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 Ananiversaire

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Andrew McAllen
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▌Né(e) le: 08 Avril
▌Pays d'origine: États-Unis
▌Statut: 6ème année

MessageSujet: Ananiversaire   Jeu 6 Oct - 1:15

En temps normal, il attendait un signe de sa part pour la voir, mais pas aujourd’hui. Andrew allait à l’encontre de leur entente, il le savait très bien, tout comme il s’en fichait. La veille, lorsqu’il avait tourné la page du calendrier, la date du deux novembre lui avait sauté aux yeux, surgissant du recoin de sa mémoire où il l’avait gardé si précieusement. N’ayant que peu de temps devant lui, il avait consacré une bonne partie de sa soirée à échafauder un plan lui permettant de lui donner rendez-vous, et voilà comment, le lendemain en matinée, sur l’heure du déjeuner, il se retrouva debout dans la grande salle, les bras levés au-dessus de sa tête.

" Envoie par ici, Ted ! "

De l’autre bout de la pièce, le concerné lui lança le Souafle d’une main. La balle rouge siffla à vive allure au-dessus des trois tables. Posté derrière celle des Cinnacrow, Andrew l’attrapa sans difficulté. D’un large sourire, il se pencha entre deux filles - l’une n’étant pas n’importe qui - assises devant lui et se saisit d’un jus de citrouille, se désaltérant d’une longue gorgée digne de figurer sur un panneau publicitaire. Avec subtilité, lorsqu’il reposa le verre à moitié vide, il glissa un bout de parchemin à Amalia sous la table avant de se redresser, l’air de rien.

" Désolé les filles, j’dois déjà vous quitter ! "

Il ricana et partit en courant alors que pas très loin, Alex tentait de le rattraper pour récupérer le Souafle. Entre les bastons et les bagarres qu’ils déclenchaient à tout va, personne ne se formalisa de cette nouvelle preuve d’immaturité des Plumes. Andrew s’enfuit vers le hall, écoutant à peine les railleries de ses potes. Il ne pensait qu’à ce message laissé dans la main d’Amalia. Écrit avec encre invisible habituelle, elle n’aurait qu’à le soumettre à une source de chaleur pour y lire, d’une écriture droite mais peu soignée, la brève suite de mots suivante :

« Rejoins-moi sur l’heure du dîner ce soir au terrain de Quidditch, vers 20h, près de la colonne de Plumentine qui fait face aux anneaux d’or. Je t’y attendrai. »

Le haut des colonnes en question faisait office de loges lors des matchs. Pour dissimuler les poutres de bois surélevant ces dernières, chacune d’entre elles revêtait un étendard affichant emblème et couleurs d’une des trois maisons de Swyn. Une dizaine de minutes avant l’heure, Andrew se rendit sur place comme convenu. Il poussa le lourd tissu aux couleurs de Plumentine de sa main libre et entra sous la colonne. À l’intérieur, un escalier à plusieurs paliers permettait de se rendre tout en haut, mais à vrai dire, très peu de sorciers l’empruntaient, surtout parmi ceux qui possédaient un balai. Le tout ressemblait un peu à la tente d’une voyante, sûrement à cause du violet. Andrew y devinait davantage l’apparence d’un vieux grenier au toit sans fin, la poussière en moins. Isolé, l’endroit comptait deux bancs se faisant face sur un plancher de chêne usé. Andrew accrocha un fanal à un clou dépassant d’une planche au-dessus de sa tête et lança quelques sortilèges avant d’aller jeter un coup d’œil à l’extérieur. Il lâcha la banderole qui retomba derrière lui comme un rideau. Grâce à la couleur foncée et opaque du violet, la lumière ne perçait pas au travers. Il tourna son regard sur le sentier de terre traversant le parc jusqu’à la vague silhouette du château éclairé au guise de fond, mais avec la nuit tombée, il ne voyait pas plus loin de vingt mètres devant lui. Andrew s’assit sur une des quatre marches à ses pieds, les bras sur les genoux, ses mains pendant dans le vide.

Il attendait, patient, qu’elle vienne jusqu’à lui, espérant que d’une seconde à l'autre, elle émerge de l’ombre croissante de la nuit qu’ils connaissent tous les deux si bien. Pourtant, rien ne lui garantissait la présence d’Amalia. Lui transmettre le message fut déjà une expédition risquée en soi, mais il s’en était bien tiré, et tout le monde n’y vit que du feu. Se retourner vers elle, ça par contre il n’avait pas pu. D’abord parce que ça aurait pu les trahir, ensuite parce malgré la confiance insensée qu’il avait en elle, Andrew avait redouté l’expression de son visage, à ce moment-là. Se saisissant d’une brindille à ses pieds, il se rappelait ses mots murmurés à l’observatoire, il y a plus d’un mois. Amalia lui avait dit que dans le but de ne pas être déçue, elle essayait de ne pas penser à ce qu’elle voulait. Andrew s’était penché sur la question, essayant de deviner ce qui pourrait lui faire plaisir. L’idée lui vint lorsqu’il tourna la fameuse page de son calendrier. Il avait trouvé le lieu par après. Non pas que l’observatoire ne convenait pas, loin de là. Andrew avait seulement décidé que pour le deux novembre, il fallait un endroit différent. À première vue, le terrain de Quidditch était un lieu vaste et à découvert, mais de véritables cachettes se dissimulaient sous l’architecture complexe de ses gradins.

De son pouce droit, Andrew jouait avec un bouton sur la manche de sa chemise, se demandant combien de gens avait souhaité un joyeux anniversaire à Amalia depuis ce matin. Pas par le biais d’hiboux, mais de vive voix. Les lettres, bien que chaleureuses, manquaient cruellement de présence humaine. Quant à Mélite d’Orcy, si droite et si formelle, Andrew s’imaginait difficilement une accolade entre cousines. Il ne savait pas de quelle manière il le lui dirait non plus, verrait sur le moment présent. Andrew ne prévoyait jamais. Peut-être devrait-il s’y mettre, à l’occasion. Peut-être aurait-il dû y penser, en particulier ce soir où Amalia avait peut-être quelque chose de prévu pour fêter ses… Quel âge avait-elle ? Et si quelqu’un d’autre lui avait demandé de lui réserver sa soirée avant lui ? Alors qu’il l’attendait, peut-être devrait-il se contenter d’un hibou fendant le ciel, lui apportant un « x » brièvement tracé avec hâte sur le coin d’un parchemin déchiré en vitesse. Après tout, Andrew n’avait pas la moindre idée de qui Amalia fréquentait, à l’université. Il ne se souciait pas de ces détails qui, pourtant cruciaux, pouvaient tout changer. Parallèlement, Andrew voulait lui prouver que le futur qu’elle lui avait décrit ne se produirait pas. Il se bornerait à l’attendre toute la nuit, s’il le fallait. Guidé par un code d’honneur propre à lui-même, quelques règles se hissaient au-dessus de tous ses mensonges, intouchables. Sans l’énoncer à voix haute, Andrew s’était juré de ne jamais mentir à Amalia, encore inconscient des lourdes conséquences qu’il pouvait entraîner rien qu’en s’entêtant sur cette voie. S’il connaissait ses qualités et ses défauts, il ignorait tout de ses faiblesses, et n’avait qu’une vague idée de ses forces. Parce que la vie n’avait rien d’un scénario habilement brodé où le héros échappait à tous les dangers, viendrait un jour une situation dont il ne pourrait sortir indemne. Si on voulait être réaliste, tant d’insouciance lui vaudrait éventuellement un coup dur, un tir sortit tout droit du brouillard auquel il ne serait pas préparé. Mais pas aujourd’hui, pas ce soir… Peut-être même jamais.


" Mm ? "

Un son. Des bruits de pas ? Un écureuil dans l'herbe ? Ce pouvait aussi être le vent qui, par caprice, poussait quelques brindilles contre des cailloux. Pire, son imagination lui jouait peut-être des tours, et chaque perception auditive lui donnait de faux espoirs sur l'arrivée possible mais incertaine d'Amalia. Advienne que pourra, et si elle venait, elle ne le regretterait pas. Si possible, elle ne regretterait jamais une décision prise le concernant, mais ça, rien n'était moins sûr.

[Réservé, et non, je n'ai pas fait de faute dans le titre o/]
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Jeu 6 Oct - 23:10

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Andrew McAllen
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Ven 7 Oct - 22:58

[Tu remarqueras l'effort concernant l'absence de jus de citrouille dans ce post-ci.]

Le bruit se rapprocha, et contre toute attente, il s’arrêta soudain. Andrew baissa les yeux, un mince sourire sur le visage. À ses pieds, un écureuil roux se redressa sur ses pattes arrière, reniflant l’air en agitant nerveusement la queue.

