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 Intrigue : Intrigante pluie de sang.

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Alcandre
Maître Du Jeu
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MessageSujet: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mar 8 Mai - 0:39

Environ de vingt heures, un mardi soir, l’heure où la grande majorité des étudiants dîne sur les quelques longues tables de chaque maison, toutes largement abondantes de nourritures diverses et variées cuisinées par les elfes.

Le silence, entrecoupé par les rires, ou des cris, ne tenait guère de place dans la salle commune, pas moins que la veille, tout autant que le lendemain, sans aucun doute, et les conversations fusaient, d’ici et là, s’ignorant les unes les autres, se recoupant au hasard d’un mot jeté plus haut, nourrissant un brouhaha décousu, quelque peu incohérent, toujours désordonné dans une salle bien trop grande où il a toujours été difficile de s’entendre parler, les uns préférant parler plus fort que les autres, et ainsi de suite. C’était un soir comme les autres, comme il y en eut tant d’autres, et comme il y en aurait tant d’autre, il n’y aurait rien de spécialement prévu, quelques élèves quittaient la pièce après avoir terminé de manger, d’autres rentraient dans la salle, quelques uns, les plus nombreux, restaient assis à bavasser, dînant, évidemment, donnant plus de temps et d’importance à la parole qu’à la nourriture. Mais jamais le silence, trop lourd, signe de bien mauvais souvenirs, tels que l’ordre de l’Ouroboros, pour n’en citer qu’un. Ce fut d’ailleurs la remarque qu’un étudiant se fit, un huitième année, qui se voyait déjà, à la fin juin, sortir de cette école pour ne plus jamais y venir, bien trop occupé à travailler ce dans quoi il avait passé trop de temps, à étudier, alors que la conversation qu’il avait entretenue avec son camarade de cours mais également ami était devenue vide de sens, et, comme tant d’autres conversations qui moururent au même instant. Le silence prit place, un quart de seconde, avant que des mots fusent de nouveau :

- Marrant, ça, on en entend plus parler, de l’ordre de l’Ouroboros, ces temps-ci.

Et aussitôt, du rouge. Personne ne le vit, trop occupé à parler, mais les pierres qui formaient le gigantesque et haut plafond au dessus de leurs têtes se couvrirent d’un liquide rouge. Ce liquide devint bientôt trop important et trop lourd pour simplement rouler, et commença à couler. Quelques gouttes tombèrent du plafond, tombant ici et là. Les gens mirent du temps à s’en rendre compte, certains furent plus rapides, d’autres bien plus lent. Et le silence reprit, soudain envahissant, alors que tous les yeux se levèrent vers le plafond. Il n’y eut plus de mot, il n’y eut plus de rire. Il n’y eut que le silence. Et une pluie de sang. Personne n’aurait été capable de définir la nature exacte du liquide, mais il semblait bien certain à tout le monde que si ça n’en était pas, ce fluide limpide imitait de manière on ne peut plus parfaite la couleur, le goût, et la texture du sang qui, après avoir atterri sur les joues des étudiants, y laissant une forte odeur de fer ainsi que la marque rougeâtre de la goutte qui continuait de rouler sur la peau des élèves, jusqu’à leurs lèvres, parfois. Il y eut des regards de dégoût échangés, des yeux aussitôt rabaissés, des sourcils froncés, et des cris. Beaucoup de cris, pour couper le silence. Plus de silence du tout, alors que la pluie de sang s’intensifiait, et une salle qui se fit de plus bruyante, déjà assourdissante alors que de nombreuses élèves eurent la même idée au même instant, celle de s’enfuir aussitôt. Un gigantesque fracas, en plus des cris, celui des bancs en bois poussés le plus violemment possible contre le sol fait de pierres brutes, faisant tomber des gens encore assis dessus.

La majorité des étudiants coururent vers les portes de la grande salle. Des portes qui se refermèrent avant qu’un seul élève ne puisse sortir de la pièce. Les cris se firent virulents, encore davantage, toujours plus sonores, encore plus tonitruants. Il fut impossible d’entendre ne serait-ce que son propre hurlement. Ce fut le chaos.

Une apocalypse qui dura le temps d'une dizaine de minutes, jusqu’à ce que les portes se rouvrent d’elle-même, que le sang termine de couler, mais qui semblait pourtant s’éterniser de nombreuses heures.



[Sujet ouvert jusqu'au 1er juin. Un post par personne. Les directeurs interviendront à la fin pour clôturer le sujet.]
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Scott Duke
C.A.M
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▌Né(e) le: 16 novembre
▌Pays d'origine: Angleterre
▌Statut: 8ème année

MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mar 8 Mai - 21:43

Lui, il n‘avait pas peur du silence. Jamais. Le silence lui avait toujours paru comme réconfortant, absolument bienfaisant. Il ne voyait aucun mal au silence, ne savait pas pourquoi tout le monde s’évertuait à toujours le combler. Il aimait ce silence, l’appréciait pour ce qu’il était, pour sa subtilité et son raffinement. Rares étaient ceux qui aimaient le silence tel qu’il était, qu’il fût lourd ou bien léger. Il n’avait jamais compris ceux qui préféraient parler plutôt que de se taire. Lui, il n’ouvrait la bouche que quand il pensait avoir quelque chose de véritablement important à dire, ne voyait pas la nécessité de parler sans arrêt, n’aurait même pas réussi s’il avait ne serait-ce qu’essayer. Les paroles n’étaient pour lui que du factice, un artifice sans intérêt. Scott n’ouvrait que rarement la bouche tout simplement parce qu’il se plaisait à penser qu’il n’était pas comme ces incapables qui lui servaient de camarades d’étude ayant trop peur du silence pour le laisser s’installer, préférant parler de sujets abjectes quelques fois, sans intérêt toujours pour ne pas avoir à faire face à cette chose fantastique et magique qu’était le silence.

Aujourd’hui encore, ce soir, pour être plus précis, il ne pouvait que le remarquer, alors qu’il était assis à la table des Cinnacrow, mangeant et buvant. Le silence n’avait pas sa place ici, il n’avait sa place nul part, par ailleurs. C’était dommage, dans un sens, lui qui l’aimait tant, ce silence peu familier à sa propre famille qui, comme tous ces étudiants, préféraient parler plutôt que de braver ce silence de sourd de sens. Lui, Scott Duke, avait été élevé dans l’antithèse de ce qu’il était aujourd’hui, n’en était pas peu fier, il devait l’avouer, mais jamais il ne se serait douté qu’en arrivant ici il retrouverait le même genre de personne qu’il avait quitté à Camden, dans son quartier d’origine. Il aurait dû s’en douter, probablement, et c’était bien là le problème. Où qu’il aille, il serait bien évidemment confronté aux mêmes problèmes, aux mêmes personnes, aux mêmes caractères, aux mêmes évènements. L’espoir n'avait rien de bon non plus, l’espoir l’avait mené à Swyn et il avait espéré, comme toute personne dans ce bas monde, que cette fois-ci, ce serait différent. Ça ne l’avait pas été. Évidemment.

Une goutte tomba sur le dos de sa main. Un liquide rougeâtre, épais. Il fronça les sourcils, passa les doigts de son autre main sur le dos tâché de rouge. Au contact de sa peau frottée, une forte odeur de fer lui vint aux narines. Il fronça davantage les sourcils, toujours silencieux. Il n’avait pas besoin d’avoir étudier les sciences, ou la santé magique pour reconnaître l’odeur caractéristique du sang. Il aurait été bien incapable de dire si c’en était vraiment ou pas, mais si ça n'en était pas, la tromperie était saisissante, le fait était que quelque chose venait de tomber du plafond. Relevant la tête pour le regarder, il écarquilla les yeux ; le plafond de pierres était littéralement recouvert d’un liquide rouge, de sang peut-être.

Et soudain, le silence.

Comme il ne l’avait que trop rarement connu. Celui lourd de sens, écrasant, l’écrasant lui, chacun de ses os soudain trop faible pour le supporter et, sans même s’en rendre, il abaissa sa tête pour la rentrer dans ses épaules, comme broyé de l'intérieur, complètement. Il sentit un frisson lui parcourir l’échine. Le silence était trop dur, trop sec, trop violent pour lui, pour n’importe qui, il faisait peur, il effrayait de trop. Il y avait un effroi incroyable qui parcourait la pièce, frôlant les gens, les rendant fébriles. Et toujours ce silence. Ce silence qu’il avait tant voulu, qu’il avait toujours adulé, il était atroce, il était terrible, il était épouvantable. Il n’en voulait plus. Les conversations lui manquaient, il les languissait, beaucoup. La pluie de sang s’abattit sur lui ; sur tout le monde.

Le silence prit fin, aussitôt.

Les cris, à présent, lourds de sens, eux aussi. Et des mouvements incohérents, de partout. Son banc fut renversé à terre, et lui avec. Il grimaça lorsque son coude s’écrasa violemment contre le sol de pierres. Il avait mal. Il se passait une main sur le visage, fixa ensuite la paume lorsqu’elle arriva au niveau de ses yeux : Couverte de sang. Un nouveau frisson lui parcourut l’échine. Il ne comprit rien. Il ne comprit pas davantage pourquoi les cris redoublèrent. Il tenta de se redresser alors qu’un vacarme énorme – autre que les jeunes gens faisaient déjà – se fit entendre mais un amas difformes d’étudiants lui passa littéralement sur le corps, l’empêchant de se relever immédiatement. Lorsqu’il réussit enfin, quelques minutes plus tard, il comprit. Les portes de la grande salle s’étaient fermées, seules, à clé, magiquement. Il songea un instant qu’on tentait peut-être de les ouvrir mais sans succès puisque la foule commençait rapidement à se former autour de ces dernières. Ils avaient tous peur. Les gens ici avaient toujours tout le temps peur, mais pas sans raison. Plus tôt dans l’année, il y avait eu de nombreuses histoires à dormir dehors, des bougies dans les couloirs la nuit s’éteignaient d’elles-mêmes pour se rallumer quelques minutes plus tard. On avait vu du sang sur les murs, les rumeurs racontaient que des fantômes s’amusaient à faire quelques sinistres farces. Scott n’y croyait pas. Ce n’était pas l’œuvre des fantômes. Quelque chose se passait ici. Quelque chose de plus important encore qu’il ne pouvait l’imaginer, même, sans doute.

Les portes se rouvrirent alors que la pluie cessa. C’était fini, mais ça recommencerait, il en était sûr.
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Zac Yarwood
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mer 9 Mai - 21:37

Les repas entre cousins, ça lui rappelait toujours l'Australie. Y avait ce côté famille assez cool qui lui plaisait, et ça l'empêchait d'être dépaysé de trop dès qu'il tentait de les observer discrètement. C'était galère de pas être triste ici alors que tout ce qu'il aimait se trouvait à des milliers de kilomètres de lui, c'était pas facile à vivre, et il pouvait même aller jusqu'à dire que c'était nul, pourri, chiant, que c'était la déch, en somme. Zac, il avait pas peur des mots, il les assumait, bien au contraire, toujours, quoi qu'il arrive, surtout s'il les pensait. Y avait pas de doute là-dessus, l'Irlande sans Cal et Josh, ça aurait été encore plus ennuyant. Un zéro pointé, fallait dire les choses comme elles venaient. Mais du coup, avec eux, l'Irlande, ça donnait un tout autre truc, il était pas assez fou pour donner la moyenne à ce pays de dingues, n’empêche qu’il s’en approchait doucement, à force. Cal et Josh, c’était un peu toute sa vie, à lui, vivre sans eux, c’était comme décider d’arrêter de boire de l’eau pendant une semaine, c’est pas facile, et généralement si tout se passe comme prévu, on meurt à la fin, déshydratation oblige. Sans eux, il était déshydraté de conneries, d’amusements, de souvenirs, de rires, de sourires, de regards en coin, et quand on s’en déshydrate trop, on finit triste. Et être triste c’est un peu mourir, aussi. Lui, il avait pas envie d’être triste (il n’avait aucune envie de mourir non plus, soyez donc rassuré !) alors il ne voulait pas s’éloigner d’eux. C’était un raisonnement tout con, en plus, n’empêche que sans eux, la vie, il avait du mal à la voir. D’ailleurs, il voulait pas la voir, on pense pas à ce genre de chose. Toucher du bois, toucher du bois, toucher du bois. Il touchait du bois souvent, ces temps-ci. Le truc, c’est qu’il pensait toujours à tout et n’importe quoi, et à la fin, il avait peur que ça se réalise, le pauvre. Et qu’il se produise n’importe quoi, il en avait pas envie. Il avait un peu peur du n’importe quoi. Le ridicule, c’était okay, pas le n’importe quoi. Il voulait savoir où il allait quand même, il ne demandait pas qu’on lui prédise son avenir dans quinze ou vingt ans, juste un aperçu du futur proche, ce serait pas mal. Ah ouais, il tenait à préciser qu’il préférait que les prédictions s’avèrent vraies, aussi. Ce serait con qu’il passe du temps là-dessus, finisse par y croire, se projette, pour que dalle au final. Fallait pas abuser, il était Zac Yarwood, l’imprévu, c’était cool et marrant mais quand on lui disait un truc, valait mieux que ce soit vrai, parce que revenir sur sa parole, ce serait être un peu corrompu, au final.

D’ailleurs, s’il était à Swyn, c’était déjà parce que ses parents étaient des monstres sans cœur ne voulant que faire souffrir leurs enfants de la manière la plus brutale qui soit c’est à dire les tuer à petit feu en les éloigner peu à peu de leur habitacle naturel pour les envoyer dans un terrain hostile et, du coup, peu hospitalier alors que les jeunes australiens ne demandant au final qu’un peu de compréhension, de soleil et de filles ! Mais c’était aussi parce que l’université était tout de même réputé pour sa sûreté. Vaguement, il avait entendu parler du phénomène de l'ordre de l’Ouroboros, avait trouvé ça dingue, quand même, que des gens soient prêts à tuer pour du sang, rien que pour du sang. Zac, il en donnait à tout va, du sang, il en donnait à tout le monde, à qui veut. Zac, il faisait les dons du sang sans souci, mais surtout pour le petit dej qui étaient servis après mais on s’en tapait, de ça, parce que le sang, c’est jamais rien de très important, ça se renouvelle et puis, faut dire que c’est terne, du sang. Toujours de la même couleur. Qu’on se batte pour du sang arc-en-ciel, il voulait bien, il aurait compris, mais du sang rouge. Qu’ils prennent tous de la peinture rouge, ces obsédés du sang, et qu'’ils repeignent leur appart’ en rouge, si ça peut leur faire plaisir. Il les voyait déjà baver et loucher de plaisir rien que devant la couleur. Au fond, il savait bien qu’il racontait n’importe quoi, que ces extrémistes, c’était pas le sang en particulier, qu’ils cherchaient, enfin si, mais c’était surtout cette pureté que lui n’avait pas, déjà. Mais allons ! C’était dépassé, ces idées idiotes, sans queue ni tête ! La pureté ! Plus personne n'était pur, à l’heure d’aujourd’hui, fallait lire les journaux un peu, se mettre au goût du jour. La pureté, ça servait plus à rien. C'était comme faire porter du blanc à la mariée, c'était faux, c’est hypocrite, ça faisait un bail que la fille n'était plus pure, dans la majorité des cas. Tout n'était pas tout blanc ou tout noir, quoi.

Et le ciel le lui prouva. Il n’avait pas remarqué le silence qui s’était installé, trop dans ses pensées pour écouter son frère et son cousin parler ensemble, trop occupé pour se rendre compte qu’eux aussi avaient fait silence autour d’eux, avaient arrêté de discuter. Tout n’était pas tout blanc ou tout noir. Il pouvait y avoir du gris, quelque fois. Ou du rouge, comme la pluie qui tombait sur lui, du rouge sang, comme de la peinture, comme celles des obsédées qui louchaient et baver dessus. Il écarquilla les yeux sous l’ampleur du phénomène et, dans un élan désespéré, il commenta à voix haute :

- Cool, ça ! C’est un spectacle pour notre arrivée ? J’a-do-re !

Il aurait pu y croire, avec un peu de bonne volonté, mais c’est que les cris qui commencèrent à se faire entendre lui filèrent les jetons. Non, c’était pas un spectacle, ça n’avait d’ailleurs absolument pas l’air du tout prévu au programme parce qu’il était vraisemblablement pas le seul à se taper la trouille de sa vie dans le coin. Tout le monde courrait dans tous les sens, Il n’aimait pas ça, il aurait voulu rentrer en Australie, maintenant. Tout de suite, même, parce que cette pluie de sang, fallait mettre les choses au clair, c’était tout sauf sain. Ça avait la couleur du sang, la texture du sang et l’odeur du sang, et lui, le sang, il aimait pas du tout. Ça lui tournait la tête, et trop de sang d’un coup, il supportait pas. D’ailleurs, ça n’allait plus très bien, là. Il tentait de respirer calmement sans pouvoir réellement y parvenir, y’avait cette odeur à la con qui lui montait à la tête et qui mettait tous ses sens en bouillis. Y’avait son cousin qui lui disait un truc, là, il le voyait parler, mais bien sûr que non, il avait jamais appris à lire sur les lèvres, il aurait dû parce qu’on sait jamais ce qu’il peut se passer dans la vie, on peut devenir sourd, on peut devenir aveugle, on peut peut faire des malaises, on peut débarquer en Irlande en pleine pluie de sang, ce genre de chose. Zac, il faisait tout en même temps, et sa vue se brouillait tout doucement, et il n’entendait jamais plus rien depuis un bail, et alors qu’il allait s’effondrer, tomber du banc, faire un malaise vagal comme il en avait déjà tant fait, des bras forts et musclés l’attrapèrent, il entrouvrit les yeux alors qu’il voyait Josh version sauveur, héros, protecteur, - tout le blabla - s’avancer vers lui, lui mettre quelque chose dans la bouche et lui donner une claque sur la joue. Un carré de sucre. Par déduction, il comprit que son frère le maintenait assis.

Lorsque les effets du malaise s’atténuèrent – merci cousin, d’ailleurs, t’es un vrai pote ! – il releva ses yeux fatigués vers le plafond, il ne pleuvait plus.

