pas en faire…

Il relâcha le rideau de ses cheveux, recula, et lui sourit à nouveau, sans remarquer sa gêne. Peut-être qu’elle allait enfin arrêter de voir ce voyage comme une case en plus à cocher dans la liste de ses réussites et de ses compétences. Sait nager, check. Sait jouer au ping pong, check. Sait mettre un pansement, check. Sait lasser ses chaussures, check. Sait camper, check. Ca devait être horrible, de voir la vie comme une longue liste de petites boîtes carrées à cocher. En plus, on s’en foutait, de si elle arrivait à monter la tente correctement et de si elle arrivait à allumer un feu du premier coup. Lui, il campait tout le temps, et il n’y arrivait pas toujours, alors… Blâmez l’humidité pour toute fumée intempestive. Mais il n’y avait pas que ça. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, certes, et il allait s’amuser à éviter les montagnes pour lui montrer que ce n’était pas si mal de se balader dans les crevasses, à la place, mais il y avait autre chose, aussi. Franchement, qu’est-ce qui pourrait leurs arriver ? Le monde était à leurs pieds.

- Il t’a fait quoi, l’inconnu ?

*Pourquoi t’as peur, Thèdes ?*

- Moi j’ai envie d’aller lui dire bonjour, il doit s’ennuyer, le pauvre, s’il ne nous connait pas encore !

Parce que lui, il n’avait pas peur. L’inconnu lui avait prouvé trop de fois qu’il était complètement inoffensif. Et même, il le cherchait, le danger, et quand il le cherchait, il ne le trouvait jamais. C’était toujours pareil, quand on n’en a rien à faire des toupies on tombe toujours dessus par hasard dans les magasins et quand on en cherche une impossible de mettre la main dessus, elles allaient toutes se cacher sous la carpette. Ah, tiens, ils arrivaient. A leur gauche, un minuscule ruisseau, dans lequel Ted trempa ses mains avant d’éclabousser ses avant-bras pour se rincer un peu. Et devant, un verger plein de pommiers, et plus loin, de l’autre côté, la petite maison du propriétaire, qui avec un peu de chance ne regardait pas par la fenêtre, parce que Ted venait de se redresser, de laisser son sac tomber par terre et de sauter pour attraper l’une des branches du pommier. Il se laissa pendre quelques secondes, avant de lâcher un bras et d’attraper une pomme, dans laquelle il croqua après avoir lâché la branche et ressauté par terre. Grimace.

- Berk, elles sont même pas mûres.

Il la jeta dans l’herbe, où elle alla rouler vert sur vert, puis ouvrit son sac pour en sortir la salade de pattes pâtes. Il retira le couvercle qui la recouvrait, posa le saladier par terre, s’installa à côté en appuyant son dos contre le tronc du pommier-pas-mûr qui n’était sûrement pas le seul dans ce cas mais celui-là c’était le sien, et tendit l’une des deux fourchettes qu’il avait amené à sa compagne. Il ne l’attendit pas pour piocher (fourchetter ? Non parce qu’il avait essayé beaucoup de choses mais manger avec une pioche pas encore) dans le bol. Premier arrivé premier servi, ha.

- Faut pas tout manger, sinon t’auras plus d’anti-peur et tout va aller mal Very Happy

Non non, il ne se foutait absolument pas de sa gueule.

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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Ven 21 Oct - 20:09

Peur de ne pas être à la hauteur, parce que tout était toujours trop haut, c’est vrai, même pour Thèdes, et ça lui arrachait les bras de toujours les lever pour atteindre ses objectifs. Alors oui, oui en effet, elle voulait toujours tout faire, tout donner, tout avoir, mais à quel prix ? À quel moment lui avait-on dit qu’elle pouvait tout obtenir ? Etait-ce vraiment le plus important ? À ses yeux, oui. Toujours oui, oui et oui. Elle avait besoin de ça. Pour son égo, pour son courage, pour sa rage de vaincre tout ce qui se mettait en travers de son chemin, capable de lui faire de l’ombre, de lui donner des problèmes. Elle avait toujours des objectifs, des choses à gagner. Mais toujours, oui, encore et encore oui, à quel prix ? L’énergie de Thèdes, sa patience –non égalable (voilà ce qu’il fallait rajouter à sa liste : Apprendre à être patiente) ? Elle avait besoin de soutien, elle en avait toujours eu besoin, et ça lui avait toujours manqué. C’était devenu nécessaire à sa propre existence. Si son père n’était pas là pour assumer, si Tejho n’était pas là tout court, si sa mère n’était pas en Irlande ? Qui viendrait le lui dire, que c’était bien ce qu’elle avait fait ? Qu’elle ne pouvait pas faire mieux ? Que le meilleur avait été donné ? Encore et toujours, elle avait besoin de ça, plus de l’eau, plus que n’importe quoi. Il fallait qu’elle montre aux autres qui elle était, de quoi elle était capable. Il fallait que les autres l’encouragent, lui disent que c’était parfait, mieux que quiconque, qu’encore une fois, elle avait dépassé les bornes, mais d’une façon merveilleuse, qu’on la mettait au rang de meilleure, comme toujours, comme à l’école de Norvège, comme ici. Elle ne pouvait pas être comme les autres. Elle n’en avait pas le droit, c’était interdit, proscrit, pire encore, c’était défendu. Thèdes était Thèdes. Elle n’était pas les autres… Mais dans ce cas là, pourquoi tentait-elle vraiment de le démontrer à autrui ? … Peut-être bien qu’elle était pareille, au final. Pareil que tous ces crétins qui croulent sous le travail, qui ne s’en sortent jamais, qui ont besoin de soutien, qui ont peur de tout ce qui pourrait barrer leur chemin, pareil que… N’importe qui ?

Chut.