" C’est pas pour toi. "

Comme s’il comprenait qu’il n’aurait pas un seul morceau de croûte, l’écureuil reposa ses deux pattes dans l’herbe, observant l’humain sans ciller. C’est à partir de ce moment qu’Andrew commença à être agacé par la présence du rongeur. Pourquoi restait-il là à le fixer de ses deux petites billes noires immobiles ? Les secondes s’écoulaient, mais l’animal ne bronchait toujours pas d’un poil. Essayait-il de lui faire prendre conscience de quelque chose qui lui échappait ? Peu probable. Sans doute voulait-il vraiment une part de ce qui se cachait derrière le rideau violet, et qu’il tentait une nouvelle stratégie. Tout ça n’empêcha pas Andrew de lui répondre, conscient que la bestiole n’y pigerait absolument rien :

" Elle viendra, tu vas voir. "

Amalia arriva à peine une minute plus tard, effrayant de son pas pressé l’écureuil qui détala en moins de deux. Comme elle s’arrêtait devant lui, Andrew se leva, et fut brusquement alarmé par l’anxiété vibrante de sa voix. Comment ça, ce qu’il y avait ? Déboussolé, il ne voyait pas la raison de cet affolement. Qu’est-ce qui pouvait la mettre dans cet état ? Que se passait-il ?! Et pourquoi cette insistance dans son regard, comme s’il avait été normal qu’un drame se soit produit ? Il fronça les sourcils, confus. La situation le déconcerta davantage lorsqu’il réalisa qu’en fait, elle ne s’attendait pas à le trouver, comment dire… bien portant ? Où avait-elle pêché qu’un truc lui était arrivé ? Surtout qu’ils s’étaient vus au déjeuner. Faute de mieux, il hasard la seule réponse qui lui vint à l’esprit.


" C’est pas à moi de te demander ça ? "

Le regard d’Amalia le laissa supposer qu’il faisait fausse route.


" Écoute, tu veux pas m’expliquer tout ça à l’intérieur ? "

Prenant les devants, Andrew grimpa les quatre marches, tira sur l’étendard, dévoilant une lumière dorée qui s’étira jusqu’aux bottines d’Amalia. Il la laissa entrer la première, puis lâcha le tissu derrière eux, question de se protéger du vent et des regards qui pourraient être intrigués par la lueur du fanal. Un peu plus tôt, Andrew avait transformé un des bancs en table basse. Sur celle-ci trônait une pizza à l’ananas, encore fumante, à côté de deux verres transparents, vides. À droite et à gauche de la table, deux coussins semblaient les attendre. Même s’il faisait plus chaud à l’intérieur, Andrew n’eut pas le réflexe d’enlever sa veste, encore trop préoccupé par l’arrivée paniquée d’Amalia pour penser à autre chose, là tout de suite. Il se passa la main sur la nuque en se retournant vers elle.

" Assied-toi."

La véritable raison se cachant derrière la voix angoissée d’Amy, Andrew ne la devinait pas. Il avait beau réfléchir, rien ne lui venait en tête, ni dans le message qu’il lui avait donné dans la grande salle, ni dans son attitude à ce moment-là. Oui, bon, le Quidditch pouvait est risqué, certains joueurs virent leur carrière se terminer brutalement à cause d’accidents impliquant des Cognards, mais jouer entre potes n’était jamais comparable à un vrai match. Persuadé qu’Amalia se doutait depuis le début du pourquoi de son invitation, l’idée qu’elle l’interprète autrement ne l’effleura même pas. C’est vrai, quoi, le jour de votre anniversaire, lorsque quelqu’un veut vous voir, c’est pour vous le souhaiter, c’est évident. Andrew se demanda un instant si Amalia pouvait avoir utilisé ses cartes ou autre chose pour tenter de lire l’avenir. Il ne connaissait pas suffisamment les arts divinatoires pour en saisir toutes les subtilités, mais il savait que certaines visions des boules de cristal pouvaient très habilement refléter les réalités futures.

Il voulait la surprendre avec l’endroit, puis la pizza, sachant qu’elle comprendrait la référence. Il voulait la faire sourire, avec la garniture à l’ananas. La surprise serait sûrement d’une toute autre nature, maintenant. Bon, tant qu’il y avait effet de surprise, ça allait quand même, pas vrai ? Et puis Amalia ne tarderait sûrement pas à lui expliquer la situation, ne serait-ce que pour qu’il puisse enfin y remédier, ou du moins y faire quelque chose, n’importe quoi. Il avait la ferme impression qu’il pourrait faire beaucoup, ne serait-ce que pour voir disparaître cette crainte d'un si doux visage. Toujours planté devant l’entrée, un peu au ralenti, Andrew inclina la tête dans l’espoir de croiser son regard. Il n’attendait qu’elle parle, peu importe si les mots qu’elle allait dire lui plairaient ou pas, mais qu’elle lui dise quelque chose, bon sang !

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Sam 8 Oct - 20:17

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Lun 10 Oct - 15:37

Tout s’enchaîna à une vitesse folle. Elle entra, observa en silence ce qui l’entourait, et sans rien expliquer, elle se retourna vers lui. Pourquoi est-ce qu’elle l’engueulait ? Si Amalia lui avait parlé dans une langue étrangère, l’expression d’incompréhension sur son visage serait restée la même. Le script n’était pas bon, elle ne pouvait pas réellement s’énerver contre lui ! Andrew faisait suffisamment de conneries pour le reconnaître lorsqu’il en commettait une. Peut-être pas l’avouer, ça, c’était autre chose, mais il s’en rendait compte, il n’était pas si bête. Dans ce cas, pourquoi le regardait-elle avec de pareils yeux ? Qu’avait-il fait de mal, au juste ? Qu’est-ce qui avait déclenché tout ce flot d’accusation, tout d’un coup ? Elle insinuait qu’il se jouait d’elle depuis le début. Pire, qu’il trouvait tout ça très amusant, mais comment pouvait-elle y croire ? Pensait-elle vraiment ce qu’elle disait ? Il sentait sa voix trembler, secouée violemment par une émotion dont il ignorait l’origine. Elle n’écoutait plus, elle voulait s’en aller. Fidèle à elle-même, Amalia n’exigeait pas de réponse de sa part, et lui demanda seulement de se pousser pour la laisser partir. Andrew y vit non pas l’occasion de se décaler sur le côté, mais celle de s’entêter à rester planté là, sur la défensive. Pas question qu’il la laisse rentrer au château, pas comme ça ! Si elle n’avait pas besoin d’explications, lui, il en demanderait. Il ne comprenait toujours pas la situation, mais les mots d’Amalia l’atteignirent aussi adroitement qu’un coup de poing en plein visage. Il se renfrogna, le regard sombre malgré la clarté du bleu qui s’y trouvait.

" J’ai l’air de rire ? "

Comme à chaque fois qu’une situation lui échappait, sa voix devenait plus pesante. Il ne souriait plus du tout, et c’était pourtant dans ce but qu’il avait organisé cette soirée. Andrew s’attarda sur la pizza, puis sur les deux verres à côté.


" C’est le dîner, qui te dérange ? "

Elle ne répondit pas, n’attendant visiblement rien d’autre qu’il se décide à se pousser pour qu’elle puisse passer. Il ne l’avait jamais vu si peu elle-même, si ébranlée par ce quelque chose qui lui échappait encore, mais qui, curieusement, faisait disparaître toute hésitation en elle. Dans d’autres circonstances, il aurait admiré la fermeté de son affirmation, mais force était de constater qu’elle était déterminée à s’éloigner de lui, et que jamais il ne l’avait vu vouloir autant quelque chose. Il leva le ton d’un cran, énervé à la fois contre elle et contre lui-même.


" Tu veux aller ailleurs ? Allons ailleurs ! L’observatoire, peu importe, où tu voudras ! T’as pas envie de manger de pizza ? Merde la pizza ! "

Il s’en voulait de s’être trompé, de ne pas avoir su deviner ce qui aurait pu lui faire plaisir, même s’il ne comprenait pas en quoi la situation la choquait autant. Il avançait encore à l’aveuglette, sans savoir l’effet qu’auraient ses paroles sur elle. Depuis qu’elle était apparue sur le sentier, Andrew ne ressentait d’un courant continuel de confusion, comme un immense malentendu, et il ne savait pas comment l’arrêter. Il en savait trop peu sur les interprétations d’Amalia pour les contrer. Elle ne lui disait rien, s’enlisait dans son ressentiment sans qu’il ne puisse se justifier correctement. Il devait jouer aux devinettes, et à voir ses réactions, il se plantait en beauté. Andrew se refusait à croire que tout ce qu’il entreprenait avec sérieux se vouait à l’échec. Son rôle de membre des Cinq Plumes restait à ce jour sa plus grande réussite. Faire semblant serait son talent par excellence ? La belle affaire ! Le Quidditch, son père, le pendentif, Thèdes, l’examen d’entrée au Ministère, et maintenant Amalia ? Tous des fiascos ?


" Mais si tu tiens à ce que je me pousse, si c’est vraiment ce que tu veux, dis-moi seulement une chose... "

Quittes à ce que ce soit les derniers mots qu’elle lui accorde ce soir.

