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 [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie

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Dâlan O'Connelly
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▌Né(e) le: 17 mars (36 ans)
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MessageSujet: [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie   Mar 22 Juil - 23:24

Au loin, le doux soleil matinal s'élevait doucement au dessus de la cime des arbres de la forêt, teintant la voûte céleste jusqu'alors couleur d'azur de nombreuses nuances colorées toutes plus surprenantes les unes que les autres. Les derniers nuages cotonneux flottant paresseusement parmi ces lueurs pastels étaient probablement les seuls spectateurs déjà éveillés à jouir de cette vision. Leur ombre légère se reflétaient dans l'étendue encore calme du lac tandis que le silence total n'était brisé que par quelques faibles mélodies animales dont les silhouettes n'osaient alors briser ce paisible paysage. Comme chaque matin à cette heure, rien ne bougeait. Dans le château, la douce quiétude du sommeil parcourait les couloirs qui seraient bientôt foulés par mille pas pressés, sautillant, trainant, appartenant à mille élèves et professeurs ayant tout juste échappé aux charmes de Morphée et dont les esprits tenteraient alors de dissiper les dernières brumes oniriques dans lesquelles ils s'étaient évadés quelques heures auparavant. Mais ces temps n'étaient pas encore présents et chacun jouissait alors du confort inégalé des rêves, gravissant les plus hautes montagnes, plongeant au plus profond des océans ou perçant le secret des mystères les plus inexpliqués.

Une faible brise traversait le parc et se glissait par les nombreuses fenêtres ouvertes en ce début de matinée estivale, procurant chez certains l'impulsion nécessaire à leur réveil. Les tous premiers signes d'activité humaine agissaient alors tel un signal chez les autres créatures et c'était en duo avec les tout premiers chants d'oiseaux et le doux bruissement de leurs ailes que baillaient les matinaux. Cette rumeur courrait alors le long des couloirs de pierre de l'université, s'amplifiant sans jamais perdre en magnificence. Cet écho résonnait alors dans tout le parc et bientôt ce n'était non plus de simples moineaux mais des créatures autrement plus majestueuses qui déployaient d'un geste lent mais sûr leurs vastes ailes engourdies par les givres du sommeil. La surface jusqu'alors immobile du lac frémissait par moment des premiers sauts des Strangulots éblouis par un soleil désormais bien haut dans des cieux dont la clarté annonçaient une journée plus qu'agréable.

Les rayons de l'astre lumineux éclairaient à présent le chemin des premiers levés bientôt rejoints de leurs compères dans une Grande Salle aux tables garnies d'immenses panières de croissants chauds et de petit pains frais. La lumière s'engouffrant dans les vastes verrières illuminaient la pièce et guidaient les quelques hiboux vers leurs propriétaires, la plupart heureux de recevoir leur journal à l'heure du petit déjeuner. Chacun se saluait d'un léger mouvement encore endormis. Certains professeurs faisaient leur apparition et discutaient des sujets légers propres à cette heure. Toute cette agitation emplissait bien vite le château et même les plus réfractaires se joignaient bien vite à leurs camarades afin de partager ce rare moment exempt de tout stress pour des étudiants pas toujours appliqués mais appliqués au fond.

Cette réaction ne semblait pourtant pas toucher le deuxième étage dans son entièreté. En effet, là où dans la partie est, les élèves s'activaient peu à peu, dans la partie ouest, tout était encore calme, personne ne pensant se diriger vers l'amphithéâtre général à une heure pareille. Cependant, une autre pièce se trouvait dans cette direction. Une autre pièce peu visitée. Une pièce large à la lourde porte de chêne au dessus de laquelle une plaque de cuivre incurvée garnie d'une émeraude taillée en trèfle annonçait:

Bureau du professeur Dâlan O'Connelly
Directeur de la filière Spiritisme
Professeur de Psychomancie