Maman… Je veux rentrer en Australie.
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Ren Tamaris
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▌Né(e) le: 13 Novembre
▌Pays d'origine: Égypte
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mer 9 Mai - 22:25

Assise à l’extrémité droite de la table de Plumentine, Ren occupait son heure de dîner à lire un roman d’épouvante entre sa salade de quinoa et sa limonade. À une vingtaine de pages de la fin, elle n’arrivait pas à détacher ses yeux de sa lecture. Sa fourchette tenait en l’air depuis bientôt une minute lorsqu’elle avala sa bouchée, ne mâchant qu’au moment de tourner la page, comme si ce geste lui rappelait sa propre existence, la ramenant à la réalité le temps que ses yeux gambadent au verso du papier. Les autres élèves près d’elle discutaient sans se soucier de la présence de cette fille un peu bizarre aux longs cheveux noirs dissimulant un visage délicat penché sur une histoire inquiétante de maison hantée. Ren était tellement concentrée qu’elle réussissait à faire abstraction du bruit qui l’entourait, les conversations devenant un bourdonnement indistinct à ses oreilles. Elle porta sa limonade à ses lèvres, se désaltérant d’une gorgée, mais quand elle reposa son verre sur la table…

Plouc.

Elle posa son doigt à la fin d’une phrase en plein centre d’une page, relevant les yeux sur son verre, juste à temps pour y voir une goutte se diluer dans sa boisson. Inclinant la tête sur le côté, Ren manqua de temps pour approfondir son questionnement puisqu’une seconde goutte atterrit dans son livre. Les pages imbibèrent la tache rouge alors que tout autour, les voix se turent. Son voisin repoussait son assiette où une goutte vermeille se mêlait à la sauce blanche de ses pâtes. L’agitation devenait palpable, très tangible dans l’air.

Une tempête éclata. Des exclamations effrayées s’élevèrent, suivis de doigts pointant le plafond de la salle. Ren roula son regard vers le haut et écarquilla les yeux. Entre la pierre se faufilait un opaque liquide couleur sang. Sans crier gare, le tout tomba en pluie. Ceux près des sorties voulurent s’y ruer pour ne pas être trempés par cet étrange averse, mais les portes claquèrent pour se refermer d’un seul coup. Dans un pur réflexe de petite fille, Ren attrapa son livre et se cacha sous la table. Jetant des coups d’œil inquiets autour d’elle, elle serra son livre contre sa poitrine, ramenant vers elle ses jambes qu’elle s'empressa d'enlacer contre son corps.

Bam !

Ren tressauta. Une rangée de bancs venait de tomber sur les dalles, entraînant plusieurs élèves de la maison de Cinnacrow dans leur chute. Elle n’osait pas bouger de son abri de fortune, le menton enfoui entre ses genoux. Le sol devint écarlate en quelques secondes et elle ramena ses chaussures vers elle pour éviter que l’écoulement de la pluie rouge entre une mince fissure du plancher ne la touche. Ren voyait des masses s’attrouper près des murs. Dans l’espoir de quitter les lieux, on essaya de forcer les portes qui refusaient de s’ouvrir malgré tous les coups de pieds et tous les sortilèges lancés. Le chaos s’intensifiait.

Elle aurait voulu fermer les yeux et attendre que ça passe, mais elle n’y arrivait pas, pétrifiée par l’angoisse des cris et des plaintes. Tout le monde se bousculait. Des courageux usaient vainement de sorts contre le plafond. Des jets de lumière fusaient des baguettes. Dissimulée sous la table, Ren ne voyait aucun des visages qu’elle devinait ruisselants de « sang », du moins pour ceux qui ne s’étaient pas couverts la tête. L’odeur ferreuse qu’amenait la pluie accentuait l’affolement général, et Ren n'y faisait pas exception. Il ne pouvait pas s’agir de véritable sang, il y en avait beaucoup trop.

Dans les livres, des scènes comme celle-là, aussi impressionnantes soient-elles, on parvenait à les gérer grâce aux indices de l’auteur. Là, il n’y avait aucune indication, le mystère était absolu et Ren ne savait pas quoi faire. Être aux premières loges, ça changeait tout. Sa baguette magique était restée dans son sac à la tour de Plumentine. Soudain, elle trouva qu’un grade de seconde année à l’université ne lui servait pas à grand-chose. Ça lui paraissait tout petit, et elle se sentait bien insignifiante, dépendante des autres. Elle ne pouvait rien faire, elle n’en avait pas la force ni les connaissances. Faites que ça s’arrête, faites que ça s’arrête, faites que ça s’arrête. De rouge, elle ne voulait qu'entrevoir ses cheveux à lui. Rien que ce rouge-là, et aucun autre.

Le tout s’arrêta bel et bien. Les voix se calmèrent, la pluie cessa et les portes obéirent lorsqu’on les poussa. La grande salle se vida, mais Ren attendit encore pour sortir de sa cachette. Dans le silence de la pièce, le sol rouge la mettait encore plus mal à l’aise. Elle ne voulait pas marcher sur cette pluie, et elle était partout sur chaque surface. Il faudrait pourtant qu’elle ne tarde pas à sortir de sous cette table pour regagner son dortoir. Où était-il, dans un moment pareil ? Mais oû était-il ?

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Andrew McAllen
M.U.M
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▌Né(e) le: 08 Avril
▌Pays d'origine: États-Unis
▌Statut: 6ème année

MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Jeu 10 Mai - 14:06

Andrew McAllen ne faisait jamais d’entrée non remarquée dans la Grande salle, c’était comme ça, fallait pas chercher plus loin. Soit il y entrait avec un des Cinq Plumes – quand c’était pas les cinq au complet qui débarquaient – soit on parlait du trio McShane/McAllen/Konstonhalu. McKonstonhalu ça aurait pu être génial aussi, mais on pouvait pas tout avoir dans la vie, quoi ! En plus de ça, la jolie brune, elle était chez les Cinna, donc bon, quand bien même Laure et Andrew la ramenaient souvent à la table des Plumentine, parfois, l’orange devait avoir son heure de gloire, comme ce soir. Du coup, ils dînaient tous les trois à la table des corbeaux. En même temps, c’était ce qu’il y avait de mieux puisqu’ils voulaient prévoir une sortie pour cet été. Qu’on se le dise, aucun Cinna n’aurait l’idée de se joindre à leur groupe pour une virée hors de l’Irlande alors que chez les violets, tout le monde aurait été séduit par la chose et ça aurait limite pris des proportions de voyage scolaire. À vrai dire, Andrew n’avait rien contre ça, plus on était de fous, plus on riait, mais le temps d’un week-end là, pas envie. Qui plus est, ils avaient déjà un barbecue à organiser avec les autres, alors ils pouvaient bien disparaître deux jours.

" Bon, les filles, une idée d’la destination ? "

Andrew déroula une carte du monde en la mettant à plat sur la table. Quelques élèves alentours grognèrent, parce que bon, fallait faire de la place pour la carte un peu et entasser quelques plats de chaque côté et ça leur plaisait pas, à ces rabat-joies dont un rien dérangeait. Attrapant un panier de pain, Andrew donna un coup sur l’épaule de Ted derrière lui en le lui mettant dans les mains d’un large sourire, sans plus d’explications, et se retourna vers Thèdes et Lauréline.

" On évite les pays du nord où y fait froid, hein, sinon c’est pas des vacances ! "

Quoi que les sources chaudes, c’était toujours sympa, même en pleine montagne enneigée. Ils ne prévoyaient pas vraiment quitter l’Europe, mais c’était la classe d’avoir l’embarras du choix sous les yeux. C’était aussi la seule carte qu’Andrew possédait, alors bon. Assit en face de Laure, une jambe repliée avec nonchalance sur le banc duquel il était installé de travers, Andrew appuya un coude sur le rebord de la table pour mieux se pencher sur la carte mais il se redressa aussitôt, baissant les yeux sur son avant-bras qu’il tourna vers lui pour mieux voir la tache rouge visqueuse sur sa peau.

" Merde, y’a du ketchup sur la carte ! "

Il attrapa de quoi essuyer son bras puis remarqua que tout d’un coup, plus personne parlait. Andrew releva la tête sans comprendre. Qu’est-ce qu’ils regardaient tous, au plafond ? Suivant leurs regards, il s’étira le cou vers le haut, haussant un sourcil.

" C’est quoi ce bordel ? "

Et ça commençait à leur tomber dessus, en plus ! Ah ouais mais non, les blagues pourries de flaques de machin rouge gluant au plafond, c’était dépassé. Andrew sortit sa baguette de la poche de son pantalon et leva le bras la tenant au-dessus de sa tête. Une fois le sortilège lancé à voix haute, sa baguette s’allongea, formant un grand parasol couvrant également Thèdes et Lauréline, respectueusement à côté et en face de lui. La pluie tomba tout de suite après, s’intensifiant pile comme les portes de la Grande salle se refermaient. Cette fois, il fronça des sourcils sans bouger, ce qui ne fut pas le cas de tout le monde. La plupart des gens présents se ruèrent devant les portes pour sortir, complètement paniqués par la pluie qui ressemblait forcément à du sang. C’était avoir trop d’imagination, quoi ! Le seul truc en fait, c’était l’odeur bizarre qui venait avec la pluie. Ça puait vraiment le fer à plein nez. Tenant le manche du parasol d’une main, Andrew regarda alternativement Lauréline et Thèdes.

" C’est qu’un orage magique, rien de plus, faut juste attendre que ça passe. J’sais pas qui l’a lancé, mais c’est franchement con, hein ! "

La nature de l’orage par contre, ça, il en savait rien, mais ça sentait pas bon, et ce dans tous les sens du terme. Andrew ne faisait qu’appliquer une technique apprise en police magique pour éviter que les deux filles – de même que les autres à proximité d’eux à la table – ne se laissent gagner par la panique. Dans une situation comme ça, le meilleur atout, c’était le calme. Andrew conserva donc son sang-froid, imperturbable. Il avait l’air de trouver l’interruption du dîner un peu chiante, sans plus. Énervé par contre que certains réagissent en criant comme si un météore géant allait frapper la planète dans la prochaine minute, Andrew étira son bras libre sous la pluie, frottant ses doigts ensemble pour étendre l’eau rouge sur sa paume qu’il brandit sous leurs yeux.

" Arrêtez, c’est pas de l’acide, c’est juste de la pluie rouge dégeu, regardez ! Si ça se trouve c’est de la peinture, quoi ! "

Il espérait vraiment que ça soit rien d’autre qu’une très mauvaise blague. Le seul détail qui le laissait dans le doute, c’était les portes qui ne s’ouvraient plus. Il fallait un sacré bon sortilège de verrouillage pour résister à un Alohomara.


Dernière édition par Andrew McAllen le Mer 30 Mai - 0:36, édité 1 fois
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Lydwin Xaneara
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▌Né(e) le: 23 Décembre 1990
▌Pays d'origine: France
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 11 Mai - 12:51

Comme souvent, Lydwin mangeait seule. Les quelques personnes avec qui elle parlait dans sa deuxième première année à Swyn étaient gentilles, mais elles ne la mettaient pas totalement à l'aise. Elle savait qu'elle se serait plus amusée avec Andrew, Ted et les autres, seulement son processus d'intégration avait été lourdement mis à mal avec ces deux ans de temps mort.

Le repas était excellent, comme toujours, et comme toujours, la Plumentine écoutait plus ou moins discrètement les conversations de ses camarades. Ils ne la connaissaient pas, mais à force de les croiser, de les écouter, elle finissait par savoir certaines choses sur eux; des choses tout à fait banales, comme l'acquisition indésirable d'une énième goule dans le grenier de Tati; des évènements joyeux ou tristes, et parfois même, des petits secrets, ceux que l'on croit avoir énoncé avec toute la discrétion requise alors qu'on oubliait que les gens discrets ont des oreilles baladeuses.

Ce soir là, alors qu'elle se servait du lait (son petit péché mignon), la jeune femme entendit des troisièmes année affirmer avoir trouvé LA cachette parfaite pour le T-shirt fétiche d'un Plume. Tiens comme c'était étrange, Lydwin savait exactement à qui appartenait ce T-shirt.
Cher Andrew, haaa il lui en avait fait voir des vertes et des pas mûres, particulièrement à son retour, mais s'en doutait-il seulement? Un peu probablement, après l'épisode de la chantilly et du lynchage qu'il avait subit.
D'ailleurs, cela lui rappelait le jour où le Plume était venu récupérer son bien dans le dortoir des filles, alors qu'elle même s'y trouvait. Quelle après midi ils avaient passé par la suite!


*Mais au fait, il me doit toujours un rendez-vous, une chasse au trésor même!*

Perdue dans ses pensées, les coudes sur la table tenant son verre de lait suspendu devant ses lèvres roses, Lydwin ne perçu pas dans le brouaha les premières plaintes. Les yeux dans le vagues, elle ne vit pas non plus la nappe se tacher de rouge par endroits.
Ce n'est que lorsqu'elle reçu une goutte sur le nez qu'enfin elle revint au présent, laissant ses souvenirs bien au chaud.
Elle regarda son verre, où la goutte qui avait heurté son nez s'était ensuite échouée. Se diluant comme l'aurait fait une goutte de grenadine, elle resta perplexe quelques secondes, le temps que la fréquence des gouttes d'on ne savait quoi augmente. Lydwin regarda autour d'elle pour essayer de mieux comprendre, tout le monde observait les taches en silence, et puis, petit à petit, des exclamations d'horreur, une chez les Dorelly, suivit des personnes à proximité, quelques uns firent de même chez les Plumentines et finalement toutes les tables commencèrent à remuer. Les élèves se levaient avec précipitation, oubliant que les bancs renversés entraînaient des camarades dans leur chute. Lyd' sentis son bancs secouer et elle eu tout juste le temps de se redresser pour ne pas s'écrouler à terre. La position de la chaise en sport, ça ne vous dit rien?
La pluie s'intensifia presque d'un coup, alors que ses semblables se précipitaient pour la plupart vers les portes, la jeune femme préféra rester collée à la table, se faire écraser par des élèves elle avait déjà donné. Deplus les gouttes chaudes qui se déversaient sur elle lui rappelaient les pluie d'été, elle ferma les yeux et se revit sur la place de son petit village. Mais l'odeur la ramena très vite à la grande salle, une odeur de fer? Lydwin, dont les cheveux étaient à présent écarlates, regarda ses mains, les rapprocha de son nez pour mieux sentir et à l'évidence de la texture et de l'odeur, elle oublia très vite le côté grenadine.


"Qu'est ce que..."

La jeune femme eu la soudaine envie d'imiter ses camarades et de se ruer vers la sortie, mais la pluie n'étant pas de l'acide, elle se convainc qu'elle pouvait attendre calmement que le flot d'étudiant s'écoule hors de la salle.
C'est donc calme mais loin d'être sereine qu'elle attendit, les mains crispées serrant la table à s'en faire sauter les articulations. Elle regardait les autres qui n'avançaient pas, mais pourquoi diable n'avançaient-ils pas? Un regard au dessus de la foule lui fit découvrir les portes closes. Elle n'avait pas remarqué cela. Elle sentit des sueurs froides parcourir sa colonne vertébrale; si son visage n'avait pas été recouvert de cette pluie, de ce rouge en trop grande quantité, on aurait pu la voir blême, livide, plus pâle qu'un mort même, certainement comme la majorité de personnes présentes.

Lydwin se sentait mal, elle avait mal au coeur, tout ce sang, cette agitation, cette panique, et tout cela s'éternisait dans des éclairs de sortilèges dirigés vers les portes ou le plafond, mais rien ne fonctionnait.
La jeune femme regarda à nouveau son verre de lait, où les gouttes plongeaient toujours. D'ailleurs la boisson n'avait plus du tout l'aspect du lait. Elle croisa les bras et les écarta aussitôt de son corps, dégoûtée par la viscosité qui la recouvrait.


"Beuuurk..."

La pluie ne cessait toujours pas, mais l'effet de surprise lui était passé, il n'y avait que ça, il était fort désagréable d'être rouge de la tête aux pieds, certes, mais rien de plus grave que cela. D'ailleurs, les autres élèves commençaient également à se résigner, ils poussaient de moins en moins au regard de la résistance des portes et les sortilèges ne fusaient plus autant.

La plumentine se tourna vers la table des professeurs, comment n'avait-elle pas pensé à voir leur réaction plus tôt? D'un autre côté, elle se trouvait si loin qu'elle ne pouvait vraiment distinguer les traits de leurs visages, encore moins avec tout ce rouge.

Après de longues minutes d'attente, enfin, la pluie cessa et les portes se rouvrirent, les élèves se ruèrent dehors, elle, elle attendit, comme d'autres, de pouvoir sortir tranquillement.
Lorsqu'elle le fit, elle fut frappée par la différence de sensation entre l'intérieur et l'extérieur de la grande salle; on aurait pu croire que ce serait du soulagement mais non. Dans la salle tout était rouge, c'était impressionnant mais avec un tout petit peu de recul, s'en était ridicule de gore, tandis qu'à l'extérieur, les centaines d'élèves avaient laissé sur leur passage des traces de pas, des traînées de sang faites par les robes de sorciers dégoulinantes; là, on aurait dit qu'il y avait eu une hécatombe.
Lydwin resta figée là quelques instants, voyant passer des silhouettes à ses côtés rajoutant encore des traces de sang.
Elle se disait que c'était ce qu'avaient pu voir les Swyniens à la suite de l'attaque de l'ordre de l'Ourobouros, probablement pas autant, on lui avait rapporté qu'il n'y avait pas eu trop de perte compte tenu des adversaires.

Quelqu'un la bouscula, pas de pardon, tant pis. Elle se décida à bouger, prit lentement la direction des souterrains pour rejoindre sa tour en ruminant ses pensées. Elle voulait prendre une douche, il fallait absolument qu'elle se lave. De la boue aurait été plus propre que tout ce sang. Mais tout le monde avait sûrement eu la même idée.... Tant pis, elle attendrait rien ne pressait plus.
La jeune femme regarda par une fenêtre et changea de cap; il pleuvait dehors, il pleuvait drue. La voilà sa douche.

Lydwin sorti, et resterait plantée devant la grande porte aussi longtemps que la pluie, d'eau cette fois, durerait et autant de temps qu'il serait nécessaire pour la laver de tout ce pourpre.