« L’inconnu, ça fait toujours un peu peur. Et mon inconnu à moi, il est terrifiant. Je ne connais pas des masses de choses terrifiantes, mais mon inconnu, vraiment il me terrorise. »

Tejho avait été son plus grand inconnu. Qui aurait-il pu être, s’il avait survécu ? Est-ce qu’il l’aurait aimé ? Plus que tout ? Comme Thèdes l’aurait aimé ? Aurait-il eu des amis ? Des objectifs, lui aussi ? Aurait-il été comme sa sœur, aussi vivace, aussi énergique, aussi envieux de l’avenir qui lui était promis ? Aurait-il eu envie d’affronter le monde comme son aînée l’avait fait ? Aurait-il eu envie de montrer ses valeurs, comme Thèdes ne cessait de le faire ? Se serait-il jeté dans la gueule du loup, sans savoir pourquoi ? Parce que Thèdes, elle, le faisait. L’inconnu la faisait vibrer, oui, elle aimait ce qui la terrifiait. Mais aussi, elle avait toujours tendance à aimer les mauvaises choses, alors… Elle avait aimé Andrew parce qu’il l’avait terrifié, au début. Un objectif pur et dur, un projet, quelque chose en quoi elle avait mis toute son âme. Tejho aurait-il fait de même ? Est-ce que Tejho aurait-il été aussi fort qu’elle ?

Honnêtement, elle espérait que ce ne soit pas le cas.

Elle aurait aimé qu’il soit fort, oui, mais pas assez. Comme ça, il aurait eu besoin de Thèdes, pour toujours. La grande sœur qui aurait été présente, toujours là, au cas où. Thèdes rêvait d’un petit frère, oui, mais d’un petit frère au cœur de plastique, qui se prend les pieds dans les trottoirs, qui oublie de traverser quand le petit bonhomme est vert, et qui hésite à passer même s’il remarque qu’il est vert. Elle aurait rêvé d’un frère qui hésite à choisir entre sa famille et ses amis, mais qui choisit sa famille pour Thèdes, parce qu’il l’aime plus que tout, parce qu’il aurait eu conscience que Thèdes n’aurait pas pu survivre s’il n’avait pas pu lui demander des conseils sans arrêt. Mais Tejho était mort. Thèdes n’avait aucun conseil à donner à personne. Et cette personne… Elle lui manquait. Tejho lui manquait, d’ailleurs, toujours, tout le temps. Il aurait aimé voir le paysage d’Irlande, elle le savait, elle en était certaine. Il aurait adoré voir ces pommes pas mûres et Thèdes éclata de rire quand Ted en jeta une par terre.

« Tu es comme… »

Tais-toi.

« Petite nature ! , reprit-elle l’air de rien, comme si sa dernière phrase n’avait jamais été prononcée, j’en mange quatre comme ça, moi ! Oh, et… Pousse toi, Ted ! »

Elle s’assit à côté de lui, au pied de l’arbre et balança son sac pas très loin d’elle, en faisant en sorte de prendre le plus de place possible pour embêter Ted, mit ses jambes sur celle du Plume, et mangea à son tour. En ricanant à la remarque de Ted à propos des pâtes, elle se dit qu’il n’aurait jamais pu être aussi proche de la vérité. Elle n’aurait jamais accepté un tel voyage si ça n’avait pas été avec quelqu’un qu’elle estimait tout particulièrement, et que ce quelqu’un soit Ted n’était qu’un plus, au final. Un plus important, certes, mais ce n’était qu’un plus.

La salade de pâtes allait clairement être nécessaire. Vraiment.

Thèdes mangea un peu, pas tant qu’elle aurait voulu en fait, pas autant qu’elle mangeait ces temps-ci, surtout, avec sa nouvelle lubie de vouloir prendre du poids, et vite. Elle se posa près de la rivière et rinça ses cheveux qui avaient collé à cause de la boue et tenta de nettoyer également le dos sa robe. Elle y renonça ; c’était trop compliqué, alors, elle s’attarda sur son visage qui avait reçu l’assaut de boue.

Lorsque Ted finit de manger, elle leva de nouveau les yeux vers lui.

« Bon, allez, relève toi, maintenant ! On y retourne ! »

Elle reprit son sac, et marcha le long de la rivière, sans vraiment savoir où ils allaient tomber mais… C’était ce que voulait Ted, non ? Aller chercher l’inconnu ? Bien. Lui aussi, il allait voir que lorsque ce même inconnu croisait Thèdes, les enjeux, les dimensions, la contenance étaient tout autre.
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Dim 6 Nov - 21:29

Hey, c’était les autres qui étaient censés ressembler à des crêpes, pas lui. Il laissa pourtant Thèdes s’installer à moitié sur lui et mit un point d’honneur à continuer à manger. Pas de crêpes au dessert, par contre, et c’était bien dommage. Il était comme ? Il n’eut pas le temps de demander, elle passait déjà du coq aux pommes, mais il y avait une expression étrange, sur son visage, et il la fixa encore un instant, cherchant ce qu’elle avait bien pu vouloir dire. Comme qui ou comme quoi ? Le fait qu’il ne sache pas si elle comptait le comparer à une personne ou à un objet le taraudait presque plus que le reste. A savoir : sa peur. Il doutait qu’elle réponde, s’il insistait maintenant, mais les trois mots, et l’impression vivace qu’elle allait dire quelque chose d’important avant de changer d’avis, furent fourrés dans un coin de sa tête pour plus tard. Genre ce soir. La nuit, c’était toujours mieux. Et puis là, il avait juste envie de se remplir le ventre et de fredonner, en fait. Elle allait bien voir, au fil des jours, qu’il n’y avait pas de raison valable d’avoir peur du lendemain. Il est gentil, demain, il attend toujours qu’on arrive avant de commencer, et comme ils n’arrivaient jamais, il attendait toujours.

Après avoir sorti quelques conneries, il se leva à son tour, remettant sa maison sur son dos (ce qui ne voulait pas dire qu’il était un escargot, il allait quand même un peu plus vite, et puis s’il en était un, Thèdes était une limace et ça n’allait pas du tout). Il rattrapa Thèdes en sifflotant l’un de ses airs de campagnard, suivant la rivière le long du verger en direction de la maisonnette... et lui serra brusquement le poignet. Pour lui faire signe de s’arrêter. Aussi brusquement que l’arrivée de l’idée qui lui traversa la tête (enfin, traversé… Elle s’y accrocha, même, parce que quand on traverse on n’est que de passage, et quand ça fuit d'une oreille à l'autre on ne se souvient plus et on n'a pas de raison de s'agripper brusquement aux poignets des gens. Reprenons). Il s’approcha de l’arbre le plus proche sans rien expliquer et ramassa quatre pommes avant de la rejoindre à nouveau.


