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 Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]

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MessageSujet: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Jeu 28 Aoû - 16:37

[Situation temporelle : Un dimanche, à l'heure du repas du midi, vers la mi-Octobre]


D'après l'horloge située au-dessus de la grande porte de la salle, il était midi tout juste passé. Maela se trouvait assise aux côtés de Sven, et la Grande Salle se remplissait lentement, mais sûrement, puisque les aiguilles l'avaient dit : il était l'heure de manger.
Le matin même, avant le premier cours de sa journée, la directrice des Plumentine était passée par la cave à vins, afin de demander à ce qu'il soit servi un cru qu'elle appréciait particulièrement avec la viande rouge. Ceci uniquement à la table du personnel, évidemment. Déjà que l'attention des étudiants en cours était plus qu'approximative en fin de journée, elle ne voulait pas voir ce que ça donnerait avec un verre de trop.

Maela déplia les jambes sous la table et son pied toucha le sol avec un léger bruit de talon qui claque, elle regardait les élèves et en reconnut un, dont l'infirmier lui avait parlé quelque temps plus tôt. Elle se pencha vers Sven, désigna l'élève d'un mouvement de la tête qui fit bouger la mèche bouclée qui sortait, soigneusement négligée, de son chignon, et ajouta :


" Mr Fortuet m'a dit qu'il avait vu deux fois cet élève pour... hallucinations. "

Si cette annonce avait tout d'abord inquiété Maela sur la santé de l'étudiant, Tapucou l'avait vite rassuré d'un sourire et de grands signes de la main, précisant que "ça n'a Wien de mental". Le clin d'oeil qui avait suivi avait fait comprendre à la directrice que l'étudiant avait dû ingurgité une substance douteuse... C'était ce que son expérience lui disait, même s'il n'en avait pas la preuve formelle.

" Il ne manquerait plus qu'on ait un traffic de champignons ou autres substances hallucinogènes Rolling Eyes " ajouta-t'elle à l'adresse de son collègue, le ton à l'amusement, un sourire expressif sur ses lèvres parfaitement maquillées.

Même si cette idée était théoriquement probable, Maela ne lui accordait même pas le bénéfice du doute. Elle n'y croyait pas. Néanmoins, si elle en venait à apprendre l'existence d'un tel fait dans l'établissement, elle pourrait bien se montrer tolérante... Après tout, ça n'avait jamais tué personne et il fallait bien faire quelques expériences. Enfin, ce ne serait sûrement pas la version officielle qu'elle fournirait.

Continuant son tour de table pour s'occuper, Maela attrapa négligeamment la fourchette et appuyait légèrement son index sur les "doigts" piquants. Si Celyn avait été là, elle aurait sûrement regardé son geste d'un oeil désaprobateur, mais on était pas en réunion officielle et Maela commençait sérieusement à avoir faim, il fallait bien qu'elle s'occupe pour ne pas trop y penser.
Elle remarqua à voix haute, en une moue un peu boudeuse, plus pour elle-même que pour réellement entamer une nouvelle discussion, que le repas tardait un peu à venir.
Mais elle n'eut pas le temps de s'attarder puisque Sven s'exclama et Maela releva la tête, étonnée. Elle vit Celyn passer la porte et compris mieux l'enthousiasme du directeur des Dorelly. Amusée, elle ne manqua pas cette occasion pour ramener sur le tapis (ou plutôt sur la table) un sujet inépuisable qui alimentait régulièrement les conversations au détour des couloirs...


" Ce sont toujours les mêmes femmes qui s'attirent toutes les attentions ! "

Maela avait dit cela sur un ton presque fataliste et résigné, et Sven ne manquerait certainement pas de rebondir sur la question.

[Réservé pour les trois premiers posts, le temps que l'intrigue se mette en place et qu'elle soit claire pour tout le monde, mais LIBRE après !! Donc comptez bien Very Happy ]
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Celyn Creedpeur
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▌Né(e) le: 27 Août
▌Pays d'origine: Ecosse
▌Statut: Direction

MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Jeu 28 Aoû - 17:35

Il était midi passé depuis plusieurs bonnes minutes, il était rare que Celyn Creedpeur ne se trouve pas dans la Grande Salle, à la table du personnel entourée de ses collègues, lors du repas du midi. Surtout le dimanche, vu qu'il n'y avait pas cours, il n'y avait qu'un seul service pour le repas.

Mais non, elle n'était pas là, sur sa chaise, à la gauche du directeur de Dorelly, à se tenir droitement en jetant un regard inquisiteur sur le reste de la salle. Certains étudiants devaient trouver cela pas plus mal... toutefois, à chaque absence son explication, et nous avons celle de la directrice de Cinnacrow.

La matinée avait pourtant commencé comme celle de n'importe quel dimanche, un thé, un journal, les rubriques internationales lues en premières, la rubrique littéraire en seconde. Rien de bien innovant. Un retour dans ses appartements, pour trois bonnes heures de correction de copies, et voilà qu'elle décidait de prendre la direction du bureau du professeur Mansfield, qu'elle espérait intercepter avant qu'elle ne se rende dans la Grande salle pour discuter de quelques éléments au programme des troisièmes années de Relations internationales. Rien qui ne pourrait vous passionner, en somme.

Cependant, alors qu'elle venait de fermer la porte de son bureau, elle entendit un " Pssst ! " chuchoté sur sa droite. Sceptique, elle porta son regard vers l'origine du bruit, rien. Même manège sur sa gauche, puis dans son dos, à chaque fois, rien. Patiente à ses heures, mais pas pour ce genre de choses, il n'en fallut pas plus pour que la directrice prenne la parole :


" Cela peut durer bien longtemps vous savez, et je n'ai pas que cela à faire. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le. "

Le ton catégorique eut sans doute son effet, car un elfe de maison se présenta devant elle, et pas n'importe lequel : T-Low. Une célébrité locale en quelque sorte... Rolling Eyes Toujours avec le regard fier qui le caractérisait, il fixa Celyn droit dans les yeux puis ôta d'un geste sa casquette style Usher, comme pour la saluer, cependant, il s'arrêta le bras en l'air, se ravisant, et renfouit son couvre-chef sur sa tête, une étincelle de malice dans le regard.


" En fait non. " murmura-t-il pour lui-même, sous le regard intrigué de la professeur d'Histoire de la magie.

Il était rare que les elfes viennent prendre contact avec les directeurs sans qu'on ne leur ait rien demandé. En particulier celui-ci, qui, quand il en avait la possibilité, préférait éviter Sven, Maela et elle-même autant qu'il le pouvait.


" 'Savez quoi ? On en a marre m'dame Creedpeur. "

Comme pour se donner plus de contenance, il posa les mains sur les hanches, toujours en la fixant sans ciller.

" Et vu qu'y'en a marre, y'aura pas d'repas. Ni pour l'midi, ni pour l'soir ! "

Sur cette bonne parole, il disparut, grâce à cette magie elfique ancienne bien connue, laissant une directrice perplexe, au beau milieu du couloir. C'est ce moment que choisirent les horloges éparpillées un peu partout dans l'établissement pour sonner en cœur l'heure du repas. Elle était déjà en retard. Sa discussion avec l'experte en Ethnomagie attendra, il y avait plus important.

Arrivée devant la lourde porte de la Grande Salle, elle l'ouvrit d'un geste de la main, et entra à pas rapides, faisant glisser sa longue cape noire sur le sol. T-Low n'avait pas menti. T-Low ne mentait pas aux directeurs. Les assiettes étaient vides, et les étudiants commençaient à s'impatienter. Tous la regardèrent alors qu'elle marchait sans leur jeter le moindre coup d'oeil, un air sérieux sur le visage. S'approchant de la table du Personnel, sans même s'asseoir, elle alla droit au but, renseignant dans un murmure l'ensemble des gens attablés :


" Nous avons un problème. "

Au moins, c'était clair. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la voici qui s'asseyait sur la chaise qui lui était réservée, toujours sous le regard de bien des gens dans la Salle.

" Les elfes de maison... " en ont marre ", pour reprendre les mots du dénommé T-Low. Je crains qu'il ne faille se passer de repas pour la journée... Et j'ai l'impression que ça ne s'arrêtera pas là. "

Sa phrase achevée, elle tira légèrement sur sa cape, pour en ôter un pli apparu sur son épaule gauche.
Les elfes de maison dans l'établissement n'était aucunement réellement asservi. Du moins, pas par les directeurs actuels, beaucoup étaient présents depuis bien plus longtemps, donnés par leurs anciens propriétaires à l'établissement, serviteurs de professeurs et autres membres du personnel décédés depuis. Leur nombre dépassait la centaine, et jusque-là, il n'y avait jamais eu aucun problème de ce genre... la professeur d'Histoire de la Magie en était certaine.