_________________
La vie n'est pas si mal...




Kit par Hildegarde Jensson, un grand merci à elle Smile


Dernière édition par Lydwin Xaneara le Lun 14 Mai - 16:14, édité 1 fois
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Thèdes Konstonhalu
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 11 Mai - 16:32

Assise à la table des Cinnacrow, elle écoutait Andrew parler du futur projet qui était de partir en week-end dans un autre pays. Lauréline, plus tôt dans le mois lui avait suggéré la Laponie, pays qu’Andrew n’avait visiblement pas retenu puisqu’il semblait tout particulièrement intéressé par les pays chauds. Le dos droit d’abord, et finalement ennuyée de discuter d’un voyage qui se ferait de toute manière, avec ou sans son aide, elle posa à plat ses avants bras sur la table, mis ses cheveux sur une seule épaule, se pencha davantage pour déposer mon menton sur le dos d’une de ses mains, regardant vaguement la carte face à elle. Elle n’avait pas envie de prendre part à toutes les discussions qu’allaient engendrer le voyage dans un pays, surtout pour quelques petits jours. Lauréline et Andrew pouvaient bien décider seuls, et Thèdes suivrait sans aucun problème du moment qu’ils ne choisissaient pas de partir en Italie. En attendant, elle s’ennuyait. Elle s’ennuyait parce qu’évidemment, il n’y avait rien d’autre à faire que de les écouter, et, alors qu’elle détournait son regard de la carte pour observer une miette de pain de la manière la plus passive possible, elle remarqua une tâche rouge imprégner doucement la nappe. Elle haussa un sourcil. L’information ne grimpait pourtant pas, restait collée à la rétine de son œil et c’était tout. Elle voyait sans comprendre, elle voyait sans voir aussi, sans réfléchir, sans se poser de question. Elle était dans le vide, elle fixait une tâche qui l’observait à son tour, mourante, se faisant aspirer par un tissu dont elle ne connaissait pas le nom, dont elle se fichait éperdument. Dehors, à côté d’elle, loin de la bulle qu’elle avait créée autour d’elle, elle entendait la voix sourde d’Andrew. Elle ne savait pas de quoi il parlait, se doutait que le sujet de conversation était le voyage, une fois de plus, aurait voulu s’y intéressée d’avantage, mais ne pouvait se résigner à quitter des yeux la tâche rouge. Elle resta ainsi, de longues minutes, le nez à quelques centimètres de cette tâche, immobile, impassible, passive, avant que l’image fixe qu’elle ne pouvait cesser d’observer changea, d’une manière brusque, si brusque qu’elle en fronça les sourcils et retroussa son nez. Une autre goutte se forma, et elle aussi s’imprégna du tissu. Et une autre, et encore une autre, et toujours une autre. Elle sentit quelque chose de froid, de gluant, de sale lui tomber dans la nuque, glissant dans son dos et se releva aussitôt.

La bulle qu’elle avait créée semblant s’être étendue de partout parce qu’ici, là-bas, tout près, chaque table, chaque banc, chaque personne, tout le monde, personne ne parlait. Il y avait ce grand vide qui se propageait, que personne ne désirait cantonner, minimiser, contrôler. Il paraissait d’ailleurs bien incontrôlable, ce vide, si bien qu’il contrôlât les autres plutôt que les autres ne contrôlèrent, lui. Tous avaient cessé leur conversation, abruptement, comme un ordre sourd, que personne n’avait entendu mais que tout le monde avait senti. Il ne fut pas difficile pour Thèdes de suivre ce commandement, elle ne se fit pas prier une seconde, n’eut même pas l’idée de parler alors qu’elle faisait comme les yeux, c’est à dire lever les yeux vers le plafond pour voir l’horreur qui les recouvrait tous. Il y avait cette chose rouge, ce liquide visqueux, qui continuait de tomber en petite quantité jusque là, et le frisson de dégoût que Thèdes réprima ne se fit pas prier non plus pour se faire ressentir. Elle avait une de ces gouttes, qui coulait, là, sur elle, de sa nuque à entre ses omoplates, descendant encore lentement vers la chute de ses reins. Elle arrivait à déceler chaque centimètre que cette goutte faisait, au fur et à mesure, doucement, très lentement, pour arriver on ne sait où, descendre encore plus bas. Elle eut envie de vomir. Une autre goutte tomba, à l’annulaire, sur la bague qu’Andrew lui avait offert. Elle écarquilla les yeux, remarquant soudainement une odeur qu’elle avait jusque là ignorée. Le fer, du sang.

Elle avait réellement envie de vomir. Vraiment. Andrew lui obstrua précipitamment la vue, mettant au dessus de Lauréline, de lui et de Thèdes un grand parapluie. Elle n’allait plus se faire toucher par les gouttes de sang, mais elle n’en avait que faire. C’était pire, encore, que de regarder les autres se faire tâcher, encore et encore, avec des gouttes qui tombaient vite de leur front jusqu’au menton, et qui glissait vers le sol, encore, dans une odeur répugnante qu’elle ne connaissait que trop. De l’extérieur, de l’abri qu’Andrew avait mis au dessus de sa tête, elle voyait tout. Et il y avait son cœur qui battait la chamade, alors qu’elle entendit le premier cri, comme une révélation. Une initiation à tous les autres cris qui ne tardèrent pas à sortir de cette bouche-là, ou d’une autre, et encore, toujours une autre, elle ne pouvait donner de nom, ça allait trop vite, et elle, elle restait silencieuse, elle n’arrivait pas à prononcer le moindre mot, elle était toute ankylosée, totalement pétrifiée par ce qu’il se passait sous ses yeux, des yeux grands ouverts qui vaquait ici et là, sans arriver à s’arrêter de bouger, parce qu’il y avait tant à voir, et il y avait de quoi être pétrifiée, autant qu’elle l’était. Et elle aurait voulu les fermer, ses yeux, qu’elle n’aurait pas pu, elle ne pouvait pas, elle était en dehors d’elle, ne comprenait plus de ce qu’il se passait, tourna doucement la tête vers la porte de sortie, remarqua que tout le monde s’y approchait en courant. Pourquoi est-ce qu’elle ne bougeait pas ? Était-elle la seule percluse, ici bas ? Même Andrew parlait, même si elle ne comprenait pas distinctement chacun de ses mots, la faute au bourdonnement sourd que faisaient ses oreilles ou bien les hurlements environnants.

Et puis, elle percuta. Ils étaient enfermés ici, et malgré tout ce que pouvait dire Andrew dont elle imaginait que le but de ses phrases eut été de calmer tout le monde, elle dût faire face à une vérité toute autre. Ils étaient bloqués ici, et personne n’arrivait à ouvrir ses portes. Elle ne savait pas si parmi eux se trouvaient des claustrophobes, mais s’il avait fallu un dessein à cet événement sordide, elle était persuadée que la peur en était le principal. Et elle avait toujours peur, d’ailleurs, parce qu’ils avaient réussi leur coup, qui que ce soit, alors qu’elle entendait le bruit sourd des gouttes se faire arrêter par le tissu du parapluie qui, imperméable, les faisait tomber davantage plus bas, passant obligatoirement sous ses yeux. Et son cœur ne se calmait pas, et elle remarqua qu’elle tremblait, ne pouvait toujours pas cela dit garder les yeux fixés sur ses mains, épouvantée. Il fallait qu’elle les lève, ses yeux, toujours, et à défaut de pouvoir regarder le plafond, c’était les murs qu’elle pouvait voir sans peine à présent, recouverts de sang, qui glissait, glissait, glissait, jusqu’au sol, parce que la grande majorité des étudiants s’étaient rués vers les gigantesques portes de la sortie.

Les portes qui ne s’ouvraient toujours pas. Désespérée, et comme si elle semblait à présent remarquer Andrew et Lauréline, elle leurs adressa un regard misérable. Elle ne savait pas ce qu’il se passait, mais elle était persuadée que ça ne s’arrêterait pas là, malheureusement. Et que se passerait-il, après ce sang ? Trouverait-on un corps inanimé, un jour, au plafond ? Et tant pis à celui qui voudrait manger, et qui retrouverait des gouttes de sang humain, dans son assiette ? Et en était-ce d’abord, du sang humain, ce qui coulait là ? Il y en avait de trop, mais qui savait vraiment ? Elle ne se sentait plus en sécurité, ici. Nulle part, sachant que la personne qui était la source de cette affaire devait obligatoirement se trouvait parmi eux, parmi les autres, ceux qui avaient peur, elle ne remarqua personne.

Les portes s'ouvrirent ensuite. La pluie cessa. Fin.
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Eleiakin Dreamtrue
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Lun 14 Mai - 0:28

Cette soirée aurait pu être comme les autres s’il n’y avait pas eu ça. L’éternel duel d’abord. L’éternel duel entre la balance et Elei. L’éternel duel entre Elei et son diner aussi. Parce que lui, pour le coup, il n’était pas du tout mais du tout prévus au programme. Qu’est ce qui était prévu pour ce soir ? Grignoter peut être. Finir un ou de reste qui trainait dans les frigos du foyer. Réparer sa radio , actuellement en pièces détachées, un exploit de Pak Pao et Shaam, dans un ultime conflit de territoire pour quelque centimètres de plus sur une chaise, chaise qui avait recueilli la pauvre machine, qui peinait déjà suffisamment assez pour crachoter le son des casettes ou des ondes qu’elle arrivait à capter de temps à autre. Elle faisait juste son travail, de manière très brave depuis plus de dix ans, cette petite radio, elle n’avait rien demandé à personne et s’était retrouvée au milieu, sans le vouloir, d’une géopolitique très très complexe entre une vieille chouette couleur sable et or de douze ans et une petite chatte couleur crème et chocolat d’un an tout juste . Elle avait donc été chahutée en absence de l’arbitre et s’était démontée sur le sol, la coque avant d’un côté, les haut-parleurs au pied de la chaise , la coque arrière brisée , le moteur magiquement modifié toujours intact . C’est quand même beau la magie, avec elle, rien ne se casse, rien est perdu, tout se répare, tout se retrouve. A condition d’avoir la condition physique et mentale nécessaire pour savoir l’utiliser. Ce qui n’est pas le cas d’Elei, qui a une fois de plus remiser sa magie dans un placard après le coup d’éclat produit pendant les cours de rattrapage de Mademoiselle Mustonen. Un véritable désastre. Parce que pour une fois, Elei s’est rebellée. Elle s’est refermée brusquement, à la manière d’un hérisson, tout piquant dehors, persuadée d’avoir été mal comprise, persuadée de lui avoir fait éprouver de la pitié. Mot qu’elle exècre. Elle sait pourtant. Que tout le monde protège Elei parce qu’Elei est faible, Elei est mignonne, Elei est serviable. C’est lassant, terriblement lassant. Mais ils ne veulent pas voir l’Elei qui, tout compte fait sait se défendre. L’Elei, de manière qui peut sembler loufoque, attrape la première poêle qu’elle trouve et qui assomme celui qui le dé convient. L’Elei qui commence à apprendre à se juger, mais pas comme elle le fait habituellement. Et qui donc commence à faire des choix. De vie et de futur. Neiv et Niel pourront toujours offrir une issue de secours mais Neiv et Niel ont tort. Eleiakin peut avoir un futur. Elle le doit pour prouver que tout ce qu’elle a pu faire jusqu’à maintenant, en bien ou en mal, n’a pas été vain. Que les énervements de son entourage ont, malgré tout été entendu.

Elei regarde doucement les pupilles vert émeraude de l’infirmière et porte sa main à sa chaine. Sa bague. Trop peur de la perdre si elle la gardait au doigt. Trop voyante, trop source de conflits, de question en tout genre. Trop loin du cœur aussi. Anneau source de courage et de futur. Son futur, celui qu’elle a choisi. Sentence de l’infirmière. Ce soir, mademoiselle vous dinez avec nous. Froncement de sourcil, Elei s’apprête à répliquer mais Mademoiselle Di Concetta hausse un peu le ton. Elle n’a aucune autorité, cette femme, aucune. Mais elle lit en les autres comme dans comme dans un livre ouvert. Alors avant qu’Elei se referme comme un coquillage et ignore ce qu’elle a lui dire, elle accélère, posant le doigt là où il faut. Si vous compter prendre un port-au-loin, samedi, il faudra que vous soyez en forme physiquement, sinon, vous allez avoir des problèmes et vous n’arriverez pas à destination. Elei déglutit, resserre sa main droite sur le bijou et hoche doucement la tête. Bon argument. Si tu veux grandir, alors donne-t-en les moyens. Tant pis pour la radio, je la réparerais après, ou je demanderais à quelqu’un de m’aider. Encore. Comme toujours. Comme si elle se devait obligatoirement de dépendre du groupe de personne qui l’entourait. Mais pour l’instant, intéressons-nous au présent et au futur proche, plus qu’au conditionnel et au futur proche. Diner. Elle soupire encore tandis que l’infirmière la chasse en lui faisant ses dernières recommandations et en lui ordonnant plus ou moins d’aller directement à la grande salle. Réfléchir à ce qu’elle aimerait manger ce soir. Elle a beau se passer des images de plats appétissants sur le chemin qui la mène à la salle, rien ne lui met l’eau à la bouche. Tant pis, elle mangera pour manger, son masque de visage fin tentant d’afficher un grand sourire heureux. Eleiakin Dreamtrue est une Plumentine. Les Plumentines ne sont jamais tristes. Eleiakin Dreamtrue se doit donc de n’être jamais triste pour ne pas faire déshonneur à la maxime et la réputation de sa maison. Elle tire sur sa tunique de gaze bleue paon, toujours la même , et sur le pantalon noir qu’elle abhorre . Tout ira bien.

La salle commune est toujours aussi bruyante, les gens tirent en longueur et Elei a déjà envie de faire demi-tour. Trop de monde, elle n’aime pas ça. L’avantage du foyer, c’est que peu de gens le fréquente et de ce faite, il n’y a jamais grand monde. Se faire une place sur l’un des bancs, murmurant pour ne pas gêner, observant les plats en se mordant la lèvre. Rien ne lui fait décidément envie. Mais il faut manger, c’est important. Elle finit par opter pour des crudités, des cakes salés et un laitage, les mangeant lentement, pas pour savourer mais plus pour assimiler. Elle n’avait pas repérer à cette table une connaissance avec qui elle aurait pu entamer une conversation digne de ce nom. Même si la voix d’Andrew et de Lauréline se faisait entendre derrière elle. Elei n’avait rien tentée, persuadée que les deux filles, Lauréline et Thèdes lui en voulait encore. Cela aurait dû se faire avec moins de bruit, peut-être cela aurait été plus simple et moins mal pris. Peut-être. Elle ne veut pas les déranger de toute façon. Repas morne, juste punition à son erreur .Et elle se relève déjà, fin de repas. Marche doucement, tête baissée vers la sortie avant de s’arrêter.

Silence d’abord. Long Silence dans la salle où toutes les conversations se sont tues, comme si le temps avait été arrêté. Puis première goute rouge qui s’écrase devant elle. La Sud Af’ lève la tête vers le plafond, ses pupilles pairs dilatés, fixée sur ce plafond rougis d’un liquide dont l’odeur âcre lui attaque la gorge .Sang . Pourquoi. Pourquoi maintenant. Son corps est tétanisée, impossible de faire le moindre mouvement à moins d’y être forcée. Et c’est ce qui arrive quand la foule d’étudiant se dirige en courant, en groupe. Panique. Bousculée, trimbalée, Jusqu’à ce qu’elle se recroqueville sur elle-même, formant une masse qu’on heurte plus qu’on bouscule. Fermer les yeux , penser à autre chose . Cela va aller, Elei. Parce que nous sommes courageux. Cris encore qui percent ses tympans, elle ne veut pas savoir pourquoi. Ne plus rien voir, ne plus rien entendre, ne plus rien sentir. Ne pas céder à la panique ambiante qui commence à lui parcourir l’échine, tentant de la pénétrer. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ? On commençait à oublier l’Ouroboros et ses morts. Boite de pandore de sa mémoire qui se bat pour s’ouvrir. Ouroboros, tu te souviens ? Tu as aidé à déplacer cadavres et morts. Souviens-toi, Elei, certains semblait dormir sans jamais avoir quitter leur lit .Il y avait juste leur sang qui maculait leurs corps, tu t’en souviens ? Eiblheen s’attachait à te rappeler à eux à une époque. Je ne veux pas ! Je ne me souviens plus ! Larmes qui taraudent encore. Toujours accroupie, front sur ses genoux, bras protégeant sa tête. Cela va passer, ce n’est qu’une mauvaise blague. Dix longues minutes. Peut-être plus, dans ce genre de moment, les minutes semblent des heures. Jusqu’à ce qu’elle sursaute . Une main dans son dos . C’est fini . Croire la voix . Ne pas la croire . Choix difficile .La croire . Se redresser , ankylosée et restée immobile, droite comme un piquet . Mauvais rêve ?

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Joshua Yarwood
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mer 16 Mai - 15:13

Josh, il voulait manger en plein air, à l’ombre d’une terrasse ou au bord de la plage. Sentir la brise salée sur son visage, voir le soleil se coucher. Il pouvait toujours rêver, ça ne se produirait pas ici. En embarquant dans le vol Australie-Irlande, Josh avait supplié une dernière fois ses parents pour rester. Sa mère lui avait collé son bagage dans les mains avant de l’embrasser. On n’a pas tout ce qu’on veut dans la vie, qu’elle lui avait dit, ce à quoi son père avait ajouté qu’il s’en faisait pour rien, qu’après quelques jours, il oublierait Adélaïde et ne voudrait plus quitter l’Irlande. Josh n’avait rien gobé du discours de ses parents, c’était même un peu insultant qu’ils prennent leur propre fils pour une bille. Pff. On les avait envoyé dans les limbes, ses cousins et lui. La porte de l’avion s’était refermée sur eux comme la porte d’une cellule de prison, les enfermant dans un trou noir, humide et froid. Josh avait le mal du pays, à un point où c’en était atroce. Il en avait perdu l’appétit et trois kilos depuis son arrivée, ce qu’il avait pris soin de mentionner dans la lettre écrite à l’attention de ses parents. Sa mère lui avait envoyé des mots d’encouragement accompagnés d’un paquet de cookies fait maison. Mais quel genre d’adulte responsable pouvait laisser sa progéniture se mourir sans s’alarmer ?! Même la belle-mère de Cendrillon n’était pas aussi cruelle, alors Josh soupirait, déprimé de son sort. Dans son assiette, il écrasait de sa fourchette ses pommes de terre déjà pilées, les mélangeant avec ses légumes cuits qu’il réduisait mollement en purée.

-Rends-moi service Cal, tue-moi.