Dans cette pièce en angle faisant un coin du bâtiment, la lumière pénétraient par deux larges fenêtres et effleuraient alors les amas d'objets disséminés à travers toute la pièce faite de pierre brute. Ainsi, quiconque aurait pénétré dans cette pièce aurait pu apercevoir un large bureau duquel dégringolait jusqu'à terre une montagne de parchemins couverts d'une écriture ronde et serrée. A travers tout ce papier, il aurait peut-être la chance d'apercevoir un bout d'un magnifique tapis vert feuille à l'air fort confortable couvrant la majorité du sol en pierre grise. Il aurait alors posé les yeux sur le mur gauche recouvert d'étagères remplies de façon chaotique de livres aux couleurs chamarrées et aux titres insolites. Il aurait ensuite tourné son regard vers deux immenses coffres situés de part et d'autre du bureau. Ceux-ci étaient tellement remplis que leur contenu finissait par se déverser sur le tapis, une poupée de paille à l'air peu engageant dépassait d'ailleurs du coffre de droite, écrasée par la pression du couvercle. Le mur de droite était recouvert de banderoles à dominantes vertes, de diverses photos montrant des foules de personnes à l'air passablement éméché discutant apparemment bruyamment mais jovialement. Un seul portrait mais de taille était accroché. C'était le portrait d'une femme plutôt menue en robe émeraude et aux longs cheveux roux souriant paisiblement en portant un doux regard vers l'occupant du bureau. En effet, derrière les piles de parchemins entassés gisait le corps d'un homme assoupi. La tête appuyée sur la table, un léger sifflement provenait à intervalle régulier d'un visage enfoui dans les larges manches blanches constituant son vêtement. Une longue crinière d'un vert tendre rappelant les bourgeons la veille de leur éclosion serpentait le long d'un dos fin mais musclé que quelques frémissements parcouraient par moment avant de s'arrêter à la ceinture.

C'était donc ainsi que s'était assoupi la veille le professeur Dâlan O'Connelly , au milieu des plumes cassées et des copies à corriger comme souvent en fait. Sa quiétude n'allait sans doute pas durer encore très longtemps tant l'heure sonnant la fin du petit déjeuner et les premiers cours allait retentir mais de cela, il ne savait encore rien et lui seul dans le château savourait encore à l'instant les délices du sommeil.
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Dâlan O'Connelly
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▌Né(e) le: 17 mars (36 ans)
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MessageSujet: Re: [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie   Mer 13 Aoû - 10:53

Les deux coups claquèrent dans l'atmosphère tels deux coups de fouet, sortant Dâlan de sa torpeur bien aimée. Cependant, il n'ouvrit pas les yeux pour autant, ces son désagréables étaient arrivés à ses oreilles et il était bien décidé à ce qu'ils n'aillent pas plus loin. Pourtant, il sentait déjà que les rouages de son esprit se mettaient lentement en marche et ne le laisseraient pas se rendormir malgré toute la force d'esprit qu'il puisse développer. Aussi, le phénomène de réveil continua sa progression contre la volonté du réveillé dont le corps s'animait peu à peu tel une marionette dont on aurait tiré les ficelles après l'avoir laissé prendre la poussière sur une étagère. Il ouvrit alors mollement un oeil puis l'autre. Le temps de réaliser où il était et de se remémorer la situation de la veille, son corps s'était déjà redressé sur le confortable fauteuil de cuir de dragon gallois. Il scruta lentement la pièce d'un oeil vide et inexpressif et peu à peu la mémoire lui revint. Il contempla la pile de parchemins à corriger à peine entamée qu'il était censé rendre cette après-midi et soupira légèrement.

*Bah... Je leur dirai que j'ai pas eu le temps, je suis un homme occupé après tout...*


Il se leva lentement, comme si son corps pesait des tonnes et se dirigea vers le coffre face à son bureau. Il souleva le couvercle d'un coup de baguette et sortit une bouteille carrée à moitié remplie d'un liquide ambré. D'un geste habitué, il la déboucha et porta le goulot à ses lèvres. Il garda la bouteille en main et s'accouda à la large fenêtre. Il porta son regard sur les environs et huma l'air avec délice.


*Hmm, il fait bon... Et si je faisais cours en plein air? Celyn va encore râler mais bon... Le fond de l'air est si doux, ce serait une honte de ne pas en profiter. D'ici quelques mois on sera obligé de s'enfermer dans le château. D'ailleurs je vais bientôt devoir aller à Paris completer ma garde robe pour cet hiver... Il y avait cette superbe écharpe en velours et ce magnifique manteau fourré...*


Ces pérégrinations mentales étaient régulières chez Dâlan, non seulement le matin mais durant toute la journée, ce qui lui valait de nombreaux adjectifs tels que "paresseux", "tête en l'air" ou tout simplement "idiot". Cependant, il ne faisait pas attention à ces attributions, préferant rester dans son monde tellement plu intéressant que les convitions terre-à-terre du commun des mortels.