[En cliquant sur les noms des créatures créées, ici en noir, vous pourrez atteindre leur fiche de présentation]


Dernière édition par Celyn Creedpeur le Sam 11 Oct - 11:07, édité 1 fois
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Elfes de maison
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Jeu 28 Aoû - 19:22

Depuis l'arrivée de la directrice de Cinnacrow, les chuchotements s'étaient fortement amplifiés. Que se passait-il ? Pourquoi les plats n'étaient-ils pas apparus comme à leur habitude, au son de l'horloge ? Quelque chose d'étrange se tramait...
Les directeurs eux-même avaient l'air déstabilisés, les têtes baissées, on pouvait croire qu'ils complotaient, parlant à voix basse entre eux, sans prendre la peine d'informer les étudiants.

Cette situation de doute ne dura pas bien longtemps pourtant. Ce fut à la table des Dorelly qu'on entendit le premier bruit. Une sorte de ricanement mesquin. Un " Hinhinhin " qui retentit. Puis un autre, à l'opposé, au niveau de la table des corbeaux " Hinhinhin ! ".


- Qu'est-ce que c'est ?
- Il se passe quoi là ?


Plusieurs étudiants avaient reculé leur chaise, d'autres s'étaient levés, et observaient la table du Personnel,espérant obtenir des explications. Les directeurs eux-mêmes n'avaient pas l'air plus éclairés. Certains ne bougeaient pas, les bras croisés, quand d'autres, avec des gestes indiquaient aux étudiants qu'ils pouvaient se rasseoir. Le rire était toutefois toujours présent, et bougeait d'un côté puis de l'autre de la pièce à une vitesse déconcertante. Ces " Hinhinhin " en étaient même irritants.

Celui qui en était à l'origine finit toutefois par se mettre à découvert. Ce n'était rien d'autre qu'un elfe de maison, un bandana noir attaché sur le côté de la tête lui couvrait une partie du visage, dont son oeil droit. Il n'avait rien de bien rassurant, et, bien qu'immobile au milieu de la pièce, entre les trois tables des maisons et celle du personnel qui se trouvait à la perpendiculaire, il était secoué de tics. Les étudiants se levaient un peu partout pour voir de quoi il s'agissait. L'elfe, lui, ne se démontait pas et fit une petite révérence ironique à l'encontre du personnel.


- Scuro, pour vous servir.

Sa voix mielleuse raisonna clairement dans la pièce désormais silencieuse, et, alors que l'elfe de maison en question était le centre de toutes les attentions, une multitude de ses congénères apparurent au compte-goutte aux quatre coins de la Grande Salle. Les chuchotements recommencèrent à s'élever. Les directeurs, toujours calmes, semblaient attendre que les créatures s'expriment.
Les elfes, petits mais nombreux, se rassemblaient progressivement. Tous n'étaient pas là, mais combien se trouvaient en ce lieu, à présent ? Une trentaine sans doute, peut-être plus, il était difficile de les compter tant leur taille était réduite, et tant l'assemblage hétéroclite de leurs accoutrements en tout genre faisait un patchwork compact. Tous ne réagissaient pas de la même manière, si une poignée sortait du lot, s'avançant fièrement, l'air énervé ou fier, derrière, beaucoup se pressaient les uns contre les autres, tremblants de peur. A la suite de Scuro, ce fut à T-Low de prendre la parole :


- On ne se laiss'ra pas faire ! Vous vous croyez les rois !

S'il gardait toujours un certain respect vis-à-vis des directeurs de l'établissement, pour le coup, l'effet de groupe lui donnait des ailes. Il ne poursuivit cependant pas plus longtemps en direction de la table du personnel, et se retourna vers les étudiants, les interpelant tous à la fois :

- Oui, vous ! On est pas vos toutous ! On passe derrière vous mais faut pas y prendre goût ! On est pas des hiboux, 'pas envie d'être dressés, vous nous devez un peu d'respect ! Siouplait !

Des rimes à rester dans les annales, rien qu'ça. Certains étudiants, amusés par la forme plus que par le font, ne purent s'empêcher de sourire. Il n'en fallut pas plus à Scuro pour reprendre la parole.

- Riez tant que vous le pouvez ! Nous savons de quoi vous êtes capables ! Vous ne vivez que pour asservir les autres races ! Vous ne connaissez rien à notre magie. Certains d'entre nous sont libres, d'autres vont le devenir, que vous le vouliez ou non ! Nous ne sommes pas vos esclaves. Combien d'entre vous font le moindre effort ? Nous ne faisons que vous servir. Et qu'avons-nous en contrepartie ? Pas le moindre merci. Nous ne faisons pas partis du décor, nous ne sommes ni des tableaux ni d'autres objets sans conscience.

On avait l'impression que toute la rancœur qu'il avait accumulée était déversée dans ses paroles. Pour conclure sa tirade, il cracha d'un geste méprisant sur le sol, fixant d'un regard sombre une étudiante de Plumentine assise non loin. Derrière lui, une elfe qui inspirait la bonhommie incarnée eut le réflexe de vouloir nettoyer le crachat, mais d'un geste, Scuro l'en empêcha. Un autre elfe de maison sortit de l'attroupement. Il paraissait plus âgé que les autres. Sa voix s'éleva, elle était douce, et contrastait fortement avec l'elfe avant lui, bien plus acide et remonté.


- Tututu, calmons-nous. Ce que veut dire mon jeune ami, c'est que nous, elfes de maison, serviteurs depuis longtemps dévoués à cet établissement – et messieurs-dames Rowan, Creedpeur et O'Well n'auront rien à redire concernant notre travail, je l'espère – avons envie de faire passer un message, principalement à vous, chers étudiants.

Il parlait en ponctuant ses phrases de sourires bienveillants de celui qui sait de quoi il parle, et sait ce qu'il compte dire. Il s'était maintenant tourné vers les étudiants :

- La notion dont je vais vous parler va sans doute vous paraître toute bête, c'est celle du respect. C'est-à-dire, un témoignage de considération à l'égard de la dignité de quelqu'un d'autre. Je ne sais absolument pas quelles sont vos origines sociales, et je me suppose que si pour les uns, mon discours sera facile à entendre, pour les autres, ce ne sera pas le cas. Mais cela ne m'arrêtera pas, ni moi, ni mes camarades. Combien d'entre-vous connaissent nos noms ? Combien d'entre vous savent, par exemple, que je me prénomme Prof' et que je suis chargé de l'entretien de la bibliothèque et des archives ? Bien peu, je le crains.

Tout en parlant, il s'était dirigé vers la table des Dorelly, auprès d'un étudiant qui avait sur lui son uniforme de l'équipe de Quidditch de sa maison et dont les pieds étaient plein de boue.

- Vous, jeune homme. Il ne vous est pas venu à l'idée de nettoyer ces chaussures avant de pénétrer dans ce bâtiment ?


S'avançant vers un second élève de la table voisine, il poursuivit :

- Et vous, c'est bien joli de laisser trainer ses bav'boules, mais qui nettoie les traces ? Nous faisons partis de votre quotidien, ne nous ignorez pas. Notre charge de travail est conséquente, nous faisons beaucoup pour cette université. Travailleurs de l'ombre mais pas seulement. Je n'ai pas l'impression que vous réalisiez... si vous aviez à entretenir cet établissement et à en nourrir le nombre considérable de ses habitants, vous comprendriez mieux, je suppose.


Il marqua une pause, et croisa les bras sur son petit ventre, non sans hausser la voix :

- C'est pourquoi... C'EST POURQUOI... Nous avons décidé de stopper à partir d'aujourd'hui, toutes nos activités, qu'il s'agisse de l'entretien, de la cuisine ou des services ponctuels.

La fin de sa phrase fut couverte par des cris de joie de la part des autres elfes de maison, et des exclamations horrifiées de part les étudiants. S'attendant à des représailles, mais ne démordant pas de cette décision prise difficilement mais à la majorité par la communauté des elfes de maison de S.W.Y.N, les elfes s'étaient de nouveau regroupés et attendaient les réactions de la direction.



[Si vous le souhaitez, vous pouvez rédiger les fiches de présentation des elfes de maison et autres créatures qui seront évoqués par les comptes PNJ, tout en respectant, bien entendu, ce qui en est dit]
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Jeu 28 Aoû - 21:39

Bon vivant, Sven O'Well était toujours l'un des premiers membres de la Direction à paraître à table à l'heure précise où l'horloge de la Grande Salle sonnait, annonçant l'arrivée des plats. Toutefois, lorsque ce midi-là, aucune trace de nourriture ne survint, Sven ne posa aucune question. Affichant un sourire en coin amusé, il écoutait les remarques impatientes de sa collègue en hochant parfois la tête non sans un soupçon d'ironie à son égard. Maela Rowan, pour ainsi dire, n'était pas une femme docile à qui l'on demandait d'attendre sans donner d'explication. La patience, elle l'avait certainement enfouie au fond d'elle, mais d'aussi loin que Sven O'Well la connaissait, il la savait bien au contraire efficace et peu prompte à perdre son temps. Aussi il souriait passivement, n'émettant aucune inquiétude concernant le retard du déjeuner. Peut-être pensait-il qu'en cuisines, les elfes de maison leur préparaient un repas spécial ou bien qu'un étudiant trop affamé était venu leur demander un petit avant-goût avant le repas qui les aurait retenus...
Décidemment, Sven O'Well n'était pas homme à s'inquiéter ni à imaginer de multiples scénarios catastrophes. Au contraire, il était doté d'un optimiste hors du commun, et s'il avait souvent été remarqué pour son calme face aux plus grosses crises dans le monde magique, Sven avait également su persuader ses collègues d'antan de sa foi en l'avenir.
Malheureusement, avec Maela, l'optimisme ne semblait fonctionner que lorsque l'heure n'était qu'au jeu et manifestement, chez les Rowan le repas était chose sacrée. Pourquoi s'étonner ? Miss Rowan était une femme de goût et de délice, il paraissait donc commun qu'elle donne autant importance au contenu de son verre et de son assiette.