" Qu’est-ce que t'aurais voulu, comme cadeau d’anniversaire ? "

Il n’encaissait encore que difficilement son erreur, lui faudrait à coup sûr plus d’une nuit pour la digérer en entier, mais qu’elle réponde qu’à cette seule question, et il la laisserait partir. La moindre des choses était de lui dire ce qu’Amalia De Lenn s’était attendue à recevoir d’Andrew McAllen. Après quoi il s’effacerait à contrecœur, les poings serrés, et une fois Amalia partie, il lancerait l’un des verres se briser contre le plancher de chêne pour calmer ses nerfs. Il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même d’avoir cru qu’il pouvait la comprendre, et pourtant il n’avait pas l’impression de mal agir, en début de soirée, bien au contraire. On le disait souvent égoïste, égocentrique, ou encore un autre égomachintruc. Mais à voir ce qu’il récoltait en pensant aux autres, Andrew n’avait qu’une seule envie ; celle de s’enfoncer davantage dans le jeu du Plume, de leur donner raison, d’en rire à gorge déployée, indifférent aux insultes et aux conflits. D’aller rejoindre Alex, Ted, Elias, Malloy, Mani ou Lauréline – celui ou celle qui serait présent - à la Pimentine et d’enchaîner les culs-sec de whisky jusqu’à éclater de rire sans raison, parce que décidément, il n’y avait que lorsqu’il ne prenait rien au sérieux qu’il évitait de se prendre des murs aussi durs en pleine gueule.
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Lun 10 Oct - 20:23

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Mer 12 Oct - 2:02

[Toujours pas de jus de citrouille, ça y est, je suis guérit ! En même temps, jus de citrouille et pizza, on repassera Rolling Eyes ]

Dès qu’une situation le menait à un conflit, Andrew réagissait très mal. La colère, plus forte, enfermait sa raison dans un placard fermé à doubles tours, ne laissant place qu’à cette autre émotion dévorante, mélange de panique et de peur, qui l’agressait sans demi-mesure. À chaque fois, il ne savait pas quoi en faire, particulièrement ce soir où il ne saisissait pas pourquoi elle apparaissait avec une si grande violence intérieure. Normal, en même temps, puisqu’on ne devient pas familier avec quelque chose vécu une seule fois, encore moins lorsqu’on ne fait pas le lien entre les deux événements. Quelque chose le dérangeait clairement, dans cette incompréhension, mais il ne parvenait pas à identifier ce que c’était au juste. Il s’attendait à ce qu’Amalia lui dise de la laisser tranquille, que c’était terminé et qu’ils ne se reverraient plus, mais elle ne fit pas un seul pas vers la sortie. Il n’avait pas la moindre idée de ce à quoi elle pensait, ni de ce qui l’incitait à rester, si elle ne comptait pas répondre à sa question. Ses yeux soutenaient son regard d’une manière peu habituelle, et lorsqu’elle se décida enfin à parler, Andrew resta interdit, plus désorienté que jamais. Une pizza à l’ananas ? Elle se moquait de lui ?!

" Va falloir que tu m’expliques, là. "

La colère s’était un peu apaisée dans sa voix, mais le ton restait sec. Les moitiés de phrases inachevées qui suivirent eurent pour lui plus de sens que tout ce qu’elle avait pu dire depuis son arrivée. Sur le coup des excuses qu’elle lui présentait, il ne parvint pas à réagir. Il aurait été tellement plus facile pour elle de lui donner tous les torts, lui qui avait la réputation d’être un bel idiot, en plus d’avoir un caractère impulsif. Andrew McAllen claquait les portes en quittant une pièce lorsqu’il s’énervait, c’était bien connu. Si un truc tournait mal, c’était forcément de sa faute. Être un Plume, sans plus, rien que le statut, suffisait parfois à le condamner également. Inutile de dire que des excuses, il n’en recevait pas souvent. Amalia tenta un geste vers lui, incertaine, et n’alla pas jusqu’au bout. Andrew, de son côté, toujours sur la défensive, sentit son échine se courber dans un mouvement de recul qu’il ne réfréna que trop tard. Elle ressentait des remords, il le voyait rien qu’à sa façon de se mordre la lèvre inférieure, le regard à présent détourné. L’un avait inquiété l’autre à tour de rôle. Andrew comprit aussi que l’espace d’un instant, elle n’avait fait que voir le Plume en lui. Lui paraissait-il si dérangeant, quand il éclatait de rire pour un rien ? Ou lorsqu’il disait qu’il aimait qu’une fille porte une robe ? Le Plume était-il à cent pour cent déplacé en tous points, pour elle ? Car oui, même sans chandelles, sans grande gastronomie, il s’agissait bel et bien d’un dîner, d’un repas partagé à deux, auquel il l’invitait, et qu’il soit question d’une pizza à l’ananas, anniversaire ou pas, ça n’y changeait rien. Si elle s’était méfiée en voyant le dîner, c’était à cause du Plume, de la réputation qui venait avec, et qui pouvait entacher la sienne.

Il y avait aussi ce doute que quelque chose lui soit arrivé, suivit de la crainte, plus justifiée que la précédente, que chaque rencontre serait la dernière. Cette fois, il esquissa un sourire en coin, mais elle ne le vit pas, trop occupée à contempler le sol. Amalia lui faisait confiance. C’était le reste du monde, le problème, sinon elle ne redouterait pas sans cesse l’éventualité qu’ils se fassent surprendre. En même temps, s’il n’était pas la tête brûlée qu’il était, qui sait le sang pur qu’il aurait pu être ? Dans un univers parallèle, peut-être aurait-il pu côtoyer une De Lenn en public sans déclencher une seule rumeur. Le secret n’était pourtant pas si mal, vu de plus près. Il avança d’un pas.


" Il y aura toujours le sortilège de protection à contrer, pour nous trouver. "

Andrew tira la manche marine de sa veste par-dessus sa paume, et d’un geste lent, vint frôler la joue d’Amalia du bout de tissu, mais surtout le bas de sa lèvre, l’incitant non pas à relever le menton vers lui, mais à regarder la situation en face sans se sentir honteuse du malentendu. Tant et aussi longtemps que le voile invisible magique les enveloppait à chaque rendez-vous, elle pouvait être rassurée. Il n’y avait pas que son crochet de droite, de puissant. Ramenant son bras vers lui, à l’aide d’un sort informulé, il fit disparaître la goutte vermeil de culpabilité s’imprégnant sur le tissu de sa veste. Sa voix reprenait son timbre habituel, celui qu'il adoptait pour discuter avec Amalia du moins, laissant progressivement le quiproquo devenir chose du passé.

" Tu devrais pas t’en faire autant. "

Il se retint d’ajouter qu’elle ne devait surtout pas s’en faire pour lui, mais n’en pensait pas moins. Un peu troublé par cette réflexion, Andrew prit une longue inspiration qu’il retint deux secondes avant d’expirer, relâchant les muscles tendus de ses épaules. Il se passa la main dans les cheveux, hérissant une mèche ou deux de travers au passage avant de se redresser en frottant ses mains ensemble, prêt à passer à autre chose. Rien ne pouvait lui arriver, de toute façon.

" Alors on la mange, cette pizza ? Jusqu’à minuit, c’est encore ton anniversaire ! "

Andrew n’était pas rancunier, que ce soit avec ses proches ou ceux qu’il connaissait à peine. Et puis de s’en aller en abandonnant Amalia toute seule le jour de ses…


" T’as quel âge aujourd’hui, au fait ? "

Oui donc, la laisser passer la soirée de son anniversaire toute seule, après les excuses qu’elle venait de lui présenter, il n’en aurait pas eu la force, ne l’aurait jamais fait, sa lâcheté ayant des limites. Sans plus attendre, il alla s’asseoir sur l’un des coussins installés par terre, une jambe en tailleur, l’autre repliée pour qu’il puisse y appuyer son bras gauche. De son autre main, il sortit sa baguette magique de la poche de son pantalon et lança deux aguamenti dans les verres. D’un signe de la tête, il invita Amalia à le rejoindre, se demandant si elle remarquerait l’absence d’ustensiles, en l’occurrence le couteau et la fourchette, pour manger la pizza. Peut-être ne s’en formaliserait-elle pas non plus, Andrew s’en savait rien, il ne la voyait que trop peu souvent faire preuve d’humour pour prévoir sa réaction. Il l’avait déjà vu rire, à quelques reprises, et il avait envie de découvrir plus avant ce côté d’elle. Ils partageaient tous les deux tellement de secrets depuis le début de l’automne que de s’amuser un peu ne serait sûrement pas de trop. Comme elle le lui avait un jour dit, les aristocrates sont humains, aussi.
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Mar 18 Oct - 18:00

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Dim 30 Oct - 4:55

[T'as vu comme je tiens mes promesses ? Pile dans les temps pour ton réveil !]

