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 Cataclysme synaptique.

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Valek Eldor
A.C.A.I.I
A.C.A.I.I
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▌Né(e) le: 14 Mai
▌Pays d'origine: Islande / France
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Cataclysme synaptique.   Sam 4 Fév - 18:22

Ruelle du Quartier Sud.
Bourg-en-Bière.
Café "Rêverie"
Des frissons lui parcouraient le corps. Il avait froid. L’hiver était finalement venu sur les terres d’Irlande. Un hiver froid et rude comme il les aimait. Cela lui rappelait son doux pays. La température extérieure était particulièrement basse, même lui en frissonnait, il espérait pourtant qu’elle vienne. Il lança un regard inquiet sur sa montre : 22h16. Il était arrivé plus d’une demi-heure en avance au rendez vous pour tout planifier avec la cartomancienne. Il regarda d’ailleurs au travers de la vitrine du café pour vérifier sa présence. Circé était toujours là, distribuant ses cartes sur la petite table installée près des banquettes. Elle battait ses cartes, puis les disposait pour les retourner et le cycle recommençait, encore et encore. Une façon bizarre de passer son temps pensait le jeune Islandais. Et puis fixant toujours le cycle des cartes, il parut comme envouter et ses yeux se perdirent dans les lumières jaunâtres des lanternes se reflétant sur la vitrine. Il se rappela l’une de leurs dernières rencontres. L’une des fois ou …


-- Flashback --

« Que veux-tu voir exactement Valek ? »

La blonde avait parlé. Circé, cartomancienne renommée, il l’avait payé un bon prix pour cette séance et il ne savait pas ce qu’il voulait. Quel crétin.

« Montre moi mon passé, encore … »
Elle prend son Deck. Le mélange lentement tout en le fixant de ses yeux bleus. Un regard triste, plein de compassion à la douleur qui émane de l’homme en face d’elle. Elle distribue trois cartes. Et puis tend sa main dans laquelle un verre ou un liquide verdâtre s’agite.

« Bois et retourne. »

Il s’exécute en retournant la première carte. Et puis la vision qui se trouble. Les larmes qui montent. La douleur qui irradie ses membres. Ses muscles qui se bandent. Et là. Son père, sa mère, son … frère. Tous réunis autour d’une table. Ils étaient heureux à cette époque. Tous ensembles. Il sourit. Puis écoute avec avidité les conversations. Il s’évade et soudain la vision s’efface comme une peinture sous la pluie. Sa main droite cherche la deuxième carte à retourner. Encore un peu …

Il est maintenant dans le noir. Autour de lui des malles, et de la poussière. Un placard ? Soudain un filet de lumière vient frapper son visage. A travers une ouverture il aperçoit son frère avec un homme brun. Ce dernier menace Galead dans une langue que Valek ne reconnait pas. Le ton monte. Ils sortent leur baguette. Des sorts fusent. Et puis le noir encore. Des pleurs. L’homme brun est à genoux. Il supplie son maitre. Son bras droit est en sang. Il en perd beaucoup. Et son frère qui reste droit. Il ne semble pas avoir bougé. Il ne semble même pas fatigué par la puissance qu’il vient de laisser sortir du petit bout de bois enchanté. Valek tremble. Il regarde ses mains. Incontrôlables. Il pousse la porte du placard violemment et fixe son frère. Il ne lui jette pas même un regard et pointe sa baguette vers la tête de l’étranger. Et puis d’une voix glaciale lance :


« Fin. »

Le noir. Il respire un grand coup comme après avoir perdu sa respiration. Comme pour revenir à la réalité. Il retourne la troisième et dernière carte.

Bjorn tiens dans ses bras le corps ensanglanté de son ami. Des larmes coulent le long de ses yeux. Il étend le corps sur le canapé du manoir Eldor. La mère de Valek hurle. Elle hurle son chagrin. Son père à ses cotés reste muet, interdit. Et lui, Valek, se voit dans la glace d’une des vitrines du salon. Son corps d’enfant est figé. Seuls ses yeux bougent. S’affolent. Il ne sait pas quoi faire. Comment réagir ? Il regarde Bjorn. L’homme à de multiples blessures. Il tiens à peine sur ses jambes. Et pourtant toujours debout et maintenant pleure le corps de son ami. Et le regard se tournant vers le petit garçon il s’accroupit et pose une main sur ses épaules.


« Pardon mon ami. Je … Je n’ai pas su le protéger. »
Soudain les bras et les jambes de Valek s’activent. Il repousse violemment la main de Bjorn. Il court. Il s’enfuit. Il pleure. Il hurle. Et tout explose.

« NON. »
L’enfer est terminé. De retour dans sa réalité il regarde Circé. Il lui prend la main. La serre.
« Merci. »

-- /Flashback --

La lumière d’une des lanternes vacille sous l’effet du vent froid parcourant la ruelle sale. Il secoue la tête comme pour retrouver ses esprits et chasser les larmes dans ses yeux. Les effets de la potion de la cartomancienne étaient puissants. Assez pour réveiller n’importe quel souvenir. C’était pour cela qu’il était revenu dans ce quartier de Bourg-en-Bière. Il avait confiance en ses capacités à réveiller le passé des gens.

