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 Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]

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Alvin Wenlock
C.A.M
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▌Né(e) le: 16 Mai
▌Pays d'origine: Pays-de-Galles
▌Statut: 6ème année

MessageSujet: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Mar 3 Avr - 22:58

« Al, mon garçon, c’est bon de te voir ! »
« Bonsoir monsieur Callaghan. Vous avez des tomates italiennes ? »
« Et comment que j’en ai ! Combien en veux-tu ? »
« Une douzaine. »
« Ah ! Ta sœur et ton ami sont de retour ? »
« Pas encore. Une amie vient dîner. »
« Je me rappelle de l’époque où j’avais plein d’amies comme toi, on… »

Une main vint claquer l’arrière de la tête de monsieur Callaghan, soit celle de la femme qui portait un anneau assorti au sien depuis plus de quarante ans.

« Cesse un peu d’embêter le petit avec tes vieilles histoires ! »

Alvin sourit à la vue du vieux couple en train de se chamailler. À chaque fois qu’il venait leur acheter des légumes au marché, ils n’en rataient jamais une. Monsieur et madame Callaghan menaient une vie simple et tranquille, pourtant une péripétie n’attendait pas l’autre et leur quotidien était tout sauf banal. Alvin resta discuter quelques minutes avec eux, paya ses achats pour ce soir et rentra au loft. Ian parlait de la possibilité pour lui de revenir avec Prei, mais dans combien de jours ou de semaines, ça il ne le disait pas. Quant à Arth, elle n’évoquait aucun éventuel retour en Irlande dans ses lettres, occupée à renouer avec le Pays-de-Galles aux côtés de leur oncle Garalt. Alvin ne s’en offusquait pas du tout, préférant laisser le temps nécessaire à sa sœur pour bien réfléchir à la décision qu’elle prendrait. À tout hasard, il lui avait proposé de partager sa chambre si jamais elle revenait, comme lorsqu’ils étaient enfants, l’appartement ne comprenant que deux chambres à coucher, la sienne au rez-de-chaussée et l’autre à l’étage. Tournant la clé dans la serrure, Alvin entra donc, retirant manteau et chaussures.

« Bien, quelle heure est-il ? »

Tapant dans ses mains qu’il frotta l’une contre l’autre, se parlant à lui-même, Alvin leva les yeux vers l’horloge magique accrochée au mur du salon. Il avait encore un peu de temps avant l’arrivée de son invitée. Il disposa alors son sac en plastique sur le comptoir de la cuisine, en vida le contenu, entreprenant par la suite de se laver les mains. Alvin avait promis à Aurora de préparer ce qu’il fallait pour le repas, et en échange elle se chargeait d’apporter le vin. À force de lui vanter la vertu des vignobles d’Italie, il était grand temps d’y goûter, et qui de mieux placé pour choisir parmi cette vaste sélection qu’une véritable italienne de souche ? Remontant ses manches jusqu’aux coudes, debout devant le comptoir, Alvin hacha ses deux oignons, prenant soin de tenir son visage à bonne distance de ces derniers. Certes il portait ses lunettes, mais ça ne suffisait pas toujours à empêcher l’oignon d’irriter ses yeux. Sifflant un air populaire, le jeune gallois fit volte-face, attrapant une bouteille transparente à côté du vinaigre, versant l’huile d’olive au fond d’une casserole sur la plaque de la cuisinière. Son regard se leva sur la porte d’armoire où il avait collée la recette à l’aide d’un ruban adhésif. Prochaine étape : faire revenir les oignons. Il s’exécuta, concentré à la tâche. Alvin aimait bien faire la cuisine, mais sans une recette, il n’allait pas bien loin. Pendant que les oignons grésillaient au fond de la casserole, il s’occupa de peler et épépiner les tomates qu’il trancha en morceaux. Lorsqu’il les incorpora aux oignons en train de cuire, l’odeur de la sauce était déjà plus alléchante. Le gallois revint vers son plan de travail, une gousse d’ail entre les mains, quand la sonnette retentit, lui faisait redresser la tête.

« J’arrive, une minute ! »

Alvin déposa tout sur le comptoir et prit un linge pour s’essuyer les mains en traversant le salon puis, le jetant sur son épaule, il ouvrit la porte. Aurora se trouvait sur le seuil, pile à l’heure. S’écartant de la porte qu’il poussa grande ouverte d’un bras, Alvin lui adressa un sourire accueillant, ravi de la voir.

« Entre, je t’en prie, fais comme chez toi. »

Il referma la porte derrière elle et prit son manteau qu’il suspendit à côté du sien dans l’entrée.


« Je terminais de préparer la sauce. »

La laissant jeter un coup d’œil autour d’elle, Alvin prit les devants et retourna en cuisine. Il sortit deux coupes de vin, les retournant afin de les poser délicatement sur le coin du comptoir, prêtes à recevoir le vin en temps voulu. S’approchant ensuite de la fenêtre derrière lui, ses doigts volèrent quelques feuilles de basilic à la plante qui poussait tranquillement dans un pot de terre recouvert de laine, gracieuseté d’Arth afin que les quelques épices qu’ils faisaient pousser ne prennent pas froid l’hiver. Alvin n’avait toujours pas retiré les "pulls" autour des pots dans l’espoir que sa sœur revienne rapidement. Il se retourna, déposant les feuilles à côté de la gousse d’ail sur la planche à découper, croisant le regard d’Aurora non loin de lui.

« Tu as faim ? »

Dans son enthousiasme, il en avait oublié le linge pour les mains qui trônait toujours sur son épaule gauche, par-dessus son gilet vert, lui-même par-dessus un t-shirt à manches longues noir toujours remontées sur la longueur de ses avant-bras.
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Aurora Bianchi
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▌Né(e) le: 10 Juin 1990
▌Pays d'origine: Italie
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Mer 4 Avr - 1:43

C’était exactement comme colorier un dessin quand on est jeune. Définir la courbe, suivre attentivement, du bout de son crayon de couleur, la ligne noire et épaisse du dessin original. Non seulement était-ce plus beau, mais en plus, on s’empêchait de dépasser par la suite. Une fois le contour mis en évidence, il fallait remplir. Là, les techniques variaient; que ce soit en hachurant vers la gauche, vers la droite, en aplatissant son crayon contre la feuille et en y allant lentement ou en s’assurant que ce soit de la même couleur que le contour tracé juste avant. Mais une chose restait; il ne faut pas dépasser. Dépasser, c’était pour les bébés. Une fois le coloriage complété, on pouvait observer le résultat, faire de petits ajustements et parfois même se laisser tenter par un éclat de fantaisie. Se mettre du rouge à lèvres, c’était pareil que colorier. Pour sa part, l’Italienne préférait définir le contour de ses lèvres avec le rouge à lèvres en tant que tel, récoltant le produit sur le bout d’un pinceau bien mince pour l’étendre avec précision. La longue courbe charnue de la lèvre inférieure, le léger sillon de la lèvre supérieure. Puis elle prenait le bâton de couleur – cette fois, il s’agissait d’une couleur naturelle, très légèrement rosée et scintillante - et l’étendait avec attention à l’intérieur des lignes du contour. La belle fit frotter ses deux lèvres ensemble puis observa son reflet dans la glace qui trônait la vanité de sa chambre de dortoir.

Elle était satisfaite. Aurora était restée dans le léger, quant à son maquillage. Après tout, elle allait dîner chez un ami, pas au restaurant le plus chic en ville avec le prince Harry qui la demanderait en mariage. Non, elle était restée raisonnable. Maquillage gris et beige scintillant sur les yeux, crayon kohl noir, mascara et le rouge à lèvres, mettant bien en valeur ses traits sans exagérer. Ses longs cheveux chocolat étaient relevés en un chignon bas un peu désordonné et légèrement décentré vers le côté droit, quelques mèches retombant sur le côté de son visage. Classique, simple, classe, ça le faisait. La belle ajusta sa coiffure d’un mouvement de la main puis se leva et se dirigea vers sa commode pour s’habiller. Se maquiller et se coiffer en sous-vêtements, eh oui. Elle n’aurait surtout pas voulu tacher ses vêtements de maquillage ou les abîmer de fixatif à cheveux. L’Italienne enfila un skinny jean bleu foncé, parfaitement ajusté à son corps, ainsi qu’une chemise bien cintrée et décolletée noire, dont les manches arrivaient aux coudes. Elle mit les pieds dans ses Louboutins rouge vif – ses bébés, qu’elle avait payés une fortune mais qui avaient l’impact voulu absolument n'importe où elle mettait les pieds – puis agrippa son veston noir court et son écharpe rouge. Une fois toute habillée, elle consulta l’horloge et hocha la tête. Il était temps. L’étudiante agrippa la courroie d’un sac de tissu, visiblement bien plein et un peu lourd, puis celle de son sac à main, et sortit de la chambre.

