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 Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]

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Aurora Bianchi
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▌Né(e) le: 10 Juin 1990
▌Pays d'origine: Italie
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Sam 4 Fév - 3:32

Il était tout simplement trop tôt pour vivre. Avant même d’avoir ouvert l’œil pour voir quelle heure il était, la jeune femme enfouie son visage dans son oreiller de plume en expirant un fin râle de protestation. Non, elle ne voulait pas se lever. Son corps ne pouvait pas le faire, enfoui sous le textile épais de sa couette et de ses draps. Qui avait eu la merveilleuse idée de laisser les rideaux ouverts? Le soleil traversait le verre de la fenêtre comme un laser, prêt à tout détruire sur son chemin. Et il avait trouvé sa place sur son visage, l’éclairant de sa terrible force, brûlant sa peau et ses rétines malgré la protection de ses paupières. Et maintenant, il était trop tard pour se rendormir. Elle était beaucoup trop alerte pour espérer retrouver le sommeil. L’Italienne sentait tout, de l’odeur de ses propres cheveux – vanille, noix de coco et orchidée – sur sa taie d’oreiller jusqu’à la délicate sensation de ses draps sous ses orteils qui s’étiraient et se repliaient. Il lui fallait se résigner. Dans un soupir, la belle se retourna pour faire face au monde cruel qui l’attendait et, finalement, ouvrit les yeux. Ses iris d’un bleu glacial vinrent trouver les aiguilles de l’horloge et… Oh. Neuf heures trente?... Eh ben. Bah, elle aurait quand même encore dormi une heure.

Aurora posa un pied, puis l’autre, sur le tapis sur le côté de son lit. Laissa la plante de ses pieds se faire à la sensation de la moquette et les draps glisser loin de son corps nu puis regarda autour d’elle avant de bailler légèrement, son poing fermé se plaçant devant sa bouche. Encore une minute à observer sa chambre, détaillant la tapisserie sur son mur, sa trousse de maquillage à sa vanité… Puis elle se décida. Cela allait être une bonne journée. Il ne lui fallut que cela pour qu’un sourire sincère se dessine sur ses lèvres. Elle était prête à démarrer la journée. La métamorphomage se leva et fit son lit. Lorsqu’elle eut fini, il était tout à fait irréprochable. Les oreillers bien à leur place, pas un pli sur la couette bleue foncée, les rideaux du baldaquin bien placés dans leurs rubans. Satisfaite, elle se dirigea de quelques pas vers son garde-robe, l’ouvrit et sélectionna une petite robe noire à une bretelle ainsi qu’une paire d’escarpins à talons hauts rouge foncé. Chic et habillé sans être inapproprié. De toute façon, elle s’habillait presque toujours comme ça, même pour les journées de cours. Être à son meilleur, toujours. La demoiselle enfila ses sous-vêtements, puis la robe, et s’assied devant sa vanité. Du fard à paupière argenté, quelques traits de crayon noir sur ses yeux, du mascara, et elle était prête. Ou presque. Aurora ferma les yeux un instant, serra les paupières et, lorsqu’elle les ouvra à nouveau, trouva sur ses épaules de profondes ondulations lisses de brun foncé. Elle sélectionna l’une de ses barrettes de métal – celle-ci dorée et ornée de petites pierres rouges et violettes – puis l’accrocha derrière sa tête pour ramener sa chevelure sur un côté, en laissant quelques mèches tomber sur son visage. L’Italienne sourit à sa réflexion, agrippa son sac dans lequel elle avait préalablement mis un bikini et une serviette de plage puis sortit de sa chambre en verrouillant la porte d’un sortilège. Elle rangea sa baguette de pommier dans son sac puis se dirigea d’un pas confiant – et bruyant – vers la bibliothèque.

Et sitôt qu’elle traversa les grandes portes de bois, la jeune femme eut l’impression que ses talons faisaient autant de bruit que du tonnerre un soir de tempête. Elle se mordilla tout doucement la lèvre et, du mieux qu’elle le put, se mis à marcher sur le bout des pieds. Qui avait eu la brillante idée de mettre ces foutues godasses pour aller à la bibliothèque, déjà? À pas de souris, la belle se dirigea vers la section des langues; elle était venue chercher un livre très précis. Son escapade avec Alvin à peu près deux semaines plus tôt lui avait donné envie de se plonger plus que jamais dans l’apprentissage de la langue des êtres de l’eau. Elle était déjà très habile mais il lui restait quelques précisions à donner, surtout au niveau de l’accent. Son sac pendu à son épaule, Aurora fouilla le mur des langues magiques et remarqua… un trou, où se trouvait normalement le livre qu’elle cherchait. Oh non, ça n’allait pas du tout! Il lui fallait ce livre, là, tout de suite. Elle avait l’intention de profiter de son après-midi pour aller faire un tour à la rivière sous-terraine, avec de nouveaux acquis en tête. Quelqu’un quelque part la privait de cela.

Déterminée à faire quelque chose de la situation, Aurora quitta le rayon et se mis en marche vers le comptoir des prêts. Mais elle remarqua du coin de l’œil une silhouette qu’elle reconnaissait bien, pour l’avoir observée subtilement quelques fois durant leurs rencontres. Il était là, penché au-dessus d’un livre. Son livre. Celui qu’elle était venu lire. Un sourire à la fois taquin et charmeur éclaira son visage puis, sans avertir, elle s’assied sur une chaise juste à côté de lui et posa l’une de ses mains aux ongles manucurés à la française sur le papier, bloquant sa lecture par la même occasion.


« Lecture fascinante, n’est-ce pas? », dit-elle sur un ton enjoué alors que ses yeux pétillants venaient trouver les siens.

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Dernière édition par Aurora Bianchi le Mer 28 Mar - 17:41, édité 1 fois
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Alvin Wenlock
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▌Né(e) le: 16 Mai
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Dim 5 Fév - 15:51

Le soleil se lève à l’est et se coucher à l’ouest, ou plutôt, il se lève devant la tour des Dorelly et se couche derrière la ligne d’horizon du lac. Les premiers rayons de l’aube traversèrent alors les minces rideaux jaunes de la chambre d’Alvin. Un coq aurait pu chanter pour accompagner son réveil, mais il n’y avait pas, et tant mieux, parce que très peu d’étudiants auraient acceptés une telle cloche de cavalerie si tôt un samedi matin. Pas sans songer fortement à manger de la volaille sur le menu du soir, en tout cas. Alvin cligna des yeux, repoussant ses couvertures afin de s’asseoir en tailleur sur son lit. Après un bâillement, il s’étira puis se leva, marchant d’un pas endormi vers la fenêtre de sa chambre, tirant sur l’un des deux rideaux. Ses pupilles se rétractèrent devant la lumière qui se reflétait sur la neige tombée la veille au soir. Le jeune gallois posa sa main en visière sur son front, appréciant le paysage. Un furtif sourire traversa son visage avant qu’il ne s’éloigne de la fenêtre pour aller prendre une douche. L’eau chaude engourdissait chacun de ses muscles, et il referma les yeux. Se passant une main sur la nuque, la tête sous le pommeau, il avait l’impression de se rendormir, mais ce n’était qu’illusion car lorsqu’il fermerait l’eau, l’air frais ambiant viendrait lui fouetter le visage, et la journée pourrait officiellement commencer.