La voix de Josh était monotone, résignée. On ne les rapatrierait pas en Australie et l’idée de devoir étudier des années dans ce satané pays tout moche lui donnait la nausée.

-Les gars, si je m’enfuis pour aller élever des lamas au Mexique, vous venez avec moi ?

C’était obligé que les jumeaux disent oui, Josh n’avait plus qu’eux sur qui compter. En cas de refus, revenir à l’option numéro un et en finir avec cette vie maudite, mais il n’y avait pas de raison que ça arrive. Le Mexique, ça allait être la cachette secrète parfaite pour disparaître une année ou deux, le temps que leurs parents les croient morts, et dès que les esprits se seraient calmés, ils reviendraient à Adélaïde, ni vus ni connus. D’ici là, Zac nourrirait les lamas dans leur joli enclos en bordure de la mer. Son père tenait une boutique d’animaux, forcément c’était le plus apte à s’occuper des bêtes, surtout que dans les films, les lamas, ils crachaient à la figure des gens et que sachant ça, Josh, il n’avait pas particulièrement envie de s’en approcher. Cal récolterait la laine et Josh, lui, se chargerait des ventes. Yarwood Inc. Une entreprise familiale, ça inspirait toujours confiance aux clients. Ils n’auraient qu’à peindre le nom en lettres rouges sur une camionnette, avec comme slogan : À votre service depuis 1912. Cent ans d’expérience de lainage de lamas, ça allait se vendre comme des petits pains chauds et personne n’irait vérifier si l’information était vraie. Josh expliquait les détails du projet à Cal, aucunement conscient du silence qui venait de s’installer jusqu’à l’exclamation de Zac qui interrompit leur conversation. Alors non, le cousin, il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude si c’était pas l’épaule. Même en Irlande, les comités d’accueil se faisaient avec des ballons et de confettis. L’énorme masse extraterrestre au plafond, elle n’était pas normale du tout. Comme un gros nuage rouge, il éclata, déversant une pluie de la même couleur sur les cheveux blonds de Josh qui poussa un cri. Il bondit du banc comme un ressort, rabattant la capuche de son sweat shirt sur sa tête. Tirant Cal par la manche pour qu’il se lève, Josh se tourna vers son autre cousin.

-Zac, bouge-toi, on doit sortir d’ici ! Zac ? Zac, tu m’entends ? C’est pas vrai, il nous fait un malaise.

Il choisissait très mal son moment, le cousin, vraiment très très mal. Les portes claquèrent, bloquant toutes les sorties. Josh trouvait que la porte de l’avion qui s’était refermée derrière lui à l’aéroport était bien moins menaçante, tout d’un coup, mais dans un sens, s’il n’y avait pas eu la porte de l’avion, ils ne se seraient pas trouvés tous les trois ici, cloîtrés entre quatre murs de pierre en train de prendre une douche de sang. L’odeur du fer lui brûlait le poil des narines, et ce n’était pas peu dire. Josh lâcha la manche de Cal, cherchant activement le bol de sucre sur la table, jetant tout par terre sous la panique. Trouvant enfin ce qu’il cherchait, il poussa un second cri, de victoire cette fois, et se saisissant d’un carré de sucre, Josh enjamba la table, rattrapant de justesse Zac avant qu’il ne s’effondre comme une crêpe sur le sol.

-Reste avec nous, reste éveillé !

Josh lui mit une claque, mesures d’urgence obligent, puis lui fit avaler le morceau de sucre. Cal les avaient rejoint, soutenant son frère. Pour se donner du courage, Josh mangea également un sucre qu’il laissa fondre sur sa langue, pas très rassuré au fond de lui. La pluie cessa après dix interminables minutes d’horreur. Son sweat shirt était fichu, ce liquide sanguin ne partirait jamais, mais Josh s’en moquait. Avec ce qui venait de se passer, il entrevoyait déjà son billet de retour pour l’Australie sur un plateau d’argent. Cette fois, ils rentreraient chez eux.
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Actérion
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 18 Mai - 0:10

Actérion mangeait a la table des professeurs dans l'établissement de Swyn ou il enseignais la Divination. Le centaure papotais avec ses collègues en plantant sa fourchette dans une pomme de terre en robe des champs qu'il mangea avec appétit. Cet après midi il avait beaucoup bougé et Actérion avait une faim de loup. Entre les cours, sa petite famille, son clan, Acté était pas mal occupé mais cela lui plaisait beaucoup, Swyn étant sa deuxième famille avec les Felagund, troupeau qui était cher a son vieux coeur avec son épouse et sa fille. Le vieil homme cheval aimais ètre actif et ne pas resté en place. Les élèves quand a eux papotais pendant le repas entre amis. Mais alors que la noble créature piquais une nouvelle pomme de terre et qu'elle s'apprétais a l'enfournée dans sa bouche, du rouge tomba sur ses cheveux. Prenant une serviette pour s'essuyer, Actérion remarqua alors que ses pommes de terre était recouverte d'un amas de liquide rouge plus que douteux.

A ce moment, en un rien de temps la Grande Salle fut pris d'un grand vent de panique tandis que la pluie de sang battais son plein, la coulée devenant plus forte d'heure en heure, elle semblait sortir du faux plafond de la Grande Salle. Etais ce une blague de mauvais gout ? Le centaure le pensait vraiment tandis qu'il essayait avec ses collègues de calmé la peur. Au fond il les comprenais un peu, qui n'aurais pas peur en face d'une pluie de sang ?

Mais le pire fut quand les portes étaient fermées et qu'on ne pouvait guère les ouvrir, Actérion pensait vraiment que cela était une mauvaise blague, sa toge blanche qu'il mettais pour éviter de choquer les jeunots par sa pudeur été devenue rouge sanguine, et Actérion savais qu'il n'avais plus qu'a demander a la directrice de l'école une nouvelle toge car celle ci était désormais fichue.

Le centaure été géné par l'humidité du sang frais sur son habit, cela alourdissait ses mouvements, cette farce n'étais pas vraiment de bon gout, elle n'amusais personne. Et elle ne l'amusais pas non plus.

L'hybride trotta dans la Grande Salle pour rassurer les élèves, en prenant certains dans ses bras puissants pour les réconfortés et leur dire qu'il était la pour eux. Ils étaient térrorisés les pauvres poulains.

Voyant la directrice de l'école, le vieux centaure se dirigea vers elle d'un trot rapide en prenant un air grave:

-Madame, savez vous si cela est une farce macabre ou le sang d'un meurtre ?

Parce qu'avec un peu de magie on pouvait facilement faire passé un liquide rouge pour du sang. Actérion commença de craindre pour les Felagund: est si c'étais leur flux sanguin qui avait été utilisé pour cette situation ignoble ? Le sage vieux centaure espérait que non et que c'étais juste du faux. Car si c'étais vraiment leur hémoglobine, Actérion qui été très protecteur avec les siens, allait se mettre en colère contre le responsable. Il était très papa poule.

Mais pourtant après quelques heures d'une pluie torrentielle, les portes se rouvrirent enfin et la mare rouge cessa. Elle resta cependant dans les esprits et sur les vètements. Qu'est ce qu'il s'étais passé ? Pourquoi une pluie de sang est t'elle tombé d'un seul coup ?



Dernière édition par Actérion le Ven 18 Mai - 18:05, édité 1 fois
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Anne Pattinson
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▌Né(e) le: 18 Novembre
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 18 Mai - 0:59

Anne ne s’attardait jamais bien longtemps dans la Grande Salle. Encore ce soir, elle termina son repas avant les autres, repoussant son assiette tout en y déposant ses ustensiles. Elle avait des idées plein la tête, et par conséquent pas de temps à perdre en futilités. Se levant de table, la Cinnacrow réajusta la courroie de son sac sur son épaule, marchant d’un pas déterminé vers la sortie, l’écho de ses souliers noirs claquant sur la pierre se mêlant aux bruits ambiants. Arrivée au seuil de la sortie menant au hall, un cri lui perfora les tympans. Irritée par l’agression de son ouïe, Anne s’arrêta sec, le talon de sa chaussure pivotant dans l’autre sens, se retournant. Les épaules hérissées, elle fusilla la masse d’étudiants du regard, cherchant des yeux le coupable. L’élève en question s’évanouit, incitant les autres à lever les yeux au plafond, puis d’une inquiétude grandissante, constater par eux-mêmes ce qui avait fait perdre connaissance à l’un de leurs camarades. Curieuse, Anne en fit autant, plissant le front à la vue d’un liquide épais rouge s’amassant sur la pierre. Le silence s’imprégna dans toute la pièce, mais ça ne dura pas. Les cris s’élevèrent de partout, et ce n’est que lorsqu’une goutte de pluie vint rouler sur sa joue que la jeune anglaise comprit que, sans mauvais jeu de mots, le ciel leur tombait sur la tête.

Essuyant sa joue en y passant la main, Anne se figea lorsqu’elle sentit l’odeur ferreuse du sang sur ses doigts. Quel était ce maléfice ? D’un geste rapide, elle sortit sa baguette et lança un sortilège au plafond. Rien n’y fit. Derrière elle, les portes se refermèrent. Anne se retourna précipitamment au son du bruit. Le pan de la jupe de son uniforme s’était coincé entre les deux portes. Afin de se défaire de cette emprise, elle appuya son pied sur la porte et tira de toutes ses forces. Le tissu se déchira, mais la Cinnacrow ne s’en formalisa pas, retrouvant son équilibre en moins de deux. Voyant un grand nombre d’élèves se ruer vers la porte où elle se trouvait, Anne s’en écarta. La pluie rouge lui coulait sur le visage, contrastant avec la pâleur de sa peau. Imperturbable, elle pointa encore le plafond de l’extrémité de sa baguette, lançant un second sortilège. Celui-ci se fondit dans la pierre comme un fantôme traversant les murs. Quelle était cette magie ? Anne envoya un troisième sort frapper le plafond. L’éclair vert se répercuta à sa surface, et changeant de course, il fracassa la vitre d’une fenêtre. Anne méprisait ceux qui cherchaient à fuir, ces pleutres s’entassant près des portes comme des bêtes sans cervelle. Davantage encore, ceux qui étaient paralysés par la peur. Tous des froussards. Une pluie de ce qui en apparence ressemblait à du sang suffisait pour semer la panique dans les rangs et sonner l’alerte générale. Le calme et le silence, était-ce vraiment trop demandé ?


" Cette école ne vaut plus rien. "

Après de longues minutes, tout cessa enfin, le sombre liquide rouge laissant des allures de carnage dans chaque recoin. En premier lieu, la grève des elfes de maison, ensuite l’attaque de l’Ordre de l’Ouroboros, et maintenant ça ? Qui était l’auteur de cette fantaisie de mauvais goût ? Tout échappait au contrôle de l’administration. Ferait-on venir des gens du Ministère, encore une fois ? Devraient-ils tous subir un interrogatoire, comme par le passé ? Agacée par tant d’incompétence, Anne soupira, se frayant un chemin vers les portes qui venaient de se rouvrir. Elle ignorait le but de cette manœuvre, autant que la personne en étant l’instigateur, mais un spectacle aussi grotesque ne l’impressionnait pas. Du sang, elle en avait vu bien avant ce soir. Il en faudrait beaucoup plus pour lui faire perdre sa maîtrise d’elle-même. La Cinnacrow rangea sa baguette magique, se dirigeant vers la sortie. Elle n’aida personne à se relever, ses pas contournant les obstacles se dressant sur son chemin. Sans un mot à quiconque, Anne se pencha pour ramasser le bout de tissu déchiré de sa jupe que l’ouverture des portes avait libéré.

" Reparo. "

Les fils se raccommodèrent d’eux-mêmes, s’enchevêtrant entre la poussière et le tissu gris imbibé de rouge. La jupe était comme neuve, la couture ne paraissait pas. Anne sortit de la Grande Salle, prête à laisser cet incident derrière. Depuis quelques temps, elle entrevoyait le futur sous un nouvel angle, et rien ni personne n’allait gâcher cela. Elle avait un projet, un destin, une ambition telle qu’il faudrait autre chose qu’une vulgaire pluie colorée de rouge pour la ralentir. Ses souliers noirs laissèrent de fraîches empreintes sur les dalles du hall d’entrée. D’un pas pressé, Anne regagna sa chambre et ouvrit son armoire afin d’en retirer des vêtements propres. Ce contre temps écarté, elle pouvait passer à des choses plus sérieuses, mais elle allait commencer par ôter tout ce sang sous une douche.
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Athalie Maler
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 18 Mai - 10:37

Athalie errait encore un petit peu dans ces couloirs qui lui devenait désormais familiers avant de devoir se remplumer de nourriture. Les repas ce n’était pas vraiment sa tasse de thé à la nouvelle. Pour elle, un repas s’assimilait à un rendez-vous pour survivre, rien de glamour ou d’alléchant. Alors du coup, elle ne tenait pas tellement à se presser. De toute manière personne ne l’attendait à l’intérieur, elle dinerait encore toute seule ce soir.

Elle mit un pied devant l’autre, remonta ses lunettes sur son petit nez en trompette et tira sur ses manches. Elle eut le temps de se perdre dans ses pensées et de remettre à nouveau en place ses lunettes quatre ou cinq fois avant d’arriver devant la porte de la Grande Salle. Elle hésita encore quelques secondes devant les portes de bois. De l’endroit où elle se tenait, elle entendait les discussions monter en un brouhaha. La force des rumeurs poussait pratiquement les portes vers l’extérieur, comme un trop plein de bruit. Puis d’un coup d’un seul, le silence. Pas cette quiétude qui règne quotidiennement dans une bibliothèque, mais un silence lourd, provoqué par la stupeur. Poussée par la curiosité plutôt que retenue par la peur, la jeune Athalie poussa les imposantes portes et se précipita dans la Grande Salle, bondée. Le spectacle qui s’offrait à elle était d’une telle rareté qu’elle en resta paralysée au milieu de l’allée. Le faux ciel du plafond vomissait du sang. Le verbe vomir était bien plus juste que celui de "pleuvoir" tellement la situation paraissait inouï.

Une gouttelette tomba sur le dos de sa main. Tandis que la salle se confondait en dégoût et confusion, Athalie porta le liquide d’un rouge sombre à ses lèvres et lécha la perle d’hémoglobine. Le liquide avait goût de rouille et de fer mais la texture était légèrement moins âpre que le sang qu’elle avait déjà bu. Le sien. Ce n’était probablement pas du sang humain, peut-être animal, ou alors une très bonne imitation qui avait su reprendre le goût et la texture du vrai.

Plongée dans ses réflexions, la binoclarde ne réagit pas à la dissipation brutale du silence ni à l’empressement d’une masse apeurée vers elle. Ou plus exactement vers ce qu’il y avait derrière elle, à tout juste trois pas, la sortie. Athalie se fit bousculer et culbuter de tous côtés. Prise par sa "dégustation" elle, la trouillarde, la lâche, la sans-courage, avait oublié d’avoir peur. La foule déchaînée et les cris d’affolement le lui rappelèrent. Elle tenta de se retourner lorsqu’un maladroit la fit tomber à la renverse. Se posa alors le plus gros problème d’une foule effrayée : la loi du "chacun pour soi". Athalie se cachant le visage manqua de se faire écraser la tête une bonne dizaine de fois. Sans plus tarder le cliché de la binoclarde qui perd ses lunettes dans la foule s’imposa à elle. Elle hurla à pleins poumons, mais en vain, ses cris se perdaient dans l’immensité de la panique ambiante. Elle ne tenta même pas de récupérer ses lunettes, de peur d’y perdre un bras. La foule piétinait, les portes s’étaient refermées sur eux et refusaient de se rouvrir, même à coup d’Alohomora.
Par grande chance quelqu’un remarqua la jeune fille à terre et lui offrit une main secourable qu’elle s’empressa de saisir. Lorsqu’elle fut à nouveau debout, son premier réflexe fut d’empoigner sa baguette.
« Accio lunettes ! Reparo ! »

Elle ne prit même pas la peine ni le temps de remercier son chevalier servant – ou "sa" d’ailleurs, elle n’en avait pas la moindre idée – de toute manière, avec le nombre de bousculades dont elle faisait partie, c’était mission impossible.

Soudainement, tout s’arrêta. Les portes se rouvrirent et les élèves se pressèrent à l’extérieur. Saine et sauve mais ensanglantée, elle se mit en tête – et elle savait qu’elle n’était pas la seule – qu’elle devrait découvrir le fond de cette histoire. Ce ne pouvait définitivement pas être juste une mauvaise blague. Elle se dirigea finalement vers la tour de Dorelly, l’appétit coupé et la nervosité revenue, confirmée par son incessant mordillement de la lèvre inférieure.
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Sixtine Wilhelmsson
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mar 22 Mai - 8:15

C’était une habituée depuis le temps, un peu comme si elle faisait partie des meubles de la bibliothèque. Il ne se passait pas un jour sans qu’elle vienne y faire un tour, tantôt pour étudier, tantôt pour lire ou écrire à son frère et parfois même simplement pour profiter du calme et ressourcer ses énergies. La plénitude que les livres pouvaient apporter, ce calme et ce silence déstabilisant pour ceux qui n’en n’ont point l’habitude ou alors une imagination bien trop développée… Ce côté froid et pourtant chaleureux, un peu comme l’hiver. Un côté froid sans expression et qui donne pourtant l’envie de se mettre devant un bon feu de cheminé, dans les deux cas. Il y avait de la ressemblance entre les livres et l’hivers, cette même envies pour deux choses différentes, cette même envie au contacte de l’un ou de l’autre.

Elle devait être à son huitième chapitre sur les énergie positive. Ou peut être le neuvième … elle ne comptait plus, lisant par plaisir. Le plaisir d’en apprendre toujours plus, une main tenant le bouquin et l’autre se mouvant dans l’air discrètement essayant quelques tours presque invisible tant la discrétion était de rigueur. Et puis il y avait la rigueur aussi, Sixtine débordait de rigueur ! Elle était sérieuse et studieuse, il fallait travailler pour réussir, toute la nuit s’il le fallait. C’était ce qu’elle écrivait à son frère aussi dans ses lettres. Elle lui disait qu’il devait travailler dur et s’accrocher et que s’il avait son année il viendrait avec elle, ici, à SWYN. La jeune Dorrely savait quoi faire pour motiver son petit frère. Une première année à Swyn, c’Est-ce qui pouvait lui arrivé de mieux. Changer un peu de la suède, changer un peu de ses souvenirs tortueux et cet air appartenant à cette maison glauque à présent … Elle ne cessait de l’écrire à son frère afin qu’il est confiance en elle, elle était de parole. Surtout pour son frère, sérieusement elle ferait n’importe quoi pour lui.