Pour la première fois depuis qu’il faisait partie des Cinq Plumes, Andrew s’était donné la peine non pas de réfléchir avant d’agir - il le faisait plus souvent que les gens voulaient bien le croire - mais de ne pas penser qu’à lui-même. Même s’il était honnête avec Amalia, qu’il savait se taire et l’écouter attentivement, il conservait cette habitude dire et faire ce qu’il voulait. Alors il s’était décalé au second plan, avait réfréné un mouvement de sa main pour en entamer un autre, et Amalia sembla plus mal à l’aise encore. Au fond de lui, il rit jaune. Dire que l’espace d’un instant, il avait pensé qu’elle y verrait un peu de considération, que l’usage de la manche lui apparaitrait comme une sorte de respect alors qu’en réalité, chacun de ses gestes n’était rien de plus pour elle qu’une menace silencieuse. Ce n’était pourtant qu’une main, qu’un effleurement, qu’un contact humain. Or, parce que c’était sa paume, ses doigts à lui, ça changeait toute la donne. Résultat ? Amalia appréhendait chaque mouvement qu’il amorçait en sa direction. Pourquoi n’y avait-il que lorsqu’elle voulait le toucher, que ça allait ? Que le contact n’était valide que si elle l’initiait ? On ne touche pas le visage des gens, qu’elle disait. À côté, Andrew serrait en poing la main fautive. Malgré toute sa bonne volonté, les mots le piquèrent au bon endroit, là où ça fait mal, comme on dit. Elle ne voulait pas lui faire un reproche, il le sentait dans sa voix, mais le ton n’en changeait pas moins le sens de la phrase. Qu’est-ce qui le heurtait le plus entre la colère née du malentendu il y a deux minutes, et cette indifférence frappante qui lui faisait grincer les dents ? Encore cette zone grise, ce manque d’affirmation, cette absence d’émotion. Ne pas toucher le visage des gens, était-ce une règle générale, ou bien ne s’appliquait-elle qu’à lui, et à son visage, à elle ? Et puis en quoi c’était mal, de toucher une joue ? Pourquoi refusait-elle que le revers de sa manche lui frôle le menton ?

" De quoi t’as peur ? "

Amalia ne répondit pas imméditament, le regard toujours fixé sur ce qu’Andrew supposait être un point imaginaire derrière lui. Il n’insista pas sur la continuation de la conversation et passa à autre chose. Elle parut se détendre, lorsqu’il changea de sujet, et l’ambiance devint moins lourde. Andrew la laissa se servir la première part de pizza, honneur à la fêtée, puis souleva à son tour une pointe d’une main pour mordre à pleines dents dans la pâte fromagée couverte d’ananas. Un détail aussi flagrant que l’absence d’une fourchette et d’un couteau ne fit pas réagir Amalia. Andrew osa s’en féliciter. Si elle parvenait à oublier ce genre de choses avec lui, c’était qu’elle se permettait de laisser libre cours à des envies plus réelles que les convenances qu’on lui avait enseignées. Le monde ne cessait pas de tourner si on mangeait de la pizza avec les doigts, quoi ! Et puis dix-neuf ans, elle pouvait bien faire ce qu’il lui plaisait, surtout aujourd’hui, et encore plus avec lui. Le regard d’Amalia bifurqua sur les deux verres d’eau posés devant eux. Elle s’attardait toujours sur des détails auxquels personne d’autre n’accordait d’importance. Andrew souleva un verre et le lui tendit alors que l’eau commença à changer de couleur comme un arbre de Noël.


" À moins que tu préfères du lait, du jus de raisins, de pommes, d’orange, coca, champagne, bière, vodka, rhum, vin, ou simplement de l’eau ? Désolé, j’sais pas le changer en thé, par contre, et je bois pas que de l’alcool, hein, contrairement à ce que tu peux penser. "

Il lui rendit son sourire en reposant le verre sur la table. L’idée de base restait de l’eau, parce que pour Andrew, la pizza s’accordait assez mal avec tout autre type de breuvage. Il ne pensait pas non plus qu’Amalia voulait boire du thé avec sa pizza, quand même pas, mais il savait qu’elle aimait le thé, pour l’avoir vu en boire à plusieurs reprises dans la salle commune, et la veille même dans la Grande Salle. Quant à lui, il consommait beaucoup moins d’alcool qu’avant, mais en habile menteur qu’il était, ça ne se voyait pas. La seule à savoir, c’était l’infirmière, parce qu’il n’avait pas vraiment le choix, suivi médical à court terme oblige. Il prit donc une gorgée de son verre d’eau pour faire passer toute cette pizza et releva la tête vers une Amalia songeuse.

" Quoi ? "

Elle voulait qu’il lui raconte une de ses journées, n’importe laquelle. Andrew mâcha avec lenteur et de façon machinale sa nouvelle bouchée de pizza. Que pouvait-il bien lui dire ? Quel jour valait la peine qu’il s’y attarde ? Le choix lui revenait. Il élimina d’emblée tout ce qui se rapportait au pendentif. Il n’avait pas non plus envie de lui raconter l’un de ses nombreux rencards avec une fille. Il décida de commencer par le plus évident.

" Ma journée d’aujourd’hui, alors ? Je me réveille toujours à la même heure depuis le début de l’été lorsque j’ai emménagé en appart avec Mani. Tu vois, le soleil frappe directement l’angle où se trouve mon lit. Je pourrais acheter des rideaux, sauf que j’y pense jamais. Habiter au village n’a pas changé grand-chose d’autre, à part qu’une elfe de maison ne fait pas le chemin jusqu’à Bourg-en-bière pour me piquer mes chemises. "

Remarquant l’incompréhension sur le visage d’Amalia, Andrew ricana.


" Topsy, une elfe pas très grande qui court vachement vite. Je me dis que si ça se trouve, elle se construit un nid en chemises, j’en sais rien. Tu sais où dorment les elfes ? J’ai retrouvé aucune des chemises qu’elle m’a volées. "

Il se servit une seconde pointe de pizza et enchaîna avec la suite, il y avait pire souci dans ce monde qu’une elfe cleptomane.

" Je viens quand même prendre mon petit déjeuner au château, t’as sûrement remarqué ? J’avais un cours de sortilèges avancés ce matin. Le prof a expliqué différentes combinaisons de sorts utiles à réaliser pour appréhender un sorcier armé en tenant compte des circonstances et de l’environnement. C’était plutôt intéressant, même si c’était que de la théorie. Tu connais l’histoire du déjeuner. Je devais convaincre Alex et Ted de faire une partie de Quidditch. C’était pas bien difficile, à vrai dire. La seule victime, c’était le jus de citrouille de Sixtine. "

Andrew ne connaissait pas vraiment Sixtine. Il l’avait rencontré à deux ou trois reprises, sans plus. Affichant un sourire coupable, il vida le reste de son verre d’eau d’une traite et y lança un second aguamenti pour le remplir.


" Je savais qu’avec l’encre invisible, tu comprendrais qu’il y avait un message, et que je ne faisais pas toute cette mise en scène pour te refiler un bout de parchemin sans rien. Tu sais, il m’arrive de me dire que ça n’a aucun sens, de se cacher comme ça. Mélite est ta cousine, mais sans elle, les risques seraient réduits de moitié. J’y ai pas mal réfléchi, en fait, et je crois que je saurais me passer de réputation. Elle ne peut pas être pire qu’en ce moment, de toute manière. "

Son histoire avec Thèdes avait effritée le doré de son image de Plume. Qu’il embrasse Lauréline au même moment l’avait fait passer de mec rangé à salaud de première catégorie, mais tout le monde se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Tout le monde jugeait sans savoir. Andrew s’en fichait, parce que Lauréline connaissait la vérité, et c’était tout ce qui lui importait, puisque Thèdes, dans son entêtement, mettait un point d’honneur à ignorer sa présence. Elle n’avait pas entièrement tort d’agir comme ça, il le savait, même si embrasser Lauréline ne signifiait strictement rien pour lui. Mani le lui avait dit, qu’il n’assumait plus ses actes. Il chancelait dangereusement entre deux identités opposées sans jamais trouver le juste équilibre. Mais il s’éloignait de la question, alors il se racla la gorge après le bref silence occasionné par le fil de ses pensées formulé à voix haute.


" Tu comprends pourquoi j’évite de répondre, quand on me demande à quoi je pense ? C'est jamais ce que les gens veulent entendre, du coup mentir est devenue une habitude. Quoi qu’il en soit, je suis allé faire quelques tirs avec Alex et Ted un peu plus tard. Tu devines que j’ai prit une douche après l’entraînement, et je suis rentré au village pour acheter une pizza et… ça. "

Andrew lui tendit un livre à la reliure bleue, et comme Amalia ne se décidait pas à le prendre, il le déposa sur la table à côté d’elle.


" C'est sur le dessin. Il y a tout un chapitre sur les mains. Je l’ai trouvé à la librairie du village, si on te demande. T’auras qu’à dire que c’est toi qui l’a acheté. "

Il se remit à manger sa pizza, l’air de rien, pour ne pas la mettre mal à l’aise, déjà convaincu de l’inutilité de sa nonchalance, voyant déjà venir un reproche lâché d’un ton neutre. Là, il avait oublié de lui dire à quoi il avait pensé, en mettant les pieds dans la librairie.

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Lun 31 Oct - 1:21

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Jeu 3 Nov - 18:09

Il n’y croyait pas, ne la croyait pas, persuadé qu’elle se mentait à elle-même, inconsciemment ou non. Que le vrai hic de l’histoire, c’était sa fichue manche, de même que la main qu’elle dissimulait. En somme, Andrew pensait être la source de la gêne d’Amalia. Le problème, c’était lui, et la confiance qu’elle accordait en la personne qu’il était ne suffisait pas à s’habituer à sa présence. Il manquait quelque chose. De la complicité, peut-être ? Qu’est-ce qui effaçait la tension ? Ou alors c’était l’inverse, quelque chose était là, et ne devait pas y être. Andrew avait senti son propre bras se raidir, lorsqu’il le leva vers elle. Était-ce parce qu’au fond de lui, il savait qu’il ne devait pas ? Qu’attendait-il de ces moments volés aux yeux de tous depuis un mois ? Et pourquoi ressentait-il le besoin de se jurer qu’un jour, il pourrait lui toucher le visage sans que son geste ne soit déplacé ? Devait-il toujours faire le contraire de ce qu’on attendait de lui ? La voix d’Amalia le ramena à la réalité.

