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 Premières Danses. [Commun & Libre]

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MessageSujet: Premières Danses. [Commun & Libre]   Sam 22 Oct - 19:09

[Ne trouvant pas d’intérêt à faire une multitude de sujets séparés, et voyant par ce procédé une perte trop importante des interactions possibles dans ce genre d’évènement, avec Jack, Calli et d’autres, nous préférons proposer un sujet libre et commun qui sera sûrement plus sympathique. Bien sûr, il semble logique que lorsque des personnages se retirent en aparté, leur scène se joue dans un autre sujet et celui-ci continue avec les réponses d’autres. Voilà.
Si vous trouvez mieux pour le titre, n'hésitez pas à proposer.]


Dans l’agitation croissante et le chaos perpétuel de l’appartement, l’horloge ne put que difficilement piailler l’heure nouvelle. Six heures qui donnaient à ce mécanisme – sculpture d’une hirondelle – une posture bien singulière. Elle avait été entendue, et très vite les deux silhouettes qui se promenaient sous son bec de bois accélérèrent la cadence. Nul doute sur leur future destination, les masques ornaient déjà leur visage. Alors même que ce deux-pièces était en plein cœur de Bourg-en-Bière, on pouvait sentir le manque de temps se faisant menaçant.

« Si tu pouvais m’aider à enfiler cette robe… Tu sais bien que je n’ai pas ce genre d’habitude. »

Bien que le destinataire se serait bien fendu d’une pique à l’égard de sa pourtant prétendue féminité, il ne put que s’exécuter, retardant des quelques instants la mise de son propre costume. Il était vrai que la robe, assortiment élégant de tissus grenat et écarlates, se dissociait aisément des autres affaires éparpillées çà et là, donc les coupes affichaient sans surprise des aspects plus confortables et pratiques. Mais si cette pièce semblait exagérément sophistiquée, il était indéniable qu’elle était taillée pour celle qui la vêtait. Elle supposait plus que de raisonnable les formes d’un telle silhouette. Mais ils n’avaient tous deux pas à se perdre dans ces constatations déjà maintes fois éprouvées.

Celui qui était apparemment Cavalier venait à peine de finir sa préparation qu’un autre appel de cette voix délicate résonnait déjà au travers de la chambre. Elle quémandait quelque aide, sa baguette d’ébène ne suffisant plus pour les derniers soins à apporter à sa chevelure. Elle retint sans se cacher un léger rire en devinant l’agacement de son compagnon – si elle pouvait l’appeler ainsi. Lorsque fut achevée la coiffure, une fine couronne fut entremêlée sous quelques mèches afin que seules quelques perles crème et une rose d’or ornent avec grâce la tête de la précieuse. Elle se permit un sourire, tant par l’émerveillement qu’elle éprouvait pour ce reflet inhabituel que pour sa satisfaction actuelle. À se voir dans ce miroir, le couple estimait avoir réussi.


« Tu es décidemment bien plus féminine que moi, Ekzael.
- Merci. Mais ne te l’ai-je pas déjà dit ? Ne m’appelle pas ainsi sous cette apparence… »

Jack. Un nom qui resta au fond de sa gorge, alors qu’elle ne l’aurait jamais aussi correctement porté que sous les traits du jeune homme dont elle s’était parée ce soir. Car c’était ainsi que l’affaire était prévue. Jack serait homme et Ekzael femme, le temps d’un soir. Un pari supplémentaire servant leur insatiable envie de tromper le monde et l’ennui. Mais nul temps d’y réfléchir, l’horloge aviaire venait de se mettre à voler dans l’appartement, empruntant dans sa danse plus à la furie qu’à l’oiseau migrateur. Il était l’heure de se mettre en route.

Il enfila rapidement ses escarpins, qu’il avait décidé dorés pour s’accorder avec sa couronne, son masque et sa paire de gants longs. Bien qu’il ait mis quelques temps à s’habituer à des talons si hauts, il marchait maintenant de manière plutôt naturelle, comme si cela était inné chez lui – comme s’en moquait Jack. Il considéra qu’elle était simplement jalouse. Ils avancèrent, prêts à enfin se mêler à la foule masquée, jusqu’à ce qu’on considérait comme l’entrée de l’appartement. Ni porte ni fenêtre. À peine plus grand qu’un placard, mais c’était le seul endroit d’où ils pouvaient transplaner vers la ville, pourtant située au bas du bâtiment. Encore une extravagante précaution.

Et enfin, ils approchèrent du théâtre. Ekzael se laissait guider par l’officiel Cavalier. Après tout, il n’avait plus qu’à sourire et bien présenter, désormais. Il n’avait aucune raison de s’inquiéter, ce plan avait été revu toute la semaine passée. Les masques étaient parfaitement envoutés pour que les deux porteurs passent sans problème aucun pour le sexe opposé. Quelques métamorphoses corporelles n’étaient pas compliquées à implanter dans un simple artefact magique, et tant que celui-ci serait porté, le monde serait certainement leurré.

Le Dorelly souriait. Il aperçut quelques silhouettes qui elles aussi arrivaient à destination. Ils seraient apparemment tous d’abord réunis dans le hall, dont les couleurs se mariaient parfaitement avec les choix du jeune homme. Mais cette pièce, bien que proposant des buffets garnis et sûrement de l'intéressante compagnie, n’était pas la plus importante pour l’instant. Il attendait avec impatience la première danse de ce bal, ce n’était pas pour la louper au profit de quelques bouchées. C’est donc en pressant légèrement le pas, avec tout le raffinement dont il pouvait faire preuve, qu’ils montèrent le grand escalier et furent enfin sur la scène de leur projet.