Quinze minutes plus tard, elle sonnait à la porte du loft, les joues rosies du vent frais et un grand sourire aux lèvres. La demoiselle avait déchiré le haut de la page où Alvin avait indiqué son adresse quelques jours plus tôt et l’avait vérifié au moins huit fois pendant son trajet pour être bien certaine qu’elle serait au bon endroit. La marche avait été satisfaisante, mais elle commençait à sentir le besoin de déposer son sac bien plein quelque part. La voix du Gallois parvint à son oreille et elle rit doucement; ça sentait les tomates, il devait être en train de faire la cuisine. Après leur rencontre avec les sirènes, ils avaient un peu discuté du plan de leur soirée du samedi et il avait insisté pour lui faire la cuisine. Ils en étaient arrivés au compromis où elle serait en charge du vin et du dessert. La belle n’avait rien contre être reçue, mais pas question qu’il se charge de tout. Ça, et elle lui avait fait promettre d’acheter des pâtes fraîches si c’est ce qu’il avait derrière la tête. Alors qu’elle s’égarait dans ses pensées, la porte ouvrit grand. Aurora leva les yeux pour les poser sur le visage de son ami et senti son sourire s’élargir encore davantage. Elle était vraiment heureuse de le voir. Et pis ce qu’il était beau ce soir! Elle n’aurait pas pu dire ce qui était différent, mais waaaaw ~


« Bonsoir toi! »

Elle manqua de lui pincer la joue et entra dans la pièce. La chaleur et l’odeur des tomates et des oignons l’enveloppaient comme une couverture rassurante. Son regard d’azur s’arrêta ici et là dans la pièce, analysant la déco et la disposition des pièces alors qu’elle tendait son veston à Alvin. La demoiselle remercia son ami discrètement et fit quelques pas dans le loft, l’examinant toujours des yeux alors que le son de ses talons résonnait sur les murs. C’était joli, moderne mais avec quelques clins d’œil antiques qui rendaient cela génial. On voyait sur l’un des murs une photo magique des trois habitants originaux du loft. Arth était perchée sur le dos d’Ian et s’apprêtait à sauter sur Alvin. La demoiselle sourit en voyant la Galloise sauter du dos du géant vers celui de son frère; ils faisaient un trio adorable. Elle espérait sincèrement que les choses se replacent entre eux.

Aurora s’avança vers la section cuisine, laissant son sac à main sur le sol à côté d’un divan au passage, et déposa son sac sur le comptoir. Elle poussa un petit soupir de soulagement puis s’approcha de la cuisinière, se penchant vers la casserole. Son regard dévia vers la gousse d’ail et le basilic puis elle sourit sincèrement.


« Du basilic frais et des tomates italiennes, je suis fière de toi! Tu n’as pas oublié les pâtes fraîches, j’espère. »

Elle conclut en riant un peu puis se rapprocha de son sac, dont elle vida le contenu sur le comptoir. Quatre bouteilles de vin blanc, identiques, un plat de plastique contenant des biscottis faits maison, la moitié à la vanille et aux pistaches et l’autre moitié au chocolat et aux éclats de caramel, un autre plat contenant des chocolats fins et une bouteille de limoncello de Sicile, cadeau, parce qu’elle ne pouvait pas le priver de ce liquide absolument délicieux plus longtemps. La demoiselle sorti sa baguette magique et, d’un sortilège murmuré, lança une incantation sur les bouteilles de vin pour les garder bien froides, même si elles restaient sur le comptoir. Aurora en attrapa une et s’approcha du Gallois. Elle lui sourit doucement, piqua le linge qu’il avait sur l’épaule pour sécher la bouteille légèrement humide puis demanda :

« Un ouvre-bouteille, tu aurais ça où ? »

Alvin ne se fit pas prier et sorti l’objet en question d’un tiroir. Bien entendu, elle aurait pu l’ouvrir avec un sortilège, mais c’était tellement satisfaisant d’ouvrir une bouteille soi-même. L’Itlaienne s’exécuta donc, habilement, puis s’approcha des coupes qu’elle remplit.

« Bon, je sais que c’est quatre bouteilles du même vin, mais tu verras, il est absolument génial. C’est mon blanc préféré, je crois. Et il vient d’un vignoble tout près de la villa de ma famille, c’est du local. Comme le limoncello que je t’ai ramené. Mais ça tu le gardes pour toi, tu ne partages pas. »

La jeune femme posa la bouteille sur le comptoir et s’approche de l’étudiant pour lui tendre une des coupes, avec un sourire aux lèvres. Une soirée comme ça, ça ne pourrait que faire du bien. Étudier une langue qui l’intéressait, avec une bonne bouffe, du bon vin et une compagnie excellente. C’était prometteur. Elle fit tinter son verre sur celui du Gallois, lança un « Salute! » enjoué et pris une gorgée du liquide clair. Mio Dio, que ce vin était bon! Aurora le laissa bien couvrir son palais avant de l’avaler puis toisa Alvin du regard, les sourcils légèrement froncés, comme si elle tentait de comprendre quelque chose. Puis elle comprit, et un sourire presque taquin vint étreindre ses lèvres. Elle s’approcha un peu plus du jeune homme et éleva sa main vers son visage, effleurant la bordure de ses lunettes du bout de ses doigts.

« C’est nouveau, ça? C’est la première fois que je te vois avec des lunettes… »

… parce qu’il était vachement mignon avec ses lunettes, en fait.

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Dernière édition par Aurora Bianchi le Mer 11 Avr - 16:03, édité 1 fois
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Alvin Wenlock
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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Jeu 5 Avr - 2:54

Le jeune gallois n’avait rien à cacher, aucun lourd secret ou squelette dans le placard. Il assumait ses goûts et intérêts, ainsi il ne vit aucun inconvénient à laisser Aurora explorer à son aise l’appartement. Celle-ci s’en tint au salon qu’elle détailla du regard. Ce n’était pas la caverne d’Ali Baba, il restait encore de la décoration à faire, mais les deux canapés en angle et la table basse devant le téléviseur moldu comblaient bien l’espace. Les murs étaient quant à eux plutôt vides. À part l’horloge murale et une photographie suspendue à l'aide d’un clou, on n’y trouvait que des rideaux encadrant la fenêtre. Aurora pencha à peine la tête pour mieux observer le cliché d’Alvin en compagnie d’Ian et d’Arth. La voyant faire de la cuisine, il sourit en repensant au jour où la photo fut prise.

« Nous faisions une randonnée dans les bois. Il faisait une de ces chaleurs. Ian voulait qu’on aille se baigner dans le lac, mais Arth insistait pour prendre des photos d’oiseaux. Cette lubie lui est vite passée lorsqu’elle a réalisé que ça lui demandait beaucoup trop de patience. »

Alvin rit discrètement en se remémora les nombreux jurons que poussa Arth dès qu’un oiseau s’envolait à son arrivée. Rester immobile et faire preuve de discrétion ne collait pas du tout avec le comportement bien trempé de sa sœur, mais dès que sa jumelle avait une idée dans la tête, impossible de la faire changer d’avis.

« Au final elle n’a prit qu’une seule photo, et c’est celle que tu as sous les yeux. Elle a décrété ce jour-là que nous étions tous les trois de drôles d’oiseaux, et que ça méritait une photo. C’est pour ça qu’elle a l’air de voler du dos d’Ian au mien. »

Observant Aurora revenir vers lui en souriant, il lui rendit son sourire. Elle passa derrière lui afin d’examiner le contenu de la casserole d’un œil expert. À sa question, Alvin secoua la tête, sa main se rendant à la poignée de la porte du frigo à gauche de la cuisinière. Il replia le bras et ouvrit la porte dans laquelle se trouvait les pâtes qui accompagneraient la sauce tomate et basilic. Il n’avait pas oublié. D’ailleurs, il était temps d’ajouter les derniers ingrédients dont l’ail qu’il hacha finement au préalable tandis qu’Aurora vidait le contenu de son sac. Posant le couvercle sur la casserole pour faire mijoter le tout entre quinze et vingt minutes, Alvin se retourna vers Aurora, ouvrant un tiroir pour y prendre un ouvre-bouteille. Il le lui tendit, surprit par la présence des quatre bouteilles de vin. Il approcha son visage d’une étiquette et remarqua que la même était collée sur toutes les bouteilles. Se redressant en prenant la coupe que lui tendait l’italienne, Alvin acquiesça d’un hochement de tête.

« Je te fais confiance. »

On lui avait déjà parlé de limoncello. Qui et lors de quelle occasion, il ne saurait le dire, mais il savait qu’il s’agissait d’une liqueur à base de citron. Ça devait être délicieux. La couleur vive du jaune lui inspirait les tournesols de Toscane. Retrouvait-on ces mêmes fleurs ensoleillées en Sicile ? Alvin se le demanda. Remerciant Aurora pour son cadeau, il leva son verre, le cognant contre celui de la jeune femme alors qu’ils échangèrent tous les deux un sourire, celui-là même qu’on esquisse lorsqu’on en vient à oublier tous nos tracas, ne songeant qu’au plaisir de l’instant. À un certain moment, ils se rappelleraient que le temps ne s’était pas arrêté, mais pas tout de suite, il était encore trop tôt. Alvin prit une gorgée de vin, passant sa langue sur son palais pour mieux en détecter la saveur. L’arôme lui chatouillait les sens, ni trop sec, ni trop amer. Un pur délice pour les papilles. Le vin descendit dans sa gorge avec douceur, et ce ne fut qu’après avoir quitté des yeux le plafond, de même que sa réflexion sur le goût du vin, qu’il remarqua l’étrange façon dont Aurora le regardait.