" De quoi, une chemise ? Je vois vraiment pas ce qu’elle en ferait, hein, à part un nid, ou peut-être une cape si elle coupe les manches, mais t’imagines un elfe courir dans les couloirs avec une cape dans le vent ? "

L’image le faisait sourire. Il avala la dernière part de son morceau de pizza et tira sur une feuille d’essuie-tout dont le coin droit se déchira, laissant une partie accrochée au rouleau. Devant lui, Amalia lui redonna le livre, qu’il prit, intrigué par la question accompagnant le geste.

" Ouais, dans mon sac, attends. "

Andrew se pencha vers l’arrière et étendit son bras droit jusqu’au sac marine sous le banc. Il l’agrippa par une courroie et l’attira vers lui, se redressant en position assise. Il sortit la fiole d’encre invisible et la déposa sur la table en retirant le bouchon. Andrew ouvrit le livre sur ses genoux et trempa une plume dans l’encrier, réfléchissant à ce qu’il pourrait bien écrire. Entre temps, Amalia lui réexpliqua ce qu’il savait déjà, soit la situation de sa famille, et l’importance de cette dernière pour elle. Amalia avait les mains liées, et pas la force d’oser s’en libérer, encore moins et surtout pas pour lui. Andrew comprenait l’immense réseau que formaient les familles citées par Amalia, mais n’en réprouvait pas moins la cage dorée où on prenait soin d’enfermer chaque descendant. Aucun d’entre eux ne cherchait à en sortir, ou alors qu’une maigre minorité capable de voir au-delà des barreaux.

" C’est pas que je l’apprécie pas, le vrai problème, mais plutôt qu’elle ne t’apprécie pas, toi. "

À proprement parler, Mélite d’Orcy ne l’avait jamais vraiment dérangé, et Andrew ne se formalisait pas de ses insultes ou de ses regards noirs. Elle avait peut-être ses raisons d’être comme ça, aussi, il n’en savait rien. Comme Mélite envers Amalia, son père à lui n’arrivait plus à l’estimer, tout ça pour un écart de conduite. De la même façon que les choix d’Amalia apparaissaient aux yeux de sa cousine, la faute d’Andrew n’en était une qu’aux yeux de son paternel. Les deux situations étaient différentes, et ils avaient tous les deux leur façon de réagir aux reproches d’un membre de leur famille. Toujours est-il que pour dissiper tout nouveau malentendu possible, Andrew s’empressa d’ajouter :

" T’en fais pas, je te demande pas de choisir entre elle et moi. "

Il soutint le regard d’Amalia, comme si ça pouvait augmenter le sérieux de ses propos, puis il baissa les yeux sur la page du livre, toujours vierge. De la main droite, il agrippa la plume et écrivit :

Pour tes vingt ans, l’année prochaine : X
Joyeux anniversaire Amy !
Andrew


Andrew ne rédigeait pas souvent de lettre, encore moins de message, alors la dédicace était assez courte, maladroite aussi, peut-être. Il y avait tout de même glissé une promesse pour contrer le défaitisme d’Amalia à propos de l’avenir. Dans un an jour pour jour, c’était dit, il la verrait pour ses vingt ans. Il avait hésité à tapisser la page en entier de ce « x » si significatif, mais au lieu de lister toutes les rencontres possibles à venir, sans savoir quand elles auraient lieu, il avait préféré établir la date d’un jour précis. Il aurait pu lui donner rendez-vous sans l’utilisation du code, mais il ne le fit pas. Andrew acceptait le secret, s’il n’y avait que de cette façon qu’il pouvait entrer en contact avec Amalia. Après tout, pourquoi pas, tout le monde mentait ou cachait quelque chose à quelqu’un. Il attendit quelques secondes que l’encre invisible sèche, puis referma le livre comme Amalia terminait de lui adresser son flot d’interrogations. Il reposa le livre près d’elle sur la table et croisa son regard, ne répondant qu’à la dernière question.

" Je sais. "

Après un moment de réflexion, il prit une gorgée d’eau et commença à faire tourner le verre vide entre ses doigts.

" Tout ce que tu entends sur moi dans les couloirs n’est pas faux, hein… Je mérite la réputation qu’on me donne, j’ai fait pas mal de conneries depuis que je suis ici, et tu sais quoi ? Un mois plus tard, les gens oublient, alors je peux en faire d’autres, ça n’a pas d’importance, et c’est pas ça qui va m’empêcher de devenir Auror. Ma réputation n’a rien à voir avec la tienne, Amy. En dehors de l’école, je suis juste… Andrew. Qu’est-ce que ça changerait, que je dise à tout le monde que je suis doué en sortilèges ? À quoi ça me servirait, si je sais qu’une fois mes études terminées, les Cinq Plumes ne seront plus qu’un souvenir ? "

Sixtine se souviendrait peut-être de lui, dans vingt ans, et raconterait à sa fille, si elle en a une, comment Andrew ne l’a jamais remarqué, mais qu’au final, c’est pas grave, la jeunesse sert à faire des erreurs. La gamine sourirait, oublierait d’accorder de l’importance au crétin qui vient de lui briser le cœur, et le monde continuerait de tourner.

" Les autres peuvent penser ce qu’ils veulent, leur avis ne compte pas. Mon père, c’est pas pareil. C’est comme toi pour Mélite. "

Il haussa les épaules devant l’évidence. Certaines opinions avaient du poids, autant pour elle que pour lui. Celle ne son père n’avait pas suffit à faire fléchir sa détermination, et pas une fois il ne regretta sa décision, même si l’absence d’appui de son père le dérangeait.

" Tu sais que la vérité, ça peut être quelque chose de dangereux ? "

S’il avait été franc avec son père concernant ses études en police magique, Andrew ne racontait rien à sa famille sur le genre de vie qu’il menait en Irlande. Dans ses hiboux, il décrivait un portrait des Cinq Plumes qui aurait faire rire n’importe qui les connaissant un tant soit peu. Est-ce qu’Amalia pouvait accepter un mensonge, s’il partait de bonnes intentions ? Se pensait-elle assez forte pour tout entendre ? Pour tout accepter sans condition ? Andrew en doutait. Elle hésitait sur tant de choses. Cette pensée lui ramena à l’esprit une question qu’il lui avait déjà posée, et à laquelle elle n’avait jamais répondu qu’à moitié.

" Tu ne m’as toujours pas dit ce que tu comptais faire de tes études en symbolisme. "

Andrew appuya son coude sur le rebord de la table, surprit de constater que pour une soirée qu’il supposait être joyeuse, ils ne riaient pas beaucoup, et malgré tout, la discussion lui paraissait… normale.
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Mar 8 Nov - 18:34

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Ven 11 Nov - 15:52

Si pour un elfe de maison, une simple chemise pouvait devenir un symbole de liberté, Andrew chercha à voir ce qui, pour lui, pouvait représenter un symbole de liberté. La réponse qui émergea de son esprit lui déplut, d’autant plus qu’Il savait qu’elle était juste. Contrairement à l’elfe, il ne visait pas l’acquisition d’un objet, mais l’inverse, c’est-à-dire se débarrasser définitivement de l’un d’eux, pour de bon. Est-ce qu’un objet quelconque pouvait représenter la même chose pour Amalia ? Pouvait-elle seulement concevoir que quelque chose puisse lui apporter un tel sentiment, ou se croyait-elle responsable de son statut au point de ne pas se permettre un tel écart de pensée ? Elle le lui avait déjà dit, qu’elle préférait éviter de penser à ce qu’elle voulait. Et puis il en avait déjà trop dit, avec sa remarque sur Mélite. Il avait bien vu comment elle l’avait regardé, comment elle avait semblé dérangée par sa remarque. Andrew s’était imaginé qu’elle détournerait le regard. Elle n’en fit rien, accrochant son regard gris vert dans le sien sans un mot. C’était lui tout craché, d’être aussi direct, de dire les choses comme elles étaient, sans passer par quatre chemins. Ses paroles tombaient comme une enclume qu’il lâchait sans savoir si ses mots pouvaient atteindre les autres, mais lorsque c’était bel et bien le cas, c’était parce qu’il disait la vérité. À Eleiakin et Thèdes, il mentait très peu, ce qui expliquait sûrement pourquoi il se disputait si souvent avec elles. Amalia, elle, était patiente, et préférait encaisser plutôt que d’entrer en guerre avec lui sur un sujet sensible. Elle savait sûrement déjà ce qu’il venait de lui dire, mais… Si elle savait, pourquoi ne faisait-elle rien ? Il y avait forcément une solution, une alternative, quelque chose, n’importe quoi.