« Je crois devoir te laisser m’inviter à cette première danse, mon cher. »


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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Sam 22 Oct - 23:55


Une jambe, deux. Le sous-vêtement – inhabituel, sur ses hanches – lui allait correctement ; voire bien. Devait-elle s'en trouver indisposée ? N'importe quelle autre femme, certainement. Jack, non. Son père le lui avait assuré, à l'autre bout du fil : « Crois-moi, les boxers, c'est le mieux. Beaucoup plus classes que les slips ou les caleçons. Et c'est super pratique. Au fait, pourquoi tu me demandes ça ? »

Elle tâta ses seins. Ce soir, elle ne porterait rien qui les briderait. Poitrine nue, elle revêtit un pantalon noir, composant son smoking, manquant de basculer peu élégamment en arrière. Elle en boucla la ceinture après s'y être pincée les doigts ; portant à ses lèvres son index meurtri, elle sonda la pièce du regard afin d'y déceler sa chemise.

« Si tu pouvais m'aider à enfiler cette robe... Tu sais bien que je n'ai pas ce genre d'habitude. »

Jack eut un soupir, bref et contrarié ; lui serait prêt sous peu, elle pas. Elle s'approcha de l'homme, piétina sur son chemin des étoffes de toutes sortes et de toutes extravagances, s'empara de la robe et l'habilla. Les objets de chair et de séduction ornant son buste se balancèrent au rythme de ses mouvements secs et brusques. Sa besogne terminée, elle glissa ses mains blêmes sur les épaules dénudées de son partenaire, tenant alors de la femelle mieux que du mâle ; lorsque lui apparût, vautrée sur le dossier d'une chaise, sa chemise. Elle s'empressa de s'en affubler et s'efforçait de congrûment la boutonner lorsque de nouveau on l'appela.
Elle émit un sifflement irrité et introduisit ses bras dans la veste du costume, du même noir mat que son bas, puis revint à Ekzael, dont les longues mèches soyeuses coulèrent bientôt entre ses doigts. Lorsqu'enfin ce dernier parût satisfait de ce que lui reflétait son miroir, elle put terminer d'ordonner sa tenue ; le nœud papillon qu'elle avait envisagé porter malgré les contestations de son compagnon ayant disparu – comme de hasard – il fut décidé que son col, en dépit du froid, demeurerait ouvert sur sa gorge. Elle se chaussa, se ganta, et à défaut de nœud s'écharpa d'un châle blanc. Ses boucles brunes furent tressées avec précaution, mais la natte se révéla imparfaite ; Jack s'en accommoda. Elle mit son masque, lisse et opalin, sur son visage. Ils transplanèrent.

Jack le guidait, son bras contre le sien, tel le cavalier dont elle jouait en cette soirée le rôle. Observant, avec l'audace de ne contenir son rire, Ekzael déambuler du haut de ses vertigineux escarpins, elle voulut que ce bal se dévoile aussi divertissant qu'elle l'avait espéré. Masque porté, l'euphorie l'habitant annihilait lentement sa raison ; derrière ce masque, en effet, elle prenait les apparences d'un homme, et soudain elle souhaita que jamais l'enchantement ne se dissipe. Cependant, et avant même qu'elle ne réalise la portée de sa pensée, déjà leur parvenaient les lumières du théâtre. Ils en furent tous deux bientôt éclairés.

Le hall ne plut apparemment pas à Ekzaelle qui se précipita – autant que le lui permettaient ses talons – dans les escaliers jusqu'à atteindre le premier étage, suivi de Jack s'apprêtant à le réceptionner si chute. La Salle de Bal, immense, présentait de grandes portes vitrées donnant sur la nuit, et son plafond était paré de somptueux lustres. Ils y firent quelques pas ; les premières notes se jouèrent dès leur arrivée. Tout avait été, semblait-il, anticipé à la seconde. Nombre de gens déjà s'y trouvaient ; peu cependant avaient entamé de danse. Les couples s'entreregardaient les uns les autres, intimidés de se lancer sur la piste ; d'autres, n'étant accompagnés, dévisageaient les nouveaux arrivants avec l'espoir d'une main tendue .


« Je crois devoir te laisser m'inviter à cette première danse, mon cher. »

Jack lui adressa un sourire narquois, elle aimait la comédie. Ekzael, dont le masque doré aux fioritures rouges dissimulait à moitié sa figure, attendait une réponse qu'il savait d'avance positive. Jack ne pouvait voir de son visage que ses yeux carmins étincelants et ses lèvres peintes. Elle s'inclina devant son partenaire, paume tournée vers le ciel, et de sa neuve voix grave et cérémonieuse entreprit une attendue invitation :

« M'accorderiez-vous cette danse, mademoiselle ? » Elle reprit. « Pardonne-moi. Ce n'est pas bien original. Rappelle-moi de ne jamais tenter de demande en mariage, envers qui que ce soit. »

Elle lui saisit la main et l'entraîna au milieu de la salle ; en son coeur-même, où ils étaient visibles par chacun, elle le fit tournoyer, d'abord amusée, puis préféra s'atteler sérieusement à sa tâche, enlaça ses doigts aux siens et épousa la courbe de sa hanche. « Je conduis, ce soir. » chuchota-t-il contre l'oreille d'Ekzaelle, avant d'esquisser leurs premiers pas.
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Niki Okamoto
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▌Né(e) le: 21 Mai.
▌Pays d'origine: Royaume-Uni
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Dim 23 Oct - 9:45

[Merci pour ce topiiiiic Very Happy]

A la base, Niki avait prévu un costume de Baku pour Halloween.

Il est magnifique –la crinière a l’air plus vraie que nature, la robe elle-même semble être faite d’une texture à mi chemin entre la fourrure et la brume, et le ‘rêves’ qui flottent près des épaules du costume en question sont, si elle le dit elle-même, admirablement bien réalisés, s’entremêlant dans un circuit fluide et précis. En tout modestie, Niki doit bien avouer que c’est un chouette costume, et du bon travail. Oui mais voilà bien tout le souci : c’est un travail d’équipe.
Elle en a dessiné la première esquisse elle-même sur un coin de son premier devoir rendu à KAPPA, et sa mère et elle on passé deux ans à concevoir les détails, trouver les tissus appropriés, adapter des sortilèges à n’en plus finir pour obtenir des ‘rêves’ ni trop cotonneux, ni trop volatiles. Niki se souvient de plusieurs soirées passée à discuter un projet qui leur tenait autant à cœur l’une qu’à l’autre –maman adorait coudre, et travailler avec des matières magiques a été, à l’en croire, l’une des expériences les plus excitantes de sa vie. En tout, ça a occupé pratiquement tous le temps qu’elles passaient ensemble, allant même parfois jusqu’à inclure les garçons et Henri, qui faisaient offices de ‘juges’ pour l’habit dans son ensemble… Niki a la gorge serrée quand elle le sort de sa malle, et il s’écoule un long moment avant qu’elle ne déplie le tissu pour dérouler la capuche dont l’épaisse crinière se confond avec ses cheveux lorsqu’elle l’enfile… et c’est là qu’elle trouve le mot.