La serviette autour de la taille, Alvin ouvrit un tiroir, enfila une paire de boxer et tira la porte de son armoire pour choisir un pantalon brun foncé. D’un coup de baguette magique, il fit sécher ses cheveux, faisant ensuite léviter sa serviette jusqu’au crochet de la salle de bain. Le plancher de pierre étant très froid, il se dépêcha de glisser des chaussettes dans ses pieds, puis des chaussures. Le problème du chandail se régla très vite aussi. Ouvrant sa malle, Alvin se saisit d’un t-shirt noir de ce qui avait de plus simple par-dessus duquel il revêtit un pull de laine au col en « V » tricoté par sa sœur. Comme il allait passer l’avant-midi à la bibliothèque, il préférait être confortable. Qui plus est, cette pièce du château était pleine de courants d’air. Alvin prit sa carte étudiante, deux livres qu’il devait rendre, fourra le tout dans son sac et descendit prendre son petit-déjeuner. Comme il s’y attendait, tout le monde dormait encore. Il prit place à la table de Dorelly, sélectionna un café, des œufs et du pain grillé sur la carte magique et le repas apparut devant lui. Alvin prit son temps pour manger, appréciant les ronronnements du château à cette heure matinale. Il pouvait entendre des bruits impossibles à détecter à toute autre heure du jour ; le craquement des poutres du plafond, les flammes des bougies oscillant sous le souffle d’une fissure dans le mur.

Une fois son assiette vide, il quitta la grande salle pour la bibliothèque. Celle-ci venait d’ouvrir ses portes depuis dix minutes à peine. Reconnaissant le garçon Wenlock, la bibliothécaire lui adressa un sourire que ce dernier lui rendit en même temps que ses deux livres. Il de se dirigea ensuite vers la section des langues à la recherche d’ouvrages sur les sirènes. Il s’intéressait tout spécialement à la technique de prononciation, la phonétique. Pour l’avoir expérimenté une fois, parler sous l’eau n’avait rien d’une chose facile. Après un instant à lire les titres des livres du bout du doigt, Alvin trouva ce qu’il cherchait. De son index, il fit basculer le livre dans sa main et alla s’asseoir à une table pour le lire avec intérêt. La lecture le fascina, si bien qu’il ne vit pas le temps passer. De temps en temps, il s’arrêtait pour réajuster ses lunettes, puis il recommençait à lire. Sa concentration était telle que son cerveau fit abstraction du soudain claquement de talons contre le carrelage qui pourtant, résonnait dans toute la bibliothèque. Après un moment, il ne l’entendit même plus. Alvin tourna le coin d’une page, ses yeux suivant machinalement le texte, quand une main cacha tout le paragraphe qu’il était en train de lire.


« Aurora ! »

Le ton de surprise perçait sa voix, mêlé au plaisir qu’il avait de la voir.

« Le livre est fascinant, oui. Tu le connais ? »

Alvin baissa les yeux sur l’ouvrage, puis les releva vers Aurora.

« Je voulais venir plus tôt, mais j’ai été assez occupé ces deux dernières semaines. Depuis la rivière souterraine, j’étais curieux de passer voir ce que la bibliothèque avait comme livres sur la langue des sirènes. »

Il lui sourit, remarquant la barrette de métal dans ses cheveux. Sa sœur portait si peu d’accessoires et de bijoux que ces détails lui sautaient aux yeux. Son regard fut ensuite attiré par la courroie du sac bien rempli que portait Aurora par-dessus l’unique bretelle de sa robe.

« Et toi, que venais-tu faire ici ? »

Alvin croisa une nouvelle fois son regard, attendant la réponse, intéressé.
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Aurora Bianchi
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Dim 5 Fév - 22:34

Le sourire de la belle Italienne s’élargit doucement lorsqu’elle entendit la voix de son ami dire son prénom. Comment n’avait-il pas entendu ses pas? Certes elle s’était fait le plus silencieuse possible à son entrée dans la bibliothèque, mais sitôt qu’elle eut remarqué que le livre dont elle avait besoin était manquant, ses pas avaient repris de leur entrain et exprimaient toute la légère frustration qui l’habitait. Claquements secs, rapides et rythmés. Si on pouvait mettre une trame sonore à la détermination, ça serait cela. Enfin, dans son cas. Rien n’exprimait aussi bien une femme fière et résolue que les bruits de ses talons sur un sol réceptif. On se croyait dans un film. Mais ce n’était pas toutes les femmes qui portaient des talons hauts – elle ne comprenait rien à cela, d’ailleurs – et elles devaient sans doute avoir d’autres façons tout aussi efficace d’exprimer leur détermination de manière subtile. Bref, lorsqu’elle était passée à côté d’Alvin pour aller voir la bibliothécaire, elle avait envoyé promener son guide de savoir-vivre dans un endroit silencieux. Et il ne l’avait pas remarqué. Visiblement, ce qu’il y avait dans ce livre l’intéressait à un tel point que sa concentration ne pouvait pas être dérangée. Tant mieux!

Car autant l’étudiante avait l’intention de retourner à la rivière sous-terraine pour rencontrer les sirènes d’elle-même, cela ne serait qu’encore plus agréable si Alvin se joignait à elle. Ils avaient en commun un amour inconditionnel des langues et, la première fois qu’ils s’étaient rencontrés, ils avaient établis que si elle lui apprenait le langage des êtres de l’eau, lui serait responsable de lui montrer le gobelin. De plus, il était d’excellente compagnie, poli, amusant, intéressant et, comble du bonheur, beau à voir - surtout en maillot de bain. D’une façon ou d’une autre, elle se serait retrouvée à lui proposer de se joindre à elle éventuellement. Pourquoi pas aujourd’hui? Visiblement, il avait lu sur le sujet et il voudrait sûrement mettre en pratique le plus vite possible la théorie qu’il avait apprise. La jeune femme laissa son regard se perdre un instant dans celui d’Alvin, heureuse de voir qu’il avait l’air sincèrement intéressé par la lecture. Et il avait raison de l’être, c’était sans doute l’ouvrage le plus complet dont elle avait connaissance sur le sujet, elle-même avait passé des heures à le décortiquer lorsqu’elle avait commencé son apprentissage de cette langue complexe. Elle hocha doucement la tête à la question de son ami et répondit sur un ton léger :


« Ce livre m’a presque tout appris, en fait. Le reste de l’apprentissage s’est fait sur le moment, les rares fois où j’ai rencontré des sirènes. Tu as bien fait de le choisir, il est complet. Malheureusement, on ne peut pas le sortir… Enfin, ce n’est pas comme si c’était l’ouvrage le plus consulté de la bibliothèque. »

Elle rit tout doucement, lançant un regard faussement accusateur à Alvin, un fin sourire ne quittant pas le coin de ses lèvres.

« C’est ce que je pensais quand je suis arrivée devant le rayon mais visiblement, il faudra que je partage ce livre avec quelqu’un d’autre maintenant. »

Aurora ponctua sa phrase d’un petit clin d’œil pour montrer au Gallois qu’elle ne faisait que le taquiner puis jeta un coup d’œil au livre, retirant lentement sa main du papier qu’elle recouvrait. Elle laissa son regard de saphir scruter les mots et hocha doucement la tête ; il était tout de même vachement avancé, cela devait faire un moment qu’il était ici à lire. Un petit élan de fierté s’empara d’elle ; c’était presque flatteur de savoir qu’il s’intéressait tant à cette langue qu’elle tenait elle-même si près de son cœur. Partager sa passion avec quelqu’un d’autre lui faisait immensément plaisir, surtout si elle s’entendait déjà très bien avec cette personne.