Quelques minutes passèrent durant lesquelles plusieurs membres du personnel de S.W.Y.N vinrent s'asseoir près de Sven et Maela, étonnés qu'aucun plat ne soit encore apparu sur la table. En excellent hôte, Sven s'assura de saluer chaleureusement chaque professeur en leur laissant croire que les elfes préparaient une surprise pour le repas d'un ton mystérieux. Il n'en savait rien, absolument rien, mais Sven avait toujours aimé la comédie et il était si charmant de voir le visage de ses collègues s'illuminer à l'idée d'un repas de fête ou plutôt se terrer en percevant une mauvaise farce de la part des cuisines.

Finalement, personne n'aurait pu dire que Sven s'était complètement trompé sur son idée de "surprise". Ce fut le pas pressé, mais qui n'entrava en rien son élégance, que Celyn Creedpeur traversa la Grande Salle en quelques mouvements de cape pour s'adresser directement à ses collègues directeurs sans prendre la peine de s'asseoir. Seule à ne pas s'étonner de la table irrémédiablement vide, la jeune femme ne perdit pas sa salive en salutations ni en explications superflues ; il y avait un problème.

A ces mots, Sven s'était intuitivement levé, dominant la table du personnel ainsi que la Grande Salle devant lui de toute sa hauteur combinée avec celle de son chapeau haut-de-forme. Ni la panique ni la colère vint colorer son visage à ce moment-là. Ses prunelles bleues étaient fixées en face de lui et paraissaient l'espace d'un instant parcourir les trois tables d'étudiants qui peuplaient la Grande Salle. Un air de profonde inquiétude apparut dans les yeux de l'homme, un regard qui suffirait aux étudiants qui le croiseraient pour penser qu'il s'agissait-là d'une situation plus que sérieuse.
Pendant quelques secondes, Sven sembla réfléchir, le regard lointain, sans prononcer le moindre mot alors que plusieurs étudiants chuchotaient dans leur coin en ayant aperçu Celyn qui s'empressait de rejoindre ses collègues afin de leur communiquer une nouvelle importante.
Enfin, Sven consentit à soupirer, puis à baisser les yeux vers Celyn et Maela avec l'amorce d'un sourire inquiet mêlé à une incompréhensible excitation.


" S'ils veulent parler, qu'ils se montrent..."

Chuchota l'homme calmement à ses consoeurs pour éviter que la rumeur ne s'ébruite au travers de toute la Grande Salle.

Préalablement préparés ou bien répondant à l'appel des directeurs, une horde d'elfes de maison vêtus de draps blancs sales ou de toques de cuisinier apparut petit à petit devant les regards ébahis de tous les professeurs et étudiants présents dans la Grande Salle. Les elfes n'étaient pourtant pas inconnus, et il était même rare de passer une journée sans en rencontrer deux ou trois sur son passage, mais prônant la discrétion et le respect de la vie privée des habitants de S.W.Y.N, ils ne s'étaient encore jamais montrés au grand complet devant eux.
Le spectacle était à la fois fascinant et effrayant, comme si une centaine de petits êtres fragiles pouvait désormais impressionner les véritables sorciers, les symboles de force dans le monde magique. Bien sûr, la puissance d'un elfe de maison n'avait jamais été ignorée, mais étant pour la plupart en groupe et au service de quelqu'un ou libres d'aller où bon leur semblerait, peu de gens de pouvoir ne daignaient accorder un immense mérite, ou une alerte prudente, à ces petites créatures. Jusqu'ici, pourtant les elfes de maison de S.W.Y.N ne s'étaient jamais plaints, pouvant à loisir exprimer leur personnalité bien distincte et étant logés et nourris en échange de leurs bons et loyaux services. Depuis quelques années, grâce à la création d'une association nommée S.A.L.E, les elfes étaient libres de démissionner ou de demander un salaire, mais un grand nombre d'entre eux restaient "vieux-jeu" et remplissaient leurs fonctions avec plaisir et dévouement.

Tout au long de leur discours, les trois directeurs n'osèrent aucune interruption. Tous trois savaient qu'il était de leur devoir d'écouter les membres du personnel, et que les elfes de maison devaient être qualifiés comme tels, même s'ils ne percevaient aucun salaire. Cependant, la fougue avec laquelle ils s'exprimaient et leurs réclamations étaient inquiétantes, d'autant que si les elfes de maison eux-mêmes en étaient venues là, c'était qu'ils avaient eu matière à le faire. Bien sûr, on ne remarquait que très aisément les fortes personnalités parmi eux et les autres plus nuancés, mais la direction, à ce jour, ne pouvait plus nier qu'il y avait là un réel problème.

Une fois le discours donné et les réclamations faites, Sven, toujours debout face aux trois tables et à la centaine d'elfes qui s'étalait devant lui, porta un regard bleu électrique en direction de l'elfe nommé Scuro qui s'était exprimé en premier. Compréhensif, respectueux, Sven O'Well n'en attendait pas moins des elfes de maison vis-à-vis de ses étudiants, aussi grévistes soient-ils.
Pointant l'elfe qui venait de cracher vers une étudiante de sa baguette, l'homme prit la parole d'une voix grave et portante qui fit trembler plusieurs elfes, même si Scuro sembla ne pas se démonter.


" Vous êtes tout à fait en droit de nous faire part de vos réclamations, et nous les écoutons, puis les prendrons en compte...
Mais jamais, ô grand jamais, vous n'oseriez répéter une fois de plus ce geste de mépris envers une étudiante... Evanesco ! "


Les prunelles bleues seules de Sven suffisaient à lancer assez d'éclairs pour laisser comprendre à Scuro qu'il n'était pas d'humeur à se soumettre non plus. Même si, peut-être, il était en tort vis-à-vis de la condition des elfes de maison de S.W.Y.N, il n'accepterait de les écouter que s'ils savaient se comporter en personnes civilisées, et non en créatures bourrées de mépris et de frustrations.

Rapidement, Sven fit disparaître la marque de mépris de Scuro sur le sol qui avait semblé perturber un bon nombre d'elfes prêts à nettoyer.

Il avait tout entendu, écouté, compris. Les étudiants et le personnel négligeaient la présence des elfes et leur travail et pour cela, Sven comptait tout de même s'excuser.

Dignement, presque souverainement, le directeur s'exprima à son tour d'une voix grave et sérieuse pour émettre ses excuses :


" Au nom de qui voudra, j'estime vous devoir des excuses quant au peu d'attention qui vous a été donné ces dernières années. Vous faites partie de l'université et sans vous, elle s'éteindrait, je ne peux que le constater. Cependant, je pense être en droit de vous demander d'être, à l'avenir, plus prévoyants et de venir nous faire part à Miss Creedpeur, Miss Rowan et moi-même de vos besoins et demandes en tous genres. Ceci est une université, et en tant que telle celle-ci se doit de maintenir un certain ordre et d'éviter les petites surprises telle que celle-ci...
Soyez sûrs que vos réclamations ont été entendues par tout le personnel et les étudiants, et que nous saurons faire preuve d'assez d'humilité pour vous prouver notre bonne foi "


Même si Sven O'Well paraissait le plus enclin jusqu'ici à se plier aux exigences des elfes, il n'en restait pas moins une pointe d'amertume dans sa voix, mêlée à un soupçon de méfiance qui laissait penser qu'il garderait les elfes de maison à l'oeil le temps du "congé" qu'il était prêt à leur octroyer, avec l'accord des autres directrices.

Songeant que ses excuses suffisaient à un tel envahissement, Sven se rassit élégamment sur son fauteuil en jetant un sourire candide à Maela près de lui.
Sans attendre la réponse des elfes de maison, le directeur sourit malicieusement en dévisageant chaque étudiant assis aux trois tables devant lui. Une main gantée sous le menton dont quelques doigts cachaient une partie de ses lèvres, Sven sembla songer à un compromis où ils pourraient tous s'entendre, à condition que ce soit lui qui perde le moins dans la bataille.