« … Quoi ? »

Elle ne répondit pas. Sa manière de goûter un vin n’était pas la bonne ? Certains le dégustait avec des techniques bien précises, malheureusement il ne savait pas comment s’y prendre. Alvin détourna à peine son regard vers sa coupe et quand il le reporta sur Aurora, elle avait retrouvé son sourire. Il fit un bref mouvement de recul lorsqu’elle porta sa main vers son visage, cependant pas assez loin pour être hors de portée. Le bout des doigts d’Aurora toucha la monture de ses lunettes sur le côté, et il comprit. Alvin but une deuxième gorgée de vin pour cacher sa gêne. Elle ne le mettait pas vraiment mal à l’aise, mais il y avait quelque chose dans l’intonation de sa voix, comme si Aurora était agréablement surprise de le voir porter des lunettes. D’ordinaire, ces dernières renforçaient son image d’intellectuel, faisant de lui un cliché ambulant, du moins c’est ainsi qu’il le vivait. Jamais on ne pensa à lui dire qu’elles lui allaient bien, et le principal concerné n’avait aucun avis particulier sur la question.

« Je les porte pour lire... »

Alvin gardait son sérieux, sans savoir pourquoi cette fois en particulier, il ne rendait pas son sourire à Aurora. De son index, il pointa la recette collée sur l’armoire derrière lui.

« …Pour la recette de la sauce. »

Aurora étira son cou afin de suivre la direction de son doigt, ses cheveux ondulant derrière une oreille, quelques mèches de son chignon caressant sa peau. Le gallois détourna le regard, la bouteille de limoncello entrant dans son champ de vision. Il appréciait qu’elle exige qu’il ne la partage avec personne, ça le touchait vraiment, mais…


« Tu ne voudrais pas qu’on la boive ensemble, une autre fois ? »

Son sourire réapparut sur son visage.

« Nous trouverons bien une autre langue à étudier. Je ne connais que les langues des peuples magiques, que dirais-tu de m’apprendre quelques bases d’italien ? »

Sans même savoir si parler italien lui serait utile, Alvin ne voulait qu’une occasion pour eux de se revoir. La compagnie d’Aurora lui plaisait. Il ne pouvait pas expliquer cette impression, ce sentiment de la connaître depuis des années, voire toujours. D’une façon ou d’une autre, ils se comprenaient et s’appréciaient l’un l’autre, liés par une complicité naissante qui ne demandait qu’à grandir. Alvin remplit une petite casserole d’eau à faire bouillir pour les pâtes, sa coupe toujours en main.

« Absolument génial le vin, tu as raison, il est vraiment bon ! »

Il alla s’asseoir à la table de la salle à manger, surveillant l’ébullition de l’eau d’une oreille, invitant Aurora à se joindre à lui.
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Aurora Bianchi
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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Jeu 5 Avr - 6:21

Le regard de ciel de l’Italienne dévia de sa trajectoire, à savoir la monture noire plutôt épaisse qui encadrait le visage de son ami, pour le plonger dans le sien. Mais pourquoi diable se justifiait-il? Elle le soutint des yeux un instant, un fin sourire taquin s’affichant sur ses lèvres encore légèrement scintillantes du rouge à lèvres mis un peu plus tôt, alors que lui ne souriait plus du tout. Elle n’avait rien dit pourtant. N’avait que remarqué la différence, d’ailleurs fort agréable à voir. Aurora fronça légèrement les sourcils, sans qu’elle ne cesse de sourire, puis se recula légèrement de lui. Elle trouvait toujours une façon de le rendre mal à l’aise, que ce soit un peu, beaucoup, ou énormément. À chaque fois qu’ils se voyaient, même si le moment de malaise ne durait pas longtemps, il y en avait un. Elle le regardait trop longtemps, ou elle osait lui faire la bise, ou elle le taquinait un eu trop fort. Et même si ça l’amusait de pousser un peu les limites, elle n’osait pas trop le faire. Leur relation était si agréable, simple et authentique, il ne valait mieux pas la compliquer avec de potentiels malentendus. Elle s’était donc ajustée à Alvin, tout naturellement, et tout coulait avec une fluidité étonnante. Cela faisait longtemps qu’elle avait vécu une relation comme celle-là – en fait elle n’était pas certaine d’en avoir déjà vécu une. Où elle pouvait être elle-même sans même s’en faire. Car cela avait toujours été très important pour elle de plaire. Mais avec lui, c’était différent. Il n’était pas question de cela. Elle appréciait sa compagnie, il appréciait la sienne, ils avaient des tonnes de choses en commun. Une amitié vraie et profonde.

La belle jeta un coup d’œil au petit papier qui était fixé à la porte du placard d’un papier adhésif. Elle plissa les yeux pour voir la liste d’ingrédients et les indications puis reporta son attention sur le Gallois en venant prendre une autre gorgée du vin blanc. À chaque fois qu’elle le goûtait, elle s’en étonnait. Il était parfait, tout simplement. Juste assez corsé pour que le goût s’attarde sur la langue, fruité sans être sucré, rafraîchissant, envoûtant. L’étudiante sortit de sa torpeur et croisa le regard de son ami. Avant qu’il ne puisse le détourner, la jeune femme passa les doigts de sa main libre sur son menton et le tint doucement. Sans se rapprocher. Juste pour qu’il la regarde.


« Ça te va bien. »

La demoiselle conclut d’un clin d’œil puis laissa sa main glisser du visage du Gallois jusqu’à sa propre hanche. Elle recueillit une autre gorgée de l’alcool, inspirant doucement pour se laisser bercer par l’odeur du basilic et de l’ail qui se joignaient à celle des tomates et des oignons. Mais elle ne lâchait toujours pas des yeux, se permettant de détailler son profil pendant qu’il regardait ailleurs. La courbe de son nez, les traits carrés de sa mâchoire. La jeune femme n’eut pas le temps de s’y attarder plus longtemps, ne rattachant pas les réflexions à ce que qu’elle avait examiné. La brunette appuya nonchalamment ses fesses sur le bord du comptoir alors qu’il venait la regarder à nouveau. Partager la bouteille de limoncello? Un rire discret franchit les lèvres de l’Italienne. Certes, elle était touchée par l’attention - autant parce qu’il ne voulait pas la garder pour lui seul que parce qu’elle était la première à qui il avait pensé pour la partager – mais il devait comprendre quelque chose.

« Tu dis ça parce que tu n’y a jamais goûté. Mais bien entendu, ça me fera plaisir de venir en boire avec toi. Seulement, j’apporterai ma propre bouteille et tu auras la tienne aussi. »

La jeune femme pris une autre gorgée de vin, réalisant que sa coupe était déjà presque vide, en écoutant Alvin mentionner l’italien, puis elle hocha la tête. Elle fit quelques pas vers la bouteille et vint remplir le verre qu’elle tenait toujours entre ses doigts puis posa la bouteille sur le comptoir. Décidément, son sourire était là pour rester. Tant mieux, cela présageait une bonne soirée… Bon, l’étude du langage des gobelins se retrouverait peut-être en second plan, mais ce n’était pas grave. Après tout, ils avaient tout le temps du monde. Elle pourrait se lever tard le lendemain.

« Tu sais my dear, on n’a pas besoin d’une raison pour se voir en dehors des cours. Si tu veux apprendre l’italien, je te l’enseigne avec plaisir. Mais rien ne nous empêche de nous retrouver ici quand les deux on le veut bien, non? »

Aurora regarda son ami mettre de l’eau à bouillir puis lui sourit plus largement lorsqu’il donna ses impressions sur le vin. Elle hocha la tête, enthousiaste, et suivit son mouvement jusqu’à la salle à manger en emmenant la bouteille déjà rendue à la moitié. Lui s’étant assis à un bout de la table, elle était venue prendre place à côté de lui pour compléter un coin, face à la cuisine. Elle écouta les impressions d’Alvin sur le vin et sourit un peu plus largement en venant remplir le verre de ce dernier, qui était presque vide.

« Ça se boit comme de l’eau, c’est fou. Si tu trouves un meilleur blanc, je veux que tu m’en gardes une bouteille, que je goûte. Parce que franchement, je doute que ce soit possible. »

Et comme pour appuyer ses dires, elle en prit une autre bonne rasade. C’était bien beau déguster, mais quand on en a quatre bouteilles… La belle posa tout de même son verre sur la table et croisa ses doigts les uns contre les autres alors que ses coudes s’appuyaient aussi sur le bois. Elle ferma les yeux un instant et huma une autre fois l’odeur alléchante de la sauce. Vin et pâtes. Fraîches de surcroit, ça ne pouvait être qu’excellent. Et la sauce, bien que classique, était tout à fait appétissante. Et ce qu’elle avait faim! Elle n’avait pas pris le petit déjeuner et s’était contenté d’un sandwich et d’une petite salade verte à midi. À dix-neuf heures, son estomac était sur le point de grogner. Mais elle réussissait à le faire taire au fil des gorgées de vin. Aurora ouvrit les yeux et, souriante, enchaîna:

« En tout cas, ta sauce, elle promet! Ça a l’air délicieux, tout cela. Tu as choisis quoi comme… Ah! »

Elle aurait bien vite une réponse à sa question; la jeune femme pouvait entendre les bouillons d’eau devenir plus forts. Avant même que son ami n’ai le temps de bouger, Aurora s’était redressée sur ses pieds. Coupe dans une main, elle posa l’autre sur l’épaule du Gallois et lui sourit.