« Justement… J’étais venue relire le dernier chapitre du livre et j’avais comme projet de retourner à la rivière sous-terraine pour me pratiquer. » La belle jeta un coup d’œil à son sac puis reporta son attention sur Alvin, à qui elle sourit sincèrement. « J’ai mon bikini, mon essuie-main et, comble du hasard, deux branchiflores dans mon sac. Je suis allée m’en procurer quelques-unes comme je t’avais dit la dernière fois. »

Elle hésita un instant, fouillant le visage d’Alvin à la recherche d’une réponse non-dite. Elle espérait vraiment qu’il accepte.

« Peut-être voudrais-tu te joindre à moi? Enfin, ça dépend… Tu en es où dans ta lecture? Je ne veux pas te déranger non plus. Je suis juste… enthousiaste. »

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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Lun 27 Fév - 18:18

Discuter avec Aurora lui plaisait. Combien de fois lui avait-on demandé en quoi il étudiait pour ensuite écarquiller les yeux, se rappelant d’un hochement de tête qu’en effet, le monde magique ne se constituait pas seulement de sorciers, mais aussi de sirènes, de trolls, d’elfes et de centaures. Alvin rappelait aux gens l’existence des gobelins de Gringotts, ravivait l’Histoire des géants et tous ces autres peuples magiques si faciles à oublier, ou à ignorer. Les sorciers priorisaient l’apprentissage des langues humaines à celles des autres communautés magiques. Aurora parlait deux fois plus de langues que lui, dont le langage des sirènes auquel il s’intéressait depuis quelques temps. Savoir qu’il avait mis la main sur un ouvrage complet sur le sujet le ravissait. Alvin rit à la remarque d’Aurora, discrètement pour ne pas faire trop de bruit et briser le silence d’or de la bibliothèque, affichant un air coupable, la laissant regarder la page où il avait arrêté sa lecture. Partager ne lui avait jamais semblé aussi agréable. Elle lui avoua son projet de retourner à la rivière souterraine tenter un nouveau contact avec les êtres de l’eau. Alvin dissimula son envie de l’accompagner, ne voulant pas s’imposer, mais l’invitation d’Aurora tomba, et il ne vit plus nécessaire de cacher plus longtemps le plaisir qu’il prenait d’avance à réitérer l’expérience avec elle.

« Laisse-moi aller ranger le livre et je suis prêt. »

Bondissant de sa chaise, Alvin referma le livre qu’il s’empressa de remettre sur son étagère dans le rayon des ouvrages de référence linguistique. Il revint vers Aurora qui l’attendait debout devant la table de travail, prête à l’aventure.

« On y va ? »

Sans plus attendre, ils quittèrent la bibliothèque, longeant le couloir du premier étage en discutant des techniques de prononciations de la langue des sirènes. Alvin lui demanda ce que contenait le dernier chapitre du livre, écoutant sa réponse avec la plus grande attention. La passion animait leur conversation. Ils descendaient machinalement l’escalier menant au rez-de-chaussée sans se quitter du regard, acquiesçant à tour de rôle aux dires de l’autre.

« Tu sais, j’ai lu qu’il y avait même moyen de se transformer en sirène avec la potion de polymorphe, tu imagines ? Sauf qu’il n’est pas recommandé de l’utiliser à cause des risques de noyade, la durée de la potion varie d’un individu à l’autre. Même avec de la branchiflore à portée de main, le temps que les effets de la potion s’atténuent et que ceux de l’herbe fassent effet… Enfin, les profondeurs sont à éviter. C’est d’autant plus risqué de se présenter devant elles sous la forme d’un de leurs semblables, elles n’apprécient pas du tout la supercherie… Dommage. J’aurais tout de même envie d’essayer la potion. Tu le ferais, toi ? »

Ils atteignirent les sous-sols, l’air humide et le peu de clarté envahissant les lieux le confirmant. Alvin retira son pull de laine, suivit du t-shirt qu’il portait en-dessous, regardant avidement les ondulations de la rivière devant ses yeux, tout près. Après avoir retiré ses chaussures, il remonta le bas de son pantalon brun foncé jusqu’à ses genoux. Contrairement à Aurora, il n’avait pas prévu son expédition à la rivière souterraine alors il s’improvisait un maillot avec les moyens du bord. Alvin quitta ses vêtements hâtivement pliés sur la dernière marche, avançant pieds nus vers la rivière, s’accroupissant, un genou au sol. Il passa sa main dans l’eau, leva les yeux vers Aurora, feignant de l’éclabousser en riant.

« Viens, elle est bonne. »

Alvin s’assied sur le rebord, y trempa les jambes, son regard suivant le courant jusqu’à la herse où, en arrière plan, le soleil grimpait lentement dans le ciel bleu clair de l’avant-midi. Il se retourna vers Aurora, prit la branchiflore qu’elle lui tendait et l’avala, frissonnant au contact visqueux de l’algue contre son palais.

« Peu importe le nombre de fois que j’en prends, c’est toujours aussi dégoûtant. »

Une fois la grimace passée, il attendit que la plante descende dans son estomac, retrouvant son sourire. Alvin agita les jambes dans l’eau, scrutant la peau entre ses orteils devenir palmée, comme les pattes d’une grenouille. Ses mains subirent la même transformation, puis sa gorge dont la peau s’ouvrit pour former des branchies. Il fit signe à Aurora de le retrouver sous l’eau, se donna un élan de ses deux bras et sauta dans la rivière.
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Aurora Bianchi
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Mar 28 Fév - 5:51

Elle n’eut le temps de douter que quelques secondes. À peine son invitation lancée, Alvin lui répondait d’un regard pétillant et d’un sourire sincère. L’Italienne souffla doucement, de soulagement, puis hocha la tête à ce que son ami dit, se levant de son siège un court instant après lui. Elle jeta un dernier coup d’œil à l’intérieur de son sac, vérifiant qu’elle avait bel et bien ce dont elle aurait besoin, puis leva les yeux vers le Gallois lorsqu’il revint dans sa direction. Elle répondit à la question du Dorelly d’un sourire éclatant puis, sans plus un mot, ils se mirent en direction de la sortie. La jeune femme s’excusa à la bibliothécaire pour le bruit de ses talons d’un regard désolé et passa le plus rapidement possible la grande porte de bois. Elle échangea un regard complice avec son ami, se justifiant d’une excuse pitoyable, du genre qu’elle n’avait rien d’autre à se mettre dans les pieds, puis continua la discussion où ils l’avaient laissés en se dirigeant vers la rivière sous-terraine, chemin qu’elle connaissait maintenant plutôt bien. C’était tellement rafraîchissant de parler de cette langue avec quelqu’un qui s’y intéressait vraiment! On ne comprenait pas la complexité et le charme de ce langage, on le mettait de côté en général. Mais lorsqu’on s’y attardait ne serait-ce qu’on peut, on pouvait réaliser à quel point le langage des êtres de l’eau avait beaucoup de choses à offrir. Bon, ce n’était pas à la disposition de tout le monde que de mettre cela en pratique. Mais c’est bien là que la passion entrait en jeu. Et Alvin l’avait, comme elle.