Il souffla bruyamment pour essayer vainement de se réchauffer. Il regarda en direction de la rue principale, il espérait voir la petite silhouette au tournant.


« Eleiakin ou es tu ? »

Le procédé allait être simple. Il avait payé une bourse pleine de gallions pour cette séance. Circé allait donc faire son maximum. Cela n pouvait échouer. Elle proposerait trois cartes à la jeune femme, lui tendrait la potion. Lui parlerait pendant quelques minutes le temps que la potion fasse effet et puis tout s’enchainerait. Le tourbillon de souvenirs arriverait.
Valek sourit. Il avait en effet, une dizaine de minutes plus tôt, retourné une carte symbolisant la personnalité de la jeune femme. Cette action devait aider Circé à préparer le breuvage. Elle avait étendue ses cartes faces cachées. Il en avait ensuite désigné une au hasard. L’Etoile avait été découverte.
Il regarda sa montre : 22h28.

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Eleiakin Dreamtrue
M.U.M
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▌Né(e) le: 2 décembre
▌Pays d'origine: Afrique du Sud
▌Statut: 4ème année

MessageSujet: Re: Cataclysme synaptique.   Dim 5 Fév - 1:27

Hululement calme d’un petit soleil. Eleiakin passe doucement ses doigts longilignes dans le plumage de sa chouette hulotte. Celle-ci se ratatine , profitant un instant du moment de calme. Dix ans qu’Elei l’a, Shaam n’est plus toute jeune. Mais la jeune femme ne sait pas ce qu’elle ferait sans elle. Parce que peu de chouette de correspondance ont sa rapidité et son endurance. Elei sourit, murmurant une mélodie en arabe. Elle se lève du lit et commence à fouiller dans sa malle, sortant de quoi se changer et du papier à lettre. Elle doit écrire. Pas à ses parents. Pas à sa grand-mère. Eux ne comprendraient pas sa décision. Ses décisions. Alors à qui ? A son grand père. Parce que cela devient urgent. Parce qu’elle a pris des décisions. Sur elle. Sur son avenir. Sur ses capacités d’agir. Sur ses relations. Expliquer. Qu’elle ne retournera pas ni à Stellenboch, ni à Durban pour les vacances à venir. Qu’elle ne sait pas si elle continuera ses études après cette année. Si c’est le cas, elle ferait sa demande de bourse avec l’aide de l’université. Si celle-ci est refusée, elle s’arrangera d’elle-même pour financer. Pas d’aide de leur part. Elle ne veut plus dépendre d’eux financièrement. Elle n’a jamais vraiment dépendu d’eux autrement. Parce qu’il a fallu très tôt être autonome. Elle se revoit encore un été, petite, être allée toquer à la porte de sa voisine, vêtue en pyjama anis et d’un sweatshirt à capuche gris. Sa voisine lui ouvre, vêtue quant à elle d’une robe de chambre, son mari ronflant à en faire trembler les murs. Elei, qu’est-ce que tu fais là ? Il est quatre heures du matin. Ils ne sont plus là, Ana. … Ton père est rentré depuis quand ? Une semaine et 8 heures. Et ils ne se disputent plus depuis combien de temps ? Ça ne cri plus depuis un jour et trois heures. Dans ses souvenirs, les ronflements cessent alors qu’elle se blottit contre la masse de sa voisine. Cette dernière referme la porte derrière elle. Son mari. Ana, il est quatre heures du matin, je peux savoir ce qui se passe ? Les Dreamtrue ont remis ça, Jonathan, j’allais pas laisser la gamine toute seule dehors. La voix de l’homme se radoucit. Ses bras forts couleur chocolat attrapent le petit être couleur neige et la blottis contre lui. Décidément, Elei, ce n’est pas ton jour. Pris seuls, tes parents sont des gens très bien et des parents sans accroc mais mis ensemble, ce sont des catastrophes ambulantes. Se laisser bercée par la voix lourde de l’homme pour terminer sa nuit et se consoler du cauchemar fait plus tôt, suivis de son réveil dans une maison vide de toute présence rassurante. Elei sourit. Ses voisins ont toujours été des gens adorables .A eux aussi, il faudra qu’elle écrive. Même si sa décision était déjà sous entendue et approuvées dans leur dernière correspondance. Parce cette même phrases .Ecrite en petite minuscule d’imprimerie par Jonathan. Ajoutée à cette phrase, ces mots, par une écriture droite. Ne leur ferme cependant jamais la porte quand ils auront enfin vraiment compris. Parce que tu n’as pas grandis dans la plus malheureuse des familles et beaucoup doivent t’envier ta liberté et ta place, ainsi que l’amour que te portent tes parents. En faisant le point sur ce qu’elle sait sur ses camarades, elle ne peut qu’approuver leur parole. Elle n’est ni la plus triste, ni la plus mal lotie.