" Bien. Ceci étant dit, que proposez-vous ? J'avoue avoir un faible pour les Cuisines, si toutefois vous êtes prêts à me fournir un tablier..."

Le ton de l'homme était amusé, un peu ironique, mais son regard fixe ne semblait pas dire qu'il plaisantait. Toutefois, avant même de songer à remplacer les elfes durant une période, Sven devrait demander l'avis de ses collègues à savoir ce qu'ils auraient à perdre dans ce compromis.
A savoir maintenant si Sven O'Well cherchait une manière de se racheter, ou s'il souhaitait réellement quitter son triste bureau pour se mettre aux fourneaux...
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Alekseï Ivanov
Direction
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▌Né(e) le: 7 janvier 1974
▌Pays d'origine: Russie
▌Statut: Direction

MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Sam 30 Aoû - 0:44

Comme pour la plupart des personnes présentes dans la Grande Salle, il s'agissait pour le professeur Ivanov d'un dimanche comme les autres. Une matinée occupé à lire Les Théories de la Télékinésie Approfondie, une tasse de thé à la menthe posée sur une table basse, quelques secondes à survoler les dernières nouvelles et voilà que l'expert en sorts sortait de ses appartements, en direction de la Grande Salle, en faisant comme à son habitude un grand détour, histoire d'admirer les merveilles du château, aussi bien magiques qu'esthétiques. A priori rien de bien changé dans les couloirs paisibles de Swyn à cette heure de la journée. La brume flottait encore au-dessus des plaines au loin, les tableaux le saluaient à son passage... Rien n'aurait pu attirer l'oeil attentif du professeur Ivanov, si ce n'est qu'à son arrivée dans le hall, deux elfes se chuchotaient à l'oreille, comme pour se dire quelque chose que le sous-directeur ne devait pas savoir. En sachant quelques elfes de SWYN libres, Alekseï ne porta pas plus d'attention qu'il ne fallait à cette anecdote et emprunta la porte déjà ouverte d'une Grande Salle déjà remplie d'élèves.

S'avançant comme tout membre du personnel vers la salle du fond, Alekseï ne put s'empêcher de remarquer les plats vides malgré ses trois minutes de retard sur le début du repas. Dépasser l'heure indiquée n'était pas dans l'habitude des elfes du château, mais après tout, il n'y avait encore rien de grave à cela... Mais deuxième surprise, l'absence de sa collègue Miss Creedpeur. Elle qui avait pour habitude d'être ponctuelle en toute circonstance, elle ne pouvait qu'avoir été retenue par un élément de haute importance. Le professeur atteignit enfin son siège gravé des lettres D.C.F.M aux côtés de ceux dédiés aux directeurs, dont seuls ceux de Maela Rowan et de Sven O'Well était occupés. A peine le temps de saluer ses deux collègues que Sven s'exclama en regardant entrer d'un pas rapide une miss Creedpeur qui ne paraissait pas des plus détendues. Ainsi, il ne fut qu'à moitié étonné lorsqu'elle leur annonça qu'ils avaient un « problème ». Cependant, il en fut tout autrement lorsqu'elle leur exposa la nature de celui-ci. Les elfes avaient donc réellement leur mot à dire ici?

« Vous voulez dire qu'ils souhaitent arrêter leur service? N'est-ce pas impossible? N'existe-t-il pas une loi les soumettant aux ordres de la direction de SWYN? »

Alekseï en savait un rayon, ou en tout cas tout ce qu'en connaissaient les sorciers, sur la magie des elfes, sans doute presque aussi mystérieuse que celles de gobelins, mais en aucun cas il n'avait étudié la législation en rapport avec ces créatures. D'après lui, toutes ces créatures entretenait le château par soumission aux ordres des directeurs, mais peut-être en était-il autrement? Mais quoiqu'il en soit, personne n'eut le temps de lui apporter une réponse car bientôt, Sven murmura quelque chose et une horde d'elfes apparut petit à petit dans la grande pièce. Au final, plus d'une centaine de créature était éparpillée un peu partout, ce qui était, il fallait l'avouer, assez impressionnant. Deux particulièrement prirent la parole, revendiquant des droits avec autant d'audace que des fonctionnaires du ministère en grève. Incrédule, le professeur Ivanov ne put s'empêcher d'afficher un sourire au fur et à mesure que les elfes réclamaient leurs droits. Pour lui, c'était aussi logique que de permettre aux trolls d'assassiner les hommes, simplement parce qu'il s'agissait là d'une sorte de besoin naturel. Les elfes étaient faits pour obéir et entretenir, et aussi loin qu'il s'en souvenait, ils aimaient le faire.

Lorsque le professeur O'Well entama son discours, Alekseï afficha donc une mine tout d'abord étonnée, puis sévère, fronçant plus les sourcils à chaque son qui sortait de sa bouche. Qu'est-ce que cela signifiait? S'excuser devant de telles créatures qui osaient réclamer des droits qui étaient, surtout pour elles, contre-nature? Et qui plus est affichait une image rebelle en faisant preuve d'une insolence hors du commun en crachant vers une élève? Non, c'en était trop. Il ne pouvait croire ce qu'il entendait là. Il savait son collègue Sven excentrique, mais sur ce sujet, sa décision rendait le sous-directeur quelque peu sceptique.


« Vous venez d'ouvrir une porte qu'il sera difficile de refermer, Sven, si je puis me permettre... »

Cependant, lui-même ne pouvait décider de rien à ce niveau-là. Mr O'Well restait son supérieur hiérarchique et les choix de ce dernier primait sur les siens, à part bien sûr si Miss Creedpeur et Miss Rowan étaient aussi opposées que lui au choix du directeur. Les derniers mots de Sven signifiait clairement qu'il se soumettait totalement à cet incident sans essayer de rétablir une situation normale dans l'immédiat. Ainsi, il se proposait, si Alekseï avait bien entendu cette aberrance, à s'occuper des cuisines. Avant de proposer son aide dans quoique ce soit, le professeur de Sorts préférait attendre l'avis des directrices. Il paraissait si surprenant d'adhérer à ce genre d'idées farfelues.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Sam 13 Sep - 17:23

La journée avait plutôt bien commencé pour Dakota. Elle avait eut l'agréable surprise de trouver un hibou bien familier qui l'attendait patiemment, un colis aux pattes. Elle lui avait donné, reconnaissante, une petite friandise pour oiseau avant de laisser partir le hibou de son aîné. C'était avec délectation et empressement qu'elle avait ouvert le carton, découvrant alors sa cargaison précieuse. Du moins pour Dakota. Une vingtaine de boîtes de Pocky à la fraise, pêché mignon de la petite sorcière, avait été envoyé directement du Japon par son cher grand frère. C'était la saison de Quidditch, et il était à Tokyo pour un match contre l'équipe japonaise, les Kuro Tori.

Dakota s'était ensuite préparée pour sa journée de cours, n'oubliant pas d'emmener avec elle une des boîtes de friandises nippones ainsi qu'un autre paquet de bonbons, au cas où elle avait un petit creux. La demoiselle s'était ensuite rendue en cours, de très bonne humeur, pensez-vous.
Le cours d'Histoire de la Magie était aussi ennuyeux qu'à l'habitude, Dakota s'était donc encore endormit dans l'amphithéâtre, rattrapant ses heures de sommeil perdues à lire des mangas. Par chance, le matin ce jour là, elle n'avait que ce cours, et en avait donc profiter pour piquer un roupillon dans la salle commune, pour finalement être réveillée par les gazouillis de son estomac affamé. Malgré sa petite taille, Dakota avait un énorme appétit et jugea donc bon de se rendre dans la Grande Salle.


*J'me demande y'a quoi au menu ce midi...*

Pensa-t-elle, bavant d'avance rien qu'à l'idée qu'elle allait bientôt se remplir la panse. Dakota pressa le pas, ne voulant pas être en retard pour le déjeuner. D’ailleurs, elle n’était plus la seule. Un flot d’élèves se dirigeait vers la Grande Salle, sûrement tout aussi impatients que la petite sorcière de manger quelque chose. Dakota partit en direction de la table des Dorelly, en compagnie de ses camarades. Pour patienter, puisqu’elle était arrivée en peu avance, elle sortit un manga, et se plongea rapidement dans l’intrigue. Même s’il n’y avait pas vraiment d’intrigue, si vous voyez ce que je veux dire…

Les minutes passèrent. Dakota leva le nez du manga et vérifia l’heure sur sa montre. C’était l’heure à laquelle le repas apparaissait habituellement. La sorcière haussa les épaules, supposant que les elfes avaient du avoir un petit contretemps. Elle se replongea dans ce chef d’œuvre de la littérature yaoi, son regard devenant de plus en plus lubrique au fur et à mesure des images (XD), si bien qu’elle ne fit même plus attention à ce qu’il se passait autour d’elle. Dakota ne vit donc pas l’entrée en trombe de Celyn Creedpeur, ni l’arrivée en masse des elfes. Et pourtant, c’est qu’ils en faisaient du bruit ces petits trucs !