C’est un bout de papier, pas de parchemin, et quand Niki l’ouvre elle y découvre l’écriture ronde et large de sa mère.

Citation :
Fais attention en enfilant les épaules, je ne fais pas confiance à tes sortilèges. Et n’oublie pas de prendre plein de photos, je veux voir ce qu’il donne en action !! Gros bisous, Maman.

L’air semble se raréfier, la chambre rétrécit, se resserre contre les côtes de la jeune métisse jusqu’à ce que le bruit du sang qui lui bat les tempes remplisse tout l’espace, bloquant même jusqu’à sa respiration rauque et la brûlure de sa gorge tandis qu’elle cherche désespérément à ne pas se noyer dans la brusque vague de chagrin qui l’engouffre.
Elle n’a pas le sanglot élégant, Niki, pas comme ces héroïnes de comédie romantiques qui pleurent en silence et ne se salissent jamais le visage. Quand Niki pleure, c’est bruyant, douloureux, graissé par le mucus qui lui coule des narines et les larmes qui couvrent ses joues… non, elle n’a pas peur de le dire, une fois qu’elle parvient à retrouver son souffle, elle a l’air absolument ridicule, le visage sale et les yeux bouffis : une vraie tête à faire peur, mais pas comme elle l’avait espéré.
Le cœur lourd, elle s’appuie contre le montant de son lit, la note de sa mère toujours serrée dans on poing, et contemple le costume de Baku toujours déroulé sous la couverture. C’était déjà prévisible quand elle l’a ouvert pour la première fois mais maintenant c’est certain : elle ne pourra pas porter ça ce soir. Heureusement, la maison est de nouveau connectée au réseau de cheminette et, sitôt qu’elle a réussi à ensorceler son visage en quelque chose d’à peu près présentable, elle glisse la tête dans le foyer disponible dans la chambre et annonce l’adresse de la demeure familiale.


"Niki, on a déjà parlé de ça," dit tranquillement Henri lorsqu’elle lui explique qu’elle ne veut pas porter son costume, "Tu sais que ta mère voudrais que...."
"Je sais," Coupe Niki, parce que c’est vrai : elle sait très bien ce que sa mère voudrait. "Et je vais aller à la fête, c’est juste… tu peux m’envoyer mon costume de l’an dernier s’il-te-plaît ?"

Henri soupire, attristé, mais il a la délicatesse de ne pas faire de remarque. Il sait que Niki a travaillé dur sur ce costume, et il sait aussi pourquoi elle ne veut pas le porter ce soir… la métisse lui est reconnaissante pour ça.
Trente minutes plus tard, elle est douchée, coiffée, parfumée de frais, et enfile une minirobe a corset orange et jupe noire au style vaguement grungy, accompagné d’un masque de faucon qui s’accorde avec ses cheveux. Elle a encore les yeux bouffis derrière le cuir de son masque, et elle ne porte aucun bijou –elle n’est pas d’humeur à enfiler les quelques breloques qui prennent la poussière dans son coffret- mais la robe met la longueur de ses jambes en valeur, même si le collant lui fait des genoux plus cagneux qu’à l’ordinaire. Elle enfile une paire de ballerines orange, n’ayant aucune envie de se faire une entorse en prime du reste et, attrapant sa baguette et la besace qui lui sert à la fois de sac de cours et de sac à main, elle quitte les locaux de Cinnacrow et se dirige vers le village de Bourg en Bière.


La salle… la salle est magnifique.
Ca n’a rien à voir avec les citrouilles illuminées de Poudlard, ni même avec les brumes enchantées des Halls de KAPPA : ça lui fait penser à Versailles, Fontainebleau, Chambord, tous ces châteaux français dont elle a entendu parler à la télévision, sur le web, et qu’elle rêve de visiter un jour, quand elle en aura les moyens et l’occasion. Elle traverse le grand hall et ses tapis rouges, attrape une flûte de champagne sur le plateau d’un des serveurs en redingote, puis se dirige vers la salle de bal à proprement parler. Les parquets, les boiseries, tout parle d’un luxe qu’elle ne connait pas, d’une forme d’élégance avec laquelle elle n’a aucune expérience, et elle se sent si peu appropriée dans ce décor au charme ancien qu’elle serait presque heureuse de ne pas avoir mis le costume qu’elle avait prévu au départ : à en juger par le couple qui vient de se lancer sur la piste de danse –deux jeunes élégants en robe longue et smoking- l’ambiance est à la valse et au menuet.


"Génial," Marmonne-t-elle pour personne d’autre qu’elle-même, "Ma première soirée ici et je me pointe avec une tenue carrément à côté de la plaque."

Elle est envahie par une vague de nostalgie, le souvenir des soirées à thème de KAPPA lui revenant en tête. C’est tellement facile de s’intégrer aux fêtes costumées là bas ! Il suffit de trouver l’habit le plus délirant possible et tu es sur de faire un carton. La bas, la tenue de Baku aurait fait un malheur, c’est sur. La bas, Niki est à l’aise, dans son élément au milieu des autres sorcières extravagantes, des métisses aux couleurs de peaux bizarres et des esprits qui traversent la forêt locale… ici elle se sent brusquement gauche et inadaptée, incapable de se fondre dans l’écrin de délicatesse mis en place pour l’occasion qui, au final, n’a peut-être pas grand-chose à avoir avec Halloween.