Le chemin pour se rendre aux sous-sols avait semblé beaucoup plus court à la jeune femme. Il lui semblait que la discussion aurait pu ne jamais se terminer ! Elle informa Alvin du contenu du dernier chapitre du livre – qui était en fait un mini guide d’éthique sur le savoir-vivre chez les sirènes pour les gens qui voudraient interagir avec eux – et lui en fit un petit résumé rapide; Salutations d’usage, ne pas sourire – montrer les dents étant un signe d’agressivité chez elles -, signes respectueux… Et lui, il absorbait tout, réellement intéressé. Cela la fit sourire. Le Gallois lui posa ensuite une question dont, franchement, elle ne connaissait pas exactement la réponse. La belle leva les yeux vers le plafond un instant, pensive :


« Quelque chose en moi voudrait tenter l’expérience, c’est certain… Mais je crois que j’ai trop de respect pour eux et que, même si j’arrivais à maîtriser leur langage à la perfection, j’aurais peur de me mettre les pieds dans les plats. Elles finiraient par remarquer la tromperie, elles sont très intelligentes et vives. Et franchement, je n’aurais pas envie de me frotter à une sirène pour lui piquer un cheveu ou une écaille. Quoique, j’ai un cheveu de sirène dans ma baguette, tiens… »

Elle rit un peu à l’idée mais la chassa d’un bref secouement de la tête. Non, elle tenait à sa baguette. C’est en arrivant à la rivière sous-terraine qu’Aurora réalisa qu’en fait, elle n’était pas changée encore, de son côté. Son bikini était dans son sac, pas sur elle. Elle se mordilla doucement la lèvre du bas – non sans regarder un peu Alvin qui terminait d’enlever son t-shirt - puis s’approcha un peu de lui pour lui tapoter l’épaule. Elle lui indiqua poliment qu’elle se changerait dans les escaliers, sous-entendant que s’il ne voulait pas la voir nue, qu’il ne se décide pas à remonter les escaliers à ce moment-là, puis, après avoir laissé ses souliers à talons hauts sur le bord de l’eau, se sauva en vitesse dans un coin des marches. Coin stratégique, où elle pouvait entendre quelqu’un venir des deux côtés mais où on ne la voyait pas avant d’arriver vis-à-vis elle. Elle abaissa la fermeture éclair de sa robe et la fit glisser contre son corps. Être en sous-vêtements, ça allait encore, l’étape délicate était à venir. Elle pris le temps de plier sa robe et de sortir son maillot puis, en dix secondes à peine, retira son soutien-gorge et sa petite culotte puis enfila le bikini (Celui-ci). Elle s’assura que tout soit bien ajusté et noué puis redescendit les escaliers en posant son sac sur le sol, souriant à Alvin qui accroupit au bord de l’eau. La jeune femme le détailla un instant – discrètement -; depuis qu'elle était arrivée, elle lui avait toujours trouvé quelque chose d'attirant, comme un sex-appeal subtil, caché, qui donnait juste envie d'en savoir plus. La Plumentine sortit de sa torpeur d'un clignement des yeux puis se pencha vers son sac pour en sortir les deux branchiflores. Aurora s’approcha de lui de quelques pas, tira la langue dans sa direction lorsqu’il fit mine de l’éclabousser, puis lui tendit l’algue et lui fit un clin d’œil taquin avant d’avaler la sienne d’un coup.

« Eurk, tu as raison, c’est toujours aussi dégoûtant », dit-elle en frissonnant de dégoût.

La brunette profita du court délai avant que la plante ne fasse effet pour défaire sa coiffure, relâchant ses longs cheveux ondulés sur ses épaules et lançant ses barrettes sur son sac. Elle profita du fait qu’elle avait encore sa baguette dans ses mains pour protéger son maquillage d’un sortilège et, alors qu’elle lançait celle-ci avec ses affaires aussi, elle sentit ses doigts coller ensemble de même que ses orteils. Un regard vers Alvin lui indiqua qu’il était prêt aussi et, peu après qu’il se soit jeté dans l’eau, elle s’avança au bord et plongea dans l’eau rafraîchissante, sa peau se crispant légèrement à cause du choc.

Elle adorait plonger. Elle ne comprenait pas ses gens qui se glissaient tout doucement à l’eau, un centimètre à la fois. Ce n’était pas la façon de faire. Il fallait se jeter à l’eau et se laisser surprendre. L’Italienne ouvrit les yeux une fois qu’elle fut complètement immergée et croisa le regard d’Alvin, lui esquissant un doux sourire avant de nager un peu autour. D’humeur joueuse, elle fit quelques figures et vrilles – fallait bien profiter de ses extrémités palmées – puis s’arrêta juste devant le jeune homme. En prenant bien soin de prononcer, la demoiselle commença tout de suite à lui parler dans le langage des sirènes, le doux chant mélodieux mais structuré que cela formait se diffusant dans l’eau claire. Elle lui demandait tout simplement s’il y avait quelque chose en particulier qu’il voulait pratiquer ou s’il avait des questions. Aurora avait confiance qu’il comprendrait.


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Alvin Wenlock
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Dim 4 Mar - 18:17

Une séduisante jeune femme se déshabillait derrière lui et Alvin ne se retournait pas. Plusieurs diraient qu’il ne savait pas saisir les opportunités lorsqu’elles se présentaient à lui tandis que d’autres, comme Ian, tendaient à sourire face à ce comportement si passif chez Alvin. Ce dernier rétorquait d’un ton sérieux qu’il s’agissait de respect, rien de moins. Quelle sorte d’homme serait-il s’il osait espionner une femme à son insu en train de se changer ? Non, non et non. Ses réactions faisaient rire son meilleur ami qui cherchait parfois à le décoincer, mais en vain. Alvin n’avait cependant aucun problème à aborder une inconnue dans un bar et à lui offrir un verre. Faire preuve d’audace envers une étrangère qu’il ne reverrait plus une fois la nuit passée ne l’engageait à rien. Dans le cas des amies et des connaissances, la donne changeait, et il n’osait pas. Finir dans le lit de l’autre n’était pas le but de la relation, et beaucoup trop d’amitiés étaient gâchées de cette manière pour qu’Alvin s’y risque. Quant à ses rapports avec le sexe opposé, il se désintéressait des histoires d’amour. Il en avait toujours été ainsi, Alvin ne voulait pas sortir avec une fille, il préférait de loin une escapade d’une nuit avec une femme qui disparaitrait de sa vie dès l’aube levée.

Mais en ce moment, il n’y avait rien de tout ça, rien du tout. Les yeux clos, Alvin laissait son corps piquer dans l’eau, les bras levés de chaque côté de sa tête, ses oreilles captant chaque vibration sourde autour de lui. Il s’accoutuma rapidement à la température de la rivière, battant des bras pour ne pas s’enfoncer plus creux, pas tout de suite. Il cligna des yeux, rouvrit les paupières. Sa vue s’adapta, les derniers effets de la branchiflore s’effectuant. Les formes flous devinrent plus claires, lui permettant de distinguer davantage que la simple silhouette d’Aurora. Leurs regards se croisèrent, et en réponse au sourire de la jeune femme, Alvin en fit tout autant, jaugeant ensuite la profondeur à laquelle ils se trouvaient, levant le menton vers la surface. Alvin gardait à l.’esprit que dans une heure, la magie de l’algue n’aurait plus aucune emprise sur eux. Une volée de bulles d’airs sur sa droite ramena son attention sur Aurora. Elle bougeait aussi aisément qu’un dauphin, exécutant joyeusement des vrilles en fendant l’eau de ses membres palmés, se régalant de chaque vague. Frappé par tant de spontanéité, il se rappela le don de métamorphomagie d’Aurora. Tant de naturel émanant de chacun de ses gestes pouvait-il s’expliquer par toutes les formes qu’elle pouvait revêtir à volonté ? Alvin lui sourit lorsqu’elle s’arrêta devant lui, tendant l’oreille pour écouter son chant.