Cependant, un de ses camarades jugea bon de la ramener parmi nous, lui donnant un petit coup de coude. Dakota fixait toujours les pages de son manga, les joues légèrement rouges, un sourire stupide affiché sur les lèvres. Un second coup de coude.

-Dakota..., murmura l’élève, tentant en vain d’attirer son attention. Il lui donna un troisième coup, plus violent cette fois-ci.

-Dakota sérieux décroche toi de ton bouquin, il se passe quelque chose de grave !

La sorcière daigna finalement lever les yeux, une expression étonnée sur son visage. Elle s’aperçut enfin de la présence des elfes dans la salle, ainsi que de la tension qui y régnait.

« Il se passe quoi ? », fit-elle, un peu perdue. Pourquoi les elfes étaient là ? C’était pour annoncer un menu spécial ? Elle espérait que c’était ça, parce qu’elle commençait vraiment à avoir faim. Finalement, son camarade lui répondit, exaspéré par l’attitude de Dakota :

-Les elfes sont en grève. Pas de repas ce midi, ni ce soir. Ni demain et les jours qui suivront, je le crains.

A ces abominables paroles, Dakota ouvrit les yeux ronds, n’en croyant pas ses mirettes.

« Mais j’ai faim moi ! » ,s’écria-t-elle sans gêne aucune. Beaucoup se tournèrent vers la petite sorcière, amusés par sa réaction. Dakota était devenue un peu populaire dans l’université à cause de sa personnalité insolite, alors peu furent choqués par ses protestations. La sorcière fit la moue, sa bonne humeur oubliée. Mais repensant à la cause de sa feu bonne humeur, elle sortit avec enthousiasme sa boîte de Pocky et commença à l’entamer, oubliant qu’elle n’aurait pas de repas complet aujourd’hui. Après tout, il n’y avait rien de mieux que le sucre pour nourrir cette petite.

Elle croqua avec délectation la friandise japonaise, semblant satisfaite pour le moment. De toute façon elle n’avait pas son mot à dire sur la question des elfes, se fichant, à vrai dire, des elfes de maisons. Chez elle, il n’y en avait pas, parce que ses parents trouvaient injuste de réduire en esclavage des êtres doués d’intelligence. Alors qu’ils se mettent en grève ou pas n’avait pas beaucoup d’importance pour Dakota. Et puis pour se nourrir, elle avait tout une cargaison de bonbons, gâteaux et autres mets délectables qui l’attendait dans une caisse bien protégée, cachée sous son lit.

Cependant le petit discours de Sven O’Well, directeur de sa maison, piqua son intérêt. Lui ? Au fourneau ? Quelle excellente idée ! Dakota était fière d’avoir un directeur comme lui. Et apparemment, elle n’était pas la seule à le penser puisqu’une de ses camarades, Grace, déclara qu’elle aiderait également aux cuisines. La petite sorcière hocha la tête sur le côté, réfléchissant à ce qu’elle pourrait bien faire. Aider ses camarades ou bien les laisser crever de faim ? Bien que la seconde idée lui semblait très amusante, surtout si elle-même avait l’estomac pleins, elle eut pitié de ses camarades, décidant que finalement, ce n’était pas très gentil de laisser leur estomac vide. Dakota se leva donc à son tour, un petit sourire mutin accroché à ses lèvres.

« Je veux bien partager mes provisions, mais j’crois bien qu’il n’y en aura pas assez pour tout le monde ! »

Déclara-t-elle, fière de sa grande générosité. Après tout, après son balai, son trésor le plus précieux était ses sucreries. Elle trouvait cela très charitable de les sacrifier pour ses camarades. A la table des Dorelly, quelques étudiants lui lancèrent des regards indulgents, amusés une fois de plus par la petite sorcière.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Sam 13 Sep - 19:07

Anne-Lise sortit du dortoir. Il était temps d'aller déjeuner.
Malgré l'appétit de moineau qui lui était ordinaire, elle allait chaque midi et soir à La Grande Salle.
Le matin, elle y passait plus de temps. Histoire de savourer l'unique thé qu'elle pouvait prendre.
Etant d'orgine turque, et ignorant l'existence de la sorcellerie jusqu'à ses onze ans, elle avait eu pour coutume de boire ce breuvage moldu à presque toute heure de la journée.
Au Japon, elle avait eu l'occasion de découvrir des saveurs nouvelles et de retour en Russie, avait regretté fortement la médiocre qualité qu'étaient, selon elle, l'imitation de ces thés japonais. D'ailleurs, elle voyait plus de chocolats chauds et de cafés sur les tables des bars que de thés.
Mais on était en Russie, pas au Japon, ni en Turquie ou encore en Angleterre, elle n'allait pas non plus demander le Soleil permanent -cette idée ne lui aurait pas traversé l'esprit, remarquez, car elle adorait la neige et le vent.
En passant devant Pierrot, elle lui jeta un regard acide. Cet idiot de gardien l'avait embêtée pendant une demi-heure tout à l'heure.
N'étant pas friande de blagues, il l'avait fortement agacée. À tel point qu'elle avait fini par sortir sa baguette magique pour lui lancer un sort de mutisme.
Cependant, le Gardien des Plumentines était une statue et les sorts de silence n'avaient pas l'air de fonctionner grandement sur ces dernières.
Un élève de sa maison, visiblement plus adepte des blagues, était venu à son secours. Au bout de trois blagues, il leur avait laissé le passage.
La jeune fille ne comprenait pas pourquoi les directeurs ne l'avaient pas délogé de son mur.
D'ailleurs, il faudrait qu'elle pense à emprunter un livre sur les histoires drôles à la bibliothèque ou qu'elle demande conseil à quelqu'un possédant un grand sens de l'humour.
Elle descendit les escaliers, sortit de la Tour et poussa la porte de la Grande Salle.


Elle alla s'asseoir à la table de sa maison. Malheureusement pour elle, les chaises encadrant la table à droite et à gauche étaient prises, aussi dut-elle se placer entre deux étudiants.
Quelques secondes après, la directrice des Cinnacrow entrait à son tour. Elle avait une démarche ferme et rapide. Quelques minutes passèrent encore et les elfes de maisons firent leur apparition dans la salle.
Les doigts de la main n'auraient pas suffit à les compter.
L'un d'eux s'avança.
Anne-Lise ne s'était retournée que lorsqu'ils étaient apprus, et avait continué de fixer le mur devant elle par la suite.
Quand il y avait émeute, elle faisait partie des rares personnes à ne pas avoir assez de curiosité pour savoir le pourquoi du comment.
Tapez-la, elle ne fera rien. Faîtes-la tomber, elle se relevra comme s'il n'y avait rien eu.
Dans la catégorie froide et impassible, elle était plutôt douée.
Cependant, l'annonce de la grève ne put échapper à son ouïe.
L'annonce était importante, elle décida de se retourner, afin d'entendre plus clairement ce qui était dit.
Une lueur amusée ne puit éviter de passer dans les yeux de la Plumentine lorsque Sven déclara qu'il avait un faible pour les cuisines.
Et bien, s'ils devaient s'y mettre, elle prendrait la bibliothèque !
Ce qui n'était pas pour lui déplaire, au fond : dès qu'elle apercevait un livre mal rangé, elle allait le remettre correctement.
Après, la poussière du sol, c'était autre chose.

Une étudiante de la maison Dorelly se leva pour approuver la parole de son directeur.
Elle entendit une autre Dorelly s'exclamer qu'elle avait faim.
Il semblait qu'elle se prénommait Dakota et se nommait Rainboweb, d'après certaines conversations sur une étudiante en année supérieure chez les Dorelly plutôt extravertie et adepte de sucreries et de bavardages.
Anne-Lise n'était certes pas friande des rumeurs, potins et autres choses de ce genre, mais on n'échappait à cela et un jour ou l'autre, ils gagnaient nos oreilles.
Elle ne put réprimer un sourire coin. Qui s'effaça aussitôt.
La jeune fille pensa à Kylock, étudiant de Cinnacrow qui s'occupait de la propreté de la Tour des Cinnacrows et qui l'avait aidée quelques jours après son arrivée.
Elle le chercha des yeux à la table de ceux qui portaient l'emblème de l'oiseau de grâce, et crut l'apercevoir, sans grande conviction. Il y avait beaucoup trop de personnes présentes pour qu'elle puisse l'affirmer.
La jeune turque se demandait comment il allait réagir à cela.
Elle revint vers les elfes de maison.
Pourquoi, tout d'un coup, avaient-ils décidé de faire grève ? Enfin, la question exacte était : était-ce prémédité ou la décision s'était-elle prise à l'instant même, peu avant dans les cuisines ?
Combien de temps allait durer la grève des créatures ?
Aylin se fichait un peu de cette grève. Elle ne mangeait pas vraiment et si elle avait vraiment faim et bien, elle irait dépenser son argent dans un restaurant improvisé s'il s'avérait qu'au final, les cuisiniers déclaraient forfait, pour elle ne savait quelle raison.
Quant à la propreté du dortoir, elle s'occupait elle-même de l'entretien de son lit, interdisant aux elfes d'y toucher -à cause de ses poupées- il ne restait donc que le sol et les murs mais la magie les aiderait pour cela.
Pour tout le reste, il y avait encore l'aide des sorts et éventuellement de potions.
Après, bien sûr, le problème majeur était les cuisines. Mais il lui semblait qu'il y avait de fins cuisiniers parmi les membres de sa maison ou, du moins, de dégustateurs aux exigences hautes et qui dit grands dégustateurs, dit cuisiniers, non ?
Pour sa part, elle n'était pas grande cuisinière mais savait se débrouiller cependant, elle n'était pas sûre que les mêts turcs plaisent à tous.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Sam 11 Oct - 14:28