« Restes assis un peu, je vais les mettre à l’eau. Tu reprends les rênes après. Mais prends deux minutes pour respirer. »

L’Italienne resserra légèrement son étreinte sur l’épaule d’Alvin en un geste affectueux puis se dirigea vers la cuisine en prenant une gorgée de vin. Elle posa le verre sur le comptoir puis se pencha vers le frigo pour l’ouvrir. Elle en fouilla discrètement le contenu du regard – c’était intéressant de voir ce que les gens mangeaient, en fait – et trouva bien vite le paquet de pâtes. Des tortellinis aux trois fromages. Bon choix. Elle sourit pour elle-même puis agrippa l’emballage, refermant la porte du frigo derrière elle. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, Aurora se mis à fredonner doucement un air populaire alors qu’elle attrapait la salière du bout des doigts, l’agitant au-dessus de l’eau bouillante. Elle ouvrit ensuite le paquet de pâtes et les versa dans la casserole, les brassant légèrement avec une cuillère de bois propre qui traînait sur le comptoir. Satisfaite, l’Italienne se retourna pour faire face à Alvin et lui sourit. Elle prit une autre gorgée du liquide clair puis hésita un instant avant de demander :

« Tu me permets de t’aider à mettre les couverts aussi? Pendant que tu assembles les pâtes. Ça prendra cinq minutes à peine et elles seront cuites. »

La belle se mordilla légèrement la lèvre inférieure d’un air coupable, son regard bleu plongé dans celui de son ami en une moue presque piteuse, voire adorable. Probablement qu’il lui dirait que c’était lui qui recevait et qu’elle était l’invitée, qu’elle avait intérêt à s’asseoir. Mais c’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait pas laisser quelqu’un tout faire dans une cuisine. Et elle avait essayé! Mais c’était inutile de lutter contre son instinct.

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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Mar 17 Avr - 22:39

Alvin laissa les paroles d’Aurora faire son chemin dans son esprit. Sa main se porta vers ses lunettes, ses doigts en touchant la monture noire pour les réajuster sur son nez. Sans qu’il ne puisse l’expliquer, il se sentait en marche dans un engrenage mystérieux, comme un train qui avance sur des rails menant à un point d’arrivé tracé à l’avance. La destination lui était inconnue, de même que cette familiarité avec laquelle Aurora ponctuait chacun de ses gestes. Les italiens étaient démonstratifs, il le savait bien, pourtant Alvin ne parvenait pas à se faire à l’idée. Lentement, sa main se rabaissa sur la table, enserrant sa coupe en cristal.

« Tu as raison, je ne sais pas pourquoi je cherchais une excuse pour ça. »

Le gallois sourit, l’air désolé. Fréquenter Arth et Ian lui paraissait si naturel qu’il cherchait de quoi se justifier lorsqu’il voulait voir quelqu’un d’autre. Par chance, Aurora ne le prenait pas mal. À vrai dire, elle semblait toujours détendue en toute circonstance, à l’aise dans la vie comme un poisson dans l’eau. Alvin aimait cette facette d’elle. L’italienne lui donnait la forte impression qu’ils se connaissaient depuis des années, comme des amis d’enfance. Ils entretenaient passions et intérêts communs, chacun partageant ses découvertes avec l’autre. Ils se comprenaient tout le temps sans aucun quiproquo, tous les deux empreints d’une bonne humeur à chacune de leurs rencontres. À plus d’une reprise, Alvin s’était demandé de quelle façon Aurora agissait avec les autres. Il quitta ses pensées lorsque la paume de la jeune femme se posa sur son épaule, interrompant le cours de ses réflexions. Le gallois s’apprêtait à insister, elle n’avait pas à s’occuper du repas, mais la pression qu’elle exerça de sa main le fit taire, il accepta le compromis.

Frigo, pâtes, casserole et le tour était joué. Alvin sourit, voyant difficilement Aurora se nourrir de fast food ou de repas congelés. Il essayait plutôt de l’imaginer enfant, grimpée sur un tabouret de bois près du comptoir de la cuisine, ses mains de petite fille occupées à égoutter et couper avec application des feuilles de laitue fraîche au-dessus de l’évier. Le gallois se leva de sa chaise, coupe de vin dans la main alors que Aurora se retournait vers lui. Elle prit une gorgée de son verre, rapidement imitée par Alvin. Il lui rendit son sourire, acquiesçant à sa seconde requête tout en lui indiquant où se trouvaient les épices – sel et poivre - puis le parmesan. Lui, il ouvrit une armoire, étirant son bras pour atteindre une passoire qu’il installa dans le fond de l’évier. Il sortit ensuite deux assiettes de l’armoire voisine et les déposa à côté de la cuisinière où Aurora faisait tourner la cuillère de bois dans les deux casseroles, jaugeant la cuisson de la sauce, puis celle des pâtes.


« Où as-tu apprit à cuisiner comme ça ? »

Il écouta la réponse avec grande attention, et une fois les cinq minutes écoulées, il libéra Aurora de sa coupe de vin qu’il alla poser sur la table là où précédemment elle s’était assise. Il remplit leurs deux verres, essuyant l’embout de la bouteille qu’il laissa entre les deux places à l’air ambiant puisqu’un sortilège rafraichissait l’alcool. Alvin laissa à la jeune femme le soin de préparer les assiettes avec les tortellinis, s’occupant de poser une fourchette à la place respective de chacun et de revenir auprès d’elle pour verser la sauce sur les pâtes. Ils apportèrent tous deux leur assiette sur la table, échangeant un sourire complice avant de trinquer. L’écho des coupes s’entrechoquant se répercuta sur les murs de l’appartement et ils attaquèrent le dîner. Alvin saupoudra son plat de parmesan râpé et prit une bouchée pour goûter.

« Alors, tu aimes ? »

Elle était l’experte et lui le novice en la matière. Pour sa part, Alvin trouvait le plat délicieux, mais il chasse l'envie de se resservir car il voulait se garder de la place pour le dessert d’Aurora. Ils entamèrent la seconde bouteille de vin en milieu de repas, discutant des différents plats de leur pays natal, l’Italie pour Aurora, le Pays-de-Galles pour Alvin. Ils se promirent de refaire une soirée comme celle-ci afin de faire connaître à l’autre quelques recettes traditionnelles. Le rire devenait facile, tout était exquis, le vin, les tortellinis, la compagnie.

« Je me demandais pourquoi tu voulais apprendre la langue des gobelins la dernière fois, tu ne me l’as jamais dit, je crois. »

Il écouta la réponse, hochant la tête, puis sans quitter la petite salle à manger du loft, Alvin se redressa sur sa chaise. Il prit une gorgée de vin et s’éclaircit la gorge. Il prononça les salutations d’usages d’une voix rauque qui ne lui ressemblait pas du tout. À peine la phrase terminée, il éclata de rire, incapable de se concentrer. Il recommença une deuxième fois, mais cette tentative fut pire que la première et Alvin s'esclaffa dès qu’il ouvrit la bouche.

« Attends, attends, j’essaie encore. »

Rien à faire, il n’y arrivait pas, c’était trop drôle. Alvin prit une longue inspiration qui le calma. Toutefois, il fut obligé de fermer les yeux puisque le peu de sérieux d’Aurora en face de lui le déconcentrait. Lorsqu’il les rouvrit, elle souriait, agitant la bouteille de vin blanc vide.

« Ne bouge pas, je vais en chercher une autre. »

Il n’attendit pas de confirmation, se levant pour ouvrir l'avant-dernière bouteille. Aurora avait vu juste, ils le buvaient comme de l’eau, à la différence qu’il ne s’agissait pas d’eau. Ils conversèrent longuement autour de la table, et sans qu’il ne sache comment le sujet vint sur le tapis, Alvin était debout dans le salon en train d’expliquer à Aurora les rénovations exécutées par Ian et lui-même dans l’appartement. Le gallois expliqua le choix des couleurs, l’envie de conserver une allure authentique, rustique. Il faisait de grands gestes en pointant les poutres du plafond, on aurait presque dit un italien de souche.

« ... Et Ian et Arth ont décidé qu’ils voulaient la chambre du haut à cause de la salle de bain directement accessible par l'intérieur de la pièce. »

Alvin rabaissa les bras, son récit terminé. Il réalisa qu’il parlait beaucoup malgré sa langue engourdie par l’alcool. Il indiqua à Aurora le plat de plastique contenant les biscottis sur le comptoir.