Pourtant, quelque chos ele chiffonait. Il avait l"impresion d'oublier quelque chose; Pas quelques chose d'important, rien n'était important pour Dâlan excepté de posséder une réserve d'alcool suffisante et une garde-robe d'avant-garde bien remplie. Non, simplement une petite chose qui essayait d'attirer son attention sans y arrive rpleinement. Cela le tracassait sans non plus qu'il en fasse une maladie, ce genre de situation était fréquente et, en général, se résolvait d'elle-même. Il reprit une gorgée du liquide couleur miel avant de jeter un regard circulaire à la pièce, l'esprit plus réveillé que quelques minutes auparavant. D'ailleurs, qu'est-ce qui l'avait réveillé? Son bureau était à la fois assez loins de la forêt pour ne pas être dérangé pas les animaux et des centres d'agitation pour ne pas être la cible de l'agitation estudiantine matinale. Il devait bien y avoir quelque chose pourtant... Il se rappellait vaguement de deux coups... Des coups de feu? Non cetainement pas.. Alors quoi? La porte peut-être? Qui donc pouvait se présenter à lui à une heure pareille? Il se dirigea mollement vers le large panneau de chêne et, intrigué, l'ouvrit.


"ho, Mélite?"
fit-il avec un léger accent de surprise avant de se rappeller de l'netretien programmé la veille

"Oh, bien sûr, Mélite... Salut. Entre... Bourbon?"
Continua-t-il en montrant la bouteille.
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Dâlan O'Connelly
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MessageSujet: Re: [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie   Lun 6 Oct - 19:46

Dâlan avait beau ne pas être legilimens, il devinait parfaitement les sentiments peu flatteurs qu'éprouvait la jeune d'Orcy à son égard malgré son air implacablement poli et ses manières parfaites. Mais de cela il ne s'offusquait pas, après tout ce n'était pas la première et certainement pas la dernière à réprouver l'accession à ce poste par quelqu'un d'aussi excentrique que lui, il avait du jouer des coudes pour s'imposer dans ce monde rempli de bureaucrates en robes noires tristes comme un chaudron percé, comme l'avait fait avant lui Sven O'Well qu'il considérait comme une sorte d'exemple. Non, tout cela ne le dérangeait pas, il trouvait même plutôt ça amusant ou du moins le rendait-il amusant, jouant et surjouant de son caractère fantasque afin de perdre ses détracteurs dans les méandres de ses paroles et actions sans queue ni tête. Et Mélite n'échappait pas à la règle. Certes le professeur était paresseux et négligé mais il pouvait sans difficulté aucune ranger tout ce désordre et soigner son apparence d'un mouvement de baguette -il était d'ailleurs particulièrement doués pour les sortilèges de mise en plis et les enchantements de défroissage perpétuel- cependant cela aurait bien trop facilement contenté la jeune aristocrate au goût du directeur adjoint. Si on l'avait interrogé, il aurait répondu qu'elle avait besoin d'être malmenée, d'être confrontée à des situations frustrantes mais obligatoires que l'on rencontre tellement souvent dans la vie. Si on avait lu ses pensées, on aurait rapidement compris deux choses: d'une part que si le bureau de Dâlan était désordonné, son esprit l'était bien davantage encore et d'autre part que c'était bien pour son propre plaisir qu'il faisait gentiment souffrir la jeune fille.

Quand il avait ouvert, son air frustré mais contenu lui avait presque arraché un éclat de rire mais il avait su conserver son sérieux, si tant est que Dâlan puisse paraître sérieux. Il voyait passer dans ses yeux toutes sortes d'imprécations qu'elle n'oserait jamais lui lancer et il trouvait cela du plus haut comique d'autant que plus les minutes avançaient, plus elle semblait se rendre compte de chaque détail confirmant des théories qu'elle aurait probablement qualifiées de totalement révoltantes. Et l'apogée arriva lorsqu'il lui proposa du bourbon, les lueurs de ses paupières se changèrent alors en véritables tempêtes de magma bouillonnant et fulminant de rage. Et celles-ci redoublèrent encore avec sa réponse sèche, glaciale et tout à fait différente de celle qu'elle mourrait de lancer.
Elle enchaîna alors sur un ton qu'elle voulait ironique sur une question qui ne pouvait au final que la frustrer un peu plus et à laquelle le professeur répondit mollement après s'être poussé pour la laisser entrer:


"Ho euh... Oui... J'imagine que j'aurais du rentrer plus tôt hier soir mais bon... les Augureys de Longford ont gagné alors forcément..."
Il leva légèrement sa bouteille pour bien faire comprendre à Mélite ce que cette victoire avait impliqué avant de la porter à ses lèvres pour en tirer une nouvelle rasade.