- T’en manges 4 comme ça, hein…

Il eut un sourire narquois avant de les lui tendre.

- Cap de les manger, d’aller poser les trognons au seuil de la porte, de frapper et de partir en courant ?

Il pouvait y avoir n’importe quoi, derrière une porte. Celui-là, d’inconnu, elle en ferait quoi ? Elle ne pouvait pas avoir peur de TOUT l’inconnu, ce n’était pas possible, il devait bien y avoir quelque chose de plus précis. Et puis ça ne se faisait pas, de voler les fruits ou les œufs des voisins, sinon les bœufs venaient meugler et vous écrabouiller sous leurs sabots, quelque chose du genre. C’était interdit. Thèdes n’aimait pas l’inconnu, elle n’aimait pas briser les règles, mais elle avait une fierté pas croyable et voulait toujours prouver qu’elle pouvait faire tout ce qu’on lui demandait parfaitement. Elle dirait oui, il en était sûr, surtout qu’elle savait très bien que lui n’aurait pas hésité une seule seconde si c’était elle qui le lui avait proposé. En fait, le problème, c’était surtout que les pommes étaient extrêmement acides. Est-ce qu’elle se permettrait une grimace, seulement ? Lui s’affubla d’un sourire carnassier, sans pitié aucune, les pommes tentatrices, rondes et (paradoxalement ?) vertes dans ses paumes tendues.

[Si tu veux faire une ellipse à un moment ou à un autre n’hésite pas en fait, on n’est pas obligé de jouer chaque seconde Very Happy]

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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Ven 11 Nov - 2:40

Le goût était atroce.

... Pourquoi elle mangeait ces pommes, déjà ?

Ah oui, une idée de Ted, ça encore. Comme d'habitude. C'était acide, ça lui piquait la gorge et les gencives. Elle avait envie de tout cracher dans la seconde mais, face au regard de Ted, n'en fit bien évidemment rien. Elle préféra le regarder en retour, lui montrer l'air le plus sûr de soi qui puisse exister sur cette terre et terminer non pas quatre, mais cinq pommes, parce que Thèdes avait même eu la stupidité d'aller en chercher une cinquième, pour lui prouver sa supériorité. Jamais elle ne s'était permis ne serait-ce qu'une minuscule grimace de dégoût. Dégoût ? Qui a parlé de dégoût ? C'est excellent, cinq pommes par mûrs.

Les cinq trognons la narguaient, ainsi présentés dans le creux de sa main, et elle quitta Ted sans plus une considération pour lui pour avancer vers la maison du propriétaire du pommier aux pommes pas mûrs. Au début, elle pensait que suivre l'idée de Ted était faisable, qu'elle allait tout simplement faire ce qu'il lui demandait et ensuite, ils pourraient tous les deux repartir sur les routes, où plutôt, si elle suivait le point de vue de Ted, juste repartir là où ils voulaient tous les deux aller, sans vraiment se soucier s'ils allaient finalement y trouver des routes ou non.

Oui mais non. Il voulait être surpris ? Bien, il allait l'être.

Elle resta plantée devant la porte quelques instants, sourit un peu puis tapa à la porte, gardant les trognons de pommes dans ses mains, totalement visibles. Thèdes espérait très sincèrement que Ted la regardait, un peu plus loin. Elle ne s'en alla pas. Elle allait faire face au monsieur aux pommes. Aussi grand soit-il, aussi bizarre soit-il, aussi méchant soit-il.

....

Lorsqu'elle sortit de la maison, une demi-heure plus tard, elle avait le plus grand sourire aux lèvres qui soit et... deux sacs. Un nouveau sac de randonné et un autre sac plein à craquer, de quoi se nourrir pour les deux prochains jours si Ted était vraiment affamé, ou de quoi manger pendant largement une semaine s'il décidait d'y aller doucement avec la nourriture. Elle rejoignit le Plume et lui lança dans les mains le sac de provision qui, en plein vol, perdit quelques uns des denrées qu'il contenait.

« Dans son genre, monsieur Pomme est plutôt sympa ! Ah... Et j'espère que t'aimes le chocolat, il en a refilé trois tonnes. Ca, tu le mangeras toi, parce que moi, je touche pas à ce truc, j'te préviens. Ah ! Et j'ai des pommes mais mûres, cette fois. Me remercie pas, surtout ! Et t'as vu mon nouveau sac ? Bon, j'te l'accorde, c'est pas du meilleur goût, mais il paraît que ça me fera moins mal au dos et aux épaules, alors je prends ! »

Elle ramassa ce qui était tombé et recommença à avancer, en espérant tout de même que Ted n'ait pas encore l'idée merveilleuse de l'arrêter pour la mettre au défi de faire quelque chose parce qu'elle... accepterait sans doute encore une fois. C'était ce qui était bien avec Ted, après tout : Il lui faisait toujours faire ce à quoi elle ne pensait jamais, mais ce dont elle se savait parfaitement capable.

Et puis, elle avait bien envie qu'il l'arrête encore une fois, le temps passait toujours plus vite, quand elle faisait n'importe quoi.

Il ne le fit pas.

...

Ne rien dire. Elle allait se taire, se débrouiller seule. Elle tapa sur son bras. Ils se passaient tous le mot, ou quoi ? Il fallait qu'on la laisse tranquille, avec les piqûres, ça commençait honnêtement à l'agacer de se gratter partout, quoi que le pire c'était encore le bruit insupportable de l'insecte lorsqu'il passait près de son oreille. Elle était devenue sourde à force de s'éclater le tympan à coup de gifle pour l'avoir enfin, ce moustique ! ... Elle ne l'avait toujours pas eu, ou alors, il y avait une fine équipe de quelques milliards de moustiques qui grouillaient autour d'elle. Le piquet dans la main, une sorte de marteau bizarrement arrondi dans l'autre, elle resta assise dans l'herbe à attendre son heure prochaine.