« Tu veux prendre le dessert ? »

Mais la réaction de la jeune femme se faisait attendre. Alvin garda ses yeux pers sur Aurora, et comme elle semblait hésiter, il lui sourit, se voulant encourageant.
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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Mer 18 Avr - 2:04

Les lèvres de l’Italienne affichèrent un sourire sincère lorsque son ami accepta de la laisser l’aider un peu. Non, définitivement, elle n’était pas faite pour être inactive dans une cuisine. Elle ne l’avait jamais été, de toute façon. Même dans ses souvenirs les plus lointains, elle se voyait, à deux ans, en train de brasser une sauce du haut d’un escabeau réservée pour elle dans la cuisine de la villa. Ou encore en train de surveiller attentivement la cuisson d’une pizza dans le four à bois. Être assise et ne rien faire alors que l’on s’affairait à préparer de bons plats? Absolument pas. Probablement qu’elle allait mourir en cuisinant. Ou après avoir cuisiné. Ou après avoir mangé un repas qu’elle aurait elle-même fait. Bref; sa vie, ses souvenirs, les bons moments, sa culture tournaient autour de la nourriture, de la qualité de celle-ci et du plaisir qu’elle apportait. Qu’il s’agisse du plaisir de goûter, de l’alcool qui accompagnait souvent les bons plats ou encore de la compagnie agréable, bien manger était toujours agréable, à ses yeux. C’est pourquoi elle tenait à participer au processus. C’était une question de se sentir pleine, accomplie, utile. Et puis, quelque chose lui disait que ça ne dérangerait pas vraiment à Alvin qu’elle fasse sa part.

Aurora se dirigea donc vers une petite armoire et l’ouvrit pour y trouver la salière et le moulin à poivre. Elle agrippa les assaisonnements puis s’approcha du frigo. Une fois ouvert, elle le fouilla du regard et remarqua bien vite le petit bol bien rempli de parmesan frais râpé. Elle en huma discrètement l’odeur, toujours enchantée de sentir des arômes particuliers et spécifiques, puis alla poser le tout au centre de la table. Tout coulait avec aisance et facilité. Ils n’étaient jamais dans le chemin l’un de l’autre et pouvaient deviner, sans avoir à dire quoique ce soit, ce que l’autre allait faire et où ils en étaient dans leur organisation. La brunette s’approcha des deux plats au feu et passa rapidement la cuillère de bois dans les pâtes, puis dans la sauce. Ça sentait tellement bon! Il n’y avait pas de doute, cela allait être tout aussi délicieux que c’était alléchant, et ce n’était pas peu dire. La belle porta son attention sur Alvin lorsqu’il lui demanda où elle avait appris à cuisiner. Elle sourit doucement puis, après avoir jeté un autre coup d’œil aux pâtes qui arrivaient presque à point, elle répondit.


« À la maison, très jeune. Mes parents n’étaient pas très présents, à cause de leurs carrières… Mais la mère de mon père habite à la maison avec nous et c’est elle qui m’a tout appris, durant mon enfance… Ma Nonna. Elle m’a appris la cuisine, comment juger la qualité de chaque ingrédient qui peut se trouver dans les recettes italiennes, comment faire mes pâtes et du pain, comment prendre soin d’un potager et de plantes d’épices fraiches, tout ça... Je ne peux pas imaginer ma vie sans tout ce qu’elle y a apporté. »

Puis l’odeur un peu pâteuse de vapeurs d’eau s’échappant du plat de pâtes lui monta jusqu’aux narines. Elle sourit à Alvin, qui prit sa coupe de vin pour l’emmener à la table, puis se tourna vers le four. Après avoir fermé les deux ronds bien chauds, Aurora pris la casserole pleine d’eau et de pâtes et en versa le contenu dans la passoire qui se trouvait au fond de l’évier. Elle remua le tout pour bien enlever toute l’eau et piqua à son tour quelques feuilles de la plante de basilic. Elle les déchira du bout des doigts et les laissa tomber dans les pâtes, remuant encore un peu par la suite; les morceaux de feuilles aromatiques collaient aux tortellinis. L’étudiante versa ensuite le contenu de la passoire dans les deux assiettes tout près d’elle et remarqua qu’il en restait un bon fond; ça ferait un joli repas du midi à Alvin, le lendemain. Aurora sourit largement au Gallois lorsqu’il vint verser la sauce sur l’assiette qu’elle tenait dans ses mains, se permettant un petit « Ça a l’air trop bon! » puis se dirigea vers la place où elle s’était précédemment assise. Elle posa son assiette, s’assied et vint chercher quelques copeaux de parmesans frais du bout des doigts pour les éparpiller sur son repas. Une fois cela fait, elle pris sa coupe de vin en main et, après avoir fait un petit clin d’œil complice à son ami, fit tinter son verre contre le sien et en pris une gorgée. Cela marquait le début du repas.

Après avoir ajouté du poivre sur les pâtes, Aurora agrippa gracieusement sa fourchette et vint en planter les dents dans un tortellini pour le porter à ses lèvres. Les saveurs s’imposèrent dans sa bouche et contre ses papilles. Elle les étudia attentivement puis poussa un très léger soupir de satisfaction. Il n’y avait rien comme ce genre de petit moment. Plat génial, vin génial, compagnie géniale. Elle n’aurait échangé tout ça pour rien au monde. L’Italienne vint prendre une bouchée de pâtes puis, après avoir bien mâché et avalé, elle hocha la tête.


« C’est délicieux, Alvin! Ta sauce est parfaite et les pâtes sont cuites à point. »

Et à partir de là, la conversation fila d’autant plus naturellement. Ils avaient ris, ils avaient bu, elle lui avait proposé l’idée que la prochaine fois, ce serait à elle de tenter de cuisiner un plat gallois typique. Lorsqu’ils eurent terminé de manger, Aurora s’était levée pour aller porter la vaisselle sale à l’évier, mais elle avait ensuite retrouvée sa place à la table plutôt rapidement. Elle était tellement bien, là, à cet instant, avec lui. Sitôt revint-elle qu’Alvin lui demanda pourquoi elle avait voulu apprendre le gobelin. La jeune femme pris une gorgée de sa coupe de vin, vidant ainsi la deuxième bouteille de blanc, puis dit :

« Eh bien, c’est un peuple qui m’a toujours intéressé, et l’idée d’apprendre leur langue me trottait dans la tête depuis un moment déjà. Puis je t’ai rencontré, et quand tu m’as dit que…qu’est-ce que tu fais? »

La belle haussa un sourcil en direction de son ami, perplexe à le voir se lever et se concentrer. Elle le détailla discrètement alors qu’il portait la coupe à ses lèvres et qu’il se raclait la gorge puis lui sourit en le voyant se préparer. Son menton niché au creux d’une de ses paumes, Aurora l’écouta attentivement et se mit à rire presque en même temps que lui. Oui, franchement, le gobelin ce n’était pas très gracieux comme langue. Un peu barbare et guttural, même. Et ça, c’était très drôle en ce moment. Mais contrairement à lui, elle n’arrivait même pas à reprendre son sérieux. Elle était partie pour un petit fou rire, discret mais tout de même assez remarquable pour que le jeune homme devant elle perde contenance à nouveau. Puis à la troisième tentative, elle ne pouvait plus se retenir. L’Italienne éclata d’un rire franc et cristallin puis vint chercher une énième gorgée de son verre. Avec la ferme intention de remplir les verres, la demoiselle agrippa la bouteille qui reposait sur la table mais remarqua qu’elle était vide; elle en avait pris les dernières gouttes un peu plus tôt. La brune agita la bouteille, son sourire sincère toujours accroché à ses lèvres, puis la redéposa sur la table de bois. Alvin avait compris sa requête silencieuse; quelques secondes plus tard, une bouteille pleine se retrouvait sur la table. Les deux verres bien remplis, les jeunes gens reprirent la conversation sans s’arrêter.

Aurora n’aurait pas pu dire combien de temps avait passé entre le moment où ils s’étaient rassis et quand ils s’étaient levés lorsque la jeune femme lui avait demandé comment le trio gallois en était venu à se procurer le loft. Elle n’avait même pas envie de poser son regard d’azur sur l’horloge. Elle écoutait Alvin attentivement, peut-être trop attentivement pour être vraiment en train de l’écouter. Elle s’attardait sur la tonalité de sa voix, chaude et basse, sur la façon dont il roulait ses R, sur les muscles de sa mâchoire et ses yeux pétillants. Ouais, franchement… Il était beau. Pas sexy du genre beau gosse un peu idiot avec des muscles plus gros que sa tête. Non, beau. Des traits agréables, un corps proportionné, beaucoup de conversation, un regard captivant, et des lèvres qui donnaient faim, même s’ils avaient dînés et qu’ils s’apprêtaient à manger le dessert. La jeune femme se mordilla légèrement la lèvre inférieure alors que le Gallois se tournait pour lui faire face, souriant. Pense à autre chose, pense à autre chose…

Ça ne servait à rien. Cette envie distincte et presque irrépressible s’étendait en un courant chaud et électrisant dans son ventre. Elle devait tenter quelque chose, sans quoi elle le regretterait pour toujours. Quel était le pire scénario, de toute façon? Qu’il refuse, que ce soit un peu bizarre pendant un moment puis que ça reprenne comme s’il ne s’était rien passé. Et le mieux? Eh bien… Il faudrait essayer pour voir.