Un bruit de ventre criant famine, une horloge qui sonne l’heure de manger. Sixtine ferma son livre, y laissant un marque page pour le finir plus tard et quitta sa place en direction de la porte de sortit. Il devait bien y avoir du monde dans la grande salle, le diner devait être servit déjà … Serrant son livre son elle, la jeune femme déambula dans les couloir telle un être sans vie et sans expression fonçant droit à son but. Ce n’est qu’arrivait en fin de couloir - et donc presque à la grande salle - qu’elle entendit des crie et du grabuge. Un peu comme toujours à cette heure ci, des élèves excités par le soir, par la nuit et toute les fêtes qu’il pouvait y avoir dans l’enceinte du châteaux ou à l’extérieur.. Elle avait entendu dire à multiple reprises que les jeunes ne restaient que très au châteaux le soir, que Bourg en bière cachait des endroit intéressants autant les uns que les autres… Enfin surement des endroit très peu fréquentable pour cette demoiselle si pure, si droite. Elle ne se souvenait pas d’ailleurs la dernière fois ou elle avait passé du temps avec des jeunes de son âge à faire quelque d’indécent, quelque chose qu’elle ne ferait pas en temps normal comme sortir avec un garçon. Elle savait ce que c’était que d’avoir un amoureux, elle en avait eu un une fois mais plus maintenant. A 16ans ce n’est jamais très sérieux et puis ça ne dur pas et puis … Elle n’avait pas le temps de penser à ca elle devait s’occuper de son frère, elle s’était toujours occuper de lui. Elle n’avait pas le temps pour trouver un homme dans sa vie, comme le prendrait son frère ? Et puis trouver quelqu’ un acceptant le petit n’était pas chose simple. Il était triste de voir qu’à son âge, Sixtine pensait telle une grande personne.

Laissant tomber par mégarde un second livre de son sac juste devant la porte d’entrée de la grande salle elle sortit de ses pensées subitement et se pencha pour le récupérer. Ce n’est qu’en reprenant sa position verticale qu’elle s' aperçue que devant elle une file d’élève c’était formée. Patiente comme toujours elle attendit son tour pour tenter d’entrer et découvrit une pluie rougeâtre à l’odeur particulièrement dérangeante. Plus la pluie tombait, plus l’odeur se diffuser dans la pièce , une odeur forte, de fer, de métal … de sang ! Le sang tomber du ciel.

Fronçant les sourcils et cachant ses affaires contre elle pour ne pas les salir elle fut attirée par la jeune fille apeurée devant elle et lui tendit un mouchoir afin d’essuyer la goutte de sang dégoulinant sur sa joue. Elle mit sa main sur l’épaule de la jeune fille à côté d’elle essayant d’être rassurante, comme elle l’aurait fait pour son frère car finalement son instant maternelle était bel et bien présent en n’importe quelle circonstances. Elle avait gardé ce truc protecteur surtout que cette demoiselle ne devait pas être plus vielle qu’elle, 19ans peut être 20ans pas plus. La crainte pouvait se sentir sans pour autant être empathe. Il fallait être aveugle pour ne pas comprendre qu’elle avait peur, qu’elle en ferait une crise cardiaque si elle le pouvait.

« Ne t’en fait pas! Ce n’est rien, un problème de décors sans doute » Lui dit elle d’une voix douce et froide n’exprimant aucune peur ou autres sentiments pouvant la trahir.
Lui adressant un sourire rassurant elle reprit sa main pour ne pas être trop familière puisque après tout elle ne la connaissait pas. Ni d’Adam, ni d’Eve.


Hors elle le savait que ce n’était pas normal. Sixtine savait que quelque chose d’étrange était en train de se produire. Elle en connaissait assez sur la magie pour savoir que le sorcier ayant fait cela avait un but précis, voulait quelque chose et qu’un simple canular - comme certain pouvait le penser- n’aurait pas prit une telle forme. Du moins elle s’en doutait de tout cela! Mais après tout cela aurait été durant Halloween elle aurait trouvé cela marrant. Peut être. Surement… En faite non ! Quelque chose la gênait dans tout cela, Swyn n’était pas réputée pour de telle actes mais plus pour une université tranquille. Une université paisible ou il est bon de faire ses études. Quelque chose la dérangée et elle savait que ce n’était pas normal mais il y avait assez de chahut pour angoisser une personne en plus, laissait place à la panique n’allait servir à rien. Cette leçon elle avait appris le jour ou elle avait vu son père étendue au sol, mort!


Elle n’eut pas le temps d’ajouter quelque chose que la pluie s’arrêta, net. Tout était fini. Mais jusqu’à quand ? Il y avait autre chose, il y aurait autre chose… On ne parle pas de sang juste pour rire. On ne rit pas avec le sang … Il suffisait d’attendre, la personne concernée venait simplement de lancer un appel. Et il y en aurait un second.. Il y en aurait un second.
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Eloy d'Ollenburg
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mer 23 Mai - 0:58

La peur, quelle obscure tranche des émotions humaines. La toute première fois qu’il la constata, sa sœur aînée bondissait sur un fauteuil du salon, lui sommant de la débarrasser de l’énorme araignée velue sur la moquette. Le petit Eloy âgé de six ans attendit, les yeux rivés sur les jointures blanchissantes de sa grande sœur dont les doigts plantés dans le dossier de velours tremblaient. Dans son habit de petit duc, Eloy s’avança calmement au centre de la pièce et s’accroupit devant la bête à huit pattes. Il tendit la main, ignorant les véhémentes protestations de Wendy. L’araignée tâta l’obstacle formée de sa paume ouverte, grimpant sur son pouce. Le chatouillis contre sa peau fit sourire Eloy. L’enfant ne comprenait pas comment, de par son unique présence, un si vulnérable animal réussissait à paralyser toutes les fonctions motrices de sa sœur. Lorsqu’il la confronta à ce propos, la réponse absurde que lui fournit Wendy le fit quitter la pièce, emmenant l’araignée avec lui.

Au fil des années, personne n’altéra la profonde certitude d’Eloy sur la peur comme état d’esprit. Simulée par les sens, elle naissait de l’imaginaire, prenait l’apparence d’une menace ; une ombre dans un couloir, une silhouette derrière un arbre. Une forte impression illusoire, pour la plupart générée puis entretenue par la société, rien de plus. Avait-on déjà vu une araignée de maison attaquer sauvagement un vieil homme dans son grenier ? Non, bien sûr que non, car à moins de tomber nez à nez avec une veuve noire ou un dérivé de mygale, s’inquiéter de sa sécurité à la vue de cette minuscule créature tenait du ridicule. Le plus risible dans tout cela était que les humains craignaient beaucoup plus le contact inoffensif des pattes que la morsure en elle-même. Ainsi, croyez-le ou non, sans jamais ressentir la peur, Eloy d’Ollenburg lui ouvrait grand les bras. Il aurait bien voulu en ressentir les sueurs froides descendre de sa nuque le long de son échine, ou encore les palpitations cardiaques si caractéristiques de l’angoisse, mais rien ne l’effrayait, pas même la mort. Quant à Mélite d’Orcy, il ne craignait pas cette admirable fiancée dont l’apparence – dite froide, quelle sottise - et la verve – que dis-je, l’éloquence - rebutaient bon nombre d’individus, exception faite d’Elias Jensen, l’ennemi public numéro un. Eloy dînait donc en compagnie de sa précieuse veuve noire, sa princesse des glaces, autrement dit son amour, sa Mélite, lorsque la première goutte écarlate s’écoula du plafond, passant inaperçue aux yeux du couple.

Eloy évoquait à sa promise l’envoi pressant des faire-part pour leur mariage à venir. La liste des invités s’allongeait sans cesse ; famille, connaissances, politiciens, ministres, journalistes. Toute la haute société française et allemande recevrait son carton d’invitation. Ernest d’Ericourt, l’ancien favori prisé par la cour, assisterait à la cérémonie, vert de jalousie. Depuis qu’il portait son jonc à l’annulaire, Eloy avait grande hâte de voir ce jour arriver, impatient d’admirer la beauté sans nom des courbes de Mélite d’Orcy dans une robe de mariée somptueuse, sa main serrant chastement son bras. Eloy se languissait davantage encore de la nuit de noces, moment intime privilégié qu’elle ne partagerait avec aucun autre homme que lui. Posant les yeux sur la tenue de Mélite, il s’imaginait son ventre enfler, prêt à donner naissance à l’héritier, garçon ou fille. Mais ses pensées s’évanouirent dans un hurlement à la table voisine. Au plafond, la pierre saignait, étrange affaire, et une goutte commit l’affront de s’échouer sur le revers de la main de Mélite, formant une demi sphère parfaite, opaque et luisante sur sa peau. Eloy l’essuya d’un mouchoir, contact indirect de leurs mains à travers le tissu. Protégeant sa bien-aimée de la pluie torrentielle s’abattant sur eux, il déploya sa baguette pour user d’un sortilège d’imperméabilité, le répétant ensuite sur lui. Eloy savait Mélite capable de la même magie, il intervenait par devoir envers elle. Il jouait un rôle, se soumettant aux exigences de sa caste.


-Sortons d’ici, fit-il à d’une voix pondérée, se levant.

En contradiction à ses mots, toutes les sorties se murèrent. Eloy contint son excitement à l’idée d’être enfermé. Tant d’effervescence contenue dans un si mince environnement. Les uns tombaient comme des mouches sous le joug de la peur, les autres fuyaient comme des rats, s’entassant vers une issue bloquée. Les raisons de la prise d’otages ne l’intéressaient guère, une prison n’existait que pour ses prisonniers. Les geôliers se montreraient tôt ou tard. Le masque sur le visage de Mélite tenait en place. Rien, pas même la lueur d’une infime inquiétude. La scène ne lui inspirait sûrement que dégoût. Se retenait-elle de retrousser son nez délicat devant la forte odeur âcre du fer ? Eloy le croyait. Peut-être désirait-elle jusqu’à un regard soucieux d’Elias Jensen dans sa direction ? Son interrogation ne trouva jamais réponse. La pluie s’arrêta et les portes émirent un déclic libérateur, éveillant la suspicion d’Eloy. Tant d’énergie pour une telle conclusion ? Balivernes, impensable, ils n’en étaient qu’à l’entracte, et à n’en point douter, le coup de théâtre viendrait plus tard. Le rideau tomberait sur une scène plus forte en émotions encore. Le public aimait les tragédies, le drame, la trahison, la mort poignante d’un personnage important. Que leur réservait la fin du spectacle ?

-Sortons, répéta-t-il.

Ils traversèrent la grande salle et atteignirent la porte. Eloy souhaita la bonne nuit à Mélite et regarda une dernière fois les tables ensanglantées. Quelle mise en scène, mais quelle mise en scène…

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Caleb Yarwood
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Jeu 24 Mai - 20:28

Il ne savait plus vraiment pourquoi ses parents avaient craqués ce jour là, ce n’était qu’une simple fille. Et même si elle était blonde ce jour là elle n’était pas si différentes des autres, elle était d’ailleurs bien plus jolie, bien mieux formée… -Inutile de faire un dessin, des fesse parfaitement modelées, et des seins.. Bref pas besoin de vous faire un dessin on s'est comprit - Non leur réactions était vraiment démesurée.

« Tu comptes la mettre enceinte? Quand assumeras-tu tes actes?! Et ton avenir d’avocat, c’est comme ça que tu comptes le créer?! »
Ce jour là en plus de dire n’importe quoi ils avaient aussi posé beaucoup de questions, des questions qui ne servaient à rien puisque non il ne comptait pas la mettre enceinte du moins pas de suite il venait de la rencontrer la veille à une soirée plage … Cela aurait irresponsable de lui faire un enfant si précipitamment. Il n’était pas irresponsable, il se protégeait toujours d’ailleurs c’était sa règle d’or ! Quand à l’autre question d’assumer ses actes, il le faisait souvent aussi comme quand il embêtait son frère il assumait, il assumait même parfois pour couvrir son frère, pour ne pas qu’il se fasse disputer alors pour assumer il savait faire. Puis si une fille tombait enceinte il assu… Non ca en faite il savait pas encore s’il assumerait le jour ou une fille viendrait lui dire qu’elle était enceinte et qu’il était le père de l’espèce d’embryon qu’elle porte en elle. Il n’irait pas jusqu’à lui demander d’avorter, non il n’était pas cruel à ce point mais de la à faire ses affaires pour disparaitre subitement … L’idée était tentante! Cela ne voulait pas dire qu’il le mettrait en fonction mais il qu’il la garderait précieusement dans un coin de sa tête. C’est vrai quoi, on ne sait jamais vraiment si les filles que l’on rencontre la veille sont vraiment des filles de bonne famille - quoi qu’elles ne le sont pas pour se trémousser ainsi - ou si elles vraiment solvable dans leur tête … Tout ceci étant dit, Caleb aimait avoir des relations qui duraient un peu quand même, les filles d’un soir il n’aimait pas tellement ça, en général il revoyait toujours les filles le lendemain et le surlendemain. Bon certes, rares étaient celles qui arrivées à tenir plus d’un mois mais c’était comme ca, il aimerait lui trouver LA fille qui lui fera se dire encore au bout d’un mois Oh combien il a de la chance d’être avec elle et Oh combien elle est belle au réveille. Il ne l’avait pas encore trouvé mais il ne désespérait pas pour autant, il savait qu’elle se cachait là quelque part en Australie, en Irlande ou ailleurs elle existait bien. Et puis peut être qu’avec elle, il aurait envie d’assumer ses actes ou peut être tout simplement qu’il réfléchirait même pas et qu’il assumerait comme ça, d’une claquement de doigts. En ce qui concernait la troisième et dernière question de cette fameuse fois ou il se fit surprendre… Il le préparait son avenir, quoi que pouvait dire ses parents là-dessus Caleb était discret, bien plus qu’au sujet des filles. Il l’aurait son diplôme, de la même façon que tous les autres qu’il avait déjà eu. C’était très important pour lui, ils n’auraient pas du tant s’inquiéter et les envoyés tous les deux en Irlande là ou la pluie fait rage. Il n’avait pas besoin de ça pour réussir. Et puis … Mauvais calcul, il y avait des filles aussi en Irlande ! Ou alors était ce parce que Zac avait fait une erreur ? Il avait mit une fille enceinte ? Non il lui aurait dit quand même … Non ca devait être autre chose! Ils étaient tous les trois bannis de chez eux, peut être à cause d’un trop pleins de fille qui défilent aussi jolies et mignonne qu’elles puissent être ce n’est pas du gout de tous.
Et puis au plus il y repensait et au plus il se rappelait de la menace lancée par sa mère à Zac le matin même. Oui il ne devait pas y avoir de doute, ils s’étaient fait exiler à cause d’une histoire de filles c’était sur et certaines ça ! MAIS EN IRLANDE AUSSI IL Y A DES FILLES !!!!

Assit tous à la même table, Caleb écoutait son cousin parler. Pourquoi allait il vouloir le tuer, lui qui étudié le droit il n’allait quand même pas se faire avoir comme un bleu juste pour une histoire de famille et de pitié envers un cousin qu'il considérait comme son frère et qui était au bord du gouffre moralement parlant.

« Qu’Est-ce que tu peux être glauque parfois Josh … Comme si j’allais te tuer pour si peu! Il me faudrait plus pour te tuer et prendre le risque d’avoir ton sang sur mes mains »

Il se mit à rire, et rire de plus bel en entendant la suite que Josh venait de dire. Elever des lamas au Mexiques… Il n’y avait que lui pour avoir de tel idées farfelus. Mais marrantes, il fallait le dire.

Ils avaient tous trois le même âge mais des deux jumeaux, Caleb était le plus vieux, le plus mature et celui qui faisait bien plus attention à son frère un peu comme le plus grand comme un ainé se sentant responsable. Voilà pourquoi aussi il avait apprit à assumer (Cf le début ). Et puis des lamas… C’est pas rentable ca bave bien trop et ca coute trop cher en papier essuie tout. Caleb avait déjà tout calculé dans sa tête. Non les lamas c’était une perte de temps, mais comme toujours quand Josh était dans sa phase déprime il fallait le laisser parler et si vraiment l’idée persister fallait passer au plan B. Le plan détournement… Mais on y était pas encore.

Écoutant d’une simple oreille attentive son cousin et regardant d’un œil ce qu’il y avait autour - au cas ou une jolie sirène se soit perdu - Caleb esquissait un sourire amusait de voir son cousin partir dans un énorme délire d’avenir complètement irréalisable a long terme et bien trop ennuyeux. Il aurait continué à rire au super cri de Josh faisant penser à une petit fille ayant perdu son nounours si seulement la situation n’était pas … Il n’y avait même pas de mot pour cela !

Caleb se leva, dégoutait par la vision sanglante qui s’offrait à lui et réagit presque au même moment que son cousin pour récupérer le petit fragile qui commencé à partir dans les bras de de vénus. Non Josh avait toujours était plus rapide quand il fallait agir dans la seconde qui suivait, un instinct pouvant prévenir du futur surement puisque parfois même l’action ne venait pas encore de vraiment se passer qu’il était déjà prêt à réagir. Enfin bon la question n’était pas là …

«  Josh, je pense qu’on la perdu le petit là… Il n’est plus avec nous ! »

Il allait lui dire de lui mettre une claque mais déjà, Josh avait devancé la situation en super héro qu’il était. Caleb se contentait donc de soutenir son frère - qui n’était pas non plus égale à un point plume qu’on se le dire, mais soit ca fait les bras !-

*Les filles Caleb va avoir des bras bien musclés, protecteur, de véritables biscoto. Petit détail parfaitement intéressant pas vrai? *


Nous disions donc … Hem hem

Caleb se contentait donc de soutenir son frère pendant que son très cher cousin s’amusait à réveillé ce dernier avec des gifles et des carrés de sucres. Un contraste à la Josh. Même si de l’extérieur la situation pouvait paraitre risible comique et entièrement amusante, de l’intérieur ce n’était pas du tout le cas. D’ailleurs sur le coup, Caleb ne savait plus vraiment pourquoi ca ne lui dérangeait pas de vivre en Irlande. Là se soir, il voulait retrouver ses plages au sable fin et ses feux de camps accompagné de guitare ou autre. Oui non là, il était comme Zac.. Il voulait rentrer !! Et vite !!
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Lauréline McShane
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Sam 26 Mai - 13:54

« Cher ami si jamais tu me fais mettre le pied dans un pays ou on meurt de chaud tu vas devoir supporter mon mauvais caractère et peut être même me porter tellement je serais desséchée.. À toi de voir » Dit elle d’un magnifique sourire angélique comme à son habitude ! Un air malicieux dans les yeux, du Laure tout craché en sommes.