« Discuter ? »

S’entraîner à la conversation, mettre en place les accords, le temps des verbes, l’ordre des mots. Alvin voulait parler pour mettre en pratique ce qu’il avait apprit de ses lectures. Il attendit l’approbation d’Aurora avant de poursuivre. Il déglutit, passant sa langue contre son palais, prêt à articuler plus d’un mot chanté.

« Est-ce que tu pourrais utiliser ta métamorphomagie pour te transformer en sirène ? »

Alvin n’y avait pas songé lors de leur discussion précédant leur arrivée aux sous-sols. Est-ce que la possibilité qu’elle en soit capable existait ? Ses yeux pairs se posèrent sur les pieds d’Aurora. Il imaginait les talons se coller l’un contre l’autre, formant une fine nageoire argentée recouverte d’écailles brillantes. Son regard remonta le long de ses jambes jusqu’à sa taille, un sourire se formant aux coins de ses lèvres à l’image qu’il se faisait d’Aurora en sirène. Croisant à nouveau les yeux de la belle italienne, Alvin détourna la tête. Bon sang, qu’était-il en train de faire ?! Il se gifla mentalement, relevant la tête vers Aurora, faisant abstraction de la dernière minute.

« D’où la voix doit-elle venir ? »

Le son harmonieux de sa propre voix de ténor résonnant en écho autour d’eux le surprit. Celle d’Aurora lui paraissait plus claire que la sienne. Alvin pressa la paume de sa main palmée sur sa gorge, se demandant s’il devait utiliser une autre technique supplémentaire pour obtenir un meilleur résultat, persuadé que les cordes vocales à elles seules ne suffisaient pas. Impossible d’inspirer une bouffée d’air, alors qu’avait-il oublié ? Il soutenait le regard ambré d’Aurora, entouré de ses longs cheveux brun foncé ondulant autour de son visage au rythme du courant de la rivière, avec une hâte non dissimulée de l’entendre chanter à nouveau, prenant d’avance plaisir à décoder ce qu’elle lui dirait. Il concentra toute son attention sur la réponse d'Aurora, sa mauvaise oreille du monde aquatique confondant le battement sec d'une vague à plusieurs mètres sous eux par tous les autres bruits sous-marins environnant.
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Aurora Bianchi
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Lun 5 Mar - 6:28

Il y avait quelque chose d’incroyablement apaisant à se retrouver complètement submergé dans l’eau. Certaines personnes se voyaient angoissés par les sensations que procuraient une baignade, mais pas Aurora. C’était tout plein de choses à la fois. La sensation du liquide clair qui enveloppait délicatement son corps en entier, comme l’aurait fait une grosse couverture lorsque l’on était enfant. Chaque centimètre de sa peau stimulé par les agréables picotements du froid, donnant l’illusion d’un réveil après une nuit reposante. Les caresses subtiles des ondulations de l’eau contre ses cheveux ou sa joue, comme l’auraient fait des doigts. Le filtre épais qui recouvrait ses oreilles; bruits sourds, apaisants, comme une berceuse qu’on nous chante, la tête appuyée sur un torse ou une poitrine. Entendre son propre cœur battre contre ses tympans, le rythme de sa respiration. On prenait pleine conscience de son corps, lorsqu’on s’y attardait. Comme si on s’assurait d’être réellement vivant. Et peut-être qu’il y avait quelque chose dans cette activité, dans cette silencieuse méditation, qui calmait plus spécifiquement l’Italienne. La forme de son corps n’était que superficielle, comme la couleur de ses yeux, ou la courbe de son nez. Peu importe l’apparence qu’elle décidait de prendre, elle restait, au fond, la même personne. La jeune femme s’était perdue dans son don, avant, et apprenait tout juste à accepter qu’elle pouvait être attachante même sans s’en servir. Ce qu’il lui restait à comprendre, et dont elle prit un peu conscience alors que les palmes de ses mains battaient aisément dans la rivière, c’était qu’elle pouvait prendre n’importe quelle apparence et restait intègre et sincère avec elle-même. Suffisait de croire en elle-même un peu plus.

Le chant d’Alvin parvint à ses oreilles, et la jeune femme ne put s’empêcher de lui sourire largement, ses yeux pétillants de joie et, elle devait l’admettre, de fierté. Aurora savait très bien que le Gallois avait un certain talent pour l’apprentissage des langues. Peut-être pas tout à fait autant qu’elle, mais c’était tout de même admirable en soi qu’il parle le Gobelin, langue qu’elle avait tenté d’apprendre sans grand succès. Mais son progrès était impressionnant. Ils n’étaient descendus à la rivière sous-terraine qu’une seule fois avant ce matin. Quelques mots avaient été appris, la base de la technique, mais sans plus. Était-il revenu se pratiquer sans elle? Peu probable, il l’aurait sans doute averti. Après tout, il était arrivé quelques fois qu’ils partagent un verre, ou encore un petit déjeuner. Avait-il tant révisé la théorie qu’il serait capable de tenir une conversation sans grande pratique? Elle avait bien hâte de l’apprendre.


« C’est une bonne idée, si tu te sens capable de le faire. Si tu as des questions, n’hésite pas. », dit-elle dans le langage des êtres de l’eau, le chant se diffusant dans l’eau calme.

Elle le regarda se préparer et sourit en coin; c’était toujours difficile au début de maîtriser la phonétique et tous les mouvements de la bouche, des lèvres et de la gorge impliqués dans l’élaboration d’un chant magique complexe. Les sons n’étaient pas du tout dans le même registre sonore que la plupart des langues moldues mais, étonnement, si on se laissait aller dans l’apprentissage et si on poussait en lisant bien les conseils laissés dans, entre autres, le livre que le jeune homme consultait le matin même, ça se faisait très bien. C’est ainsi qu’elle avait appris et c’est ainsi qu’elle l’avait montré à Alvin. Et ils avaient les branchiflores pour les aider; même si cela se faisait sans, comme elle lui avait montré au tout début de leur première exploration de la rivière, c’était beaucoup plus facile lorsqu’il était possible de respirer sous l’eau grâce aux branchies. D’ailleurs, celles-ci étaient aussi impliquées dans la prononciation, elles permettaient de raffiner le son afin de le rendre d’autant plus crédible, même si ça ne pouvait jamais vraiment être identique au chant d’une vraie sirène. Parlant de sirène… La question que lui posa son ami la pris un peu de court. À la fois parce qu’elle n’y avait pas pensé que parce qu’elle se demandait pourquoi est-ce qu’elle n’y avait pas pensé d’abord. Pouvait-elle utiliser sa métamorphomagie pour prendre l’apparence d’une sirène. Elle leva les yeux vers la surface, pensive, puis parla, assez lentement pour qu’il saisisse tout et assez rapidement pour qu’il soit attentif :