Elle vide sa flûte d’une traite, ne laissant que les quelques gouttes nécessaires à un sortilège de remplissage perpétuel, et s’adosse au mur, brusquement mal à l’aise dans sa robe à la coupe résolument moderne et son masque aux plumes flamboyante. Sans le réaliser, elle qui s’est toujours efforcé d’avoir l’air un peu plus féminine dans les soirées, retombe dans ses attitudes habituelles : les épaules pressées contre le mur, les bras croisés contre sa poitrine, elle s’appuie sur un pied tandis que l’autre tente vainement de battre la mesure pour lui permettre de se concentrer sur autre chose que sa gorge, de nouveau bloquée par un sanglot qu’elle se refuse à laisser échapper.


"Vraiment génial," répète-t-elle en buvant une nouvelle gorgée de champagne.
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Samuel Galaway
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▌Né(e) le: 3 janvier 1969
▌Pays d'origine: Irlande/Bretagne
▌Statut: Professeur

MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Dim 23 Oct - 16:33

Appuyé au chambranle de la chambre de Nolwenn, Samuel sourit avec indulgence mais peste intérieurement de dépit. Dans son lit, sous une épaisse couverture en patchwork, la petite, les joues rouge et les yeux brillants murmure des excuses à l'oreille de sa mère.

-Je suis désolée Maman... Elle tousse... A cause de moi vous pouvez pas allez au Bal...

Elle sanglote, dépité d'embêter ses parents et enfouit sa tête sous la couverture.
Sam soupire et vient s'assoir sur le bord du lit, à côté de sa femme, et caresse les mèches rousses qui dépassent de la couverture.


-Mais non, c'est pas grave. Tu sais, il y en aura d'autres des bals, Nono.
-Je sais mais ... mais ...
-Allons, c'est pas de te faute si tu es malade. Alors sèche moi ces larmes montre moi ton sourire.

Une petite frimousse mouillée et fripée sors émerge des draps, les yeux encore humides, des sanglots plein la gorge. Elle regarde son père en reniflant.

-Je voulais tant voire ton costume Papa.
-Mais ne t'inquiètes pas, tu le verras. j'aurais bien d'autres occasions de le mettre. Mais ce soir, je reste là et je te raconte une histoire. D'accord ?
-Chéri... Intervint alors sa femme. Et si tu y allais quand même. Après-tout, c'est le premier Bal auquel tu es invité depuis qu'on est ici et puis... le 150ème anniversaire des Sorcières des Sorcières de Salem, ce n'est pas une chose à manquer. Pense à l'article que tu pourrais écrire.
-Mais enfin, je ne vais pas y aller sans toi et avec Nolwenn qui est malade ... Non ! Je reste.
-Papa, je veux que tu y ailles. Je veux te voire avec ton beau costume.

Un regard à la petite qui le regarde d'un air déterminé, un regard à Gwenn qui lui fait signe de la tête et il abandonne la partie. Les femmes sont bien trop dures à raisonner. Et puis Gwenn avait raison, il avait vraiment envie d'aller à ce Bal.
Il quitte alors la chambre de sa fille pour se rendre dans la sienne. Là, de son côté de l'armoire, bien rangé dans sa housse pour ne pas être froissé, son costume attends qu'il le passe. Sans attendre, il se déshabille, ne gardant que son caleçon, et commence pas enfiler le maillot de corps blanc dont seul le col se verra puis le pantalon bouffant de coton blanc. En haut, la chemise bleue et noire brodée d'or qu'il boutonne lentement et puis la large bande de tissus rouge qui sert de ceinture, il la noue savamment, comme con grand Père le lui avait appris. Ainsi attachée, on ne voit pas le nœud et elle fait une parfaite séparation entre le pantalon et la chemise. Il enfile ensuite ses grandes bottes cloutées et les noues avant de faire bouffer son pantalon par dessus. Pour finir, il passe le gilet sans manche noir, brodé sur la poitrine aux couleurs du pays de ses ancêtres et, touche finale, pose sur sa tête le chapeau rond orné d'un ruban noir. Le masque, un simple loup blanc attendra dans sa poche jusqu'à ce qu'il arrive sur les lieux.
Il se regarde un moment dans la glace de la penderie, jette un œil à sa montre et sort précipitamment de la chambre pour se rendre dans celle de Nolwenn. La petite ne peut s'empêcher de pousser une exclamation en voyant son père ainsi paré.



-T'es trop beau Papa.
-Merci. Allez, je te dis bonne nuit et j'y vais.

Il dépose un baiser sur le front de la gamine et embrasse sa femme avant de sortir aussi vite que le lui permet sa patte folle.

***

La salle de bal est d'une beauté à couper le souffle et Sam ne sait pas où donner de la tête tellement il y a de choses à voir. Un serveur en redingote lui propose une coupe de champagne. Il en prend une et s'éloigne de sa démarche claudicante, cherchant des yeux un visage familier.
C'est alors qu'il l'aperçoit. Une jeune fille vêtue d'une robe courte dont les tons rappellent ceux d'une citrouille. Malgré son masque qui lui cache es traits, il sait qu'il la connait. Une élève ? Surement. Mais laquelle ? Il s'approche alors lentement et la salue.


-Bonsoir mademoiselle. Je crois que nous nous connaissons mais vous me pardonnerez si je ne vous reconnait pas avec ce masque que vous portez.


Dernière édition par Samuel Galaway le Lun 24 Oct - 15:53, édité 1 fois
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Ricardo Cortéz
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▌Né(e) le: 27 mars
▌Pays d'origine: Portugal
▌Statut: Professeur

MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Lun 24 Oct - 0:57

Ah! Enfin une célébration digne de ce nom près de cette université! Au feu boîtes de nuit et beuveries en tout genre dont ne se lassait jamais les étudiants! Ce soir était un grand soir à Bourg-en-Bière. Les sorcières de Salem ? Nan... Cortéz s'en foutait éperdument qu'elles viennent de Salem ou de Navarre. L'important était qu'il y avait un bal. Et pas n'importe quel bal! Un bal masqué les amis! Eh oui! Et ça, Ricardo ne le manquerait pour rien au monde. Figurez-vous que de son temps, il était le roi des bals masqués, dans son école. Une valse par-ci, un Vira par-là. Il faisait tourner la tête de nombre de demoiselles dans son jeune temps. Enfin, c'est en tout cas ce qu'il racontait à qui voulait bien l'entendre. En l'occurrence, sa femme.