Leur venue dans la Grande Salle ne passerait nullement inaperçue. Ils avaient longuement décidé de ce qu'ils feraient une fois en face des étudiants et des membres du Personne, et comme toujours, Prof' était le plus approprié pour prendre la parole, et se faire la voix de la sagesse. Leur petite révolte aurait une grande ampleur, même si à l'heure actuelle, beaucoup des présents en ce vaste lieu ne le remarquaient pas encore. Les elfes avaient les yeux brillants depuis que Prof' avait clairement expliqué les choses sans se laisser démonté. Pour une fois, peut-être allaient-ils réussir à faire comprendre combien leur condition, déjà peu évidente pour de plus en plus d'elfes était arrassante et demandait un minimum d'attention et de respect. Leur courage était toutefois aussi fragile qu'une pierre poreuse, et si leur effervescence dura un temps, ils regroupèrent bien vite, attendant que les directeurs prennent la parole.

Ce fut Sven O'Well qui fut le premier à s'exprimer. Les elfes avaient un grand respect pour cet homme, et ne pouvaient nier que dans leur ensemble, les membres de la Direction n'avaient jamais été insultants à leur égard. Toutefois, les elfes de maison ne pouvaient faire aucune concession. Leur idée avait été maintes fois réfléchie. Leur message devait toucher tous les habitants de S.W.Y.N, ils ne devaient pas se laisser écraser. Ils devaient être inébranlables, même si la simple parole du directeur de Dorelly les faisait trembler. Il n'avait rien de méchant ou dur. Il était simplement un homme responsable de l'université que ce genre d'évènement déplaisait. Cela était compréhensible. Prof' l'acceptait très bien, et sentait que le congés elfique passerait au travers de la gorge de bien des professeurs.

Quand le directeur s'adressa à Scuro, celui-ci leva les yeux en sa direction, puis détourna brusquement la tête, comme refusant de croiser de nouveau le regard ô combien expressif de Sven O'Well. Les autres elfes autour de lui lui faisait également comprendre que les reproches n'étaient pas formulés envers cet homme, et qu'il ne servait à rien de se mettre une direction des plus justes sur le dos. Là n'était pas leur but. Scuro se tue donc, et opta pour toiser d'un air sombre les étudiants les plus proches. Il n'était nullement du genre à réprimer sa façon de concevoir les choses.

La voix du directeur retentit dans la Grande Salle sous un silence pesant, chaque elfe buvait ses paroles comme pour s'en empreignait, il n'en restait pas moins que tous n'étaient pas d'accord. Sven O'Well s'excusait. Voilà qui était symboliquement fort, tout le monde n'en avait certainement pas conscience. Prof' s'avança de nouveau, et prit la parole :


- En effet, à l'avenir nous essaierons d'user de prévoyance, bien que j'espère que ceci n'aura pas à se reproduire. Comprenez tout de même, professeur O'Well, que certaines situations nous poussent à cette extrémité. C'est là la seule certitude que nous ayons d'être entendus de tous. Une façon comme une autre de vous rappelez que nous ne sommes pas invisibles, et que votre appel du ventre attendra notre appel au respect.

Il hocha la tête à la conclusion du directeur de Dorelly et poursuivit.

- Vous entendez, oui. Mais combien modifieront leurs habitudes ? Nous ne sommes pas dupes, nous savons que notre servitude est une longue tradition chez les sorciers, et que des initiatives telles que la S.A.L.E sont peu nombreuses et très contestées. Si votre monde n'est toujours pas près à envisager une réelle liberté des elfes de maison, qu'en est-il de cette université et de ses étudiants ? Vous pouvez parler en votre nom, Monsieur O'Well, mais nullement en celui de la foule d'étudiants qui se trouve ici. C'est pourquoi, plus que des paroles, nous souhaitons... des actes.

L'une des grandes manies de Prof', était de s'avancer parfois trop. Il savait que son discours ferait fulminer intérieurement les sang-purs et autres sorciers traditionalistes présents dans cette salle. Il y en avait. Il avait déjà eu l'occasion d'essuyer certaines de leurs remarques ou autres. Les elfes savaient parfaitement que les résidents de l'université ne sauraient absolument pas réjouis de cette 'surprise', pour reprendre les mots du directeur. Ils ne leur laissaient pas le choix. D'une certaine manière, leur survie était en jeu, car les elfes, eux, n'avaient nullement besoin de se nourrir, et faisait cela car ils avaient été éduqués ainsi, pour servir au mieux leurs maitres. Là, les étudiants devraient mettre la main à la pâte s'ils voulaient manger. C'était en cela que les elfes étaient stratégiquement certains d'être entendus.

- C'est très simple. L'entretien des locaux et la cuisine seront de votre fait. Pendant un laps de temps, vous ne nous verrez plus. Nous n'avons que deux conditions : la première est que personne ne se rende dans les cuisines une fois la nuit tombée, ce lieu reste toujours notre quartier général, vous en conviendrez. Dès l'aube, elles vous seront de nouveau accessibles. Quant à la seconde condition... nous aimerions que vous fassiez ceci sans vous aider de votre magie. Je suppose que cette concession vous sera difficile, sachez que si vous refusez, notre congés se prolongera aussi longtemps qu'il vous faudra pour vous y plier. À vous de vous répartir les tâches tels que vous l'entendez. J'ose espérer que cela vous fera prendre conscience de l'ampleur de notre travail. Si vous avez besoin de tabliers ou autres ustensiles vous trouverez tout ce qu'il vous faut dans les cuisines et les divers placards à balais de l'établissement.


L'elfe avait déclaré tout ceci d'un ton ferme. Jouant le jeu du directeur, il claqua des doigts, et long tablier blanc apparut sur les genoux de l'homme alors qu'il s'asseyait à la table du personnel.

- Je suis certain que cela vous ira à ravir, professeur O'Well.

Disant cela, il fit une légère révérence, puis se tourna vers ses camarades. L'ensemble des elfes se regroupa une fois de plus, chuchotant entre eux. Cela dura quelques minutes, pendant lesquelles l'agitation redoubla dans les divers tables de maison, et même à celle des professeurs. Où l'on pouvait voir Alekseï Ivanov, l'air soucieux, discuter à voix basse. Une autre étudiante, énergique, c'était levée de sa chaise pour s'exprimer. Les avis paraissaient divergents parmi les habitants de l'université. L'étudiante fut toutefois remise à sa place par une directrice qui venait d'arriver et s'asseyait à son tour.

L'ouïe fine des elfes de maison leur permirent même d'entendre ce qui se disait, et l'un d'eux, discret jusque-là mais certainement revigoré par la position avantageuse des elfes fit remarquer.


- Nous sommes parfaitement prêts. Notre décision n'est pas prise à la légère !

Ne voulant pas raviver les tensions alors qu'à ses yeux tout avait été dit, Prof' reprit de nouveau la parole.

- Nous reprendrons nos fonctions quand nous estimerons que chaque étudiant de cet établissement a participé au bien-être collectif en participant à l'entretien de l'université. Nous nous remettrons au travail quand il apparaitra clairement que chaque résident, ayant œuvré sans magie, pourra admettre l'importance de notre tâche, au point de ne plus y être aveugle. Le temps que cela prendra ne dépend que de vous. Au plaisir.

Et dans une dernière révérence, les elfes s'évanouirent en fumée, dans une Grande Salle des plus agitées.

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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Dim 12 Oct - 18:19

Le matin même, Apikalia avait interrogé les Runes. Celles-ci lui avaient révélé que l'Université connaitrait une période de grands changements. Les Runes se trompaient rarement, surtout lorsqu'elles étaient utilisées par quelqu'un d'aussi expérimenté que le professeur Sparkledew. Elle n'avait pas eut de vision à ce sujet, mais Api était pratiquement sûre que ces changements opéreraient ce jour-ci.
La jeune femme était maintenant assise à la table du personnel, un peu en retrait de ses collègues car elle aimait manger dans la tranquilité. Elle feuilletait une gazette scientifique moldue. Apikalia avait toujours trouvé fascinantes les découvertes faites par les moldus. Ils pouvaient comprendre certains mécanismes de l'Univers qui n'auraient jamais pu être expliqués par la Magie. Parce que tout n'était pas Magie. Du moins selon elle, car beaucoup de ses confrères n'étaient pas d'accord avec elle et trouvaient l'idée révoltante.