« Je ne suis pas certaine, en fait. Il faudrait que j’essaie, mais j’ai l’impression que si je suis capable, je risque de ressembler un peu plus à une sirène comme les moldus les représentent que ce qu’elles sont pour nous. Simplement parce que je ne peux pas modifier mes traits au point de devenir autre chose qu’humanoïde. Tu saisis? Mais je vais essayer. Tu m’as rendu curieuse. »

La demoiselle ponctua sa phrase d’un petit clin d’œil discret – ayant remarqué l’air qu’il lui jetait en traçant la courbe de sa jambe de ses yeux - puis se recula un peu de quelques battements de ses pieds. Elle se stabilisa dans l’eau en bougeant lentement mais constamment ses mains et ses bras puis, finalement, ferma les yeux et les serra, se concentrant attentivement. Visualisation d’une transformation probable, déplacement de son énergie et… elle sentit la peau entre ses deux jambes chatouiller doucement. La transformation s’effectuait sans qu’elle ne puisse la voir – elle était plus longue que ses autres métamorphoses et si elle ouvrait les yeux, la concentration serait brisée. L’Italienne sut qu’elle sa transformation simplement en sentant la morphologie changer. Ses deux jambes se fermèrent un peu rudement et se scellèrent, la peau entre elles s’épaississant et se fusionnant. Du haut de ses cuisses jusqu’à ses genoux, puis ses mollets, jusqu’à ce que ses talons deviennent inséparables. Ses pieds s’étirèrent, s’allongèrent en se palmant davantage pour former le bout de ce qui ressemblait de plus en plus à une queue. De l’extérieur, on pouvait voir ressortir sur sa peau des milliers de petites écailles scintillantes, argentées, blanches, et beige orangés. Les écailles s’étendirent du bout de sa queue jusqu’à ses hanches, montant même un peu le long de son ventre pour s’arrêter juste en dessous de son nombril. D’autres écailles, des mêmes teintes, montèrent de ses doigts palmés, le long de ses bras, jusqu’au haut de son dos et à sa nuque. Celles-ci, cependant, étaient beaucoup plus éparpillées que celles sur la queue, comme pour servir de démarcation plutôt que par utilité, le reste de son corps, cependant, demeura inchangé.

La belle ouvrit les yeux en entendant Alvin lui poser une question. Elle s’approcha de quelques mouvements d’ondulation de son corps et de son ventre, pris quelques secondes pour se regarder avec un sourire aux lèvres puis posa ses deux mains sur le torse d’Alvin, au niveau de ses poumons. Aurora lui sourit, frictionnant doucement ses côtes du bout de ses doigts sans le quitter des yeux.


« Travaille tes poumons, visualise-les qui se gonflent et s’affaissent au lieu de te concentrer sur ta gorge. Je pense que c’est le seul problème au niveau de ta technique générale. Si tu veux mon avis, je suis vraiment impressionnée! Tu es venu te pratiquer en secret – petit cachotier – ou bien tu es juste très doué en application de – »

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’on venait tirer et pincer le bout de sa queue. La belle la claqua dans l’eau par réflexe, mais on répondit en la tirant encore plus fort, lui arrachant une petite plainte de douleur. Quand elle baissa les yeux, elle ne vit rien. Que du mouvement plus en profondeur.

« Alvin…? »

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Alvin Wenlock
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Mer 14 Mar - 18:34

La facilité d’apprendre d’Alvin lui permettait d’aimer lire et étudier. Il entretenait le cliché qu’on se faisait de lui, l’intellectuel lisant à l’ombre d’un arbre le temps d’un après-midi, traînant toujours un livre au fond d’une poche. Les heures passées à la bibliothèque ne se comptaient plus depuis bien longtemps. Certains se choquaient parfois de le croiser sans lunettes au coin d’un couloir. Alvin ne retirait néanmoins qu’une mince fierté de son savoir accumulé. Bébé, il apprit à marcher avant sa jumelle, laissant malgré lui cette dernière à la traîne. Si Arth devait mettre deux fois plus de temps que son frère pour arriver au même résultat, ce dernier se faisait un devoir de l’aider. Cette habitude fit naître en lui l’envie de faire sa part pour le monde, aspirant à mieux. Le langage des sirènes n’échappait pas à son ambition. Son désir de communiquer avec les peuples magiques était tel qu’il accorda une attention toute particulière à sa lecture du dialecte des Êtres de l’eau de la même façon qu’il retint les conseils d’Aurora. Sa prononciation du chant lui faisait l’effet d’un grave babillage incertain, une suite saccadée de mots qu’il devrait retravailler jusqu’à ce qu’ils coulent de source, flottent, s’élèvent avec harmonie. Parlant de s’élever, suivant les instructions que venait de lui indiquer d’Aurora, Alvin remonta à la surface, intrigué. Qu’est-ce qui exigeait qu’elle lui parle de vive voix ?

« Tu vas essayer ? Vraiment ? »

Passer d’humaine en sirène. Était-ce réellement possible ? Alvin ne quitta pas Aurora des yeux, agitant lentement ses bras afin de se maintenir en équilibre la tête au-dessus de l’eau. Elle le rendait curieux à son tour, presque inquiet puisqu’il s’agissait d’une première tentative de métamorphose qui pouvait échouer ou pire, mal tourner. Il doutait aussi que la transformation en créature soit complète. Le regard captivé, Alvin ne sourit que très brièvement au clin d’œil lancé par la jeune femme, guettant le moindre changement dans son apparence alors qu’elle fermait ses yeux pour se concentrer. Le silence s’installa, à peine dérangé par le bruit du courant. Alvin vit quelque chose bouger sous l’eau, en-dessous d’Aurora. Plongeant la tête sous les flots, il la vit, étincelante, bien réelle. La nageoire se mouvait au ralenti, faisant ondoyer mille et un reflets aussi chatoyants que l’intérieur lumineux d’un coquilllage. Les écailles s’étendaient partout sur la peau d’Aurora. Refaisant surface, Alvin croisa le regard de cette sirène comme on en décrit dans la mythologie moldue.

« … »

Les mots manquaient. Il sentit un engourdissement là où Aurora appuyait sur son torse, soutenant son regard, figé dans l’eau. Que disait-elle ? Visualiser quoi ? Incapable d’écouter, ne comprenant les mots que par bribes sans que ça le choque, Alvin baissa les yeux sur les épaules d’Aurora afin de poser un doigt sur une écaille. Hypnotisé par la magnificence de métamorphose, sa pensée échappait à son contrôle. Il n’y avait plus rien dans sa tête, uniquement le vide, la contemplation pure et simple. Seuls ses yeux parlaient, impressionnés, admiratifs, puis clignant soudain, son prénom dans la voix d’Aurora le ramenant à la réalité. Par son ton, il comprit que quelque chose n’allait pas.