"Mais ne t'inquiètes pas, mon travail peut bien attendre" reprit-il avec entrain "Tu demeures notre principale préoccupation n'est-ce pas? "

Il savait que cette phrase allait probablement l'amener vers une fureur assez puissante mais peu lui importait, ça faisait également un peu partie de ces "séances" qu'il consacrait à cette élève au don bien particulier qu'il, malgré tout, appréciait beaucoup pour son application. Aussi décida-t-il d'arrêter un peu de la malmener pour le moment et de passer au contenu du cours en lui-même, ils n'avaient qu'une heure devant eux après tout.
Afin d'exprimer ce tranchement, il posa la bouteille sur la table, fit apparaitre un fauteuil vert tendre à l'air confortable pour Mélite et se posa distraitement sur un coin du bureau préalablement déblayé d'un geste de la main. Il lança alors, d'un coup plus sérieux que jamais:


"Venons en au cours. Tu as eu des visions dernièrement? Tu as réussi à les maitriser un minimum? Il me semble qu'à la dernière séance on avait plus ou moins réussi à en provoquer une, j'espère que tu t'es un peu entraîné cette semaine..."

Dâlan savait bien que ces contrastes dans son attitude étaient marquants mais ce don était assez rare et il lui fallait l'étudier et l'encourager avec rigueur et savoir-faire aussi l'attitude désinvolte qu'il utilisait en général ne convenait pas à ce type d'exercice.Attendant calmement les réponses de la jeune fille, il leva légèrement sa baguette et un dossier assez épais et doté d'un large cadenas s'envola de l'étagère de droite pour atterrir dans sa main. Il frappa d'un coup sec le cadenas et celui-ci se volatilisa avant que le professeur n'ouvre le dossier, le contemple un instant avant d'ajouter paisiblement:


"Je t'écoute."

[Je traine? comment ça je traine? ~]
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Dâlan O'Connelly
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MessageSujet: Re: [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie   Dim 28 Déc - 0:43

Ayant attrapé une plume sur son bureau, le professeur prenait quelques notes et corrigeait certaines lignes antérieures tandis que la jeune fille parlait. Pendant cette prise de note, il la fixait d'un regard profond et attentif, bien loin des comportements désinvoltes et légers qu'il arborait habituellement. Il savait que ces séances était pénibles pour la jeune fille et, malgré ses taquineries incessantes, il se préoccupait des états d'esprit de celle-ci. Au fil des années, il avait appris à la connaitre, peut-être mieux que quiconque, et aimait penser qu'ils s'étaient rapprochés en quelques sortes. Ainsi, il essayait de reléguer les propos acerbes et les échanges explosifs à plus tard durant leurs séances, sachant à quel point cela pouvait être pénible pour Mélite. Bien sûr, pour rien au monde il n'aurait avouer une chose pareille, même pas à lui-même, cela tenait probablement plus du subconscient qu'autre chose mais l'important était qu'il le faisait.

Il continuait de l'écouter, fronçait les yeux par moment. Elle avoua directement qu'elle ne s'était pas entraîné, peu surprenant, elle ne s'entrainait jamais. Mais Dâlan était tenace et pour la millième fois, il lui rappela:


"Tu dois t'entrainer, tu le sais. Ces visions te nuisent, mentalement et physiquement, et ce n'est pas avec une heure par semaine que nous pourrons maitriser ce pouvoir. Tu dois apprendre à l'appréhender, à le dominer. Il fait partie de toi, tu ne pourras jamais l'éliminer alors fais en une force en l'intégrant, il n'y a qu'ainsi que tu pourras vivre... disons normalement..."

Il savait que ces mots n'auraient aucun effet mais il n'abandonnerait pas, elle était fragile et un don pareil pourrait lui apporter des ennuis. Lui apportait déjà des ennuis en fait. La cupidité des hommes... Donnez leur la possibilité de voir l'avenir et faites leur confiance pour exploiter jusqu'à la mort cette possibilité...

Elle continua et dit qu'elle n'avait pas eu de vision, ce qui était plutôt une bonne chose, mais le professeur préféra ne pas le souligner, cette brièveté cachait quelque chose. Tout cachait toujours quelque chose chez Mélite. Et la vérité ne se fit pas attendre, elle avait bien eu une vision. La main de l'homme gratta alors avec une vitesse fulgurante sur le parchemin, les mots de la jeune fille se retrouvèrent presque à la virgule près imprimés sur le papier. Dâlan faisait toujours très attention à ces descriptions même si, comme cette fois-ci, elles pouvaient s'avérer décevantes. Mais cela ne décontenançait pas le professeur. Combien de séances s'étaient déroulées comme ça? Bien plus d'une et il en était toujours finalement ressorti au moins une particule d'avancement.


