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 Oubliettes

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AuteurMessage
Ophiuchus Vostrokov
C.A.M
C.A.M
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▌Né(e) le: 1er Octobre
▌Pays d'origine: Russie
▌Statut: 7ème année

MessageSujet: Oubliettes   Ven 29 Juin - 18:59

Timofey Koniachev s’était éveillé en sursaut, émergeant d’un long coma, les yeux écarquillés et les pupilles dilatées face à la vivacité de son dernier souvenir conscient ; mêlé à d’obscures volutes de fumée noire, un regard d’acier, perçant, pénétrant son esprit là où ça fait mal, là où les secrets sont gardés. Il tomba du haut de ses cinquante ans sous la force d’une gamine d’à peine vingt ans. Elle lui avait retiré d’importants renseignements sans que sa volonté ne puisse contrer les aveux de ses pensées dont elle lut le contenu aussi aisément qu’on fouille une pile de papiers sur un bureau. Honteux, Timofey Koniachev en avisa qui de droit, prêt à en assumer les conséquences. Il n’était peut-être pas trop tard pour minimiser les dégâts de la fuite d’informations. Comme de fait, découvrir à qui appartenait le fameux regard de cette nuit-là se fit dans les plus brefs délais. Un bureaucrate du Ministère habilement soudoyé leur fournit une liste exhaustive des élèves de l’université dotés de dons particuliers. On chargea la cadette Vostrokov de transmettre le précieux registre dans les temps pour le bal masqué. Un seul nom figurait dans la catégorie des légilimens, le seul à devoir en être rayé : Lyndis d’Evendim. Le problème tardait pourtant à se résoudre. Maligne petite souris. Tant de prudence de sa part laissait croire à Ophiuchus qu’elle se savait en danger. La facture de sa curiosité la talonnait régulièrement, tapie dans l’ombre, attendant le moment opportun de lui en faire payer le prix.

Verser du sang ne l’enchantait guère, encore moins lorsqu’il était pur, mais le choix ne lui revenait pas, il devait protéger les intérêts de son frère, et ceux de l’Ordre par ricochets. Ceci dit, les Vostrokov n’utilisaient pas l’Avada Kedavra pour tuer. Le chemin de la facilité n’engendrait que des faibles et des lâches d’esprit incapables de se servir de leurs deux mains. La baguette ne faisait pas le sorcier. Se servir de sa tête au moment de la dégainer déterminait bien mieux le caractère de celui-ci. Encapuchonné dans sa cape de velours usé rouge, Ophiuchus n’hésiterait pas à se servir de la sienne. Dans la pénombre ambiante, il suivait d’Evendim dont la silhouette venait de disparaître au bas de l’escalier poussiéreux menant au sous-sol. L’ironie du lieu lui fit rehausser le coin des lèvres en un fin rictus ; elle n’en ressortirait pas vivante. Ophiuchus attendit un peu avant de lui emboîter le pas jusqu’à la grille d’entrée des cachots. Une odeur humide de renfermé où crasse et moisissure se mêlaient atteignit ses narines. Cachant son nez au creux de son coude, il murmura une incantation et traversa le grillage devenu intangible. La maçonnerie des murs formait des croûtes de ciment par endroit. Au passage d’Ophiuchus dans le tunnel voûté, le museau d’un rat sortit d’un trou là où une brique aurait dû avoir sa place.

Les quelques torches au mur venaient d’être allumées, déduction faite par la cire ne coulant pas encore des bougies. Il avait soigneusement évité que d’Evendim puisse détecter sa présence. Le ruissellement de la rivière souterraine derrière la pierre couvrait le bruit de ses pas et la noirceur enveloppante de la nuit dérobait au regard ce que sa cape ne dissimulait pas de son corps. Dans la paume de sa main, ses doigts se serraient autour d’une fiole. Les grains importés du Pérou qu’elle contenait lui servirait à arriver à ses fins, mais en premier lieu, il devait la rattraper. Ophiuchus longea le mur jusqu’à entrevoir d’Evendim. De là, il retira le bouchon de liège de la fiole et l’envoya s’éclater aux pieds de la jeune femme. Libérée, la poudre d’obscurité instantanée forma une zone de ténèbres opaques dans un rayon de cinq mètres. Mesurant la distance, Ophiuchus s’y engouffra, peu gêné par la cécité dont même les plus puissants sortilèges d’éclairage ne pourraient venir à bout. Son bras se levant au niveau de ses épaules, frappant là où il devinait la location du cou de sa cible, la plaquant au mur. Une voix rauque et ferme tomba, jugement fataliste de celui qui s’apprête à commettre l’irréparable.


« Tu n’aurais pas dû fouiner. »

Un vilain défaut que la curiosité. Elle aurait mieux fait de se mêler de ses affaires, mais non. L’opportunité s’était présentée, accompagnée d’une envie insoutenable de savoir, et elle n’avait pas su y résister. Autour d’eux, le nuage de poussière s’estompait, le dévoilant aux yeux de d’Evendim. Qu’importe qu’elle voit son visage, le condamné ne se soucie pas de l’identité de son bourreau.

« Sais-tu pourquoi je suis là ? »

Elle savait qu’il ne venait pas en ami et se doutait sûrement du but de sa venue, la violence n’entraînant que la violence. Ophiuchus connaissait pas la famille des d’Evendim, cependant il s’était préparé à ce qu’elle lui oppose une résistance. Un sang pur digne de ce nom ne se laissait pas docilement acculer le dos au mur sans chercher à s’en sortir. Il ne l’avait pas désarmé – pas encore –, attendant sa riposte de pied ferme. S’il croyait trop bien maîtriser la situation, elle échapperait à son contrôle, une erreur qu’il ne s’autoriserait pas à faire.
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