Quand un moustique passa à côté de son oreille, elle eut la présence d'esprit de poser d'abord son marteau avant de se donner un coup. Elle rit en y pensant puis s'approcha de Ted qui la regardait faire. Elle lui fit un grand sourire et lui donna tout ce qu'elle avait dans les mains.

«Tiens, et si tu me construisais le truc dans lequel on va dormir ? »
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Ted Hanson
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Lun 14 Nov - 21:58

Cinq pommes. Cinq pommes acides à souhait, dont il n’avait recraché qu’une bouchée. Cinq trognons non pas déposés sur le pas de la porte, mais tendus à celui qui s’était occupé de ces merveilleuses petites graines. Lorsqu’elle revint avec le sac en plus, il éclata de rire. Elle était impressionnante, quand même… Quand elle voulait, elle pouvait faire n’importe quoi. Mais c’était comme s’il fallait qu’on la pousse, avant qu’elle ne se lance, parce qu’elle ne voyait pas l’intérêt si personne ne la regardait faire. Grand bien lui fasse, Ted avait même jeté un œil par la fenêtre pour savoir ce qu’il se passait à l’intérieur (bon, il s’était gouré de fenêtre et ne les avait jamais vus entrer dans la pièce qu’il surveillait de ses supers yeux d’aigle trop puissants mais malheureusement incapables de traverser les murs, mais c’est un détail). Il lui rebalança le sac sans l’ombre d’une hésitation.

- Hey, c’est toi qui a ramené ça, c’est toi qui porte, hein ! C’est l’une des règles du camping !

Le sac alla se cogner par terre (shblong, et encore deux tablettes qui débordent) et Thèdes continua à avancer sans même se retourner. Levant les yeux au ciel, Ted ramassa le sac et se le garda sous le bras, prenant de l’autre main l’une des tablettes de chocolat pour pouvoir croquer dedans à loisir. Bon, ça irait pour cette fois, mais qu’elle ne s’avise pas à dire qu’elle n’était pas une tricheuse, après.


« Ferme les yeux et tout repart, en route vers l’arrêt nulle part »

Il laissa les deux sacs tomber lourdement par terre et tendit celui qui contenait la tente avec un grand sourire à Thèdes, avant de reculer pour la regarder faire. Elle était marrante, assise dans l’herbe, avec son marteau, son piquet et ses bras déjà rouges. Visiblement, les bestioles préféraient le sang de sa compagnonne que le sien, même s’il avait dû se battre contre elles aussi. Tiens, d’ailleurs, tant qu’il y pensait… Il sortit l’antimoustique de son sac, et commença à s’en asperger (Non, il ne pouvait pas le dire avant, qu'il avait pris de l'antimoustique, ça n'aurait pas été drôle). Quand Thèdes s’approcha avec ses outils, il lui sourit.

- On échange !

Il lui passa la tanncrème anti-moustique. Il n’avait aucune intention de la ridiculiser, mais ne comptait pas faire tout le boulot tous les soirs, non plus, alors il commença à expliquer à haute voix.

- Le sol plat, déjà, c’est beaaaucoup plus confortable pour dormir, donc pentes à éviter, c’est pas drôle de dormir la tête en bas ou sur des bosses et des creux Rolling Eyes Ah, et le soleil se couche de ce côté-là, donc logiquement se lève là-bas, donc la lumière vient comme ça donc si tu veux pas te réveiller à 4h du mat, faut mettre la tente ici, comme ça y aura l’ombre des arbres pour nous faire gagner un peu de temps. Pas beaucoup mais bon, on se lève tôt de toute façon !

Pas forcément, en fait, mais bon. Les explications étaient accompagnées de grands gestes de bras dans tous les sens.

- Et avant de jouer avec le marteau, faut la monter, la tente. Tiens, attrape ça.

A deux, c’était plus rapide, en plus. Normalement. Quand l’autre ne détruit pas tout de son côté. Mais non, ce n’était pas si compliqué, elle s’en sortirait très bien… Il lui expliqua au fur et à mesure, lui laissa le marteau et enfonça les piquets à mains nues. Il fit semblant de ne pas remarquer, lorsqu’elle en tordit un et le remplaça discrètement, puis inspecta son travail en silence, les mains derrière son dos en essayant de se donner un air de vieux professeur, ce à quoi il échoua de manière assez comique.

- Faut pas les mettre trop loin, sinon la tente s’écrabouille.

Il en déplaça un, puis lui sourit.

- Et voilà, le palais de la princesse indienne est fin prêt !

Elle était minuscule, cette tente. Lorsqu’ils y auraient mis matelas, sacs de couchage et autres affaires, il y aurait à peine la place pour eux. Bon, il y avait toujours l’option virage d’affaires pour se faire de la place, même si l’arrivée impromptue de la pluie pouvait rendre la manœuvre un brin déconseillée, ce n’était jamais agréable d’avoir toutes ses affaires trempées. Ou alors, ils pouvaient aussi virer eux pour faire de la place aux affaires, et dormir à la belle étoile, même si l’arrivée de la pluie pouvait rendre la manœuvre un brin déconseillée, ce n’était jamais agréable de se réveiller avec des gouttes dans la figure. Ted leva le nez vers le ciel, mais celui-ci était dégagé. C’est bien, le mois d’août, des fois. Mais on était en Irlande, et ça ne risquait pas de durer bien longtemps. L’autre problème, c’était les moustiques ; ils étaient encore trop près du lac de Connemara, les insectes voletaient de partout, et Thèdes serait sûrement bien contente d’être à l’abri sous la moustiquaire. Mieux valait attendre, alors. Le soir tombait, la pénombre avec, et les premières étoiles apparaissaient à l’horizon. Ted leva à nouveau la tête, mais il était bien incapable de retrouver celles qu’ils s’étaient choisi, un jour, ou plutôt une nuit, sur les toits. Et puis ça n’avait pas d’importance. Le site qu’il avait choisi avait déjà été utilisé par d’autres qui avaient laissé derrière eux un cercle de pierre, dans lequel Ted forma une pyramide avec quelques branches, avant de lever la tête vers Thèdes avec un grand sourire narquois.