Exceptionnellement aujourd’hui ils n’avait pas mangé à leur table, non aujourd’hui ils étaient allé avec Thèdes squatter à sa table pour embêter un peu tous ces serré du cul ayant peur de faire tomber leur olive. Sait on jamais qu’elle est encore de l’huile à faire sortir cella, encore une goutte, une minuscule goutte? … Bref ! Laure et Andrew étaient deux déserteurs mais l’assumaient entièrement alors même si les gens râlaient ou étaient mécontent et bien il serait reçu ca faisait partit du plan. De tout façon personne n’avait encore réussit à séparer le trio infernal et ça n’allait pas être le commencement aujourd’hui.

Ils avaient tout trois prévus quelques jours de vacances entre amis mais il restait encore à préciser la destination. Andrew voulait partir au soleil - comme toujours- Laure quand à elle voulait du froid et Thèdes … Thèdes se contentait de suivre, ne sachant pas ce qu’elle voulait ou alors s’en foutant un peu dans le fond tant qu’elle était avec eux. Parce qu’elle pouvait être n’importe ou en faite mais tant qu’ils étaient là elle n’allait pas s’ennuyer, du moins pas tout le temps, il y aurait des moments ou elle ne s’ennuierait pas ou elle le vivrait très bien. Bon après il y avait toujours un temps dans une journée ou elle s’ennuyait mais c’était Thèdes elle était comme ça, fallait le savoir voilà tout !

Essayant de chercher une destination frigorifique sur le carte - oui parce que Laure ne comptait pas crever de chaud au soleil ou alors en Nouvelle Calédonie. Tiens et pourquoi pas les embarquer là bas ?! - elle se demandait dans sa tête s’il n’existait pas un pays pouvant contenter à la fois son ami le mec voulant tout le temps aller au soleil ainsi que sa petite personne ne supportant pas trop longtemps la chaleur. Tout en réfléchissant elle entendit Andrew râler sur de la sauce s’étant perdu sur la carte, comme toujours des imbéciles faisant une bataille de nourriture, il y en avait des jours comme ça ou les esprits divagués un peu trop et se perdaient à l’âge enfantin d’un gain de 2ans découvrant l’effet que ca fait de sentir entre ses doigts des aliments.

Ca aurait pu être cela, oui un autre jour ça aurait pu être bataille de nourriture mais là… Un drôle d’odeur apparaissait petit à petit, comme quelque chose d’étouffant, empêchant de respirer. Une odeur de métal ressemblant d’avantage à du fer qu’à tout autre métal en faite, mais dans en tout cas une odeur bien assez forte pour être désagréable. Lauréline fronça les sourcils au vu de cette odeur qui lui était familière et sur laquelle, pourtant, il lui était impossible d’y mettre un nom. Puis une goutte vint se poser sur le dos de sa main. Plus de doute! Un flash back. Un rappelle d’un évènement passé. Laure se leva d’un bond et se figea sur place n’affichant plus aucune expression sur le visage à part celle d’un dégout considérable et des yeux ouverts comme choqués. Choqués de voir du sang, choqués par ce rappelle. Elle n’avait pas vraiment à réaliser de savoir si elle était à l’abris ou pas, savoir ce que Andrew avait fait pour cela. Par chance elle n’était pas sous la pluie et n’avais reçu qu’une simple et unique goutte… Mais en faite elle n’était plus présente laure, son corps oui il était là debout mais son esprit lui …


«  Laure, un jour il faudra que tu passes au dessus de cela. »
« … »
« Laure je te parle! Un jour il faudra que tu oublis cette nuit là. Et puis arrête de te laver les mains constamment ca ne sert à rien. Tu n’as plus rien. »
« … »
L’attrapant et la bousculant
« Laure réveille toi, tu n’as plus rien sur les mains tu m’entends !!»
« Mais si, c’est incrusté. Aide moi au lieux de.. »
« Lauréline McShane ! Quand bien même c’est pas parce que tu n’auras plus rien sur les mains que tu oublieras »
« Aide moi, mais aide moi »
« Laure je ne peux rien faire… il n’y a rien! »

Prise de conscience, retour à la réalité. Une réalité étouffante, invivable. Un environnement passé plus apte à être dans le présente…

« Fais moi sortir d’ici Eöl ou ouvre la fenêtre, on étouffe là… Fais moi sortir de là! »
« Fais tes affaires, on part ! »


Comme si son flash back avait duré une heure… Le temps qu’elle reprenne ses esprits il n’y avait plus rien. Plus de pluie, plus de sang et plus de crie non plus. Réalisant de la tête qu’elle venait de faire pendant tout ce temps elle ne pu s’empêcher de se sentir mal à l’aise comme prit en flagrant délit. Comme si pour elle, tout ceci n’avait pas existé autre part que dans sa tête, dans son esprit. Les crie n’avaient pas existés pour elle, ni même les paroles d’Andrew, ni même les gens autour. Elle ne savais même plus ce qu’il venait vraiment de se passer, ce qui était vrai ou faux … Paniquée à l’idée d’avoir encore une fois des hallucinations, Lauréline s’éclipsa furtivement ne s’apercevant même pas que quelques minutes avant les portes étaient verrouillées…

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Pia E. Di Concetta
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Sam 26 Mai - 18:56

Le dîner est une chose importante. C'est un repas d'abord, qu’il ne faut pas négliger. En plus se nourrir, il rassemble. À midi, les gens mangent sur le pouce. Parce que beaucoup considèrent on perd son temps à manger le midi. D'accord. Contentez-vous de bloquer l’estomac. Mais ne négligez pas le repas du soir. Maxime de Pia Di Concetta, infirmière de son état. Seulement, avec sa non-autorité de principe, nous sommes à peu près sûr que ce discours est tombé dans l'oreille d'un sourd. De toute façon, l'intéressé s'est fait à cette idée. Cela ne sert à rien de tergiverser. De toute façon, ce genre de comportement est stérile. Comme essayer de débattre avec Mlle Eleiakin Dreamtrue de son état de santé actuelle sans argument préalable autre que de la médication pure. C'est stupide mais c'est ainsi. Alors il ne faut pas chercher midi à quatorze heure. Poser les choses telles qu'elles sont, trouver l'argument qui vient du cœur pour que celui-ci soit sans appel. Lire en les gens fait parti, heureusement pour elle, des compétences de notre italienne. Utiliser une faiblesse n'est pas vaillant, mais avouez le, il n'y a des fois pas d'autres solutions. Pourtant, la sud-africaine n'était ni la première, ni la dernière à fréquenter assidûment ces lieux envahis par les animaux, les fioles, les potions, la mélodie du violoncelle, accessoirement un fantôme dénommé Jaymal Odent toujours prêt à gémir en espérant obtenir peut-être un peu de compassion mais surtout une potion. Or, c'est bien connu, les potions n'affectent en aucun cas les fantômes, parce que déjà morts et donc ne pouvant intégrer dans leur métabolisme un élément nouveau. Mais paraît-il que, quand les gens ont une idée fixe, on a bien du mal à leur en faire démordre. La preuve sur ce cher Jaymal, la preuve sur beaucoup de passion. La jeune fille n'est qu'une petite goutte d'eau dans l'immense océan de la maladie et des patients. Il ne tient qu'à elle de soit s'évaporer, ce que personne ne souhaite, soit s'élever en petit nuage peut-être gris, peut-être blanc et donc gagné en liberté. Ce qu'on lui souhaite tous. Aussi Pia avait-elle pris son plus bel accent, son plus beau sourire rassurant, avait planté ses pupilles émeraude dans les autres dépareillés, avait fouillé dans les ragots de l'infirmerie, de ce qui lui était remonté aux oreilles de ces chats et aux siennes. Elle en avait sorti quelques faits, quelques conclusions, un regard calme porté sur la bague attachée en pendentif à une chaîne d'argent qui en est seul le coût et la poitrine filet longiligne de son interlocutrice. L'argument avait été bon. Cela se voyait, d'abord par les réactions du corps, ensuite par la réponse. Sourire de victoire. Pour une fois, elle n'avait pas de prêcher dans le désert. Je vous verrai donc, ce soir, au dîner dans la grande salle parmi nous. Je ne vous demande pas de vous empiffrer, loin de là. Manger ce qu'il faut, ce qui vous fait envie de vous forcer pas. Elle avait aussi la tête et avait rendu la victoire de l'Italienne encore meilleure.

Le repas était ensuite arrivée, Pia s'était contentée de rappeler à qui de droit leur traitement ce à quoi beaucoup avaient répondu que c'était très gentil de sa part mais qu'ils étaient quand même adultes, majeur, est responsable. Elle avait fait la moue, tout adulte de 40 ans passés qu'elle était. Certains avaient ri, d'autres s'étaient dits dans leur for intérieur qu'elle était un peu jeune pour devenir sénile, d'autres encore , qui de toute façon la prenait de haut, l'avaient regardé de manière dédaigneuse. Mais c'était de toute façon un lot commun qu'elle balaya du revers de la main avant d'aller prendre place à la table des professeurs, offrant son sourire et sa bonne humeur habituelle à qui le voulait bien et qui lui répondrait avec plus ou moins d’enthousiasme. Elle avait maintenant bien engagé la conversation avec son voisin de gauche comme son voisin de droite, essayant tant bien que mal de se faire entendre. Puis, elle se dit qu'elle se faisait entendre plus facilement. Trop facilement. Beaucoup trop facilement. Alors elle s'était tu, comme les autres, offrant à la pièce un moment de silence. Mais pas un silence réparateur, non, loin de là, un silence de mort. Elle agrippa son fauteuil un instant avant de voir couler devant elle et s'écraser juste dans son assiette une goutte. Une goutte rouge, entre le carmin et écarlate. Une goutte à l'odeur ferreuse, à l'odeur non définie. Enfin si, trop bien connu dans le milieu médical. Pia se figea, immobile, enfoncée dans son fauteuil, agrippée aux accoudoirs de bois . Si on avait doté l'infirmière de beaucoup de croyances, de superstitions, de peurs, ce petit être pleutre avait conservé du courage face à une peur parmi les plus courantes chez l'être humain : la peur du sang. Cependant, le voir sous cette forme, en pluie battante s'écroulant sur la salle à manger, sans explication rationnelle ou scientifique, et bien cela la pétrifiait, la terrifiait, mettait son pauvre courage à l'épreuve. Statue de glace pris de spasmes, cherchant une raison à ce qu’elle considérait comme un fléau et qui s’abattait là maintenant où elle se trouvait, là où les élèves dont elle avait la charge se trouvaient, où ses collègues se trouvaient. Cherchons. On était pas vendredi et personne ne portaient de vert. On n’était pas 15 ou même 13 par tablées. Mais comment savoir si tous les gens ici présent n’avaient pas cassé de miroir ou étaient passé sous une échelle. Pia réfléchissait encore et encore quand la pluie s’arrêta. La pression descendit peu à peu et un voile noire vint se placer devant les pupilles vertes de l’infirmière. Elle s’évanouie comme à chaque fois que sa peur retombait , alors qu’on allait surement avoir besoin d’elle .


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Lou Cecil
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Dim 27 Mai - 14:39

Durant les longues minutes pendant lesquelles le sang tomba dans la grande salle, celui de Lou se retira de son visage. Ce ne fut pas le sang qui la dégoûta. Du sang, elle en avait déjà vu et elle n’y était pas sensible. C’était la quantité qui la dérangeait. Combien de cadavre avait-il fallut pour obtenir une telle quantité de sang ? Dès qu’elle vit la masse rouge qui s’était formée au plafond, cette pensée lui donna la nausée. Combien, une centaine, plusieurs centaines de corps vidés de leur sang ? Son cerveau se bloqua sur cette question. Elle n’arrivait pas à se concentrer sur autre chose. Le fait que le sang puisse être du faux ne lui effleura donc pas l’esprit.

Lorsque les premières gouttes touchèrent son corps, elle repoussa violement son assiette, prit sa serviette et elle les essuya. Les bras, le visage, elle ne voulait aucune trace de cette horreur sur elle. Très vite, sa serviette devint entièrement rouge. Alors elle paniqua et se mit debout brusquement. Cette action, combinée à celles de dizaines d’autres élèves, projeta le banc sur lequel elle était assise à terre. À ce moment, les portes claquèrent. Aucune possibilité de fuite donc. Lou s’agrippa aux bords de la table pour ne pas ne faire emporter pas le flot d’élèves qui courraient vers les portes malgré leur fermeture. Le sang continuait de tomber du plafond, elle le sentait alourdir ses cheveux et couler le long de ses bras. Elle s’agrippait tellement fort à la table que ses jointures étaient blanches. La même question tournait toujours en boucle dans sa tête. Combien de personnes étaient mortes pour fournir ce sang ? Combien ? Combien ? La nausée augmenta en intensité. Et l’odeur commençait à lui faire tourner la tête.


« Quelle horreur … »

Elle se déplaça de manière à ne plus se faire bousculer. Au passage, elle prit une serviette sur la table et lorsqu’elle fut assez éloignée de la masse d’élèves agglutinés devant les portes, elle s’en servit pour se couvrir le visage. Pour ne plus voir le sang. Pour ne plus en sentir l’odeur. L’envie de vomir ne la quitta pas pour autant, parce que ne plus voir le sang ne l’empêchait pas de savoir qu’il était toujours là, lui coulant sur le corps. Elle entendait le bruit des gouttes tombant sur le sol, elle entendait les cris effrayés aussi. Si ses mains ne tenaient pas la serviette bien plaquée sur son visage, elle se serait bouché les oreilles. Elle resta ainsi jusqu’au moment où la pluie cessa.

Au son des portes qui s’ouvrirent, elle retira doucement la serviette de son visage. Ses vêtements étaient entièrement rouges. Rouges de sang. Toutes les surfaces de la salle étaient recouvertes de sang. Elle eut un haut-le-cœur. Elle lâcha la serviette, totalement rouge elle aussi et se dirigea vers la sortie, de plus en plus vite. Elle courrait lorsqu’elle quitta la grande salle, une main plaquée sur sa bouche et l'autre sur son ventre.

Direction les toilettes.
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Yume Egashi
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▌Né(e) le: 17/01/1991
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Lun 28 Mai - 8:03

Ombre discrète qui se faufile parmi les élèves, toute de noir vêtue, aussi sombrement que ses cheveux et que les traits autours de ses yeux. Silencieuse, elle n'a pas envie de parler si on ne l'y invite pas. Elle n'aime pas manger dans la salle commune, plus depuis quelque temps. Elle a tellement à faire, effrayée mais déterminée, jouant avec le froid, avec l'au delà et avec sa raison. Les problèmes des autres ne l'affectent plus, à part ceux de la jeune femme qu'elle aperçoit plus loin et pourtant même pour elle, elle ne trouve pas le temps, alors elle s'efface, elle ne voit pas de raison à y aller maintenant. Plus tard peut-être, nous verrons oui.
S'installer, s'asseoir, observer les plats. Un à un, prendre le temps de réfléchir pour arriver à un seul constat, rien ne lui fait envie, il fallait juste manger. Elle se sert, du salé à peine, du sucré un peu. La personne à sa droite lui parle. Elle la regarde froidement, mais les gens prennent l'habitude, de ce regard sans émotions. Elle répond, toujours de la même façon, un peu cassante peut-être, dans les mots choisis. Pas assez pour vexé mais suffisamment pour gêner. Cet homme... il est en cours avec elle, de mémoire. Il l'aborde souvent, trop à son goût mais il n'est pas méchant, juste un peu bavard. Il n'a pas de chance, elle ne l'est pas, mais elle lui sourit de cette esquisse qui ne signifie rien pour elle mais à laquelle les autres se trompent.

Ploc.

Elle lève les yeux au plafond. Envolé le ciel artificiel, il n'y avait plus qu'un amas écarlate qui s'échappait en leur direction. Éparse tout d'abord, puis omniprésent. Le silence tomba dans la salle. Doux silence. Elle aime cette absence de son qui laisse seul avec soi même, avec la nature. Mais cela lui rappelle autre chose, qu'elle s'empresse d'occulter de son esprit. Les gens sont juste surpris. Il n'y a donc pas d’événement prévus, ils le lui confirment sans le savoir, à elle qui ne regarde presque jamais les panneaux d'affichages. Elle, elle est juste dérangée pour manger son dessert, qui est bientôt gâché par une pluie rougeâtre. Et par les cris. Les gens prennent peur. Impossible cette fois d'empêcher l'imagination d'un lien. Cela fait remonter les souvenirs, qui même pour elle semblent horribles encore. Les corps, ces gens qui ne peuvent pas se défendre, paralysé par leurs émotions ou encore endormis, ces gens qui s'effondrent comme poupées de chiffons, sans vie, sans avenir. La destruction de la tour tout juste reconstruite, l'angoisse qui persiste dans les couloirs pendant des semaines, des mois. Les étudiants qui n'osent plus rire, qui n'ose plus en parler non plus. Mais on chuchote, on cherche, on interroge. En vain, trop souvent.
Et ce soir prenait le même tournant. Fracas de chaise sur le sol, les plats oubliés, la plupart se ruent vers les portes. Closes. Panique générale qui s'installe. Les professeurs parcourent la salle pour rassurer leurs élèves mais ils ne semblent pas plus qu'eux savoir de quoi il en retourne. Yume repère même son professeur d'astronomie. Aurait-il pu lire quelque chose à ce sujet ? Un recommencement ? Ce n'est pas le moment d'aller le demander, mais elle irait. Elle croit en tout ceci.

Bientôt ses cheveux s'alourdissent, trempés par le sang. Mais elle n'a pas bougé. Elle reste assiste à regarder les autres. A surveiller de loin. Elle tend la main, recueillant le liquide vital. Comment douter que cela en soit ? L'odeur, la texture. Il faut ne pas vouloir voir, pour ne pas s'en rendre compte. Elle n'a pas peur du sang. Le sang n'est rien, arrêtez donc de courir comme des brebis affolées. Le sang ne vous attaquera pas lui même, il n'est pas acide, il ne brûle pas, il ne pénètre pas la peau, il vous fait juste peur. Demandez vous plutôt où sont les meurtriers et comment ils ont obtenus autant de sang  parce qu'il n'est pas si froid, sentez. Elle sort sa baguette, au cas où, apprécie son contact.