Elle le remerciait de ne pas la forcer à choisir. Andrew n’eut pas de réaction. Est-ce que ça signifiait qu’elle l’en croyait capable ? Qu’elle pensait possible qu’il puisse lui donner un tel ultimatum ? Andrew constatait que malgré toutes les conversations qu’ils pouvaient avoir, ils se laissaient tous les deux encore piéger par le reflet de l’autre. L’inquiétude d’Amalia lorsqu’elle le rejoignit un peu plus tôt en était la preuve la plus criante. Ils comprenaient le monde dans lequel l’autre gravitait, cherchaient à en saisir les subtilités, mais était-ce suffisant ? Ils ne se connaissaient que depuis un mois, à quelques jours près, et pourtant Andrew se disait que tout juste après Alex, Amalia était la personne qui en savait le plus sur lui, sur qui il était vraiment, et pas seulement l’image du Plume qu’il faisait briller comme un phare aux les yeux de tous. Jamais il ne lui demanderait jamais de choisir. Andrew ne pouvait pas faire ça.

Qui plus est, il était persuadé qu’en bout de ligne, Amalia choisirait Mélite. Sérieusement, pourquoi aurait-elle la folie de le choisir lui, alors qu’ils ne se voyaient que depuis peu de temps ? Il savait que leurs rencontres lui importaient, mais sûrement pas autant que le soutient de sa famille, de sa cousine. Que pouvait-il y avoir de pire pour quelqu’un du rang d’Amalia que de se voir déshérité par ses propres parents, renié par son sang ? Comment pourrait-il vivre avec lui-même, si une telle situation venait à se produire ? Il l’arrêterait avant, et si un jour Amalia en venait à le choisir lui, il se sentait capable de se battre pour la persuader du contraire, sans trop savoir d’où lui venait une telle conviction, ni s’il pourrait s’en déroger, parce qu’il y avait une grande différence entre croire quelque chose et le vivre pour de vrai jusque dans sa chair.


" Les réponses ne sont pas toujours celles que tu crois. "

Il repensait à la question qu’elle lui avait posée une fois, sur son patronus, et la réponse qui en avait découlée. Amalia ne s’était sûrement pas attendue à l’histoire qu’il lui avait racontée, alors comment pouvait-elle vouloir connaître la réponse d’une question, si elle n’avait aucune idée du genre de réponse qu’elle aurait ? Même les questions qui n’exigeaient qu’un oui ou un non pouvaient s’avérer plus complexes qu’elles n’y paraissaient. Malgré tout, elle lui laissait le choix facile ; celui de se taire. S’il le voulait, elle accepterait son silence, préférant savoir qu’il existait une zone d’ombre plutôt qu’être éclairée par un mensonge. Andrew ne savait pas s’il devait en être soulagé ou au contraire, déçu. La trop grande tolérance d’Amalia l’agaçait, et il désirait autant qu’il appréhendait sa curiosité, tout particulièrement ses questions sur un sujet dont il ne pouvait rien lui dire, ni à elle, ni à personne. Le secret lui pesait, mais il s’agissait là de son fardeau. Le partager n’était pas possible, surtout pas avec elle. C’était trop lourd et trop risqué, et pas question de lui faire subir ça. Ce secret, il comptait bien l’emporter dans la tombe.

" Je ne veux pas te mentir. Je ne l’ai jamais fait, mais j’peux pas te le promettre. "

Le ferait-il, si Amalia en venait à déterrer ce qui ne le devait pas ? L’idée de taire une réponse à l’une de ses questions ne lui plaisait pas, mais garder le silence, vraiment ? Le mensonge lui apparaissait indéniablement comme la meilleure solution. Pour lui. Pour elle. La vérité n’apportait pas que de bonnes choses… Et si un habile mensonge pouvait faire plus de bien que de mal, pourquoi ne l’utiliserait-il pas ? Andrew préférait ne pas y penser, incapable de savoir exactement quelle serait sa réaction si un tel dilemme se présentait.

" Ça ne les intéresse pas, qui je suis. Qui je peux vraiment être, je veux dire, alors je joue le jeu, c’est aussi simple que ça. Tout le monde veut le Plume, alors je leur offre le Plume. Peu de gens se donnent la peine de chercher au-delà des apparences alors tant pis. Ça ne m’enlève rien, à moi, et j’en suis pas moins doué en sortilèges. "

Amalia ne comprendrait sûrement pas sa façon de penser, tout comme il ne comprenait pas son attitude passive, à elle. Andrew était loin d’être malheureux, à faire partie des Cinq Plumes. Il ne souffrait pas de dissimuler certaines parties de lui non plus. Ceux qui importaient à ses yeux savaient, du moins se doutaient-ils qu’il y avait plus que le Plume en lui.

" Je connais Alex depuis que j’ai onze ans, je ne crois pas pouvoir me débarrasser de lui aussi facilement. "

Un sourire en coin traversa son visage, et il poursuivit.

" Je reverrai sûrement Elias, Ted et Malloy aussi, une fois notre diplôme en poche. Peut-être pas très souvent, j’en sais rien. À part Ted, personne n’est du coin. Même toi, tu retourneras probablement en France après tes études, non ? "

Il voulait garder contact avec chacun d.’entre eux, ne savait pas s’il pourrait. Ce que les Cinq Plumes deviendraient, et où ils iraient, aucun d’entre eux ne connaissait la réponse, parce qu’aucun d’entre eux ne visualisait l’avenir aussi loin dans le futur. Le moment présent, il n’y avait que ça qui importait, et le futur, le vrai, c’était demain. Quel paradoxe qu’Andrew jure à Amalia, par un « x » tracé en première page d’un livre, que dans un an jour pour jour, ils seraient de nouveau ensemble pour fêter son anniversaire. Quelle insouciance, surtout, pour qu’il ose poser un tel serment sur papier sans n’avoir rien d’autre que son inébranlable volonté sur quoi s’appuyer.

" Aucune des rumeurs n’est très glorieuse, hein… "

Pourquoi tenait-elle tant à savoir ce genre de choses ? Qu’avait-elle entendu à son propos, d’abord ? Et de la bouche de qui ? Elle détournait le regard, s’excusait du trop de sérieux de la conversation alors qu’ils devraient plutôt être en train de célébrer ses dix-neuf ans. Amalia lui jurait qu’elle pouvait tenir des conversations normales, comme tout le monde. Andrew l’observa un court instant, puis se leva pour aller se mettre à côté d’elle, pile où son regard fixait le sol. Il s’assied en tailleur, toujours souriant, sans la regarder directement.

" Des discussions ordinaires, j’en ai tous les jours. Ça change, de parler avec toi. "

Oui, il s’était imaginé la soirée plus gaie, mais il ne songeait pas à lui reprocher son sérieux. Comment en vouloir à quelqu’un qui s’était inquiété, qui cherchait à le connaître, et dont c’était l’anniversaire ? Il ne voyait rien à lui pardonner, parce qu’il n’y avait pas de faute commise. Il espérait qu’elle saurait le détecter dans son sourire, et que ce dernier serait contagieux, ne serait-ce qu’un peu. Il aurait pu lui dire bien plus que cette phrase toute simple et maladroite, mais ne le fit pas, songeant que si elle évitait à nouveau sa question, c’était qu’elle ne voulait pas en parler, ou bien… ne pas lui mentir ? Andrew n’insista pas et changea de sujet.

" Qu’est-ce que tu fais normalement, pour t’amuser ? "

Malgré lui, Andrew cherchait à s’imaginer une situation où elle pouvait rire, mais il n’y parvenait pas, l’image restait floue. Dessiner, regarder les étoiles, lire et boire du thé, ça se faisait surtout en solitaire, à moins de discuter en même temps avec quelqu’un, mais de là à appeler ça de l’amusement, c’était exagéré. Tout ça, elle pouvait le faire entre les quatre murs d’une pièce, ou assise sur le rebord d’une fenêtre. Que faisait-elle de ses jours de congés ? À quoi ressemblait le son de sa voix, lorsqu’elle riait aux éclats ? Connaissait-elle la sensation de descendre ses montagnes russes ? Avait-elle déjà mangé des dragées surprises et grimacée parce qu’elle était tombée sur celle au vers de terre au lieu de celle au goût de raisins ? Quelle était sa définition d’une journée amusante ?
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Sam 12 Nov - 21:31

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Mer 16 Nov - 20:36

Tellement de choses circulaient sur son compte dans les couloirs, par où commencer ? Et quoi raconter, exactement ? Voulait-elle vérifier quelque chose, ou tout simplement savoir ce qui était vrai pour jeter le faux à la poubelle ? Andrew haussa brièvement les épaules et lâcha plusieurs informations en vrac, selon l’ordre des faits lui venant à l’esprit.

" L’histoire comme quoi un Cinna aurait lancé un sort sur mon balai pour me casser les jambes, c’est n’importe quoi. Ce qui est vraiment arrivé, c’est que je me suis disloqué l’épaule, et ouais, tout seul, je t’avais dit que c’était pas très glorieux. Je pratiquais mes tirs au but, et j’ai fait un mouvement de travers. Le Cinna était en fait une Cinna, et elle m’a aidé à me remettre l’épaule en place. D’ailleurs, j’étais vraiment Poursuiveur et Capitaine, à Salem, c’est pas que des salades pour me donner un genre. "

Il se passa la main sur la nuque, cherchant autre chose à dire, peu habitué à ce qu’on lui demande autant de parler de lui.