« Tu te souviens, maman, de cette fois où j'ai même dansé avec la directrice de ma maison ? »

Pas de réponse. Prenez exemple, elle a l'habitude, elle, après tant d'années. Parce que oui, pour un tel événement, il avait fallu qu'elle fasse le chemin du Portugal où elle s'était cru tranquille pendant quelques semaines. Raté.

« Bon, t'es prête maman ? »

« Ça va, ça va, il nous reste une heure et on habite à côté... Tu ferais mieux de penser à mettre ton masque, vieux gâteux. »

Ah oui, le masque. Un peu plus et il oubliait l'élément principal du décor. Un masque blanc d'une simplicité et d'une pureté qui faisaient tout son charme (cf avatar aux effets spéciaux surprenants). Une fois posé par-dessus les lunettes, il passerait incognito n'importe où où il irait. Tant que la pièce était bondée de petits vieux chauves masqués.

C'est donc bras dessus, bras dessous et un sourire des plus fiers sous une moustache en l'air que le séducteur masqué entra à la Tribune du Sir Jet en compagnie de Mme Cortéz. L'effet fut immédiat. Tous les regards se tournèrent vers ces deux personnes mystérieuses qui débarquaient comme des princes et qui... déviaient étrangement vers la droite sous la pression insistante du vieillard pour empêcher sa femme de marcher droit. Du coup, il ne fallut pas plus de dix secondes pour que le couple se retrouve près d'un buffet orné de centaines d'amuse-gueules. Finalement, ils furent bien vite insérés dans le décor des affamés bien fringués.

Soudain, entre un mini-toast au saumon et une petite saucisse...


« Tiens! »

Cortéz tenait les sourcils relevés, l'air observateur.

« Tu vois, maman, ce type là-bas... C'est encore un jeune minet qui se dit prof. Et il croit qu'on ne le reconnaît pas sous masque ou quoi? Hmm... »

Il sortit un étrange papier tout froissé de sa poche. Ne me demandez pas ce qu'il représente exactement, il vaut probablement mieux ne pas le savoir. Mais sachez qu'il s'agit d'une liste avec en tête « Chenoa Kalawei », « Alekseï Ivanov » et « Erwan Valdas ». Et en toute fin :

« Ah, voilà! C'est Galaway! La toute nouvelle recrue, t'as vu? Encore un qui va bientôt trouver son titre de directeur de SWYN dans un Chocogrenouille. Viens maman, on va voir ce qu'il a dans le ventre... »

Ne bronchant pas mais ne pouvant s'empêcher de regarder autour d'elle d'un air anxieux, elle suivit celui qu'elle appelait son mari dans la foule de masques. Ils suivirent discrètement leur cible jusqu'à ce que cette dernière s'arrête dans la salle de bal après avoir boité sur quelques mètres. D'un air qui se voulait mesquin d'avance, le Cortéz s'avança vers le nouveau professeur pour lui lancer sans-gêne, alors qu'il engageait une discussion avec une élève :

« Bonjour mademoiselle, bonjour jeune homme. Oh, vous ne me reconnaissez sûrement pas sous cet accoutrement, mais sachez que de mon œil avisé, je pense que je ne vous ai jamais vu, jeune homme... Vous êtes un nouvel étudiant d'ACAII, de MUM... ? »

Haussant de nouveau les sourcils, il prit un air interrogateur et intéressé. Quel acteur ce Ricardo. Et quel culot, se disait-il à lui-même, admiratif. Mais après tout, sous son loup, il fait ce qui lui plaît. Aujourd'hui, tout est permis.
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Niki Okamoto
A.C.A.I.I
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▌Né(e) le: 21 Mai.
▌Pays d'origine: Royaume-Uni
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Lun 24 Oct - 16:42

Au moins, le point positif de cette soirée, c’est que la musique est agréable.
Niki n’est pas spécialement fan de classique, mais il faut avouer que ça la change de la pop japonaise, qu’elle apprécie pour danser mais qui a le défaut –comme la pop dans son ensemble, du reste- de tourner un peu trop souvent autour des même thèmes sucrés et tout public, choses qui, si elle n’est pas dérangeante en soi, ne compte pas vraiment parmi ce qu’elle cherche à entendre ce soir. Il faut bien dire, aussi, que ces derniers mois elle est plutôt d’humeur à écouter de la musique déprimante alors bon, au final le classique c’est un bon compromis… ni trop sirupeux, ni trop déprimant, juste le bon équilibre pour permettre à Niki de se perdre dans la musique sans pour autant se noyer dans le champagne.

Elle est suffisamment absorbée par ses pensées, le regard vague survolant tout juste le reste de la salle, pour que repérer l’homme qui vient vers elle lui prenne du temps. Elle dit « l’homme » plutôt que « le garçon » parce que sa silhouette n’est pas franchement celle d’un type encore dans la vingtaine, même s’il semble en bonne condition physique. C’est sa jambe droite, raide, qui permet à Niki de l’identifier avant que son visage ne redevienne net à travers la brume qui lui obscurci le regard –larmes ou champagne, pour être honnête, elle ne saurait pas le dire, et elle fait disparaître sa coupe d’un coup de baguette, résolue à mettre la main sur du jus de fruit. Pas question de se prendre un cuite ce soir, elle finirait par pleurer sur la première épaule qu’elle croise.
Quoi qu’il en soit, elle reconnait donc son professeur de langues étrangères, plutôt élégant dans un costume façon zouave dont Niki ne peut s’empêcher d’apprécier la coupe. Il semble être plutôt de bonne humeur et, dans l’ensemble, Niki l’aime bien –en tout cas elle apprécie ses cours- alors elle se décolle du mur et s’oblige à décroiser les bras pour le saluer d’un mouvement de tête.