« C’est la métamorphose ? Qu’est-ce qu’il y a ? C’est… »

…Dans l’eau ? On venait de lui frôler la cheville, il l’avait senti. Alvin fit signe à Aurora qu’ils n’étaient plus seuls. À quoi avaient-ils affaire ? Les calmars géants fréquentaient les profondeurs, et le lac dans lequel la rivière s’écoulait ne contenait ni requins ni monstre marin. Disparaissant sous l’eau, Alvin écarquilla les yeux, scrutant le fond. Leur chant pouvait-il avoir réveillé une créature marine dangereuse ? S’enfonçant plus creux, là où le courant était plus froid, il poussa les algues de ses mains palmées. Son geste effraya un animal s'y cachant, un strangulot peut-être, car rien de trop massif n’aurait jamais pu se camoufler dans le champ de goémons. Résigné, Alvin abandonna sa recherche quand tout-à-coup, se retournant, il croisa une horrible paire d’yeux jaunes vitreux, et malgré l’absence de sourcils, Alvin parvint clairement à y détecter de la colère. Trop surprit pour crier, il resta sur place, ne voulant pas brusquer les deux merrows. Leurs cheveux hirsutes se mouvaient autour de leur tête comme les serpents sur celle d’une méduse. Alvin leva les mains en signe de non-agressivité, s’excusant dans la langue des sirènes. L’une d’elle cria, pointant un trident menaçant devant le ventre du jeune gallois, la seconde pestiférant à une vitesse folle. Alvin ne saisissait aucun mot, ne comprenant que leur indignation. Il tenta de calmer les esprits, mais avant qu’il ne puisse terminer sa phrase, la sirène au trident lui asséna un coup de fourche qu’il évita de justesse. Les hostilités lancées, Alvin consentit à ne pas s’attarder en pourparlers, remontant à la surface, poursuivit par les deux Êtres de l’eau.

« Aurora, sors de la rivière ! Les sirènes, elles sont en colère, sors, vite ! »

Sous l’influence de l’adrénaline, Alvin arriva le premier sur le rebord. Il s’y hissa, émergeant de l’eau, attrapant la main d’Aurora pour la tirer hors de danger. Une fois sur la terre ferme, on ne les suivrait pas. Il se laissa tomber sur le dos avec Aurora, essoufflé par la course, une flaque d'eau se formant par terre autour de leurs deux corps trempés. Soulagé, Alvin éclata de rire, ses muscles se relâchant sous l'effet rassurant de sécurité.

« C’était moins une… »

Il reprit son souffle, les branchies disparaissant dans son cou, baissant la tête vers Aurora.

« Tu vas bien ? Tu n’as rien ? Tu… es encore sirène... »
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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Jeu 15 Mar - 1:35

La belle n’eut malheureusement pas le temps de profiter de l’admiration de la part de son ami. Apparemment, le charme des sirènes faisait son effet même lorsqu’on n’en était pas vraiment une. Ou était-ce son charme à elle, doublé d’émerveillement, qui faisait son effet sur le Gallois? Pas le temps de s’y attarder. Une main palmée aux bouts légèrement griffés s’était accrochée à la nageoire scintillante de sa queue de poisson et l’avait légèrement tirée vers le bas. Elle s’était exclamé légèrement, d’un petit cri discret, et avait, par réflexe, appelé le nom de son ami. Elle le regarda dans les yeux, l’air soucieux et inquiet. Peut-être avait-il aperçu quelque chose, lui? Elle n’en savait trop rien. Ses yeux d’un bleu glacé n’avaient perçu que les ondulations de l’eau alors que quelque chose nageait rapidement vers le bas. Le Dorelly perçu rapidement son inquiétude et lui posa aussitôt plusieurs questions, auxquelles elle n’eut pas le temps de répondre; le jeune homme s’arrêta au beau milieu d’une phrase, visiblement surpris par quelque chose. Encore une fois, la créature mystérieuse échappa au regard pourtant alerte de l’Italienne et elle souffla un juron dans sa langue natale. C’est à ce moment-là qu’Alvin lui signala qu’ils n’étaient pas seuls. Une réplique sarcastique lui chatouilla les lèvres, mais elle ne dit rien, ce n’était peut-être pas le temps de jouer la carte de l’humour.

La jeune femme ne se proposa même pas pour aller voir ce qui se trouvait en bas-là, et à vrai dire elle ne tenait pas à ce qu’Alvin y aille non plus. Mais il plongea, évidemment, parce qu’il était curieux. Elle, pour sa part, resta à la surface, le regard posé sur la silhouette d’Alvin qui disparaissait dans la noirceur des profondeurs. La belle se mordilla légèrement la lèvre inférieure, n’arrivant pas à dissimuler l’inquiétude qui grandissait en elle au fil des minutes qui passait. Histoire de se détendre, elle profita de la nouvelle forme qu’avait prise son corps pour nager habilement. La force de sa queue l’étonnait. Aurora plongea dans l’eau, restant près de la surface, et s’amusa à faire quelques figures, démarquant des virages habiles avec une vitesse étonnante. Elle rit doucement, heureuse de s’être découvert cette nouvelle capacité – en se demandant un autre fois pourquoi elle n’y avait pas pensé avant, pardi! – puis remonta lentement à la surface, ses poumons se réactivant naturellement. Et alors qu’elle jetait un autre coup d’œil à la noirceur au fond de l’eau, elle aperçut son ami qui remontait à une vitesse étonnante, voir inquiétante. La panique dans ses yeux ne mentait pas; il se passait définitivement quelque chose de potentiellement dangereux.

L’Italienne fronça les sourcils et se dégagea un peu pour le laisser remonter. C’est à cet instant-là seulement qu’elle remarqua les deux Êtres de l’eau qui le talonnaient, un air de fureur au creux de leurs yeux jaunâtres. Elle n’attendit même pas les mots d’Alvin pour se rendre près du bord. Elle tenta de se hisser sur le bord alors que son ami lui priait de sortir mais la texture gluante des écailles qu’elle avait aux mains glissaient sur la pierre lisse. La brunette soupira, exaspérée, puis leva les yeux vers le jeune homme lorsque lui réussit. L’Italienne attrapa sa main, le remerciant d’un sourire, et se propulsa d’un solide coup de nageoire dans l’eau. Ce qui était normalement ses fesses vint se poser sur la pierre froide et le haut de son corps chut sur le sol. La belle souffla de soulagement, ses deux mains posées sur son ventre alors qu’elle relaxait sa respiration d’un rire nerveux. Décidément…

Aurora plongea son regard d’azur dans celui, pair, d’Alvin et lui sourit sincèrement, secoua légèrement la tête :


« T’en fais pas. Celle qui est venue tirer sur ma nageoire me l’a juste un peu grafigné, ça ne fait pas très mal. Avec un peu de chance il n’en paraîtra rien quand je vais me retransformer. »

La jeune femme rit doucement en entendant le ton de la voix d’Alvin changer lorsqu’il remarqua qu’elle était toujours sous sa forme aquatique et le regarda avec un peu plus d’insistance . C’était plutôt agréable, de voir son regard s’attarder ainsi sur elle, de sentir qu’il la trouvait belle. Jouant davantage son rôle, l’Italienne vint se hisser sur ses coudes et, dans un mouvement fluide et gracieux, vint se retourner de façon à ce que son ventre touche le sol. Elle resta sur ses coudes, son regard toujours presque ardemment ancré dans celui du Gallois. Le bas de son corps ondulait régulièrement, sa queue brillante montant et descendant, pointant parfois vers le plafond et descendant aussi jusqu’à effleurer la surface du liquide clair. Elle leva l’une de ses mains et la passa brièvement derrière sa tête pour rassembler sa chevelure sur une seule épaule. L’air presque innocent, si ce n’était qu’elle passa sa langue sur ses lèvres et qu’elle vint mordiller celle du bas, elle commença à tresser sa chevelure foncée en une natte.