" Je n’ai jamais laissé une fille dormir dans mon lit, c’est pas un mythe, même si c’est dur à croire. Je me suis déjà retrouvé à l’infirmerie parce que trois filles ne s’étaient pas concertées avant de verser un philtre d’amour dans mon jus de citrouille. Maintenant que j’habite avec Mani, et pas avec un harem ou une femme mariée, comme le disent certaines rumeurs, je suis un peu plus tranquille. Ça me rend un peu dingue de voir tout ce que les gens peuvent inventer, quand même. "

Andrew s’appuya sur ses bras allongés derrière lui, et jeta un regard sur le fanal au-dessus de leurs têtes. Il ne savait pas quoi lui dire de plus, peu convaincu que de raconter au hasard des anecdotes à gauche et à droite pouvaient servir, ou seulement être intéressantes plus de cinq minutes. Amalia disait vouloir le connaître, et il se demanda un instant pourquoi. Oui, ils savaient tous les deux manier le jeu des apparences à leur guise, mais un rare point commun devait-il forcément les inciter à se fréquenter, eux que tout le reste séparait ? Andrew chassa ses questions de sa tête, préférant ne pas y réfléchir davantage. S’il voulait la voir, et qu’elle aussi voulait le voir, à quoi bon insister sur les raisons de la chimie entre eux ? Si Andrew commençait à tout remettre en question, ça n’irait pas du tout.

" T’as jamais pensé que c’était pas seulement pour me protéger moi, que je pouvais mentir ? "

Un fruit pourri pouvait contaminer tout le panier, il en avait pleinement conscience, mais on ne parlait pas de fruit, ce n’était pas la même chose, au diable les proverbes, les pommes, les oranges et les poires ! Pour une seule infraction au code de la vérité, est-ce qu’Amalia pouvait le rayer d’un trait, lui et leurs rencontres secrètes ? Même si d’un habile mensonge, il se protégeait, lui, en lui épargnant de la douleur, à elle ? Pourquoi devrait-elle souffrir de ses erreurs ? Ça n’avait aucun sens. Amalia ne pourrait jamais accepter qui il était, s’il lui révélait ce secret, personne ne le pourrait. Ce n’était pas une question de confiance, ça allait beaucoup plus loin. Il avait trop à perdre. Ce risque, il ne le prendrait pas, jamais. De toute manière, quelles étaient les probabilités qu’Amalia creuse jusque-là ? Il se tourna vers elle, vit ses joues s’empourprer, sourit, sans savoir vraiment pourquoi, puis releva la tête en direction du fanal quand un mot tomba, sans qu’il n’en comprenne le sens. Supposant qu’une suite allait venir, il lança un regard en biais vers elle, attentif mais incertain de la suite. Lorsque l’explication tomba, Andrew voulait s’insurger contre tout ce qu’elle impliquait. Si Mélite d’Orcy s’installait en Allemagne, Amalia devrait en faire autant avec le favori du moment, lorsque le temps viendrait ? Sa vie future dépendrait entièrement de qui elle épouserait. Comment pouvait-elle accepter un tel destin ? Étudier… pour rien en faire, vraiment ? Avait-elle déjà souhaité que sa famille ne soit pas de l’aristocratie ? Ce simple fait changeait tout. Bon, ça n’empêchait pas les problèmes de venir cogner à la porte, et il y avait même moyen de faire quelques écarts de parcours, comme le prouvait la présence d’Amalia à ses côtés ce soir. Toutes les familles de la haute n’étaient pas aussi strictes, mais celles qui jouissaient d’une plus grande liberté récoltaient la réputation que ça impliquait.

" Si ça se trouve, dans dix ans, on vivra dans le même pays, qu’est-ce qu’on en sait ? "

Question rhétorique. Comment lui dire, que lui non plus, ne savait pas où il se trouverait ? Il s’était tellement bien adapté à l’Irlande que n’importe quel pays pouvait faire l’affaire. L’anglais était une langue parlée partout dans le monde, qui plus est.

" Est-ce que tu peux le choisir, celui que tu épouseras ? "

Bonne question, tiens. Est-ce que d’Ollenburg était le choix de Mélite d’Orcy, et inversement, ou le parti était choisi uniquement par les parents ? Andrew se retourna complètement vers Amalia, qui ne souriait plus. Merde, il avait dit un truc de trop ? Depuis combien de temps faisait-elle une tête pareille ? Quel sujet aussi, pour une soirée d’anniversaire. Il n’y avait pas qu’elle, qui entretenait des sujets peu joyeux. D’un geste de la main, il balaya sa dernière question.

" Laisse tomber. Tu me passes une croûte de pizza ? "

Andrew attrapa un bout du pain, la remercia d’un clin d’œil complice, l’air de lui signifier qu’il préparait quelque chose. Il se pencha légèrement sur la droite et lança le morceau comme on fait des ricochets sur l’eau. En effet, celui-ci fit quelques bonds, et lorsqu’il passa de l’autre côté de la barrière magique invisible, un voile translucide oscilla autour d’eux. Le bout de pain arrêta sa course près des marches, sur une latte de bois. Rien ne se passa. Andrew patienta une minute supplémentaire, en silence, et le museau d’un écureuil se trémoussa timidement. La tête émergea de sa cachette, puis le corps et finalement la queue touffue. L’animal se hissa au même niveau que le festin qu’il attrapa de ses deux pattes pour le grignoter. Andrew ne releva pas le bégaiement d’Amalia, préférant tourner vers elle un visage souriant en envoyant une autre miette de pain à pizza à l’écureuil.

" C’est pas une sorte de jeu de divination ? "

Il avait déjà entendu le nom quelque part, mais de là à savoir ce que c’était, pas la moindre idée.

" Tu m’expliques comment on joue ? "

Andrew se saisit d’un osselet qu’il retourna entre ses doigts, examinant chaque côté de la pièce en bois, intrigué. Voilà qui changerait des éternels jeux de cartes. Il reposa l’osselet sur la table de laquelle il se rapprocha pour mieux écouter les règles du jeu. En passant, il écarta son propre sac à dos d’un geste de la main, puis reporta son attention sur Amalia.

" Au fait, t’as reçu quoi d’autre, comme cadeau, à part les osselets ? "

Ronja, il ne voyait pas trop qui c’était, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se demander quels autres présents elle avait reçus. Andrew devinait que sa cousine lui en avait offert un, probablement un truc cher, fait sur mesure, ou quelque chose du genre. En même temps, il se demandait qui elle fréquentait, à Swyn, à l’exception de Mélite et la dénommée Ronja. Du coup, comme il ignorait ce que possédait Amalia, Andrew en profiterait peut-être pour éliminer des idées de cadeaux pour l’an prochain, question de ne pas lui prendre un truc en double, et puis question d’originalité, aussi.
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Jeu 17 Nov - 22:20

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Andrew McAllen
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Dim 20 Nov - 2:05

Dans un haussement d’épaule, Andrew lâcha tout simplement :

" Des rumeurs qui me glorifient, je savais même pas qu’il y en avaient. "

D’habitude, on l’apostrophait au tournant d’un couloir d’un " Hey McAllen, c’est vrai que t’as foutu le feu à la fête l’autre soir, avec Hanson ? Ce que vous pouvez êtres cons… " ou encore d’un " J’ai entendu dire que tu couchais avec Hannah pour un pari ? T’es vraiment un salaud ! " bien placé à la sortie d’un cours pour que tout le monde puisse entendre. Certains bruits de couloir étaient vrais, d’autres pas. Andrew ne connaissait personne répondant au nom d’Hannah, d’ailleurs, mais ce n’est pas comme si on l’abordait pour qu’il se justifie. Du coup, il encaissait tout avec un sourire exagéré et faux. Parfois, il répondait à une accusation par une provocation, sans même chercher à démentir ce dont on l’accusait. Il laissait les gens en déduire ce qu’ils voudraient. Mais les rumeurs dont lui parlait Amalia, celles qui parlaient en bien de lui, personne ne les lui répétait, sans doute pour éviter qu’il se prenne la grosse tête. Comme quoi le jeu des apparences pouvait être aussi convainquant qu’ingrat tellement il était facile de se laisser prendre à y croire.

L’analgésie de cette émotion rassurante de savoir qu’on ne disait pas seulement du mal de lui ne dura pas. La voix d’Amalia fit tomber une enclume dans son estomac. Alors que plus tôt, elle lui demandait de ne pas lui mentir, voilà qu’elle cédait, sans explication, sans même répondre à sa question. Elle l’autorisait à mentir, s’il le fallait, s’il en voyait la nécessité. N’avait-elle rien d’autre à dire ? Où était passée cette certitude lorsqu’elle lui avait dit qu’elle préférait qu’il se taise au lieu de s’expliquer par un mensonge ? Envolée, tout simplement. Il ouvrit la bouche, puis la referma. Même s’il avait envie de retourner sa chemise et de revenir sur sa parole, il savait qu’il ne pouvait pas, parce que ce serait là un premier mensonge. Andrew ne pouvait pas lui en dire plus, et l’enclume au fond de son estomac n’en était que plus lourde encore.