"Bonsoir mademoiselle. Je crois que nous nous connaissons mais vous me pardonnerez si je ne vous reconnait pas avec ce masque que vous portez."

Niki sourit, plus calme que quand elle est arrivée… elle a toujours préféré être accompagnée de toute façon et avoir quelqu’un à qui parler, même d’un sujet qui n’a rien à voir avec ce qui la préoccupe, ça aide toujours à la maintenir à flot, si on peu dire… ce n’est pas pour rien qu’on la considère comme une bavarde, après tout, même si assez peu de gens on conscience de la vertu quasi thérapeutique de ses monologues. Elle s’en fiche, remarquez, tant que ça marche, ça lui convient très bien.

Mais revenons à nos moutons.

Samuel Galaway, puisque c’est lui, lui a posé une question –du moins, il y a une question sous-entendue dans sa phrase – et la politesse autant que le besoin qu’a Niki de se distraire impose de lui répondre. C’est donc le regard baissé vers celui du professeur –eh oui, c’est ça d’être une asperge : elle fait bien cinq ou six centimètres de plus que l’enseignant- qu’elle se présente :


"En effet, vous m’avez déjà vue. Je m’appelle Niki Okamoto, je suis dans votre cours de langues étrangères."

Elle l’a sans doute déjà dit, mais elle aime bien ce prof. Pour les quelques cours qu’elle a déjà eut avec lui, il semble être quelqu’un de patient et compréhensif, chose qu’elle apprécie tout particulièrement chez un enseignant –même si, il faut le reconnaitre, les élèves comme elle ne sont pas forcément les plus faciles à gérer, d’un point de vue pédagogique en tout cas.

" Bonjour mademoiselle, bonjour jeune homme. Oh, vous ne me reconnaissez sûrement pas sous cet accoutrement, mais sachez que de mon œil avisé, je pense que je ne vous ai jamais vu, jeune homme... Vous êtes un nouvel étudiant d'ACAII, de MUM... ?"

Niki ne peu pas s’en empêcher : elle roule des yeux.
Malgré le loup blanc posé par-dessus ses lunettes, elle n’a eut aucun mal à reconnaitre ce petit homme chauve et bedonnant dans ses habits bien repassés. Il faut dire, bien entendu, que son costume n’est probablement pas aussi efficace qu’il aimerait le croire et, en prime, il est accompagné de sa femme, dont Niki a déjà eut l’occasion d’observer la photographie plusieurs fois durant ses cours –Mr. Cortéz a la manie de raconter sa vie en classe, ce qui est bien gentil mais pas très utile, et fait souvent bailler la mécanicienne.

C’est peut-être pour ça qu’elle n’a aucun scrupule à se redresser de toute sa hauteur pour bien marquer les vingt centimètres qui la séparent du professeur à la moustache diablement mobile : c’est idiot, mais ça lui fait plaisir d’avoir un domaine de ‘supériorité’ par rapport à cet homme. Elle n’en reste pas moins polie lorsqu’elle s’incline légèrement, habitude prise au Japon. Après tout, la bas on ne plaisante pas avec le respect du aux ainés, et elle s’est fait pincer les côtes plus d’une fois dans le métro parce qu’elle ne laissait pas suffisamment d’espace à une personne âgée… ça, ou elle n’a pas l’air assez japonaise, mais elle soupçonne un savant mélange des deux.


"Bonsoir prof…." Elle s’interrompt, pensive, et décide de jouer le jeu, au moins pour l’instant. Après tout, on ne peu pas dire que ce professeur soit bien méchant, il a juste un peu trop tendance à se montrer… disons, un peu condescendant ? Et puis si les choses tournent au vinaigre, elle pourra toujours s’échapper en direction du hall. C’est donc avec un sourire qu’elle rectifie sa phrase : "Bonsoir monsieur. Je m’appelle Niki Okamoto. J’étudie à S.W.Y.N."

Du coin de l’œil, elle se tourne vers le professeur Galaway, attendant de voir s’il va rectifier son collègue ou le laisser continuer sur sa lancée.

[Ricardo, joli usage de la Compagnie Créole Smile]
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Samuel Galaway
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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Lun 24 Oct - 21:00

Il la regarde et lorsqu'elle lui répond, il s'en veut de n'avoir pas deviné tout seul.

"En effet, vous m’avez déjà vue. Je m’appelle Niki Okamoto, je suis dans votre cours de langues étrangères."

"Ah oui, bien sûr... maintenant que tu le dis !"

Et effet, c'est facile d’acquiescer une fois qu'on a eu la réponse. Sam sourit et porte sa coupe à ses lèvres. Il est sur le point de demander à la jeune fille si sa soirée se passe bien quand ils sont abordés par un homme étrange aux allures de papy, le visage à peine caché derrière un loup posé sur ses lunettes. Il fronce les sourcils... il a déjà vu, ou plutôt aperçu, cet homme dans les couloirs de l'Université voir même dans la salle des profs mais il serait bien incapable de mettre un nom sur ce visage. L'homme les aborde joyeusement.

" Bonjour mademoiselle, bonjour jeune homme. Oh, vous ne me reconnaissez sûrement pas sous cet accoutrement, mais sachez que de mon œil avisé, je pense que je ne vous ai jamais vu, jeune homme... Vous êtes un nouvel étudiant d'ACAII, de MUM... ?"

Samuel manque de s'étrangler. Son champagne est passé de travers et il se retient difficilement de tousser. Il tente désespérément de respirer pendant que Niki lui répond des plus poliment. Lorsqu'il reprend enfin possession de tous ses moyens, un large sourire s'étale sur son visage.