Bien que son esprit était occupé par cette passionnante lecture, son corps lui, commençait à crier famine et réclamait de façon plutôt bruyante qu'on le nourrisse. Apikalia déposa le magazine sur la table et lança un rapide Tempus. 12H15. Les elfes étaient en retard. Le professeur fronça les sourcils. Les petits êtres n'étaient jamais en retard. Jamais. Ils faisaient de la ponctualité un point d'honneur. Elle jeta un coup d'œil à ses collègues : ils étaient tout aussi intrigués qu'elle. Un petit sourire s'afficha cependant sur ses lèvres lorsqu'elle vit Celyn Creedpeur faire une entrée plutôt pressée. Ah. Ses pressentiments étaient corrects. Ce grand changement aurait lieu aujourd'hui. Apikalia se réinstalla dans sa chaise, souhaitant assisté confortablement au spectacle qui allait bientôt avoir lieu.

Et en effet, à peine Celyn eut expliqué ce qu'il se passait, une ribambelle d'elfes de maison apparurent au milieu de la Grande Salle. Apikalia écouta attentivement le petit discours de ce qui semblait être le chef des petits êtres, hochant de temps à autre la tête lorsqu'elle était d'accord sur certains points. La jeune femme devait bien admettre que l'attitude de certains étudiants à l'égard des elfes étaient plutôt déplorable. Peu connaissaient le respect. Et ça, Apikalia était contre. Chaque être, humains ou pas, méritait qu'on lui montre du respect.
Le professeur approuva les paroles de Sven O'Well, lorsque celui-ci s'excusa. C'était un geste tout à fait diplomatique et adroit.
Elle s'amusa de la réaction de certains élèves, surtout d'une petite demoiselle qui proposa de partager ses vivres. Comme c'était adorable. Elle fut encore plus amusée par l'intervention d'une autre étudiante, qui, prise d'enthousiasme, s'était dirigée vers la table des professeurs sans autorisation. Apikalia ne fit aucune remarque, sa collègue Chenoa s'en chargea.

Finalement, après quelques dernières véhémentes paroles, les elfes disparurent. Apikalia posa son menton dans sa main et rit légèrement, amusée par la situation. Elle devait bien être la seule. Les élèves étaient horrifiés à la simple mention du mot "ménage sans magie" et les professeurs étaient un peu embarrassés, ne sachant que décider.


"Hé bien, leur petite surprise a fait son effet !"

Déclara-t-elle sur un ton rieur. Api dégagea une mèche un peu gênante de son visage et avec un fin sourire s'adressa au reste des professeurs :

"J'aiderai volontiers aux cuisines, je suis plutôt douées aux fourneaux. Et c'est une occasion de faire goûter aux élèves des plats plus exotiques."

L'hawaiienne avait déjà de nombreuses recettes en tête. Ainsi qu'une liste de tous les aliments dont elle aurait besoin. Apikalia était plutôt enthousiaste à l'idée de faire les choses par soi-même. Les étudiants n'en sortiraient que plus grandis et un peu plus matures et responsables. Une belle leçon de savoir-vivre en somme.
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Dâlan O'Connelly
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▌Né(e) le: 17 mars (36 ans)
▌Pays d'origine: Irlande
▌Statut:

MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Dim 12 Oct - 20:12

Midi sonné, Dâlan O'Connelly s'était précipité hors de sa salle de classe, plantant là des élèves qui s'étaient habitués à ces départs soudains qu'ils partageaient plus ou moins tous tant la faim tiraillant le ventre du professeur de Psychomancie était semblable à la leur. Il s'était même interrompu en pleine phrase, pour le plus grand bonheur des pupilles étant donné que cette phrase commençait par "vous me rendrez ce devoir pour..." et avait cavalé hors de l'amphithéâtre Vablatsky, ses affaires se rangeant d'un coup de baguette en le suivant à toute vitesse. Il avait traversé les couloirs à grande enjambées, était passé par deux ou trois passages secrets pour débouler sur une volée d'escaliers déjà pris d'assauts par des groupes d'élèves plus affamés que les autres. Ne se laissant pas démonter, il les descendit quatre à quatre, lançant de ci, de là un sortilège de Jambencoton aux plus rapides de la horde pour finalement arriver dans le hall puis devant les immenses portes de la Grande Salle et lancer glorieusement -selon lui- à ceux qui suivirent:

"Preums clover "

Les plus anciens avaient appris à ne plus s'étonner des comportements fantasques du professeur O'Connelly et à ne surtout pas se trouver sur son chemin aux heures de repas mais alors qu'il poussait les larges portes d'entrée et se dirigeait d'un air qu'il voulait digne et (surtout) classieux, le sous-directeur entendait encore les sempiternels gémissements des premières s'étant ramassés dans les escaliers soi-disant par sa faute.

*Z'avaient qu'à esquiver non mais...*

Sur ces pieuses pensées, Dâlan épousseta son impeccable robe blanche cousue de vert qu'il avait achetée la veille à l'occasion du défilé anniversaire de la ligne Magical Gabriel Trends à prix d'or et contempla la large table de chêne qui l'attendait. Le triple siège central, sorte de trône destiné au trois directeur de l'école puis une volée de chaises tout aussi confortables bien que que moins impressionnantes disposées de part et d'autre du dit trône accueilleraient bientôt les nombreux professeurs de l'école tandis que les plats d'argent posés sur une magnifique nappe de dentelle se rempliraient dans peu de temps des mets délicats et parfumés que chérissaient tant le professeur. Il songeait déjà à ces poulets dorés à la perfection, à ces rôtis fumants recouverts de généreuses louches de sauces toutes plus goûtues les unes que les autres et à ces platées de pommes de terre brûlantes accompagnant si bien tous les plats du monde. Tout cela le faisait déjà saliver, Dâlan était définitivement une personne qui aimait manger et rien ne pouvait l'en détourner, et surement pas une bande de sales gosses un peu lents. Sur ces considérations, il s'assit à la place qui lui était attribuée et attendit que la salle se remplisse et par conséquent les plats.

Il n'eut pas beaucoup à attendre pour que la pièce grouille de monde et rapidement, l'ambiance sympathiques des déjeuners à Swyn reprit cours. Pourtant, devisant gaiement avec les dames Rowan et Kalawei, il n'en oubliait pas l'éternel vide garnissant son assiette et commençait peu à peu à s'impatienter, jetant des regards à Sven afin de savoir si oui ou non il avait réellement prévu quelque chose comme il l'avouait à demi-mots, le tout couvert d'un sourire mystérieux. Dâlan avait beau l'admirer, il ne pouvait que s'exaspérer lorsque le directeur jouait sur des sujets aussi sérieux -de son point de vue. Mais bien vite les événements s'enchaînèrent avec l'apparition d'un, de deux puis de hordes d'elfes de maison, un rassemblement qu'il n'avait que rarement eu l'occasion de voir. D'abord silencieux et intrigué, le professeur passa vite à la confusion la plus totale. Les elfes de maison, se rebeller? Allons bon, on en arrivait au stade du risible. Toute cette agitation amena les élèves comme les professeurs à énoncer à voix hautes leurs doutes et leurs réticences et il en aurait bien fait de même s'il avait réussi à énoncer ses propres interrogations. Cela n'avait aucun sens, les elfes travaillaient et aimaient ça, point final, ils n'avaient nul besoin de fomenter quelques soulèvements que ce soit. Et puis tout cela tirait en longueur, quand donc allait être servi le déjeuner?

Mais tout cela semblait gagner en ampleur, ils parlaient à présent d'arrêter tout travail et de faire exécuter leurs tâches pas les sorciers! Et sans baguette!! Mais où donc allaient-ils chercher cela? Il se le demandait fort bien jusqu'à ce que la lumière lui vienne. Il commença par pouffer puis à rire de plus en plus fort pour finir en grands éclats en se tapant sur la cuisse, il n'en pouvait plsu, c'était trop drôle.