Elei retire ce qu’elle portait initialement. Ce qu’elle porte en intérieur, quand ses activités ressemblent à de la décoration ou tout simplement qu’elle s’est décidée que l’un de ses dessins aurait l’honneur de couvrir en couleur une des toiles, tendue à un cadre qu’elle a achetée lors de sa dernière excursion dans une boutique de matériels d’art à Dublin. Une vielle chemise, déjà tachée de peinture à l’huile et d’essence de térébenthine. Le pantalon en jean qu’elle porte est dans le même état. De sa malle, elle a sorti un pantalon d’un noir de jais. Là où tu vas, Elei, il ne vaut mieux pas qu’on te remarque. Alors pas de couleur trop voyante, ni de plume, ni de motif trop tapageur. Le rendez-vous est à vingt-deux heures trente, dans une petite ruelle dont elle n’aurait surement jamais soupçonné l’existante. C’est une partie de Bourg en Bière qu’elle connait mal, celle des cafés. Elle n’en connaissait que certains restaurants et avait toujours suivis Matthew à la trace quand il avait s’agit d’y aller. Pour le rassurer, lui promettre qu’elle allait bien. Pour lui montrer qu’elle était en mesure de manger un repas complet sans broncher. Mais aussi pour discuter de tout et de rien. Avoir un moment rien qu’à eux, juste un moment où personne ne jugeait personne, où elle blottissait sa main dans la sienne avec un grand sourire. Où il passait son bras autours de sa taille pour la rapprocher un peu plus. C’est un peu pour toi que ce soir, j’ai décidé d’arrêter de fuir, tu sais ? Arrêter de me complaire dans cet oubli long d’une année. Une année morte, sans aucune trace. Il a bien dû s’y passer quelque chose. Pour que je devienne qui je suis. Mais elle n’avait parlé de ce projet à personne. Personne d’autre que Valek .Valek et ses nuages, elle leurs faisait confiance pour cette chose-là. Elle se devait de le faire. Et puis lui, comme Yume semblaient savoir quelque chose. Ils appartenaient au passé oublié, elle en était de plus en plus sure. Tout comme « lui ». Il s’était débattu, un temps, pour qu’elle retrouve cette partie perdue, cette pièce de puzzle manquante. Il disait en faire partie. Et puis elle avait appris à le connaitre et s’était persuadé que non. Elle avait résisté, il avait joué avec elle puis l’avait banni, à son plus grand bonheur .Il avait ensuite disparu de son existence, De manière subite. Sans donner la moindre explication. Une partie d’elle s’était réjoui, une autre s’était inquiétée, un autre encore avait été mal à l’aise. Parce qu’un mélange de sentiment s’y faisait et qu’il n’était pas compatible.

Eleiakin secoue la tête et enfile un chemisier élégant, aux teintes mordorées et crèmes qu’elle boutonne avec attention. Elle passe la main dans ses boucles brun châtain, histoire de remettre un peu d’ordre. Ses cheveux sont étranges. Ils repoussent aussi vite qu’elle les coupes. Sa coupe en brosse a tenu deux semaines tout au plus, avant que les mèches bouclées reprennent leur droit sur son crâne. Elle avait abandonné la bataille. D’accord, pas plus court. Un gilet maintenant. Fourré et tricoté. Couleur azur. Et un miaulement tout à fait désapprobateur derrière elle. Elei sourit et s’accroupis pour caresser le haut du crane de Pak Pao , juste derrière ses oreilles. Je sais que c’est le vêtement dans lequel tu préfères te vautrer mais là j’en ai vraiment besoin. Elle chasse un instant les poils blanc et chocolat que la chatte a laissé lors de sa dernière sieste dessus. Celle-ci grimpe sur son lit et défit du regard Shaam qui l’observe de ses grands yeux jaunes. Elei lève les yeux au ciel avant d’enfiler ses bottes et son manteau. Par pitié, soyez sages. Je reviens bientôt. Elle attrape sa besace et ferme la porte derrière elle.

Le froid la fit tressaillir à son arrivée dehors. Elle finit par mettre la capuche du manteau en laine outre-mer et accélère le pas jusqu’à Bourg en Bière. Le premier objectif était de ne pas se perdre. Elle était très forte à ce genre de chose. Elle se perdait facilement, il suffisait qu’un élément sur son itinéraire soit faux et tout était perdu. Elle froisse le papier au fond de sa poche avant de le sortir malhabile à cause de ses gants et de s’éclairer à l’aide d’une lanterne magique. Fichu pays, n’as-tu pas conscience qu’il fait suffisamment froid ainsi pour qu’en plus la nuit aggrave tout. Première à gauche .Silhouette sombre. C’était lui. Elle courut presque et tira sur sa manche

« Bonsoir … Valek , je suis désolée, je suis en retard ,je …. Tu as pleuré ? »

Elle fouille le fond de sa poche, sortant un mouchoir en tissus qu’elle lui tends en souriant , s’inquiétant de manière imperceptible. Elle attendait qu’il dise où aller . Quoi faire .

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