« Dis Yume, tu crois que c'est... eux ? »


Sa voix tremble mais lui aussi est encore là. Elle est stoïque, elle ne sait pas ce qu'elle doit lui répondre.

« Peu importe, eux ou des autres, ceci est un avertissement à ne pas ignorer. »


Elle se lève finalement, et l'autre suit ses pas. Les grandes portes s'ouvrent enfin, les élèves se ruent dehors. Quand à la cinnacrow, elle se place sur un bord et attend. Elle attend de voir qui va rester au lieu de se précipiter vers les lieux qu'ils pensent sécuritaire. Jouant avec sa baguette dans une main, l'autre effleure les rebords de son éventail. Elle aurait juste aimé qu'il soit présent aussi. Il aurait su que faire, il aurait su jouer, alors même que ce n'était pas un jeu. Mais il était partis et le cours du temps ne s'arrête pas. Éveillez votre vigilance les enfants, le destin vous appelle.
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Alvin Wenlock
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mar 29 Mai - 17:53

Qu’avait-il, ces derniers temps ? Lui qui n’avait jamais été lunatique, il perdait la notion du temps. Quelques jours plus tôt, Ian débarqua au loft, un présent sous le bras et une bouteille d’alcool dans la main. Alvin mit du temps à comprendre, regardant son ami d’un air interrogateur derrière ses lunettes carrées. Zieutant le calendrier accroché au mur pour en lire la date, le gallois écarquilla les yeux. 16 mai. Il avait oublié son propre anniversaire… Mais qui oubliait le jour de son anniversaire ? Et celui de sa sœur jumelle par la même occasion. Misère, où avait-il la tête ? Dans ses bouquins, bien sûr. Alvin Wenlock, toujours en train de feuilleter les pages d’un livre. Il en traînait toujours un sur lui, où qu’il aille. Un format de poche glissé à l’intérieure d’un veston ou à l’arrière de son pantalon. Était-il possible de trop étudier ? Alvin devait sortir un peu, prendre l’air, se changer les idées. À être trop concentré sur sa thèse, il ne pensait à rien d’autre. Sans se demander pourquoi il travaillait si dur, il arrêta et se laissa entraîner dans quelques soirées bien arrosées avec Ian. Ils riaient, ressassant de vieilles histoires, les derniers mois ne changeant rien à leur relation.

Ils revenaient actuellement d’une promenade dans le parc avec Prei, tout juste à temps pour le dîner. Alvin s’assied devant une assiette, se servant une portion de gratin fromage et jambon. Il commença à manger, continuant entre les bouchées la conversation débutée plus tôt avec Ian. Sa main saisit un pichet sur la table, versant de l’eau dans son verre quand Prei lui passa entre les jambes. Le pichet se renversa, transformant son gratin en île flottante. Alvin se leva d’un bond, s’excusant à son voisin pour les dégâts, épongeant la flaque d’eau à l’aide de sa serviette de table. À côté de lui, le border collie se mit à japper en agitant la queue. N’y portant pas attention, il termina de nettoyer sa place, mais Prei vint lui tourner autour en aboyant plus fort. Alvin lui dit de se taire, alors le chien s’en désintéressa et alla mordre le bas du pantalon de son maître en grognant. Il secoua la jambe d’Ian, tirant sur le tissu, puis relâcha sa prise pour courir à mi-chemin vers le hall, aboyant vers les deux Dorelly.


« Qu’est-ce qu’il a ? »

Prei n’avait pas l’habitude d’agir comme ça. Les deux garçons échangèrent un regard.

« Tu crois qu’il a vu quelque chose ? »

D’un commun accord, les gallois décidèrent de suivre le chien quand un cri retentit derrière eux. Alvin se retourna et recula sur-le-champ, évitant de se prendre une porte sur la tête. Le visage interloqué d’Ian disparut dans la fente des portes se refermant, et sans que personne n’y touche, les verrous s’actionnèrent. Alvin se jeta sur les portes closes, les frappant de son poing, criant le nom d’Ian. Prei recommença à japper, les oreilles dressées. Des exclamations indistinctes et étouffées se faisaient entendre de l’autre côté des portes de bois.

« Ian, je ne t’entends pas ! »

Tout-à-coup, Prei se recroquevilla sur le sol, la tête entre ses pattes d’en avant, gémissant. Alvin se retourna vers lui, les sourcils froncés.

« Quoi, Prei ? »

Le chien ne répondit évidemment pas et Alvin cligna des yeux en les baissant vers ses pieds. Un épais liquide rouge s’écoulait de sous les deux portes. L’odeur de fer ne tarda pas à alerter ses sens olfactifs. Du sang ?! Non, c’était absurde. Que viendrait faire là autant de sang ? Ce n’était pas logique, il devait y avoir une explication à tout ça. Alvin inséra ses doigts entre les deux portes et tira de toutes ses forces. Il ne comprenait pas. Pourquoi du sang ? Son meilleur ami était à l’intérieur. Ian ne pouvait pas mourir, pas si jeune. Du sang. Pourquoi tout ce sang ? Est-ce que Lauréline aussi était enfermée de l’autre côté ? Qu'en était-il d'Aurora ? C’était un mauvais rêve, oui, un cauchemar. Il n’y avait pas de sang, il s’éveillerait dans son lit d’une minute à l’autre. La respiration d’Alvin s’accéléra. Réveille-toi, bon sang, réveille-toi ! Personne ne pouvait mourir, pas comme ça, et surtout pas eux. Sa tête tournait, l’air n’entrait plus dans ses poumons. Calme-toi Alvin, ça va aller, tu vas te réveiller, calme-toi… Noir total. Il s’écroula par terre. L’immense flaque de sang l’entoura graduellement, se faufilant entre ses cheveux, tachant ses vêtements. À quelques pas devant lui, Prei rabattit ses oreilles de chaque côté.
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Ian Bale
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Mar 29 Mai - 21:10

C’était chose rare pour eux, à présent, de dîner à l’université. Les deux amis avaient été suffisamment bien élevés par leurs mères pour savoir cuisiner, et la magie avait cette tendance à toujours faciliter les choses les moins agréables. Comme couper les légumes ou faire la vaisselle. Et bien qu’ils ne se confinent pas toujours à la cuisine du loft pour se nourrir, lorsqu’ils sortaient pour manger, c’était souvent en ville. Lorsque la paresse se fait sentir et lorsqu’on a envie de manger autre chose, un restaurant, c’est toujours bien. Et puis il y avait la jolie serveuse au Lys Blanc, qui lui faisait de l’œil sans arrêt. C’était une motivation suffisante pour débourser quelques gallions pour un repas. Et peut-être qu’un jour, il aurait suffisamment de courage pour l’attendre jusqu’à la fin de son quart de travail pour explorer le garde-manger du resto avec elle. Hm… Bon, bref, tout cela pour dire qu’il n’arrivait pas souvent qu’ils quittent le confort du village pour manger depuis qu’ils habitaient près du port. Mais aujourd’hui, c’était différent. Ils étaient allés se balader avec Prei et on sait tous que l’appétit d’un Gallois ne se fait pas attendre. Le château en vue, ils avaient décidé de manger là. Ce serait une opportunité pour passer du temps avec les autres, en dehors des quelques passages à la salle commune entre deux séances de révision ou de rédaction de thèse.

Et comme à chaque fois qu’ils allaient dans un lieu public avec Prei, ils se récoltaient toute l’attention. Ce soir, c’était Alvin qui tenait la laisse, le veinard. On se penchait pour caresser le chien, on voulait jouer avec lui. On l’avait presque élevé au rang de mascotte. Le duo fit son chemin jusqu’à une table où il y avait de la place et, une fois qu’ils furent assis, Prei fut libéré de sa laisse. Ian demanda un bol d’eau et un petit bol de nourriture pour le chien avant de lui-même aller se servir à manger. Il opta pour quelque chose de simple mais bien remplissant; quelques tranches de rôti de bœuf, avec des pommes de terre dauphinoises et un bol de salade du jardin. Le géant mangea avec entrain, satisfait de sentir son estomac se remplir, alors qu’il continuait de discuter avec son meilleur ami, échangeant parfois quelques mots avec des gens non loin. L’ambiance de groupe était agréable, ça lui rappelait les repas pendant l’été, où toute sa famille se rassemblait, ou encore quand ils étaient plus jeunes et que les familles Bale et Wenlock se rencontraient. Pas qu’il n’aimait pas être seul avec Alvin, mais parfois c’était bon de retrouver les autres.

Et plouf, de l’eau partout! Le noiraud se recula en un réflexe et, après avoir réprimandé le border collie de quelques mots en gallois, aida son ami à ramasser le dégât d’un sortilège. Il n’en paraissait presque plus rien, mais Prei continuait de s’exciter pour rien. Il courrait, aboyait, il en était même venu à le tirer par le pantalon. Mais qu’est-ce qui lui prenait? Il était d’un naturel tellement calme, d’habitude. Joueur, mais pas indocile. Et surtout, il savait bien que lorsqu’on était à la table, il fallait rester calme. Prei, il était bien élevé. Le regard d’azur du Gallois se fronça lorsque le chien couru vers le hall, les appelant de ses aboiements, se récoltant même l’attention des autres étudiant. Il regarda Alvin dans les yeux, hocha la tête et dit en se levant :


« On devrait aller voir.»

Alvin et le chiot eurent tout juste le temps de traverser la porte que celle-ci se referma en un fracas bruyant. Puis les verrous. Quoi? Mais qu’est-ce qui se passait au juste? Le grand homme posa les mains sur les poignées des grandes portes et les agita vivement; rien à faire. Prei avait sans doute voulu les sortir de là, il avait senti quelque chose venir, mais quoi?

Une goutte, épaisse et visqueuse, atterrit sur sa joue pâle. Puis une autre sur son nez, quelques-unes dans sa chevelure, se faufilant lentement contre sa nuque. Sensation poisseuse, tiède. Et cette odeur distincte qui lui agressait les narines. Une autre goutte sur sa main le lui confirma, c’était du sang. Du sang qui pleuvait du plafond, qui coulait de plus en plus régulièrement sur eux, comme une pluie de printemps. Seulement, elle était rouge et sentait la mort. Le ténébreux fut sorti de sa torpeur en entendant la voix d’Alvin de l’autre côté de la porte qui l’appelait. Il tenta de lui répondre que ça allait, qu’il n’avait vu personne de blessé, mais son ami n’entendait rien. Moment de panique. Était-ce pareil de l’autre côté? Les cheveux pleins de sang, Ian les dégagea vers l'arrière et s’essuya machinalement les yeux. Ne pas penser que c’était du sang, ne pas se demander à qui cela appartenait, ne pas se concentrer sur le sentiment de panique générale qui régnait un peu partout dans la salle…

Jusqu’à ce qu’Elei approche. Aveuglée, terrifiée, tremblante, recroquevillée sur elle-même. Le jeune homme ne prit même pas le temps de s’attarder sur ses sentiments qu’il s’approcha d’elle et passa tendrement une main dans son dos. Elle avait besoin de quelqu’un pour la sortir de là, le plus vite possible. Il la rassurait, mais elle ne l’écoutait pas. Elle était prise dans ses pensées, dans sa frayeur. Il souffla quelques mots à son amie et, dans un mouvement fluide, vient la recueillir dans ses bras. Elle se nicha contre lui, comme si elle savait qu’il était là pour elle sans vraiment réaliser de qui il s’agissait. Le jeune homme la serra contre lui et attendit tout près de la porte… qu’on puisse l’ouvrir, vite. Et finalement, il activa la poignée qui s’ouvrit. Ian sortit de la grande salle sans plus attendre, sans se demander si la pluie sanguinolente avait cessé, Eleiakin toujours dans ses bras, et trouva Alvin sur le sol, évanouit. Il s’agenouilla à ses côtés, tâta l’arrière de sa tête; ce n’était pas son sang sur le sol, ouf! Le Gallois sorti sa baguette de son étui et fit léviter son ami jusqu’à son autre bras. Chargé, le noiraud se mit en marche vers la sortie de l’université. Il lui fallait marcher, penser à autre chose. Prendre soin d’eux, leur faire à manger, s’assurer qu’ils se douchent… Il inviterai Elei à rester la nuit, ça lui ferait du bien. Et surtout, ne pas se laisser avoir terriblement peur de ce qui s’était passé.

Garde ton sang-froid, Ian. Prends soin des autres.

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James Kirkby
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▌Né(e) le: 7 juin
▌Pays d'origine: Royaume-Uni
▌Statut: 4ème année

MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Jeu 31 Mai - 13:37

Par Merlin, quel raffut dans cette salle ! À peine entré dans la Grande Salle du rez-de-chaussée, James regretta de n'avoir pas pensé à venir prendre son repas plus tôt, avant l'heure d'affluence. D'ordinaire, il se débrouillait pour dîner avant le grand rush, et remontait travailler ou lire au calme lorsque la majorité de ses camarades investissait la salle ; déjà à Poudlard, le brouhaha du réfectoire aux heures de pointe l'indisposait, au point que parfois il préférait se confectionner un sandwich pour aller manger seul.

Ce soir-là, il avait pris du retard sur son emploi du temps habituel, à cause d'un hibou reçu un peu plus tôt dans la journée. Une lettre de son père, lourde de menaces, lui enjoignant de rentrer à Londres pour le week-end « pour avoir une explication ». Les sous-entendus étaient clairs ; son cher père avait fini par découvrir le secret de son benjamin, et il n'aimait pas du tout l'idée d'avoir pu engendrer un homosexuel. C'était aux antipodes des valeurs et des principes qu'il avait toujours défendus, et inculqués à ses enfants ; James se rappelait l'avoir entendu dire, à l'occasion, que si l'un de ses fils « lui faisait ce coup-là », il n'hésiterait pas à le remettre dans le droit chemin manu militari. C'était l'époque où il ignorait que si son petit dernier, à dix-huit ans, n'avait encore jamais eu de petite amie, ce n'était pas simplement parce qu'il était un peu empoté comme il le supposait... Comment avait-il pu être mis au courant, d'ailleurs ? La question avait taraudé James un bon moment, lorsqu'il avait reçu la lettre. Il s'était toujours efforcé d'être discret, et cela avait plutôt bien marché jusque-là...

Enfermé dans sa chambre, le jeune homme avait passé un long moment à essayer de rédiger une réponse, sous le regard impérieux d'Horus, le hibou de son père qui avait visiblement pour consigne de ne pas repartir à vide. Il avait raturé plusieurs parchemins avant de trouver une formulation à la fois respectueuse et apparemment innocente, où chaque mot était pesé pour ne pas déchaîner la fureur paternelle. Il y aurait bien assez à faire le samedi suivant, lors de cette fameuse explication. Après le départ du hibou, James était resté un moment à broyer du noir dans sa chambre ; connaissant le tempérament emporté de son père, il craignait le pire. Au bout d'un moment, malgré l'inquiétude qui lui nouait l'estomac, il finit par se lever, songeant qu'il devrait se forcer à manger quelque chose avant de dormir.

La Grande Salle était déjà bondée lorsqu'il en franchit la porte. Il trouva une place isolée au bout de la table des Plumentine, et se mit à considérer les plats offerts à l'appétit des étudiants. Toute cette nourriture l’écœurait un peu, à vrai dire ; il déplaça un plat de poisson dont l'odeur lui donnait envie de vomir, et finit par se servir un bol de soupe de légumes. C'était léger, et assez neutre pour ne pas aggraver la nausée qui l'avait pris à la lecture de la lettre.

Fidèle à ses habitudes, il posa près de lui son journal savamment plié de manière à n'occuper qu'un minuscule espace sur la table ; en général, cela suffisait à dissuader les autres étudiants de venir lui parler, et ce soir, il espérait plus que tout qu'on le laisserait dans son coin. Il avait bien aperçu quelques amis, à la table des Plumentine ou à d'autres tables, mais il s'était contenté de leur adresser un vague signe en guise de salutation. Aucune envie d'aller discuter, ni même d'aller simplement dire bonsoir. Les autres ne s'en formaliseraient pas ; ils connaissaient son goût pour la solitude, et savaient que la lecture des pages « actualité internationale » de son journal était essentielle à ses yeux. Il s'absorba donc dans la contemplation de la page Europe, sans lire ; quelque effort qu'il fît pour se concentrer, ses pensées revenaient sans cesse au même point. Samedi, explication avec son paternel. Les yeux fixés sur le titre d'un article, il cherchait ce qu'il pourrait dire pour plaider sa cause et adoucir un peu son père, quelles phrases prononcer et lesquelles éviter absolument. Perdu dans ses réflexions, il ne se rendit pas compte du silence soudain qui s'abattit sur la Grande Salle ; il fallut qu'une goutte rouge vînt tomber sur son journal, juste sous ses yeux, pour qu'il revienne à la réalité. Il mit quelques secondes à comprendre, le temps que d'autres gouttes tombent autour de lui et jusque sur le visage de l'étudiante qui venait de s'installer en face de lui.


-Par Merlin... qu'est-ce que...

Il osa à peine lever les yeux pour essayer de voir d'où venait cette étrange pluie ; juste le temps d'apercevoir le plafond ruisselant, la pluie de plus en plus drue, et il sentit deux gouttes s'écraser sur son visage. Il baissa vivement la tête, partagé entre le dégoût et la panique, et tenta inutilement de se protéger en entourant sa tête de ses bras. Les premières secondes de stupéfaction passées, il y avait eu comme une explosion dans la Grande Salle, et la panique s'emparait des convives. Quelques-uns parvenaient à conserver leur calme, mais beaucoup s'étaient mis à hurler, et certains avaient couru jusqu'aux portes pour tenter de s'enfuir. James, lui, n'avait pas bougé ; c'était comme s'il avait su qu'il était inutile de tenter de quitter la Grande Salle. Ses jambes, de toute façon, lui semblaient de plomb, et il était même incapable de se lever de son banc. Il en fut projeté lorsque ses voisins de table prirent la fuite, mais il ne se releva pas. Tremblant comme une feuille, il se traîna jusque sous la table pour éviter d'être piétiné, et aussi pour échapper à cette pluie de sang. Bien sûr, il restait l'odeur, cette épouvantable odeur de fer qui réveillait son envie de vomir, mais au moins, il ne recevait plus de gouttes. Sa chemise était maculée de taches rouges, et il sentait une humidité écœurante dans ses cheveux...