- Alors, tu me montres comment tu fais avec un silex ou je sors le briquet ?

La pyramide s’écroula et Ted regarda le tas de bois d’un air dépité. C’était comme les châteaux de cartes, ces trucs là, ça ne tenait jamais. Recommençons, donc. Une fois ça fait, il releva la tête, avant de demander, innocemment :

- J’suis comme qui, en fait ?

Ce n’était pas parce qu’il avait rigolé toute la journée qu’il avait oublié ce qu’elle avait dit…

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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Sam 19 Nov - 14:45

Elle attrapa la crème en écarquillant les yeux, se retenant de lui crier dessus, aussi. Non mais il avait bien vu pendant tout la marche qu'elle n'arrêtait pas de se battre avec des insectes, et il lui donnait ça seulement maintenant ? Alors qu'elle était littéralement couverte des pieds à la tête de piqûres en tout genre ? Il lui payerait ça, c'était certain. Une fois la tente montée et les conseils de Ted bien ancrés dans sa tête, elle ricana en l'entendant parler.

« Palais de princesse indienne ? De nos jours, les princesses ont une suite, tu sais ! J'suis sûre que Tiger Lily dormait dans un palace, avec un gigantesque lit, le chauffage et des rideaux tellement épais qu'il pouvait faire noir même à midi ! »

Voilà pour les princesses indiennes. Thèdes n'était peut-être pas une princesse, mais elle avait vécu dans le luxe toute sa vie, et il ne fallait pas non plus oublier qu'elle venait ici pour se prouver qu'elle était également capable de faire du camping. Ah. Bon, alors ça, elle l'avait déjà oublié, du coup elle grimaça et renchérit :

« Mais la tente... C'est bien aussi. »

Elle sourit à Ted et observa la tente dans laquelle elle allait dormir, se disant qu'il n'y aurait jamais assez de place. Bof, au pire, Ted pourrait toujours dormir dehors. Ah et bien voilà, ça, ça allait être pour lui faire payer les heures douloureuses à marcher et les marques que les moustiques allaient lui laisser. Discrètement, elle posa son regard sur la tente et remarqua une fermeture éclair. Est-ce que ça pouvait se bloquer de l'intérieur ? Hm, il fallait qu'elle essaie. Ted n'aurait donc aucun autre choix que de dormir à la belle étoile, mais ça tombait bien, puisqu'il aimait la nature et puis, qui dit aime la nature aime les animaux, non ? Bien, il devait sans doute apprécier les moustiques, alors. Et tant mieux pour lui, dans un sens, il allait faire leur rencontre prochaine très bientôt, peut-être même ce soir.

« Non mais je rêve ! Tu crois vraiment que je ne sais pas faire du feu avec deux pierres ? J'vais te montrer, c'est bon. C'est juste que tu me vexes à pas me faire confiance. »

Elle haussa les épaules en observant le bois entassé dans un cercle de pierre et alla en chercher deux autres cailloux pour les frotter ensemble, faisant comme si elle ne remarquait pas le regard narquois de Ted en face d'elle. Assise face au bois, elle continua de jouer à l'homme de Cro-magnon.

Dix secondes. Une minute. Deux minutes. Trois minutes.

C'est qu'il ne parlait pas, Ted. Il trouvait sans doute ça très drôle de voir Thèdes s'acharner à ce point sur les deux pierres. Toujours concentrée, d'ailleurs, elle se rappela le matin, lorsqu'elle avait pensé qu'elle aurait peut-être droit à la chance du débutant. Peut-être qu'elle pourrait faire croire à Ted que justement elle n'avait pas eu cette chance parce qu'elle n'était bien évidemment pas une débutante ? Qu'elle avait tout à fait l'habitude de partir en vadrouille, comme ça et se débrouiller pour trouver de la nourriture, qu'elle dormait dans des lits faits de feuilles et que les limaces et les mille-pattes qu'elle pouvait y trouver dedans étaient ses amis, et qu'elle les mangeait, d'ailleurs pour pouvoir se nourrir, et que si elle avait soif, l'eau du lac, c'était pas mal aussi... Mouais, il n'y croirait pas, c'était certain.

Cinq minutes.

« Hm, briquet, s'il te plaît ? »

Elle ignora le sourire sur le visage de son homonyme et alluma donc le feu. Et ça marchait, cette fois-ci. Elle souffla sur le feu quelques secondes avant de s'étouffer lorsqu'elle entendit la phrase magique.

« Comme qui ? J'vois pas de quoi tu parles. »

Elle toussa encore un peu puis fit mine de réfléchir, ses mains remettant en place ses cheveux, et décida de les attacher, parce qu'elle n'avait pas vraiment envie de les voir brûler.

« Ahhh ! Non, tu parles de tout à l'heure ? Non mais j'ai dit 'chewing gum' ! Pas 't'es comme'. On s'est mal compris, toi et moi ! Ah, c'est pour ça que tu ne m'as pas répondue, du coup ! Non non non, je voulais seulement un chewing gum. T'en as, d'ailleurs ? »

N'empêche que c'était déjà trop, et que dans la tête de Thèdes, ce qui était sans nœud tout à l'heure, redevenait un fouillis pas croyable. Tout de suite, elle se dit qu'il n'aurait pas du en parler, qu'il aurait tout simplement du laisser passer, comme il faisait d'habitude. Et puis, ce n'était pas un sujet de camping. On ne parle pas de son petit frère en camping. On ne parle pas de choses tristes lorsqu'on fait du camping. Ca aussi, c'était une règle de camping, non ? Mais c'était trop tard, elle le savait bien, parce que Ted savait très bien qu'elle n'avait pas dit chewing gum, parce qu'il avait parfaitement bien entendu ce qu'elle avait réellement dit, de toute façon. Alors, elle leva les yeux qui regardaient les braises vers le Plume et haussa de nouveau les épaules.

« Je parlais de mon petit frère... Mais ce n'est pas un sujet très drôle, et ça n'a pas vraiment d'importance. Je pense juste qu'il aurait pu te ressembler, c'est tout »

Elle resta silencieuse, ensuite.