Après une demi-seconde d’hésitation, l’Italienne fit un pas dans la direction d’Alvin et éleva l’une de ses mains jusqu’à sa joue. Elle laissa ses ongles s’y promener doucement, définissant ses traits du bout des doigts et tombant le long de l’os de sa mâchoire… Son pouce se fit un peu plus entreprenant, lui, alors qu’il effleurait délicatement la peau de ses lèvres. Son autre main était venue se poser presque sagement sur son torse, si ce n’était qu’elle taquinait le tissu sous ses doigts de quelques pincements adroits. Course lente vers le bas. Son torse, son sternum, son ventre, sa hanche… La belle passa sa paume sous le tissu du pull du Gallois, contact de sa peau contre la sienne. Elle le voulait. Il n’y avait plus de doute. Un sourire taquin - charnel - ourla le coin de ses lèvres puis elle se hissa sur la pointe de ses pieds pour pouvoir approcher son visage du sien. Aurora tourna un peu la tête et vint souffler à son oreille, d’un ton qui ne laissait aucunement place au doute :


« Je ne sais pas si c’est de ce dessert-là dont j’ai envie en ce moment, Alvin… Il me semble qu’il y a autre chose qui pourrait me satisfaire encore davantage. »

Elle ponctua sa phrase d’un petit rire puis donna un bref coup de langue contre le lobe de l’oreille du châtain.

Elle aimait déjà le goût de sa peau.


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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Ven 11 Mai - 2:33

En écoutant le récit d’Aurora, Alvin se comptait chanceux d’avoir eu sa mère à ses côtés en grandissant. Durant toutes ces années, elle était restée auprès des jumeaux sans se plaindre une seule fois de sa tâche de mère au foyer, dotée d’une patience à toute épreuve. Bethany Wenlock considérait sa vie réussite ; elle avait trouvé l’amour duquel naquit deux beaux enfants portant chacun de grandes aspirations. Après leur départ de la maison, elle avait même trouvé un travail à mi-temps, renouant avec sa passion des herbes magiques. Dans le jardin arrière, une quantité phénoménale de plantes qu’elle entretenait avec affection poussaient dans la cour. Ceci dit, la relation privilégiée entre Aurora et sa Nonna, sa grand-mère, portait à sourire également. Alvin visualisait bien la vieille dame transmettre ses recettes secrètes à sa petite-fille émerveillée par tout ce savoir que la jeune femme en face de lui connaissait maintenant du bout des doigts. L’élève avait sûrement dépassé le maître dans son art culinaire, à l’heure qu’il était. Le repas fut d’ailleurs délicieux grâce à ses conseils qu’Alvin suivit à la lettre. Ils parlaient de dessert à présent, et Alvin avait beau se demander d’où provenait le soudain silence sur une question en apparence bien simple, il ne voyait pas.

Il avait oublié que pour trouver une réponse, il devait d’abord chercher, tout comme Aurora venait chercher sa joue de ses doigts, y passant ses ongles afin d’en examiner les contours. Lui qui d’habitude reculait au moindre contact physique restait soudainement à sa place, dissipant le sourire de son visage dans une expression aussi sérieuse qu’intense, le pouce d’Aurora venant toucher ses lèvres d’une fine impulsion empreinte de curiosité. Sa conscience aurait dû le rappeler à l’ordre, mais celle-ci avait mystérieusement pris congé pour la soirée. À travers ses lunettes, le gallois ne lâchait pas la belle italienne des yeux. Belle, oui, d’un charme fou même, d’une gracieuse beauté naturelle. Elle avait une façon spontanée d’agir avec lui. Chaque geste avait sa place. Il sentait sa main frôler son gilet, s’y attarder. Aurora le tenait immobile près d’elle de ce seul rapprochement. Inconsciemment, la respiration d’Alvin s’était faite plus lente, attentif à la descente de la main de la jeune femme vers son ventre qu’il contracta lorsqu’elle franchit la barrière de vêtements empêchant leur peau de se toucher.


« Aurora… »

La concernée ne répondit pas à l’appel de son prénom, sinon d’un sourire qui lui rappela celui de la sirène penchée au-dessus de lui dans un flash de leur expédition à la rivière souterraine. Elle se hissa sur la pointe des pieds, Alvin suivant le déplacement du coin de l’œil alors qu’elle se penchait à son oreille. Son cœur se mit à s’emballer aux mots qu’elle lui chuchota, manquant un sérieux battement lorsqu’elle effleura son lobe de sa langue. Alvin ferma les yeux, penchant son visage, l’inclinant lentement contre la joue d’Aurora qu’il frôla de sa mâchoire. Une enivrante odeur sucrée de noix de coco vint bouleverser les sens olfactifs du jeune homme. Elle sentait l’été, son corps dégageait une agréable chaleur. Il aurait voulu être avec elle dans un de ces champs de tournesols en Italie et sentir la brise tempérer le brûlant désir qu’elle venait d’éveiller en lui. Ses lèvres s’arrêtèrent devant celle de son amie, sans se toucher.

Il releva ses bras au niveau des hanches d’Aurora, posant ses mains au bas de son dos, sur son jean. Le bout de ses doigts se fraya un chemin sous sa chemise noire, chatouillant espièglement sa peau. Sans attendre plus longtemps, Alvin vint se saisir des lèvres de l’italienne, entrouvrant légèrement les siennes pour approfondir ce premier baiser étourdissant. D’un délicate sensualité, il pressa son bassin contre celui d’Aurora sans rompre le contact de leurs lèvres. Suivant le mouvement entamé par Alvin, elle recula jusqu’au mur de la salle de bain, à l’entrée du couloir non loin de la pénombre menant à la chambre du jeune gallois dont la porte était entrebâillée. Il la désirait de chaque fibre de son corps, ardemment. La vin lui montait à la tête, l’obligeant à prendre appui de sa paume sur le mur pour ne pas perdre l’équilibre. Alvin ouvrit les yeux, riant, ses iris pers croisant l’azur envoûtant de ceux d’Aurora. Entre son pouce et son index, il entreprit de détacher le bouton au bas de son chemisier, juste en-dessous du nombril que le tissu caressa.


« Telle que tu es… Maintenant… À cet instant précis... »

À son réveil, Alvin ne se rappellerait certainement pas ces mots murmurés à voix basse sur le ton de la confession. Il adressa à Aurora un long regard significatif reflétant son envie d’elle, de ses baisers. La passion qu’ils partageaient ce soir différait de celle des autres jours, cependant elle n’en était pas moins empreinte de cette complicité à la base même de leur relation. La réciprocité de chaque caresse accentuait le besoin pressant de retirer les quelques habits gênants dont chacun était vêtu. La main d’Alvin arriva au décolleté de la chemise qu’il défaisait enfin, dévoilant un aguichant soutien-gorge blanc aux motifs argentés brodés par endroits. La bouche du gallois vint embrasser le haut de sa poitrine, son bras se glissant à la recherche de l’agrafe du sous-vêtement, éloignant Aurora du mur afin de la ramener un peu plus contre lui. Ce n’était pas que le vin. Le vin n’avait fait qu’aider. L’attirance avait toujours été là depuis le début et cette nuit, ils allaient assouvir cette faim de l’autre refoulée depuis déjà trop longtemps.
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Aurora Bianchi
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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Mar 15 Mai - 18:45

Il ne se dégageait pas. Pour une fois, pour la première fois, peut-être. Elle s’était rapprochée, l’avait touché, avait même poussé les limites au-delà de ce qu’elle avait cru possible, probable. Jamais elle ne se serait cru capable de tant d’audace avec lui. Leur relation n’était pas… comme ça. Ils étaient amis, collègues, ils avaient des points en commun. Bon, elle lui avait toujours trouvé un air… intriguant, fascinant, mystérieux. Avec son sourire en coin, son petit rire, ses yeux brillants. Sa discrétion, sa subtilité. Il était différent des autres. Pas tout à fait son genre. Généralement, elle préférait les hommes plus entreprenants, charmeurs, téméraires, enjôleurs. Elle avait trop bu, il avait trop bu, c’était sans doute cela. S’ils avaient été à jeun, elle ne se serait pas approchée autant, elle ne lui aurait pas soufflé ces mots à l’oreille. Et lui, surtout, se serait reculé - si elle l’avait fait, c’est-à-dire. Il aurait posé ses deux mains sur ses épaules, avec une certaine tendresse, l’aurait regardé droit dans les yeux et lui aurait dit, de sa voix douce, avec ses R roulés, qu’il ne fallait pas qu’ils fassent ça, qu’ils étaient bien, là comme ça. S’il n’y avait pas eues ces bouteilles de vin. Et ce repas. Et cette chaleur dans son ventre qu’elle tentait de supprimer à chaque fois qu’elle le voyait dans les couloirs de l’école ou dans les rues de Bourg-en-Bière. Depuis qu’ils étaient allés à la rivière sous-terraine pour discuter avec les sirènes et qu’elle s’était transformée en l’une d’elles. Qu’elle l’avait vu sous un autre jour, sans savoir ce qui avait provoqué ce changement dans cette façon qu’elle le percevait. Et ça lui plaisait, beaucoup. Elle n’avait pas besoin de penser au reste. Pour l’instant, tout ce qui comptait était juste là. Le vin qui étreignait encore sa langue et la peau d’Alvin qui effleurait sa joue.