"Eh bien ... on m'a déjà dit que je faisait jeune mais de là à me prendre pour un étudiant ... mais dites moi un peu, quel âge me donnez-vous donc ? "

Cela le fait vraiment rire. Il essaie de s'imaginer la tête de ses enfants s'ils apprenaient qu'on l'avait pris pour un étudiant, et celle de sa femme, elle qui commence déjà à se plaindre des marques de la vieillesse. Puis son regard rencontre celui de Niki. La jeune fille n'a pas relevé. Sans-doutes attendait-elle de voir sa réaction. Finalement ses yeux se posent sur le petit homme qui les regarde par en dessous, attendant de savoir ce qu'il pourra bien lui répondre.
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Eloy d'Ollenburg
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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Mer 26 Oct - 18:57

L’ordre des choses indiquait Mélite d’Orcy comme unique cavalière à tenir son bras à l’occasion du bal masqué. Eloy se réjouissait à l’idée d’une délectable soirée en sa compagnie. Depuis leurs fiançailles, il espérait à nouveau s’afficher en public à ses côtés, lui sourire au gré d’une conversation dont lui seul savait y joindre l’agréable. Le visage encore à découvert, Eloy observait son propre reflet dans le miroir. Il tira sur le pourpoint de velours afin de mieux l’ajuster à ses épaules et releva le jabot de lin blanc ornant de manière partielle le haut de son corps. D’ocre vêtu jusqu’à ses genoux où des hauts-de-chausses s’arrêtaient sur des bas de soie, Eloy enfila une paire de chaussures enjolivées d’une boucle dorée sur chacune pour dissiper l’austérité du noir. De la fenêtre, il apercevait des individus en route vers le théâtre. Distrait par les silhouettes au loin, sa main dégagea la mince dentelle décorative de ses manches. Les bals masqués engendraient toujours de captivants divertissements. Offrir à l’être humain de voiler son visage revenait à tirer le diable par la queue.

Eloy s’éloigna de la fenêtre, se saisissant du masque d’or. Il l’attacha à l’arrière de sa tête et couvrit le fil de ses cheveux. Si vous êtes de ceux qui se disent qu’il aurait pu user de magie pour le faire tenir, j’ai le regret de vous annoncer que votre sens de l’amusement est… erroné. Froncez des sourcils, allez-y, de perplexité, d’incompréhension, faites-vous plaisir. Recommencez, car je ne vous expliquerai rien, nous ne sommes pas là pour ça. Posez la question à Eloy, si vous y tenez, ou taisez-vous à jamais. Revenons maintenant devant le miroir où Eloy noua sa cape, fin prêt à entrer en scène. Ses pas le guidèrent jusqu’à une exquise demoiselle à la robe époustouflante. Il croisa un bras sur sa poitrine et s’inclina avec politesse, déposant un furtif baiser sur la main de cette dernière.


-Quelle tenue enchanteresse !

Ces louanges s’adressaient non pas à Mélite d’Orcy, mais à sa noble cousine ; Amalia De Lenn.

-Pardonne mon émoi, tu es ravissante. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’un gentleman demande ta main.

Mélite la qualifiait d’enfant capricieuse sans s’étendre sur le sujet, laissant le soin à Eloy de faire ses propres déductions. Ce fut dans un soupir semblable qu’elle refusa d’assister au bal masqué. Ce genre de festivités ne convenait pas à une d’Orcy. Il insista en vain de la persuader du contraire. Rien n’y fit, pas même la déception qu’elle pouvait lire sur son visage. Eloy acquiesça à contrecœur, ne voulant point irriter davantage sa fiancée à ce propos. Elle ne se formalisait pas qu’il désire s’y rende, l’acceptait volontiers, même, du moment qu’il cessait d’exiger sa présence à ses côtés. Accompagner Amalia lui parut un honnête compromis. À celle-ci, Eloy tendit son bras, courtois.

-Profitons de la soirée pour mieux nous connaître, nous serons bientôt de la même famille. Prête ?

Ils se rendirent à la Tribune où Eloy retira sa cape dans les mains d’un garçon qui lui assura en prendre soin. Le couple entra dans le hall où de nombreuses voix s’élevaient. Eloy reconnut la silhouette peu gracieuse du maire du village dans une discussion enflammée avec un homme au costume de pierrot portant un masque duquel s’écoulait une larme.

-Si nous allions à l’étage ? La foule y sera moins étouffante.

Habile déduction, quelques personnes seulement discutaient dans la salle de bal, un peu à l’écart. Eloy s’attarda sur l’accoutrement du professeur Cortèz dont la signification d’un bal masqué échappait. Une jeune fille confondait la date avec celle d’Halloween, conversant avec un homme adulte au costume élégant. Deux amoureux dansaient avec maladresse sous les lustres tandis qu’un autre couple valsait avec une grâce certaine, surtout la jeune femme dans une robe d’un grenat éclatant.

-N’hésite pas à me le faire savoir lorsque tu seras fatiguée, je te raccompagnerai.

Eloy repéra un serveur portant une redingote soignée, un plateau levé à hauteur de son visage vénitien.

- Veux-tu quelque chose à boire ?

Il ne savait rien d’Amalia De Lenn, néanmoins, il ressentait chez elle une ouverture d’esprit qu’il ne trouvait pas chez Mélite. Le temps s’écoulant avant la tombée d’une réponse ne faisait que confirmer leur plus grande différence ; l’hésitation.

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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Jeu 27 Oct - 20:58

Message supprimé


Dernière édition par Amalia De Lenn le Jeu 5 Juil - 20:32, édité 2 fois
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Anthony Osward
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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Jeu 3 Nov - 15:24

De l'autre côté du miroir, des cheveux châtains et des yeux verts-bleus. Posée non loin, une photo de famille avec un homme aux cheveux blonds, sa femme, sa fille, et enfin son fils, aux cheveux d'un blond tout aussi clair, mais aux yeux plus sombres, plus proches de ceux de sa mère. Le masque vert émeraude d'Anthony était posé à côté de cette photo. Mais ce soir, il ne s'en contenterait pas. On avait beau se dire masqué, s'entourer les yeux n'avait jamais fait passer personne pour un autre. Or ce soir, Anthony devait être un autre. Ce soir, il serait Vilko Ivancevic, ving-quatre ans, slovène, et vivant temporairement à Bourg-en-Bière. Vilko n'était autre que ce jeune homme blond, sur la photo. A la différence qu'il n'avait plus quinze ans, à présent.