"Concentrez-vous, miss d'Orcy, je suis certain que vous pouvez vous remémorer cette vision. C'est important pour le développement de votre don. Commencez par visualiser la scène. Puis concentrez vous sur les détails peu à peu, la taille d ela jeune fille, la couleur de ses cheveux, ce genre de chose. Et puis tentez de faire la mise au point, de voir cela de plus en plus nettement. Fermez les yeux et respirez profondément, ça peut vous aider..."

Cela ne conduirait peut-être à rien mais ce genre de "traitement" avait déjà fait ses preuves auparavant et il y avait longtemps qu'ils ne s'étaient pas rapprochés d'une vision aussi nette, qui ne tente rien n'a rien n'est-ce pas?

Il continua de noter quelques mots avant de relever la tête et de songer à ce par quoi la jeune fille avait conclu. Cela paraissait plutôt vague... De la part de Mélite c'était inhabituel. Il relut un instant ses notes et songea à quelque chose qu'il avait écrit quelques jours auparavant, suite à une conversation avec l'infirmier.


"Rien de notable n'est-ce pas?" commenta-t-il d'une voix remplie d'emphase "Votre petit séjour à l'infirmerie est tout aussi peu notable très chère?"

[Meuh non ~]
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Dâlan O'Connelly
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MessageSujet: Re: [Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie   Jeu 26 Fév - 23:21

Mélite était toujours aussi peu coopérative. Rechignant les exercices, rabâchant sans cesse les mêmes paroles indignées et haineuses. Ces mêmes paroles qu'elle avait prononcées lors de leur toutes première séance, il y avait deux ans de cela. A cette époque, Dâlan était persuadé que cette vaine obstination à nier son don disparaitrait vite avec les séance, l'affaire d'une année tout au plus. Cependant, elle persistait, elle se réfugiait toujours derrière ces mêmes arguments qui s'effritait chaque jour un peu plus. Elle-même ne semblait plus réellement y croire et sa voix sonnait creuse lorsqu'elle prononçait ces phrases, tel un mantra personnel destiné à éviter la réalité. Cette réalité qu'elle fuyait, ce don qu'elle fuyait sans fin et sans relâche. Quand accepterait-elle son aide? Car tout ce qu'il désirait c'était l'aider. L'aider dans ce périple long et pénible qu'est la maitrise d'un don. L'aider à s'en sortir et à pouvoir éviter les aléas qui l'attendaient inévitablement.
Dâlan ne savait que trop bien ce que pouvait endurer la découverte d'un don et les embuches parsemées sur le chemin de ces "élus", à fortiori quelqu'un doué de Vision's eye, c'est pourquoi il fallait à tout pris encadrer ce genre d'élève. Mais pourquoi fallait-il que ce soit toujours aussi difficile? Tous souhaitaient toujours annihiler leur don, faire comme s'il n'avait jamais existé, sans parler de ce fichu caractère apparemment inhérent à tous ces jeunes freluquets... Mais était-ce la personne vis à vis du don qui provoquait cette réaction ou le don vis à vis de l'élève? Voila une piste de réflexion qui méritait d'être approfondie, se dit Dâlan avant de rajouter quelques lignes sur un papier accroché au dossier.

Bien sûr, à la mention de l'exercice milles fois répétés, Mélite s'esquiva une nouvelle fois et aborda, comme à son habitude, le sujet du but de ces séances. toujours, toujours cette dénégation envers le don, le professeur aurait pu en avoir assez s'il ne savait pas que ce n'était qu'une étape à franchir dans la maitrise de ce don. Aussi répondit-il calmement:


"Il serait temps, miss d'Orcy, que vous compreniez que refouler un don n'est jamais une bonne idée. C'est même généralement assez catastrophique et, à tous les coups, nuisible au porteur, d'une façon ou d'une autre. Oh, je ne dis pas, peut-être à force d'entrainements, vous pourriez l'enfouir au fond de vous pour quelques temps, peut-être une dizaine d'année même, connaissant votre force de caractère. Mais imaginez, après ces looongues années d'enfermement, il ressurgirait soudainement, sans crier gare, plus fort que jamais. On a ainsi vu des cas où le don prenait contrôle du corps et de l'esprit du porteur pendant des jours entiers, menant à une fatigue intense, la folie voire la mort. Ho, je sais bien que cela ne vous effraie pas, rassurez-vous, mais il est toujours bon que vous le sachiez.Et puis même, pensez-vous réellement que depuis que votre don a été répertorié par le ministère, toutes les âmes avides du monde magique, et ce n'est pas peu dire, ne sont pas tournée vers vous? Vous, l'une des très rares personnes capables de prévoir les changements futurs et les actions passées de chacun? Vous, l'une des encore plus rares personnes dotées de cette capacité à être encore à un âge où l'esprit est plus ou moins malléable, pour ne pas dire manipulable? Allons, Mélite, vous baisseriez dans mon estime si je vous apprenais tout cela, votre intellect que je sais plutôt puissant vous a depuis longtemps appris que cette aptitude ne vous permettrait pas de passer inaperçu. Vous êtes une cible et, en tant que tel, vous devez pouvoir répondre par des arguments. Vos poursuivants étant nombreux et puissants, il est de votre ressors d'être plus puissante qu'eux. Et cette puissance ne peut s'acquérir, je le crains, que par la maitrise pleine et totale de ce don. Celui-ci pourrait même finir par constituer une de vos forces principales, pensez-y...
Voila, j'ai répondu à votre question, pouvons-nous maintenant passer à l'exercice, s'il vous plait?"

Cette tirade était longue, certes, mais utile, selon Dâlan. Peut-être aiderait-elle finalement Mélite à passer ce cap. Ou peut-être pas. Il ferait ce qu'il devait faire comme il pouvait le faire, comme il l'avait toujours fait. Et ce, même si c'était Mélite. Même si elle persistait à refouler ses véritables sentiments et à s'empêcher de voir son potentiel derrière ses grands airs et ses répliques sarcastiques comme celle qu'elle venait de lancer.

Pour ce qui était de l'infirmerie, Tapucou lui avait effectivement fait part de la petite mésaventure de Mélite et cela avait mis la puce à l'oreille de Dâlan. La grrrande Mélite, qui faisait attention à tout et à tous, qui ne commettait jamais d'erreur et impressionnait quiconque la croisait aurait tout simplement trébuché et serait tombé dans les escaliers? Voila qui aurait grandement étonné le professeur. Une légère "absence" aurait par contre put la distraire...


"Mais dites-moi, chère Mélite, cette chute dans les escaliers, rien de grave au moins?" commença, mutin, le sous-directeur "Racontez-moi comment ça s'est passé, j'ai du mal à croire qu'avec votre démarche si distinguée vous puissiez faire quelque chose d'aussi vulgaire que tomber sur le sol..."

Mais déjà la jeune fille enchaînait sur un autre sujet, finalement plutôt proche de la précédente tirade. L'utilité des recherches? Vaste débat mais une chose prédominait, essentielle, immuable, monolithique. Une autre chose qu'il espérait bien graver une bonne fois pour toute dans l'esprit de la jeune fille.

"Comme je vous l'ai dit, ce genre d'effort n'est voué qu'à un seul destin: l'échec, à plus ou moins grande échelle. Et plus grande est la volonté du porteur, plus grande sera la chute. Et vous savez tout aussi bien que moi que vous n'êtes pas n'importe qui. D'ailleurs vous devriez savoir, plus que quiconque, que détruire un don est impossible. C'est une partie de vous, tout comme vos poumons ou votre cœur, cela vous constitue et n'est pas dissociable de votre personne. Le seul moyen d'écarter ce don à jamais est la mort. Vous y avez, j'imagine, déjà songé et je suppute que si vous êtes assis ici bien en vie, c'est que cette alternative vous a plutôt rebuté. Exercice maintenant s'il vous plait."

La mort, effectivement. Le suicide. Une pratique finalement plutôt courante dans ce genre de cas, les porteurs, dépassés par leur don, n'en pouvant plus, arrivé au bout de leur limite, ne trouve souvent plus que cette solution à leur problème. Faute à une société qui leur en demande trop, à un manque d'encadrement vis à vis de cette particularité. Il est vrai que l'on est peu armé pour préparer un enfant à la vie lorsque celui-ci ressent toute la crainte que le monde extérieure vous procure ou qu'il peut prévoir votre mort avec plus de précision que vous ne pouvez indiquez l'heure...
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[Bureau O'Connelly] Professeur de Psychomancie

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