« En regardant les étoiles, j’ai vu dans le ciel quelque chose qui brille, brille, brille »
« Hey, tu te rappelles des étoiles de la dernière fois ? Je ne les trouve pas. T'avais dit que la mienne faisait des clins d’œil, et je ne vois clairement pas d'étoile qui fait de clin d’œil à quelqu'un. Tu la vois, toi ? »

Il faisait déjà nuit depuis une heure, peut-être un peu plus. Elle n'avait pas de montre, et ne savait pas si Ted en avait une. Il lui avait dit qu'ils se lèveraient tôt demain, alors peut-être bien qu'il en avait apporté une. Tant pis. Allongée sur le dos, elle continuait de fixer le ciel.

« Et puis je ne te trouve pas la tienne non plus. C'était celle d'à côté, tu te souviens ? Si on ne trouve pas celle qui fait des clins d’œil, on va avoir du mal à trouver l'autre... »
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Ven 16 Déc - 12:24

Elle était drôle, sa princesse indienne aspirée au temps des Cro-Magnons, à taper ses deux pierres l’une contre l’autre comme une gamine. Lui, il ne disait rien et se contenter de regarder, comptant mentalement les secondes dans sa tête (quatre-vingt-seize, cent-trente-six-et-demi, deux-cent-soixante-douze-virgule-soixante-quinze…), pour pouvoir terminer l’expérimentation hautement scientifique qui consistait à mesurer la patience exacte de Thèdes et la force de la variable « fierté » sur la conclusion de son hypothèse. Lorsqu’elle lui demanda le briquet, mettant fin à cette expérience au haut degré d’intérêt, il le lui passa avec un graaaand sourire, mais ne fit pas le moindre commentaire. Question innocente, à la place…

Apparemment, elle n’avait aucune, mais alors aucune envie de lui répondre, parce que si elle ne savait pas de quoi il parlait, il était une baleine en équilibre sur un ballon avec un pyjama bariolé. Elle mentait mieux que ça, d’habitude. Il n’insista pas, ajoutant quelques brindilles dans le feu, et lui jeta un regard amusé lorsqu’elle essaya à nouveau de biaiser. Sa main alla traîner dans sa poche, s’arrêta sur son yoyo, se referma sur un caillou, continua à fouiller pour tomber sur des clefs, puis trouva enfin le paquet de chewing gum sous un mouchoir sale. Il en prit un pour lui, avant de faire valser le paquet au dessus du feu, comptant sur elle pour le rattraper. C’est bon, Thèdes, on peut passer à autre chose… Ah mais visiblement pas elle. Il venait apparemment d’activer un engrenage de réflexions plus noires les unes que les autres, et elle ne devait plus avoir les yeux en face des trous parce que le paquet tomba sur ses cuisses avant qu’elle ne puisse faire un geste pour le rattraper. Bon, de toute façon, si elle rattrapait aussi bien qu’elle lançait, ce n’était pas ne pas être perdu dans ses pensées qui allait changer quelque chose. N’empêche qu’on n’avait pas le droit de se faire des nœuds, en camping, en tout cas pas dans la tête, parce qu’on en avait déjà assez dans les cheveux, à force de se promener partout. Elle leva les yeux, et il eut un instant de panique, lorsqu’elle ouvrit la bouche, parce qu’il n’aurait apparemment pas dû la poser, cette question, et qu’il n’avait plus envie de savoir, tout à coup. Il voulut sortir une connerie, mais elle le devança. Il ne réfléchit pas à ce qu’elle voulait dire, pas d’abord, et elle eut le droit à la réponse la plus spontanée qui soit :


- Ouch !

Il accompagna l’onomatopée d’un air blessé, levant sa main sur son cœur. Non, mais franchement, qui aurait envie de se faire comparer avec un petit frère ? Surtout celui d’une fille avec le physique de Thèdes… Et puis c’est tout, parce que si 1) ce n’était pas un sujet drôle 2) elle ne voulait pas en parler 3) c’était pour qu’elle lui sorte des trucs pareils et 4) j’ai oublié ça ne devait pas être important, autant lâcher le sujet. Il balaya le ciel des yeux, en silence, avant de tendre brusquement le bras vers le ciel et de dire sur le ton le plus convaincu possible :

- C’est celle-là !

Là où il montrait, rien qui clignotait. Il ne savait même pas exactement ce qu’il montrait, en fait. Il fit bifurquer son bras dans une autre direction.

- Ou alors, celle-là.

Encore.

- Ou celle-là.

Il regarda Thèdes d’un air faussement piteux, avant de lui faire un grand sourire.

- On n’a qu’à dire qu’elles sont toutes à nous, comme ça on ne les perdra plus !

Il fit éclater une bulle avec son chewing gum d’un bruit sonore, avant de reculer un peu du feu et de se laisser tomber en arrière, allongé sur le dos dans l’herbe, les étoiles pour toit (les étoiles pour toi ça marche aussi, quoique je ne suis pas sûr qu’elles soient d’accord). Thèdes était fille unique, il le savait depuis, genre, le tout début. Il lui avait parlé de sa famille, déjà, de son frère et de sa sœur et de sa sœur et de son autre sœur, et elle lui avait dit, qu’elle aurait bien voulu en avoir aussi, que ce devait être sympa, une famille nombreuse. Alors elle avait eu un frère ? Il avait dû mourir jeune, trop pour qu’elle puisse le connaître vraiment, pas assez pour ne pas déjà avoir une idée de ce qu’il deviendrait. Non, décidément, ça ne lui plaisait pas du tout, à Ted, d’être comparé au petit frère de Thèdes. Thèdes qui projetait sur lui l’image de quelqu’un d’autre. Des attentes. Des attaches. Et puis d’ailleurs, ce n’était pas que son frère aurait pu lui ressembler, c’est que elle, elle aurait voulu que son frère lui ressemble. Ou que Ted ressemble à son frère. Qu’ils se ressemblent l’un à l’autre, quoi. Et lui, il n’avait pas envie d’être quelqu’un d’autre que Ted. Mais qu’est-ce qu’il y pouvait ? Il n’était pas dans la tête de Thèdes, et elle n’avait jamais vraiment eu les idées bien en place, de toute façon. Ca ne changerait rien à sa manière d’être, au fond. Il vint frapper son avant-bras violemment, alors qu’une bestiole attirée par la lumière venait l’attaquer à son tour. Ils avaient déjà aspiré tout le sang de Thèdes, pour se mettre à l’attaquer lui ? Ca n’allait pas du tout, ça. Ted se releva, jeta un œil au feu mourant, décida que c’était bon, qu'il s’éteindrait tout seul sans lancer un incendie pendant leur sommeil, et on pouvait lui faire confiance sur ce coup là, il avait déjà prouvé sa grande affinité avec le feu le mois dernier.