Portant donc toute son attention sur la photo de famille qu'il avait sous les yeux, Anthony crispa son visage l'espace d'un instant et au bout de quelques secondes, il eut en face de lui un visage aux traits plus fins, des cheveux plus blonds et un regard plus noir. Cela avait été plus facile que la dernière fois. Le métamorphomage commençait presque à s'habituer à cette nouvelle transformation. Il posa le masque émeraude sur ce nouveau visage et enfila une veste noire; il était fin prêt pour se rendre au bal, seul.


Il avait utilisé les vestiaires du terrain de Quidditch; un endroit où personne ne se rendait à cette heure, et encore moins un jour de bal. Presque tous ceux qui s'y rendaient y étaient déjà depuis une ou deux heures donc il put sans peine sortir de S.W.Y.N. en croisant très peu d'autres étudiants. Arrivé au théâtre, il marqua une pause pour vérifier si la personne qu'il cherchait n'était pas elle aussi à l'entrée. Ce n'était pas le cas, a priori et il entra donc dans le grand hall, toujours aussi somptueux et aménagé pour l'occasion. Le regard toujours alerte, il jetait discrètement des coups d'œil autour de lui alors qu'il allait se faire servir une flûte de champagne au buffet. Il fit discrètement le tour des groupes présents, aussi bien debout à discuter qu'assis sur les sofas de la pièce. Ne trouvant toujours pas celle qu'il cherchait dans la foule il décida de se rendre dans la salle de bal. Mais après avoir effectué un rapide tour de la pièce le résultat fut le même. Ni parmi les danseurs, ni de façon évidente sur aucun balcon. Il s'installa donc sur un des fauteuils disposés autour de la pièce, tenant toujours une flûte de champagne à moitié pleine dans la main. Il espérait simplement qu'elle tienne parole. Il avait sur lui tout ce qu'elle avait pu demander lors de leur dernière discussion et il était certain que ce rendez-vous-ci serait celui qui serait le plus déterminant. Mais encore fallait-il qu'il puisse effectivement avoir lieu.

Alors où pouvait bien être Nastassia Maiakovski ?
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Ophiuchus Vostrokov
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MessageSujet: Re: Premières Danses. [Commun & Libre]   Mer 23 Nov - 15:39

Il avait en vain commandé un café dans l’espoir de dissiper l’odeur tenace répandue par les engins moldus. L’odeur des bouches d’égout se mêlait à l’air vicié de la ville et l’effervescence puante de Dublin l’ennuyait. Ophiuchus laissa quelques billets sur la table et quitta la terrasse, décochant un regard au clocher dont le premier coup venait de sonner. De l’autre côté de la rue, une foule émergeait de la gare. Il s’en approcha, bifurquant au dernier moment et s’adossa contre le tronc d’un arbre. Jouant du coude, une vieille femme se faufila entre la masse pressée. Elle avança jusqu’à lui sans grand enthousiasme, le dos courbé. Ophiuchus l’étreignit d’un bras. Son geste provoqua un ricanement affectueux chez la vieillarde. Elle se dégagea de son emprise, le regard vif, lumineux, en contraste avec son âge apparent, et il l’aida à s’asseoir sur un banc.

« Cette situation est inconfortable, je me sens faible et laide. »

« Tu es hideuse. »

« Ne te moque pas. »

« Je complimentais ta potion. »

Les bras recouverts de plis de peau molle tendirent un sac vers Ophiuchus.

« Crois-tu que ce soit Elle ? »

« Son potentiel est grand. Je mesurerai l’étendue de ses talents au bal de ce soir. »

« Il y a autre chose, un problème que tu dois régler. »

Ophiuchus se saisit du parchemin pour lire le nom y figurant. Sa main enflamma le morceau de papier qui s’évapora en cendres.

« L’information est tardive. »

La vieille femme lui agrippa le bras.

« Je connais ce regard. Quel est ton plan ? »

« Tu en verras les contours bien assez tôt. »

~ ~ ~ ~

Ophiuchus prit le paquet du sac contenant la robe et l’envoya avec un mot habilement glissé dans une enveloppe noire sous le ruban de l’emballage. Tandis qu’il serait ombre ce soir, Nastassia Alekseïevna Maïakovski deviendrait délicieuse, enchanteresse, rayonnante. Les omoplates appuyées contre une colonne, ses yeux scrutaient chaque invité. Une minute auparavant, le maire l’avait profondément ennuyé d’un discours vide de tout principe moral. Il s’y attendait. Bon nombre d’individus fréquentaient de telles soirées dans l’unique but de s’enivrer et, si possible, de faire une rencontre fortuite avec qui passer la nuit. Tous des imbéciles, des petits hommes. Ophiuchus les méprisait. Qu’ils se vautrent dans leur petite gloire, il n’en avait cure. Le bec crochu au centre de son visage suivit la le parcours d’une femme au masque couleur cuivre arborant un panache de renne. Ophiuchus entreprit de la suivre, gravissant l’escalier jusqu’à la salle de bal où elle se retourna vers lui. Il lui offrit une coupe de champagne pour l’amadouer.

Edna Milligan. Journaliste. Il la questionna sur ses derniers articles. L’un d’entre eux traitait de l’Ordre de l’Ouroboros et fit la une d’un quotidien local. Elle résuma son écrit, insista sur l’horreur du drame, sa compassion envers les élèves assassinés, raconta comment elle s’y était prise pour les entrevues, évoqua le souvenir d’un habitant du village ayant fait un témoignage anonyme ne figurant pas dans sa publication. Un vieil homme de petite taille, barbe grise, elle ignorait son nom, mais lui assurait qu’il vivait ici, à Bourg-en-Bière. Ophiuchus s’éloigna sans la remercier, en quête d’une autre source d’information, attentif à son environnement. Une main se saisit de son bras. Sous son masque, un sourire de délectation à la vue de la robe verte. Charlie Farley, noté. Il la regarda valser avec légèreté loin de lui, déguisée jusque dans sa chair. Maligne enfant, que sais-tu faire d’autre, et où voles-tu, ainsi ? Il se détourna d’elle, longea le mur de fenêtres, aux aguets.

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Premières Danses. [Commun & Libre]

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