Il était si près d’elle, à cet instant. À cette seconde où, comme suspendus dans le temps, ils étaient totalement, intensément connectés. Où tous les deux savaient que c’était exactement ce que l’autre désirait, sans que ce soit dit ou exprimé explicitement. Pas que physiquement, pas que par leurs yeux qui ne voulaient plus se quitter ou leurs nez qui s’effleuraient à peine. Elle le voulait, et il la voulait. C’était primal. Ce n’était plus qu’une question de qui céderait d’abord. Elle voulait que ce soit lui qui plie, qui ne puisse plus lui résister. L’Italienne le provoquait. En le regardant droit dans les yeux, sondant son âme de ses deux grands saphirs. En laissant ses doigts s’accrocher au bord de son pantalon, le bout de certains sous celui-ci, taquinant l’élastique de son boxer, la peau brûlante en dessous. Ne résiste plus… Je sais que tu en as envie, autant que moi. Comme s’il avait entendu sa supplique, le Gallois leva ses bras pour tendrement enlacer les hanches d’Aurora, ses deux mains se posant au bas de son dos. Le tissu de sa chemise bien ajustée se froissa sous les doigts du châtain, jusqu’à ce que ceux-ci caressent son épiderme. Elle ferma les yeux.

Le baiser était doux, délicieux. Sucré, traversé d’une pointe d’amertume due au vin. La belle expira un faible soupir alors que, finalement, elle se laissait aller contre lui, pressant son corps au sien dans une offrande qui ne nécessitait pas de mots. Je suis toute à toi, Alvin. Rends-moi tienne cette nuit. L’étreinte de ses doigts se raffermit sur la nuque et le ventre du Gallois, comme si elle tentait de l’attirer encore davantage contre elle. La brune sentit son pos percuter le mur; au diable les biscottis, ils pouvaient bien attendre. Bien qu’elle n’ait plus faim, son appétit pour lui n’avait cessé de grandir. Elle en voulait plus, toujours plus. Insatiable et excessive. Son corps, de lui-même, ondulait de concert avec les caresses de leurs langues et de leurs lèvres, avec les quelques petits pas maladroits qu’ils prenaient en direction de la chambre à coucher. Le baiser se rompit presque douloureusement, tant le désir de fusion se faisait violent. Aurora ouvrit les paupières, trouva les yeux de son ami et esquissa un sourire joueur, provocateur lorsqu’elle l’aperçu poser les doigts sur le premier bouton de son chemisier, tout en bas. Déjà? La belle ne s’en plaint pas. Elle avait sans doute tout autant envie de se débarrasser de ses vêtements que lui voulait les lui enlever. Elle le laissa faire, donc, alors que ses deux mains glissaient jusqu’aux hanches du jeune homme, s’accrochant à la bordure de son pull et de son gilet. L’Italienne adressa un clin d’œil à Alvin, lui signalant de lever les bras un instant. Ce qu’il fit, le temps qu’elle puisse lui enlever son haut. Elle laissa le tissu choir sur le sol une fois que celui-ci fut dans ses mains et plaqua un baiser, gourmand, sur sa clavicule maintenant nue. Ses mains avaient le champ libre, et elles en profitaient; naviguant sans gêne sur le torse légèrement ciselé du Dorelly, traçant de délicates courbes sur son ventre du bout d’un ongle…

Puis il acheva de défaire sa chemise, qu’elle tâcha de faire tomber derrière elle à son tour alors qu’il cherchait l’agrafe de son soutien-gorge pâle. Aurora laissa sa tête basculer vers l’arrière un instant, profitant de la sensation enivrante des lèvres d’Alvin sur le galbe prononcé de ses seins, et laissa les doigts d’une de ses mains se perdre dans ses cheveux. Elle ne pouvait plus attendre. L’agrafe du soutien-gorge sauta, mais sa main libre, prévenante, vient se poser sur sa poitrine pour empêcher le sous-vêtement de tomber… pour l’instant. Elle posa sa paume sur le torse d’Alvin, l’éloigna d’elle d’une petite poussée puis, comme si de rien n’était, marcha en direction de la chambre, toujours perchée sur ses talons hauts. Elle en poussa la porte, ne se souciant guère de la déco, puis s’arrêta au bord du grand lit. Là, elle se retourna pour faire face à son ami qui, évidemment, l’avait suivi, et vint passer sa main libre sur son épaule, cachant toujours sa nudité de l’autre.


« Laisse-moi faire d’abord… Je suis affamée. », chuchota-t-elle à son oreille en poussant délicatement Alvin qui, n’offrant aucune résistance, se laissa tomber assis sur le lit.

La belle fit quelques pas, se plaçant devant Alvin, et se pencha pour poser un autre baiser sur ses lèvres, désireux mais plus bref. Le meilleur était à venir, et il lui tardait d’y arriver. Elle ponctua son geste d’un sourire charnel et, sans plus attendre, dégagea son bras de devant sa poitrine et enleva le tissu blanc et lâche. Nouveau baiser, plus long, plus appuyé, plus chaotique, signe indéniable de ce feu incontrôlable qui les possédait. Elle le touchait, partout, et lui faisait de même, embrasant son ventre à chaque fois qu’il effleurait sa peau. Puis, lentement, Aurora se dégagea et s’abaissa, posant ses deux genoux sur le sol entre les jambes du Gallois. Sans un mot, elle accrocha le bouton du pantalon d’Alvin de son pouce, le défit, puis en descendit la fermeture éclair. Lentement, sans le quitter de son regard avide.


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MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Sam 9 Juin - 20:40

Dans son sommeil, une ride se forma entre ses deux sourcils. Étendu sur le côté, Alvin étira son bras replié sous l’oreiller. Des fourmis se mirent à courir sous son épiderme, jusqu’à l’extrémité de ses doigts. Les picotements traversant ses muscles endoloris l’éveillèrent lentement, le laissant peu à peu prendre conscience de la sensation du drap sur son corps, mais aussi du froid du tissu alors qu’il bougeait sa jambe pour se retourner. Un rayon de lumière perçant les rideaux de sa chambre l’aveugla. Le gallois grommela, plissant les yeux en posant sa main en visière le temps de se décaler hors de l’angle frappé par le soleil. Il posa son visage sur l’autre oreiller, sentant une respiration souffler sur sa peau. À deux pouces de son visage, celui d’Aurora, endormi, paisible. Aurora, à côté de lui ?! Écarquillant les yeux, Alvin se redressa. Trop vite. Sa tête se mit à tourner, ramenant à son esprit des bribes de la veille. Le dîner de tortellinis, le vin, les rires et… Alvin cligna des yeux, incrédule, et se retourna vers Aurora. Les épaules dénudées de la jeune femme se soulevaient à un rythme régulier. Il avait l’impression qu’elle souriait en dormant. Alvin se pencha près d’elle, parlant à voix basse.

« Réveille-toi... »

Oui, réveille-toi, ce n’est qu’un rêve. Réveille-toi Alvin, ce n’est pas la réalité, tu es en train de rêver. Il ouvrit lentement les paupières, jetant un coup d’œil aux chiffres indiquant l’heure, remuant sous la couverture. Il était trop tôt. À quoi son inconscient songeait-il, bon sang, à lui faire rêver d’avoir couché avec Aurora ? Le gallois changea de position, tournant le dos à sa table de chevet. Il voulut se rendormir, mais comme dans son rêve, un souffle chaud lui caressa le visage. Rouvrant les yeux, quel ne fut pas son étonnement en croisant les prunelles bleu azur de l’italienne. Ils entamèrent un mouvement pour s’asseoir en même temps, si bien que leur front se cognèrent l’un contre l’autre.

« Aïe ! »

Se frottant le crâne, Alvin releva les yeux vers Aurora, toute aussi surprise que lui de s’éveiller à ses côtés sans pyjama ni sous-vêtements sur le corps. Il répondit à la question muette de la jeune femme par un sourire coupable. Oui, je crois nous avons bel et bien passé la nuit ensemble. Ce n’était pas dans ses habitudes, pas du tout. Pour éviter de compliquer ses amitiés, Alvin refusait toute aventure d’un soir avec les filles affluant au sein de son quotidien. On ne lui connaissait aucune petite amie, et ce pour la simple et bonne raison qu’il n’en avait jamais eue. Pas envie, pas le temps, d’autres priorités. Dans l’irréalité de la situation, Aurora et Alvin se regardèrent un long moment en silence, puis ils éclatèrent de rire. Une sensation naturelle emplit la poitrine du gallois là où il aurait cru y déceler du malaise. Ils se comprirent sans rien se dire. Ce n’était qu’une halte de parcours, ils le savaient tous les deux. Ça n’irait pas plus loin, parce qu’ils se connaissaient assez bien pour comprendre leur folie de la nuit dernière. Alvin s’extirpa du lit, enfilant à la hâte un pantalon et un débardeur.