« Merci de m’avoir sauvé, beau prince gallois… », minauda-t-elle en jouant du bout de ses doigts avec sa tresse.

L’Italienne garda ce même air franchement séducteur au visage durant quelques secondes encore puis, ne pouvant plus se retenir, elle rit sincèrement, son visage retrouvant ses traits joueurs et enfantins. Elle secoua légèrement la tête, calmant son rire puis dit :


« Pardon, c’était plus fort que moi! J’espère ne pas t’avoir fait trop peur, mon pauvre. »

Aurora lui sourit presque timidement puis le lâcha des yeux pour les fermer. Elle se concentra, inspira profondément puis, progressivement, la transformation s’inversa. Ses jambes se décollèrent, les nageoires disparurent, les écailles s’enfoncèrent lentement dans sa peau redevenue beige et les démarcations de ses muscles et ses orteils réapparurent. Elle agita doucement les pieds, sépara ses jambes puis ouvrit les yeux. Un coup d’œil derrière elle lui indiqua qu’elle avait retrouvé son anatomie humaine, et son bikini, toujours bien solidement noué sur ses hanches. L’Italienne sourit doucement puis se leva sur ses pieds, remarquant une petite douleur sur le côté du droit. Elle fronça les sourcils et vit une petite plaie, longue mais peu profonde, qui s’étendait de son talon jusqu’à juste sous son petit orteil. Mais Aurora n’y porta pas plus d’attention que ça et leva les yeux pour rencontrer ceux d’Alvin, qui s’était redressé aussi.

« Je pense qu’on devrait peut-être s’informer un peu plus sur leurs mœurs et coutumes avant de retenter l’expérience, qu’en dis-tu? », dit-elle en s’approchant de son sac pour venir trouver sa serviette, avec laquelle elle se sécha, et sa robe qu’elle enfila par-dessus son maillot.

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MessageSujet: Re: Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]   Mer 28 Mar - 17:10

Elle n’était pas blessée, c’était l’essentiel. Plus de peur que de mal pour tous les deux, et c’était tant mieux. Dans le cas contraire, Alvin s’en serait voulu, la suggestion d’utiliser la métamorphomagie venant de lui. Il se redressa sur les coudes, la peau palmée entre ses doigts disparaissant peu à peu, comme si elle fondait pour se mêler l’eau. De même, son sourire s’estompa graduellement, le regard d’Aurora l’incitant à redevenir plus sérieux. Il replia la jambe se situant près de la nageoire d’Aurora, la ramenant vers lui, ne voulant pas effleurer l’égratignure par inadvertance, ni aucune autre écaille. Alvin entama ensuite un mouvement de recul lorsque la jeune femme bougea à côté de lui, conscient de s’être trahi à travers son étonnement. Aurora ne s’en formalisa pas, agitant doucement la queue qui se balançait de haut en bas, comme si de rien n’était, ses doigts venant chercher ses cheveux mouillés dont elle fit une natte d’où s’égouttèrent un faible quantité d’eau. Ce ne fut que lorsqu’elle parla qu’il comprit qu’elle plaisantait, faisant exprès de le taquiner. Intimidé par la sensualité dégagée par les gestes d’Aurora, Alvin ne parvint pas à rire avec elle. Le remarquant, cette dernière s’excusa auprès de lui pour sa blague. Alvin détendit aussitôt les muscles de son visage. Misère, quelle tête devait-il faire si elle parlait de lui avoir fait peur ?

« Tu m’as surpris, c’est tout. »

Il risqua un sourire rassurant, sans savoir s’il le faisait pour elle, ou pour lui. Alvin appréciait beaucoup Aurora, pour le peu qu’il la connaissait, mais ne savait pas tout d’elle. Ce n’était pas un mal, puisqu’il prenait plaisir à apprendre à connaître les gens au rythme de chaque rencontre. Celle d’aujourd’hui lui permettait de mieux cerner la gestuelle italienne qu’au début il trouva trop familière, mais l’université recelait d’étudiants venant de partout dans le monde. Chacun apportait son bagage personnel, les mœurs de son pays ou de sa classe sociale, ses pensées, ses idées. Alvin s’y adaptait comme il s’habituait à Aurora. Elle lui donnait envie de découvrir l’Italie, de redoubler d’effort pour apprendre la langue des sirènes. Il se releva, souriant devant la magie de la métamorphose qui la retransforma en humaine. Le phénomène était réellement fascinant à observer. Curieux don, que celui de la métamorphomagie. Alvin l’aida à se relever, le sol trempé n’ayant rien de confortable.

« Tu as raison. S’exercer à parler la langue dans une piscine serait plus avisé, je pense. »

À sa connaissance, il n’y avait pas de piscine au sein de l’université, mais avec un bon sortilège d’agrandissement, une baignoire pourrait faire l’affaire. Alvin se pencha au-dessus de l’escalier afin d’attraper ses vêtements, se rhabillant. Il se garda de remettre le pull en laine tricoté par sa sœur, peau mouillée et laine ne faisant pas bon ménage. Il prendrait une douche plus tard.

« Est-ce que tu veux toujours apprendre le gobelin ? »

Le pan de la robe d’Aurora tomba au-dessus de ses genoux, et Alvin attendit qu’elle se retourne vers lui. Elle acquiesça d’un sourire enthousiasme, et il lui demanda si elle avait de quoi écrire. Aurora fouilla dans son sac et lui tendit le nécessaire qu’il prit dans ses mains sous son regard interrogateur. Il lui rendit le tout après avoir écrit quelque chose dans le coin supérieur gauche d'une page du calepin.

« C’est l’adresse du loft. Si tu n’as rien de prévu le week-end prochain, tu pourrais passer. Je n’ai pas grand-chose à faire depuis qu’Arth est repartie au Pays-de-Galles, et Ian n’a pas vraiment le moral alors il reste au château. »

Résultat ; l’appartement était très vide, sans sa sœur et son meilleur ami. Le silence commençait à peser lourd entre les murs, de même que tout cet espace pour lui seul devenait gênant avec le temps. L’idée d’une soirée avec Aurora à étudier et discuter lui paraissait agréable. Entre le logement que lui seul occupait et la bibliothèque, le niveau de sociabilité d’Alvin se retrouvait au bas de l’échelle. Passer son temps libre à lire avait ses limites. Ainsi Aurora accepta l’offre d’un sourire, ce qui fit sourire Alvin en retour. Elle lui confirma qu’elle était libre samedi prochain, ce à quoi il hocha la tête. Il songeait déjà aux livres qu’il lui montrerait. D’ascendance moldue, Alvin possédait également un lecteur audio qu’il pourrait utiliser pour lui faire écouter le dialecte gobelin. Développer l’oreille était une étape importante dans l’apprentissage d’une nouvelle langue. Tous les deux satisfaits de la conclusion de cette aventure, ils remontèrent les marches ensemble jusqu’au rez-de-chaussée, se quittant dans le hall, chacun prenant le chemin de la tour de sa maison.

« Bye, Aurora. À samedi prochain. »

Alvin la salua, son pull de laine replié sur son autre bras, et il s’éloigna dans le couloir en continuant de faire l’inventaire des ouvrages qu’il sortirait plus tard sur la table basse du salon en attente de la venue du week-end suivant.
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Sirène, envoûte-moi de ton chant [PV Alvin][Terminé]

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