- Invasioooon !

Il ouvrit la porte de la tente, la moustiquaire, sauta à l’intérieur, puis fit signe à Thèdes.

- Dépêche, avant que les bestioles décident de nous rejoindre !

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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Ven 23 Déc - 18:11

Elle fronça les sourcils. « Ouch. » Non, elle n'était pas d'accord, là. On ne dit pas ouch comme ça, alors que Thèdes venait de parler de son frère, elle venait de lui dire la vérité, une vérité qu'elle ne disait à personne, d'ailleurs et la seule chose qu'il était capable de lui répondre c'était ouch ? Elle ne savait même pas ce que ça voulait dire en plus, et et ça n'avait rien de la réponse qu'elle avait espérée. Mais, comme promis, elle se tut. Elle n'allait pas en rajouter, et elle pourrait bien penser à Tejho plus tard, pas besoin d'embêter Ted avec ça, surtout que ça avait l'air de l'ennuyer prodigieusement Et puis, non, elle ne voulait en parler en personne, comme d'habitude. Dans sa tête, c'était toujours plus réel. ... Et puis au moins, dans sa tête, personne ne dirait ouch.

Alors, elle leva les yeux au ciel, en cherchant à voir une quelconque étoile qui clignotait. Aucune. Il n'y en avait pas, en fait. Il n'y avait pas son étoile, et celle de Ted encore moins. Elle tourna encore la tête ; toujours rien. Et encore une fois. Sans un mot. Et puis, quand elle se rendit compte que lui non plus n'avait pas la moindre idée d'où pouvait se trouver l'étoile de Thèdes, elle baissa les yeux vers lui, et fit face à son air piteux qui la fit sourire.

« Toutes à nous ? Et comment ils vont faire les autres sans étoile ? Je veux dire, c'est malheureux, un peu, tu ne trouves pas ? Pourquoi on les aurait toutes et les autres n'en auraient p…»

Pas le temps de finir sa phrase sur l'égoïsme flagrant de Ted, puisqu'il se levait déjà et accourrait vers la tente en criant un mot que Thèdes ne comprit pas. Elle le regarda faire, les sourcils levés, en se demandant si vraiment ça avait été une bonne idée de partir avec lui en camping. Non mais sérieusement... Il ressemblait à... un enfant.

Mais c'était tout ce qu'elle voulait, Thèdes. C'était absolument tout ce qu'elle voulait.

Alors, elle sourit, et se redressa pour rejoindre Ted dans la tente, ferma la moustiquaire, et puis la tente elle-même. On fait quoi, maintenant, Ted ? L’idée de se nourrir était tentante, et puis, il y avait des pommes et du chocolat, dans le coin.

«Tu veux du chocolat ? »

Elle sortit une tablette du grand sac que monsieur aux pommes lui avait donné un peu plus tôt, mais se figea au moment où elle allait prendre une pomme, les yeux fixés sur le tissu de la besace, en même temps qu'elle tendait le chocolat à Ted -qui n'était déjà plus dans ses mains, d'ailleurs, et qu'il commençait à ouvrir en déchirant violemment l'aluminium qui le recouvrait.

« Dis-moi, c'est quoi ce truc orangé, là ? Ohh regarde, Ted ! Ca fait de la lumière ! C'est bizarre, c'est... »

Elle hurla en se levant, se prit la barre qui soutenait la tente au dessus d'elle en plein sur le front, ce qui eu le mérite de la calmer instantanément, et de la faire tomber exactement à l'endroit où elle était assise auparavant, en faisant valdinguer le sac qui, sous le choc, avait éjecté tout ce qu'elle contenait par terre. Elle se passa la main dans les cheveux, incertaine à propos de la douleur qui se propageait à l'intérieur de son crâne, et puis, doucement, alors que sa main tâtait au niveau de sa tempe droite et se dirigeait vers son front, elle grimaça. Elle allait avoir une énorme bosse, elle en prenant conscience, et la teinte rougeâtre qui irait avec.

« Ca fait mal… »

Pour être plus évident, elle venait de s'éclater le front contre une barre en fer, et ses idées n'étaient clairement pas en place, mais, quand elle tourna doucement les yeux vers le sac, elle se rendit compte que l'insecte n'était plus sur le tissu et se releva avec hâte.

Un deuxième coup dans le front, à l'exact endroit où elle s'était prise le premier.

Elle éclata de rire, c'était douloureux, et c'était ridicule, aussi. Et pourtant, elle articula, avec difficulté, parce que rire et parler en même temps n'avait jamais été son fort, et que la douleur dans le crâne ne faisait que s'accentuer :

« Ted... J'ai vraiment mal ! »
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MessageSujet: Re: Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord   Dim 10 Juin - 22:00

Ca creuse, le camping, et il arracha le chocolat des mains de Thèdes sans une demi-seconde d’hésitation. Les étoiles – il lui aurait bien dit que si elles étaient toutes à eux, ils pouvaient aussi partager et les donner à tout le monde, et comme ça tout le monde aurait toutes les étoiles et personne ne perdrait son temps à chercher un seul petit point lumineux particulier perdu dès qu’on n’a plus les yeux dessus, mais il avait la bouche pleine, et ça risquait d’être bien trop incompréhensible pour la Norvégienne. Déjà qu’il était irlandais de souche… Et comme elle ne lui laissa pas le temps de finir sa bouchée, elle n’aurait jamais le droit d’entendre ses jolis mots sur les étoiles. De toute façon, on s’en fout, des étoiles, elles sont trop loin pour être importantes.