" Désolé. "

Désolé de quoi ? De croire qu’elle ne pourrait pas comprendre. De l’obliger à accepter le possible mensonge. De ne pas avoir le courage de prendre le risque, aussi élevé soit-il. De ne pas vouloir la perdre pour lui avoir dit toute la vérité. Il n’ajouta rien, préférant concentrer son regard sur le jeu d’osselets en l’écoutant énumérer tous les présents qu’elle avait reçus. Un bracelet de la part de Mélite ? Ses yeux bifurquèrent sur le poignet d’Amalia qu’il n’osa pas toucher pour mieux voir le bijou, de peur que toucher le poignet des gens soit comme toucher leur visage. Une amie de France lui avait offert du thé, et elle attendait toujours le paquet surprise de ses parents. Andrew hocha la tête en esquissant un mince sourire.

" Tu me diras ce que c’est. "

Elle hocha de la tête à son tour et ils se mirent à place pour jouer aux osselets. Andrew écouta attentivement les règles, parce que la première fois qu’on entend les instructions d’un jeu, c’était toujours un peu galère. Amalia illustrait chaque figure d’un exemple en lançant les osselets dans les airs, assez habilement, il devait le reconnaître. Il lui demanda de refaire la figure du pont, pour en être certain, tentant de l’imiter de son côté la forme avec sa main. Suffisait de savoir rattraper et tenir des petits objets et de se remémorer les figures, et le tour était joué. Ça paraissait très simple en fait, de jouer aux osselets. Il se pencha pour prendre quatre des cinq pièces en main et leva la tête vers Amalia dont un doigt tenait fermement le dernier osselet au sol. Andrew mis du temps à réagir, lorsqu’elle posa sa question, comme si la rapidité des mots déboulés les forçaient à s’ordonner avant de se rendre jusqu’à lui. Les muscles de la paume retenant les osselets prisonniers se relâchèrent, et la main retomba mollement devant ses pieds, tirant par la même occasion ses épaules tendues vers le haut.


" Qui te dit qu’on se perdra de vue ? T’arrêtes pas de le répéter comme si c’était une fatalité alors que t’en sais rien. "

Le rythme de sa respiration devint plus lent et son souffle s’alourdit.


" T’es pas la seule à vouloir l’impossible. La différence, c’est que moi j’ose y croire, c’est tout. "

Au risque d’être déçu, ou de voir ses illusions se briser. Andrew refusait d’accepter que c’était une partie perdue d’avance. Son poing se serra autour des osselets.


" Si t’es tellement sûre de de ce qui va nous arriver, pourquoi tu t’accroches ? "

Il ne lui laissa pas le temps d’en placer une, décidé à lui donner toute la réponse, et pas que la moitié, cette fois, parce que cette constante indécision et cet éternel défaitisme le rendait complètement fou !


" Tu me racontes toujours que tu vas partir, que ça sert à rien, que tu n’utiliseras plus l’encre, et qu’un jour tout ça sera terminé. Après ça, tu me demandes pourquoi je te parle comme si j’avais l’impression que j’allais te perdre ? "

D’un long soupir, il relâcha ses épaules sans un regard vers elle.


" Les choses ont un sens, quand je parle avec toi. "

Un sens différent, mais aussi effrayant. Pas de Plume, pas de numéro à jouer. Elle le faisait réfléchir, et ils en venaient à discuter la nuit entière sans qu’un moment de silence ne dérange. Amalia parvenait à faire ressortir le meilleur de lui sans qu’il ne comprenne comment elle faisait. Sans doute ne le savait-elle pas elle-même. Elle se moquait de ce qui intéressait les autres à son sujet, cherchait à connaître ce que personne ne voulait savoir. Ses questions étaient sans fin, mais pas sans importance. Oui, Andrew vivait au moment présent, n’avait pas la moindre idée de ce que demain lui réservait, mais ça ne voulait pas dire que personne ne pouvait suivre cet écoulement des jours avec lui, et advienne que pourra.
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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Lun 21 Nov - 15:38

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MessageSujet: Re: Ananiversaire   Mar 22 Nov - 18:41

Le Plume le suivait partout, gérait ses relations et la majorité de ses sourires. Andrew s’enflammait dès que quelqu’un à qui il accordait de l’importance confondait les deux, comme si la distinction devait se faire automatiquement. Il ne concevait pas non plus qu’Amalia puisse douter de lui à ce point, avec tout ce qu’elle savait. Quel intérêt avait-il à lui mentir ? Une nouvelle conquête ? Personne ne savait qu’ils se connaissaient, elle n’aurait qu’à tout nier. Mélite prendrait sa défense, et c’est elle que les gens croiraient, et lui qu’on qualifierait d’idiot une fois de plus. Sauf qu’il ne la draguait pas. Depuis un mois, ils se posaient mutuellement des questions, croyant pouvoir se comprendre en apprenant à se connaître, à voir ce qui se cachait sous le masque des apparences. Andrew avait l’impression de mieux la cerner. Il avait de plus en plus conscience des limites d’Amalia, mais si elle voulait que rien ne lui arrive, et bien… Il ne lui arriverait jamais rien du tout, que ce soit avec lui ou quelqu’un d’autre. Amalia demandait pourquoi, et Andrew rétorquait pourquoi pas. Il fonçait malgré le risque, tête baissée, alors qu’elle marchait sur des œufs. D’où lui venait une telle peur ? Encore maintenant, il sentait. Amalia terrifiée à l’idée de lui faire confiance, et jamais il n’avait autant détesté l’image du Plume qu’à cet instant.

Il ne la regardait toujours pas, mais entendait sa voix trébucher sur les mots. Chaque phrase inachevée ajoutait un pli sur son front. Tout ne durait pas, elle avait raison. Combien de personnes étaient sorties de sa vie, en vingt-trois ans ? Quelques noms lui venaient à l’esprit, mais il faudrait sûrement plus de ses dix doigts pour tous les compter. Andrew ne trouvait rien d’autre à dire, rien d’autre à ajouter. Si la peur la paralysait, que pouvait-il y faire ? Pouvait-il y faire quelque chose, déjà ? Le silence ne se transforma pas en malaise, il n’était jamais malaise entre eux. Lourd, oui, mais surtout décisif, dans l’attente d’une réponse qui tomberait irrémédiablement. Comme de fait, elle tomba, pleine de sens, comme tout ce qu’Amalia pouvait lui dire, et comme il le lui avait dit. Si elle continuait à utiliser l’encre, ça voulait dire qu’elle… Qu’à travers lui, elle aurait confiance en l’avenir ? Il avait soudain envie de lui dire avec enthousiasme qu’elle verrait par elle-même que demain serait génial, mais il le ne fit pas. Le contact de la main d’Amalia sur son poing détendit les muscles de son visage, et il se laissa faire lorsqu’elle lui ouvrit la main pour y glisser le dernier osselet. Elle remarqua son regard sur son poignet, devina sa pensée et lui montra le bracelet offert par Mélite. Amalia tendait le poignet vers elle, mais il ne fit pas un mouvement vers celui-ci. Ses yeux le regardèrent, suivirent la courbe du bracelet, et il hocha la tête, de nouveau souriant.


" Il est très joli. "

Sa voix semblait légèrement endormie, comme s’il venait de se réveiller, après ce long silence. Il se racla la gorge alors qu’elle reposait délicatement son bras près d’elle. Les mots qui suivirent, et qu’Amalia prononça sans une seule hésitation sinon une très brève, sûrement pour reprendre son souffle, laissa Andrew confus. Personne ne lui avait jamais rien dit de semblable avec ce ton de sincérité frappante. Quelque chose avait changé, au cours des derniers mois, en lui, ou en tout le monde, voire peut-être les deux. Andrew ne n’avait pas soupçonné la moitié de ce qu’Amalia lui racontait, convaincu que personne ne le prenait réellement au sérieux. Pourtant, en dehors des Cinq Plumes qu’il comptait comme ses frères, d’autres gens faisaient à présent partie de son quotidien.

" Merci, Amy "

Ils échangèrent un sourire, et d’une main, Andrew forma un pont, lançant les osselets de l’autre. Il rata maladroitement son premier coup. En face de lui, Amalia lui montra comment faire une nouvelle fois, corrigea la position de son pouce lorsque sa main formait la pont. Ils jouèrent trois quart d’heure. Andrew ne songea pas à demander comment on comptait les points, se contentant de s’amuser à lancer et rattraper les pièces. Ils inventèrent de nouvelles figures, comme le phénix, les doigts écartés comme les ailes d’un oiseau. À un moment, Amalia lança quatre osselets en l’air, et l’un d’eux se retrouva pile sur le fromage des restes de pizza. Ils rirent tous les deux, puis la fatigue les gagna. Elle rangea ses osselets dans son sac alors que d’un coup de baguette magique, Andrew fit disparaître le carton de pizza et les deux verres, puis il se pencha pour attraper son sac à dos qu’il glissa sur une épaule. D’un sortilège d’attraction, il récupéra son fanal qui se décrocha et vola dans sa main.

" Tu me montreras tes dessins, à l’occasion… Bonne nuit. "

Andrew enleva le charme de protection derrière eux, et alors qu’Amalia rentrait au château, il lui adressa un signe de la main en empruntant le sentier menant au village de Bourg-en-bière, songeant à ces fichus rideaux qu’il devrait acheter pour empêcher la lumière du soleil d’éclairer son lit si tôt le matin. Pour ce soir, il se contenterait peut-être d’accrocher une couverture sur la fenêtre.

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