Qu'allait-il se passer, à présent ? Une peur indicible lui nouait l'estomac tandis qu'il s'efforçait de ne pas entendre les cris de panique de ses camarades ; il ne put retenir quelques larmes nerveuses, et finit par s'appuyer au pied de la table, en position fœtale, comme si cela le soustrayait au danger. Il tâchait de contrer l'angoisse qui montait en lui, mais à chaque seconde qui passait, ses tremblements se faisaient plus présents, ses pensées plus confuses, et il se mit à répéter « non... non... » d'une voix tendue, sans savoir exactement pourquoi, seulement conscient que le fait d'entendre sa propre voix le rassurait un peu.
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Thomas Falkreath
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▌Né(e) le: 30 Octobre
▌Pays d'origine: Angleterre
▌Statut: 4ème année

MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Jeu 31 Mai - 21:54

L’effervescence. C’était le mot qui caractérisait le mieux la grande salle à l’heure actuelle. Des dizaines d’élèves de toutes les maisons se trouvaient sur place, discutant entre eux, révisant, plaisantant, jouant les uns avec les autres. Chaque maison avec sa propre table, même si certains élèves bravaient cette uniformité en se baladant dans toute la salle. Thomas observait ses condisciples avec un petit sourire aux lèvres. L’ambiance était loin d’être la même qu’à Poudlard, au niveau de l’ambiance entre les membres de chacune des maisons. Bien entendu, ils étaient tous de jeunes adultes, et en cela, les problèmes caractéristiques de cet âge refaisaient souvent surface et créaient des tensions entre certaines personnes. Mais dans l’ensemble, il y avait plus de sourires qu’autres choses sur les visages des universitaires de Swyn.

Le jeune sorcier, lui, était assis à la table des Plumentines. Aurora venait de partir, lui volant un rapide baiser avant de se diriger vers la bibliothèque pour réviser. Il avait suivi la jeune femme jusqu’à ce qu’elle passe la porte, son regard s’attardant sur ses courbes mélodieuses et sur son corps parfait. Il s’était même mordu la lèvre en souriant en coin, se perdant dans certains rêves de débauches et de désirs. Puis, se rendant compte qu’il avait cessé de respirer pendant quelques secondes, il secoua la tête pour revenir sur terre. Qu’est-ce qu’il aimait cette fille, nom de dieu. Et étonnamment, il oubliait totalement la mort récente de son paternel quand l’Italienne était serrée contre lui. Mais maintenant qu’il était tout seul, l’événement revenait le frapper en plein dans la gueule, le laissant en proie à ses réflexions et à ses soucis.

Le corps de son père toujours coincé à Copenhague, les policiers qui refusaient de les laisser le rapatrier parce qu’ils cherchaient des preuves… Ce n’était rien de moins qu’une situation de merde, et ça n’avançait pas. Sa mère était toujours là-bas, logée dans un hôtel miteux parce qu’ils avaient « besoin d’elle ». Tu parles. Comme pour toutes les enquêtes, ils voulaient simplement qu’elle reste dans le coin. Le genre « Vous ne devez pas quitter le pays, etc… ». Tu parles. Elle était suspecte, comme c’était toujours le cas d’un proche dans une affaire de ce type. La justice des sorciers n’était pas si différente de celle des Moldus, dans ce cas-ci, comme il ne cessait de l’entendre dire pendant ses cours.

Il soupira longuement, fixant la table devant lui. Ou, plutôt, ses yeux s’étant posés sur une petite tâche rougeâtre qui se répandait sur le bois. Il fronça les sourcils, se redressant sur sa chaise. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? Il releva la tête, observant les alentours, avant de lever la tête comme tous les autres élèves en direction du plafond. Et ce qu’il y vit le laissa bouche-bée une seconde. Il était couvert d’un liquide rouge qui finit par se répandre en pluie dans la grande salle, tombant sur les élèves, les tables, le sol… Et l’odeur qui l’accompagnait.

Du sang.

Le jeune homme n’en était pas sûr pour autant. Il tendit l’index vers les tâches sur la table, colorant le bout de son doigt avant de le porter à ses lèvres. Sa langue darda entre elle pour se poser sur l’écarlate, et il grimaça. C’était bien du sang. Il en avait assez fait couler pendant des bagarres et avait assez pris de coups dans sa vie pour en avoir la certitude.

Son esprit vrillé de questions, il ne réagit pas de suite. Jusqu’à ce que les cris retentissent. Un mouvement de panique. Il fallait réagir. Il jeta un nouveau coup d’œil à la cantonade, entendant la voix d’Andrew s’élever au travers du brouhaha ambiant. Tournant la tête vers la table Cinnacrow, il écouta les paroles de son ami, et se maudit intérieurement. Bien entendu. C’était ça, qu’il fallait faire. Minimiser l’événement pour atténuer ou éviter la panique. Il l’apprenait en Police Magique. Il s’en voulait de ne pas y avoir pensé tout seul, et c’était trop tard maintenant. Ou peut-être pas…

Se mettant debout, le sorcier Plumentine tendit les mains vers le haut, ses mains se recouvrant de sang. Puis, il posa deux de ses doigts sur ses joues, et traça deux lignes en direction de ses oreilles. Puis, se retournant avec un grand sourire aux lèvres – factice, mais parfaitement imité -, il héla le petit-ami de Thèdes.

" - Hey Andrew ! "

Ce dernier se retourna pour le regarder, planqué sous son parapluie.

" - Elles sont pas cools, mes peintures du guerre ? Je sais pas qui est le plaisantin qui fait tomber ce truc, mais c’est la classe ! "

Il avait parlé un peu fort, pour être entendu du plus grand nombre au travers des cris qui résonnaient toujours. Andrew afficha un petit sourire en coin, hochant la tête imperceptiblement. Il avait compris que Thomas tentait la même chose que lui… Il tendit d’ailleurs ses deux pouces pour féliciter le jeune homme, sûrement, et acquiescer ses paroles.

Thomas tourna la tête en souriant, écartant les bras en faisant mine de se vanter. La manœuvre avait fonctionné, un minimum. Certains élèves s’étaient légèrement calmés en voyant la scène, mais ils en restaient encore une majorité qui courrait vers la porte verrouillée en hurlant comme des déments. Un échec cuisant, au final. La prochaine fois… Oui, il y aurait sûrement une prochaine fois, il faudrait agir sur le coup.

Puis, soudainement, aussi soudainement qu’elle était apparue, la pluie cessa, laissant la grande salle dans un état déplorable. Couverte de rouge, des gens évanouis, effrayés, paniqués ou terrorisés un peu partout. La porte s’ouvrit finalement, et les plus proches s’enfuirent à l’extérieur. Thomas, quant à lui, sortit sa baguette. Il se mit à faire disparaître le sang d’un coup de baguette, mais l’entreprise s’avérerait compliquée. Finalement, il suivit le mouvement que Ian avait lancé, l’ayant aperçu un peu plus tôt en train de s’occuper de plusieurs personnes choquées.

Le sorcier se mit donc à porter secours aux élèves évanouis ou encore tétanisés, distribuant des soins, des paroles de réconfort, ou encore quelques sourires rassurants. Quelqu’un allait venir, c’était certain. Les professeurs ou le personnel allaient arriver, mais en attendant, il fallait prendre les choses en main.

Tout cela n’avait duré que quelques minutes. Mais ça annonçait quelque chose de plus important encore. Les muscles du jeune homme se tendirent doucement. Quelque chose allait arriver, dans peu de temps.
Quelque chose de dangereux…

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Arabella Waldon
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▌Né(e) le: 12 Avril
▌Pays d'origine: Écosse
▌Statut: 1ère année

MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Jeu 31 Mai - 22:09

Les échecs version sorciers, y'avait bien que ça de vrai. C'était un bon jeu, ça pratiquait la patience et ça faisait socialiser. Et dieu sait qu'elle avait besoin de socialiser. Alors la jeune femme avait libéré un bout de table après avoir dîné - non sans s'être gardé de quoi grignoter dans un plat à côté du plateau de jeu, par pure gourmandise - et s'était mise à jouer avec un autre élève de plumentine qu'elle connaissait à peine. Bon, c'était dur de s'entendre penser avec le raffut de la pièce au début, mais on aurait dit que chaque coup joué sur l'échiquier faisait sortir une petite poignée d'élèves. près 15 minutes, la pièces était encore assez pleine, mais plus au point où la jeune femme en avait du mal à respirer. C'est bien beau la socialisation, mais faut pas pousser, merci.
Soudain, de petits aboiements typiques se firent entendre dans la salle. C'était Prei, à s'en mettre la main au feu. Elle se retourna une seconde et pu apercevoir ce qu'elle appréhendait. Pas prei, non, lui elle adorait le voir. Mais Ian. Merde, il venait jamais lui, pourquoi là? La jeune femme revint prestement à son jeu et fixa l'échiquier, faussement songeuse pour la suite de la partie, mais en fait profondément troublée de la vue du Dorelly. Pourquoi il avait à être si beau hein? Ça n'était certes pas le tiers de l'attirance qu'elle ressentait pour Phil, mais c'était tout de même quelque chose... du désir pur et simple. Ian était un ami, mais depuis un moment, il ne représentait plus qu'un tentation absolue à ses yeux. Il faudrait que ça cesse d'une manière ou d'une autre parce que ça devenait insupportable, carrément. C'était devenu malsain et profondément tortueux de continuer à se côtoyer en ignorant le reste. Resterait plus qu'il la remarque et que...


- Hey, tu joues?
- Oh, oui, désolée.

Un bref regard en direction des deux gallois et du collie et un soupir infime de soulagement. Il ne l'avait pas vue, merci merlin. Elle joua donc son cavalier en D4 et élimina l'un des fous de son adversaire. Grossière, grossière erreur. Elle lui avait ouvert le champ et il pu s'emparer de la tour de la sorcière de sa reine. Tout ça à cause des beaux yeux d'un mec. C'était pathétique Arabella Waldon, vraiment. Depuis quand les hommes on une telle importance à tes yeux, fichtre! La cadette Waldon posa sa tête sur sa paume de main en regardant le jeu.


- He ben, c'était pas fort comme coup.
- J'te fais pas dire, mais j'vais me rattraper, ne cries pas victoire trop vite.
- On verra. Ton tour.

Non, c'était vraiment sa journée des mauvaises idées. Jouer au échec dans un brouhaha, remarquer Bale, abandonner Aramis... le dernier tout particulièrement. Quoique... d'un autre côté, depuis un mois, ils bouffaient ensemble dans la chambre de celui-ci, dont le sol était d'ailleurs jonché de trucs multiples, sales ou non. Il était à la ramasse le pauvre, mais le problème c'est qu'à force d'être avec lui, elle se mettait à l'être aussi. Et non, elle ne voulait pas l'être. Entre Aramis qui dérivait au gré de ses déprimes et Lawrence qui en était presque à nier la maladie de leur mère et devenait de plus en plus colérique, il n'y avait qu'elle pour les tenir dans le droit chemin. Déjà ce boulot était-il déprimant, elle n'allait pas en plus se laisser aller à l'apathie elle aussi! Mais la culpabilité à l'idée que son frère soit tout seul au milieu de sa porcherie de chambre à pleurer ou on-ne-sait-quoi la rongeait furieusement depuis le début du repas. Non, il ne fallait plus penser ça. Elle n'avait pas à remplacer leur mère, elle n'avait pas à le couver. Il devait s'en sortir lui même après tout.
Alors qu'elle allait jouer sa propre reine en F5, quelque chose de liquide sembla lui tomber dans les cheveux. Bah, ça lui arrivait, que ses nerfs lui joues des tours et qu'elle ait des genres "D'hallucinations de sensations". Elle termina son coup et sourit, toute fière.


- Échec.

Pas de réponse. Lunatique comme elle était, elle regardait toujours l'échiquier, faisant des calculs, des prédictions de coups, prête à se rattraper comme jamais. Non seulement ne répondait-il pas, mais il ne bougeait pas d'un poil. C'était quoi son problème? Il faisait un arrêt cardiaque devant le génie intellectuel d'une fille de 19 ans? Ouais non, y'avait pas de quoi s'émerveiller, mais ça faisait du bien de se le dire parfois, non?

- Allez, Jo-...

Une autre goutte lui tomba dessus, bien réelle. Rouge. Comme elle était sur le côté de son poignet, elle le porta à son nez. Une odeur âcre, ferreuse. Même pas besoin de goûter pour comprendre. C'était du sang, ou une réplique si parfait qu'un expert s'y méprendrait. Elle regarda vers son comparse Plum' mais il avait le tête levé dans une expression mêlée d'horreur et de stupéfaction. Ara regarda d'elle-même vers le plafond. Par toutes les citrouilles d'Écosse! Le plafond en était maculé! Il rougeoyait doucement à l'éclat de la lumière ambiante et les gouttes commençaient à tomber de plus en plus comme... comme une pluie. Ara en sentait commencer à maculer sa peau. Finirait-elle comme le plafond? Les portes claques. Même pas besoin de regarder pour comprendre, quelqu'un venait de sceller tout le monde. Elle entendait les gens autour, Lauréline et Thèdes entre autres. Elle ne les aimait pas particulièrement, mais elle arrivait parfaitement à comprendre leur état. Elle-même elle fixait le plafond, paralysée de peur, sa main faisant tous les efforts du monde pour atteindre sa baguette. Non. Sa main refusait d'avancer. La pluie commençait à aller de bon train, tout comme l'adrénaline dans les veines de l'ex-gryffondor. Sortir. Au plus vite. Elle sauta d'un bon et se rua à la porte, la martelant mais sans bruit. La martelant comme si il n'y avait pas de lendemain. Ian était à côté? Rien à foutre, elle voulait sortir. Partir. Que tout ce sang disparaisse de sa vue.
Elle finit enfin par attraper sa baguette et fit fuser les sort pour déverrouiller une porte. Ils y passèrent tous et ça ne fonctionnait pas. Qu'est-ce qui se passait merde! La seule fois qu'elle veut fait son indépendante, elle se retrouve là-dedans? C'était vraiment sa journée ouais.
Les portes s'ouvrirent et elle fut l'une des première à sortir. Oui les gryffons ont du courage, et si il y avait eu quelque chose à affronter elle l'aurait fait. Mais elle avait une pure et sainte horreur du sang. Et son odeur... elle en avait presque vomit, tellement ça avait été dense.
Non, elle avait couru face à une pluie de sang, mais si un jour elle en advenait à connaitre le connard qui avait fait ça, c'est lui qui courrait pour sa vie. Et elle en prendrait un plaisir malsain.

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Irina Heikkinen
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    Ven 1 Juin - 11:20

« J’ai vraiment faim… J’espère qu’il y aura de la purée. »

Irina poussa les portes de la grande salle d’un pas léger et prit place à la longue table de sa maison, avant de remplir aussitôt son assiette de nourriture. Elle avait vraiment une faim de loup ce soir. A tel point qu’elle engloutit tout le contenu de son assiette en moins de quelques minutes, ce qui ne lui apporta au final rien d’autre qu’un douloureux mal de ventre. Elle repoussa son assiette du bout de son index, puis commença à observer les autres d’un air distrait, un grand sourire collé sur ses lèvres pâles. Elle adorait écouter les conversations des gens et s’y mêler discrètement. Cela lui donnait l’impression d’appartenir à un groupe. Elle aurait tant aimé pouvoir discuter, échanger son point de vue avec des gens. De vrais gens, et pas seulement sa conscience.

« Ce repas était vraiment délicieux. » dit–elle à voix haute.

Comme pour confirmer ses dires, elle hocha vigoureusement la tête. Un groupe de filles qui se trouvait juste à côté échangèrent un regard interloqué avant d’éclater de rire. Irina leur adressa un sourire rayonnant, ne se doutant pas une seule seconde qu’elle était la cause de leur hilarité.
Soudain, leurs rires s’interrompirent en parfait synchronisme. Le sourire d’Irina se figea. Sur la joue d’une des filles, une grande brune au regard mordoré, coulait une larme. Une larme de sang.
Irina leva les yeux et constata que cela n’avait rien à voir avec des larmes. Si les gouttes qui tombaient du ciel n’avaient pas eut une couleur rouge carmin, on aurait pu penser que ce n’était que de la pluie. Mais seulement… Elle baissa la tête, porta ses mains à son visage humide pour s’essuyer rapidement les joues. Quand elle les plaça à hauteur de ses yeux, un cri d’horreur lui échappa. Du sang. C’était bel et bien du sang.

Les filles à ses côtés commencèrent à hurler comme des furies, les yeux exorbités, le teint pâle. Elles se jetèrent à terre, renversant le banc au passage, pour ramper en direction des grandes portes. Irina, elle, ne bougea pas. Abasourdie, muette de stupeur, elle resta allongée par terre en clignant des yeux. Le sol se mit à trembler sous son corps, on aurait dit qu’un troupeau de bêtes se ruait dans sa direction. Et quand elle releva la tête, elle constata que c’était un peu le cas. Les élèves se bousculaient en hurlant, essayant à tout prix de regagner la sortie. Dans un instinct de survie, elle se précipita sous la table en voyant quelqu’un prêt à l’écraser sans pitié.
Était-elle en train de rêver ? Tout cela ne pouvait pas être réel. Non, impossible. Elle ne voulait pas le croire.


« Tout va bien… ça va aller… ça va s’arrêter… »

Le bruit des hurlements et des pleurs couvrait ses murmures. Elle ferma les yeux et commença à se balancer d’avant en arrière. Elle détestait le sang. Le sang lui faisait peur, il était synonyme de la mort.
Tout à coup, le cliquetis des portes lui fit rouvrir les paupières. Elle se précipita dans la cohue, le cœur battant à tout rompre. Il fallait absolument qu’elle sorte d’ici. Une fois dehors, elle se laissa glisser contre un mur en soufflant pour évacuer la peur qui lui bloquait la respiration. C’était fini.
Les yeux fixés sur ses mains rougies, elle songea que cette mise en scène ressemblait à un avertissement.
En réalité, rien n’était fini. C’était juste le commencement.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Intrigante pluie de sang.    

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Intrigue : Intrigante pluie de sang.

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