Il explosa de rire.

Bon, d’accord, c’était une réaction peu louable, mais avouez, si vous voyez une fille faire un bond d’un mètre (quoique ce devait être moins vu la hauteur de la tente et la taille de Thèdes, mais arrondissons un peu les angles, l’essentiel étant que le bond était im-pres-sion-nant) pour se prendre une barre sur le crâne dans un bruit métallique des plus distinctifs, avant de retomber et de refaire exactement la même chose, il est difficile de se contenir. Ted n’essaya même pas, ce n’était pas dans ses habitudes.


- Woua, t’as vu le bruit que ça fait, t’as la tête encore plus pleine que ce que je pensais !

Aucune idée d’où était l’insecte qui avait causé telle frayeur ; ce devait être une chenille, ou une luciole, bref, un insecte des plus rarissimes, que Thèdes n’avait jamais Oh grand jamais eu l’occasion de croiser, et il était tout à fait normal, face à une bestiole inconnue, de réagir aussi… brusquement. 2 – 0 pour la chenille, avec deux coups directs sur la tête sans lever la moindre patte ! Thèdes n’était décidément pas à la hauteur face à cet adversaire de taille, malgré toute son expérience, toute son intelligence, et toute sa perfectance. Riant toujours, il passa ses bras autour de la taille de la norvégienne, la fit basculer vers lui pour qu’elle ne soit plus semi-debout, semi-courbée sous la barre de la tente, la prit dans ses bras et lui caressa les cheveux, là où elle s’était cognée. Aïe. Il commençait déjà à sentir la bosse.

- T’as de la chance, j’ai le remède parfait !

Quoi ? De la crème ? De l’arnica ? Un super pansement magique ?

Non, rien de tout ça : Ted se contenta de poser ses lèvres sur sa bosse, avant d’éloigner sa tête après un smack sonore.


- Bisou magique, c’est ma mère qui m’a appris ce sort ! Dix fois mieux que touuut ce qu’ils peuvent bien t’apprendre en santé magique, j’te jure, elle a guéri tous mes maux avec ça quand j’étais gosse !

La caler un peu mieux dans ses bras ; hésiter, un instant, mais non, Andrew, et il se contenta de tendre une main au dessus d’elle pour attraper la tablette de chocolat qui était tombée de l’autre côté et de croquer dedans.

- T’inquiète pas, elle est toute petite, ta bestiole orange, et les ptites bêtes ne mangent pas les grosses. Surtout que bon, tu dois pas être très digeste…

Il attrapa son poignet, puis fit semblant de lui croquer le bras, parce que pas de bras, pas de chocolat. Mince, il avait croqué dans le mauvais ordre.

- …Ouais, j’préfère de loin les pommes !

La relâcher, pour attraper lesdites pommes, et lui en balancer une. Elle allait attraper, cette fois, ou se faire mal avec ?

- Mais si ça peut te rassurer, j’vais le trouver, ton insecte, et j’te protègerai contre touuus les monstres sur lesquels on va tomber pendant notre voyage !

S’ensuivit une longue recherche de l’animal perdu au milieu des pommes répandues par la maladresse de Thèdes, sur laquelle le blond eu la très grande prévenance de ne pas faire le MOINDRE commentaire (et pourtant, ce n’était pas l’envie qui manquait), si ce n’est de faire semblant de rouler dessus. Mais non, on ne gâche pas les pommes. Le Plume retrouva finalement sur la toile de la tente la bestiole brillante. L’idée d’embêter Thèdes encore un peu lui frôla bien l’esprit, mais finalement, après un sourire carnassier qui ne présageait rien de bon, il se contenta d’ouvrir la moustiquaire pour jeter l’insecte hors de la tente sans même l’approcher des orteils de l’indienne (oui, bon, elle était norvégienne quelques lignes plus hauts, mais faut suivre, elle change de nationalité selon l’heure de la journée). Ted se rallongea à côté de Thèdes, sur le ventre, avant de chuchoter :

- T’inquiète pas, va, j’le dirai à personne, que t’as peur des lucioles…

Clin d’œil moqueur ; il se prit un objet non identifié sur la tête. S’ensuivit une valse de protestations, un combat de sacs de couchage, des rires jusque tard dans la nuit, et puis, finalement, ils moururent petit à petit, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le son de leurs respirations calmes. En fait non, effacez cette dernière phrase. Disons plutôt : Ted finit par s’endormir comme un loir et donc par ne plus rien entendre, de sorte qu’il ne pourrait pas vous dire si Thèdes survécut elle aussi à sa première nuit de camping en un seul morceau, si elle dormit un peu ou pas du tout, ou si elle fut kidnappée dans la nuit par des extra-terrestres avant d’être échangée par un clone. Il put cependant rapidement mettre une croix sur cette dernière option, Thèdes restant fidèle à elle-même les jours qui suivirent : on ne peut pas faire semblant d’être elle, c’était juste impossible…

Lorsqu’ils revinrent à Swyn, ce fut plein de complicité dans les yeux, avec le sourire, sur les lèvres, des gamins qui ont fait un sale coup, mais le nieront tout de go sans donner la moindre information à qui aurait le malheur de poser la question.

Ce qu’ils avaient fait, où ils étaient allés, il n’y aurait jamais qu’eux qui le sauraient. Ils étaient visiblement fatigués, très fatigués, mais de cette fatigue heureuse d’une fin de vacances bien remplie. Poser les sacs, soupirer d’aise, parce qu’ils étaient enfin arrivés. Regard pétillant.


- Ben voilà, tu vas pouvoir dire haut et fort à toutes les mauvaises langues que t’as survécu au camping !

Survécu, c’était le mot : la pauvre commençait les cours le lendemain, et n’aurait pas le temps de se reposer…

[Happy Birthday, Tannkrem. C'est bien parce que c'est toi Rolling Eyes ]

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Quelque part en Irlande : A force d'être à l'ouest, ils en perdraient le nord

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