« La salle de bain est à droite dans le couloir, si tu veux prendre une douche, et il y a des serviettes dans l’armoire en face du lavabo. »

Il revint vers elle, se penchant vers son visage en prenant appui sur le rebord du matelas, souriant.

« Croissant ou gaufres pour le petit-déjeuner ? »

Alvin emporta la réponse d’Aurora à la cuisine, nettoyant les assiettes abandonnées sur la table de la cuisine après le dîner de la veille. Il constata trois bouteilles de vin vides et à peine un fond dans la quatrième. Sur le comptoir, les biscottis n’avaient pas bougé depuis que son amie les y avait déposés à son arrivée au loft. Un sourire traversa le visage du jeune homme. Pour la première fois depuis la rupture entre Ian et Arth, il ne se sentait pas seul dans cet appartement trop grand pour une personne. Étudier et lire avait ses limites, même pour quelqu’un comme lui. Ouvrant la porte du frigo, Alvin sortit le nécessaire à la préparation du petit-déjeuner qu’il accompagna de quelques fruits coupés. L’odeur alléchante se mit à emplir tout le rez-de-chaussée. Alvin posa deux tasses devant la machine à café qu’il s’empressa de mettre en marche. Des pas se firent entendre dans le couloir, se rapprochant. La silhouette d’Aurora émergea dans le champ de vision du gallois s’affairant sur les derniers détails du repas.

« Tu peux t’asseoir, c’est presque prêt. Que prends-tu dans ton café ? »

Le soleil éclairait chaleureusement la moitié de la table, reflétant la vitre à carreaux de l’unique fenêtre de la pièce. Le ronronnement du frigo résonnait en harmonie avec le tic tac de l’horloge du salon dans le calme du matin. Un bip sonore indiqua la fin du cycle de la cafetière.
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Aurora Bianchi
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▌Né(e) le: 10 Juin 1990
▌Pays d'origine: Italie
▌Statut: 3ème année

MessageSujet: Re: Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]   Ven 15 Juin - 21:49

Elle avait incroyablement bien dormi. Un sommeil lourd, profond, imperturbable et sans rêve. Elle ne s’était visiblement sentie ni inconfortable, ni mal à l’aise – le sommeil de la jeune femme reflétait au détail près son état émotionnel du moment, c’en était étonnant. Peut-être était-ce l’alcool qui avait alourdi son sommeil. Ou encore la nuit mouvementée, qui avait endolori son corps et apaisé le feu enragé qu’elle avait au ventre. Mais alors qu’elle était là, bien calée au fond d’un matelas qu’elle ne connaissait pas, elle se sentait bien, ne se rendant pas tout à compte, encore, de ce qui l’avait emmenée ici. Les couvertures, réchauffées par les deux corps endormis, offraient un rempart rassurant contre l’air plus frais de la pièce. Air qui, d’ailleurs, transportait avec lui la vague odeur de deux parfums distinct qui, durant quelques heures, s’étaient joints. Sueur, désir, noix de coco, virilité. Douces sensations qui éveillaient peu à peu son corps du sommeil où elle était plongée. Calme, silence brisé par la rumeur sourde des bruits du matin de Bourg-en-Bière, de quelques bateaux qui circulaient non loin. Où était-elle, exactement? Les sensations étaient différentes de tous les matins où elle s’éveillait dans le château de l’université. L’Italienne ouvrit lentement les yeux pour apercevoir une fenêtre, d’où le soleil venait caresser l’intérieur de la pièce. Les rideaux à moitié tirés laissaient quelques rayons tenaces effleurer sa joue et son bras dénudé, qui avait trouvé sa place par-dessus les couvertures. Son souvenir de cette chambre était vague. Le plus naturellement du monde, la jeune femme se tourna dans le matelas en baillant tout doucement pour faire face à l’autre côté.

Alvin. Totalement nu, si elle se fiait à la peau du haut de sa cuisse qu’elle venait tout juste d’effleurer de son genou.

La jeune femme profita des yeux encore clos du Gallois pour l’observer, alors que les souvenirs de la veille refaisaient surface dans sa tête. C’est que le vin, ça peut emmener les choses à un tout autre niveau, hm… C’était inutile de le nier, il y avait toujours eu entre Alvin et elle une attirance qui ne s’expliquait tout simplement pas. Et ce qui s’était passé la nuit dernière – parce que maintenant qu’elle y pensait, elle ne pouvait tout simplement pas se le sortir de la tête – n’était que la suite logique de ce qui était déjà entamé. Bon, pour le coup, c’était pas comme si c’était prévu, loin de là même, mais les images qui lui revenaient en tête étaient loin d’être désagréables. Puis la gêne l’assaillit lorsqu’il ouvrit les yeux à son tour. Les joues de l’Italienne prirent une teinte bien rosée et, sans qu’elle n’y réfléchisse, elle se redressa soudainement, en oubliant même la couverture qui retomba, dévoilant sa nudité. Et évidemment, il fallait que son ami fasse la même chose. Collision frontale, littéralement. La jeune femme étouffa un juron en italien, alors que sa main venait machinalement rejoindre son front endolori. Puis ils se regardèrent dans les yeux. Images de la veille. Sourires mi-coupables, mi-amusés naissants au coin de leurs lèvres. Elle avait couché avec Alvin Wenlock et franchement, elle n’en regrettait pas une seconde. Parce qu’elle savait, avec une certitude un peu déconcertante, que ça ne deviendrai pas compliqué. Ils ne s’aimaient pas, c’était bien simple. Et ni l’un ni l’autre ne deviendrait possessif après cette nuit-là, même si l’expérience venait qu’à se répéter. Elle le savait, rien qu’à entendre leurs rires s’étendre dans la chambre à coucher. Pas de malaise, pas d’attentes, pas de douleur ou de responsabilités. Et surtout, pas de remord. Son amant de la nuit passée se leva et, sans gêne apparente, Aurora se laissa lorgner ses fesses. Et s’ils se permettaient ce détour une fois de temps en temps? Ils ne s’attacheraient pas – pas d’une autre façon qu’amicale, en tout cas – et puis c’était amusant, non? Enfin…

La belle écouta distraitement ce que disait le Gallois alors qu’elle venait s’asseoir au bord du lit, en s’étirant doucement. La pudeur? Mais quelle pudeur? Il avait déjà vu son corps nu, de tous les angles, l’avait exploré. À quoi bon se cacher? Et lui ne semblait pas contre l’aise qu’elle prenait, s’approchant d’elle pour lui demander ce qu’elle voulait pour le petit déjeuner. La brunette leva les yeux au plafond un instant, pensive, puis replongea l’azur de son regard pétillant dans le sien en lui adressant un sourire radieux.


« Croissants, ce serait super. Je ne suis pas contre la douche... Donne-moi quinze minutes et je te rejoins. »

Aurora ponctua sa phase d’un baiser au coin des lèvres du châtain puis le regarda partir. Ce n’est que lorsqu’il quitta la pièce qu’elle se décida à se lever à son tour. Elle rassembla paresseusement ses vêtements, les rafraîchit d’un sortilège puis songea qu’elle détestait vraiment prendre le petit déjeuner avec un soutien-gorge sur le dos, quand elle pouvait se permettre de ne pas s’y soumettre. Elle fouilla donc dans la garde-robe du jeune homme, en sorti une chemise qui serait certainement beaucoup trop grande pour elle puis l’emporta avec elle à la salle de bain. Les quinze minutes promises passèrent et l’Italienne arrivait dans la salle principale du loft. Elle avait tout juste enfilé sa petite culotte et la chemise, dont elle avait roulé les manches jusqu’à la moitié de ses avant-bras et détaché les premiers boutons. Ses cheveux, eux, étaient lavés, séchés et ramenés en un chignon désordonné sur le dessus de sa tête.

« Noir, pas de sucre. C’est vraiment gentil, de tout préparer. Tu n’as pas besoin d’aide? », demanda-t-elle en s’asseyant, incertaine, sur une chaise.

Mais Alvin la rassura, qu’elle n’avait pas à s’en faire. Et elle se laissa se convaincre. La brunette sourit tendrement à son hôte puis regarda autour d’elle. Les biscottis, les bouteilles vides sur le comptoir. Pfff, quelle soirée. La Plumentine sourit en coin avant de s’étirer une nouvelle fois, totalement calme et relaxée.


« Tu sais… Admettons que ça viendrait qu’à se reproduire, je suis pas contre. Et je sais que ça… n’implique rien de sérieux, disons. », ajouta-t-elle alors qu’il s’approchait avec les assiettes et les tasses de café.

Proposition à remettre ça? Absolument. La jeune femme agrippa gracieusement sa fourchette et vint en piquer le bout dans un morceau de fraise, qu’elle porta à ses lèvres.


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Entre quatre bouteilles de vin [PV Aurora]

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