"Bwahahaha, P...Professeur O'Well..." articula-t-il péniblement tout en essayant de reprendre son sérieux "F... Faites donc cesser cette plaisanterie, nous avons faim! Mwahahaha, c'est trop marrant... Depuis combien de temps préparez-vous tout ceci? Et vous tous qui marchez dans son piège... Bwahahahaha"

Il finit par retomber dans une crise de rire sans plus savoir se retenir, que ce professeur était drôle, il n'était définitivement pas au bout de ses surprises, Sven était toujours capable de le surprendre avec une nouvelle farce, un nouveau calembour toujours plus caustique que le dernier.
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Celyn Creedpeur
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mar 14 Oct - 17:16

La situation devenait de plus en plus... critique. Pas critique dans le sens d'insurmontable, mais critique par le fait que quelque chose de tel ne devait pas avoir lieu dans une université comme S.W.Y.N. Celyn n'appréciait guère les propositions de ce genre, sans aucun compromis. Les étudiants allaient-ils se plier si facilement à un règlement exceptionnel ? Et les autres membres du personnel ? Depuis quand devait-on se soumettre aux revendications d'elfes de maison ? Depuis quand les elfes de maison se révoltaient-ils ainsi. Songeuse, elle observait la scène sans un mot. Sven paraissait maitriser la situation, et pourtant, était-ce vraiment le cas ?

Les elfes n'en démordaient pas. Pire que cela ils persistaient et posaient leurs conditions. L'université pourrait-elle continuer de tourner normalement sans elfes de maison ? La réponse était non. S'ils devaient accepter ce 'marché' (si tant est que cela en soit un), des modifications devront être mises en place sur cette période. Et que répondre aux familles qui s'offusqueraient de telles tâches ? Si on analysait la situation d'un œil neuf, peut-être pourrait-on se dire qu'il s'agissait là d'une grande opportunité qu'on leur offrait, afin qu'étudiants et professeurs développent une forte osmose les poussant à œuvrer pour le bien commun. L'entretien et la cuisine étaient indispensables au bien-être de tous les résidents de l'université. Et le respect minimum que réclamait les elfes était légitime, en quelque sorte, quoi que la manière était surprenante. Cela pouvait se comprendre, toutefois, l'esprit de Celyn était mitigé. Si on regardait en arrière, depuis la fondation et l'officialisation de la S.A.L.E, on aurait largement pu anticiper de tels revirements de situation.

Poussant un soupir, elle se tourna vers Sven dont elle ne voyait que le dos alors qu'il adressait la parole aux elfes regroupés au pied de l'estrade. Il avait l'air de jouer leur jeu. Cela était la réponse la plus diplomatique à vrai dire. Ce qui était demandé était tout à fait faisable, bien que les professeurs comme les étudiants avaient des réactions diverses quant à cette idée. Celyn n'aimait guère l'imprévu, et dans son esprit elle se répétait fermement que ce genre de surprise ne devait jamais, ô grand jamais, se reproduire. Actuellement, elle craignait les répercussions que cet évènement aurait, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'établissement. Elle acquiesça d'un hochement de tête les paroles de son collègue à ce sujet alors qu'il retournait s'asseoir à ses côtés.

Le directeur Ivanov, toutefois, ne semblait guère aussi confiant que le dirigeant des Dorelly. La proposition de Sven de se mettre au fourneau provoqua plusieurs exclamation dans la pièce. La voix murmurante du russe sonna comme une mise en garde. Oui, mais contre quoi ? Nul ne pouvait le savoir, et qui pouvait refuser aux elfes le droit de faire des réclamations concernant leurs conditions de traitement ?


" Vous savez, Alekseï, l'université de S.W.Y.N a été fondée sur des bases de liberté et de libre-arbitre. Quand les elfes de maison sont arrivés progressivement au service des directeurs, jamais le terme de soumission n'était utilisé. Ils étaient là de leur propre chef, sauf quand ils avaient suivi leurs maitres. A la mort de ceux-ci, ils demeuraient libre, n'ayant comme unique contrainte que d'œuvrer pour le bien des résidents de S.W.Y.N. Nous ne pouvons guère prétendre qu'ils n'ont pas respecté cela. Il y eut une période de forte servitud que nous connaissons tous, cependant, au sein de l'établissement, ils demeuraient plutôt bien lôtis. Avec l'apparition d'associations telles que la S.A.L.E et des lois sur les droits des autres créatures et plus spécifiquement de celles au contact des sorciers, ils ont le droit de réclamer des salaires lorsqu'ils sont libres, et de demander des améliorations de traitement quand ils estiment que leur personne est mal-menée. Bien entendu, nous pourrions contester et demander une commission de négociations inter-espèces, afin de décider si oui ou non les agissements quotidiens des étudiants peuvent être considérés comme des atteintes à la dignité des elfes de maison. Néanmoins, je doute que nous ayons réellement à nous rendre à cette extrémité. Je pense qu'une telle expérience pourrait être bénéfique, bien que contestable. "

Elle marqua une pause et se servit un verre de vin rouge. Elle en but une gorgée, puis reprit la parole.

" Une porte difficile à refermer, en effet, mais serait-ce si dérangeant de la laisser entre-ouverte ? A l'heure actuelle, nous n'en savons rien. Et puis, ne nous alarmons pas, tout ceci n'est que ponctuel. Nous pouvons être indulgents un temps, s'ils persistent, nous nous montrerons bien plus fermes. Vous en conviendrez comme moi que leur motivation, bien que compréhensible n'en reste pas moins fragile. On ne tourne pas le dos en une dizaine d'années à des siècles de servitude. Cela peut semblait triste mais c'est ainsi que sont les choses. "

Dans la Grande Salle, des étudiants émettaient des avis, des commentaires, des critiques... l'heure était aux éclaircissements, aux faits concrets. Ce furent les elfes de maison eux-mêmes qui les donnèrent. A la table du personnel, certains étaient soucieux, d'autres souriaient du coin des lèvres, tant la situation était intrigante. Le dénommé Prof', qui se faisait le porte-parole de ses confrères, expliqua ce qu'ils attendaient. L'entretien et la cuisine, le tout sans aide de la magie... et l'impossibilité de se rendre aux cuisines la nuit. Rien que cela. Le visage de l'écossaise prit un air des plus sérieux. Tout cela était bien joli, mais en acceptant, il fallait s'attendre à bouleverser bien des habitudes de l'université. Les elfes ne leur laissèrent pas le temps de la discussion et, une fois un tablier donné au directeur de Dorelly, s'envolèrent aussi vite qu'ils étaient venus.

Une fois la surprise passée, alors que tous discutaient pour savoir comment interpréter tout cela, un silence se fit. Qui finit par être brisé à la table du personnel par le directeur de la filière de Symbolisme, qui, bien loin d'admettre la chose avec sourire ou gravité comme la plupart de ses collègues (Miss Sparkledew semblait enchantée à l'idée de pouvoir concocter divers plats exotiques), un rire s'élevait, mal contenu. En fronçant les sourcils, Celyn le fusilla du regard. Était-ce là une tenue pour un directeur de filière ? Et comment pouvait-il prétendre que le professeur O'Well ait un inventer une telle chose, lui qui, comme tous les autres, paraissait toutefois décontenancé.


" Professeur O'Connelly, cessez ceci je vous prie. Ce n'est absolument pas le moment, vous voyez bien que tout cela n'est pas une farce. "

Sans attendre de réaction, elle se leva à son tour, et d'un geste de la main obtint le silence.

" Hum. Chers étudiants, pour les rares qui le croiraient encore, cette situation n'est pas de notre fait. Nous en sommes les premiers surpris. L'usage de la force n'est cependant pas dans nos habitudes et il est de notre devoir de prendre en considérations toutes les réclamations des habitants de l'université, quels qu'ils soient. Comme l'ont rappelé bien des grands sorciers : il est parfois bon d'opter pour le compromis et de chercher du bien dans les situations qui apparaissent comme étant les plus difficiles. C'est donc ce que nous allons faire. S'il faut nettoyer, nous nettoierons. S'il faut cuisiner, nous cuisinerons. Sans magie. Après tout, on ne meurt pas en passant un chiffon à poussière. Ce sera une vision différente de la vie en communauté, mais cela restera, je l'espère, tout aussi enrichissant. Il fut une époque où les écoles n'avaient pas toutes des elfes de maison, des gens se chargeaient de cela, ce n'est pas infaisable. Rassurez-vous, les emplois du temps seront adaptés, et les heures de repas quelques peu modifiées. A situation exceptionnelle, règlement exceptionnel. Vous serez tenus au courant de tout cela un peu plus tard dans la soirée. "

Tout en parlant, elle jetait quelques rapides coups d'oeil à la table du personnel, afin de vérifier si ses paroles n'offusquaient pas certains de ses collègues, ils n'avaient pourtant guère le choix, et Celyn était toujours très prompte à réagir en quatrième vitesse quand la situation l'exigeait.

" Des groupes de cuisine et de nettoyage seront constitués. Les membres du personnel seront là pour surveiller que tout se passe correctement. Il ne faut absolument pas que vous oubliez que tout cela vaut pour le bon équilibre de l'établissement. Nous devons tous pouvoir manger et vivre dans des endroits décents si nous voulons pouvoir accorder du temps au savoir et à l'acquisition de connaissances. Un esprit sain dans un corps sain. Ceci étant dit, nous allons nous arranger pour le repas de ce soir. Pour le moment, je vous prierais de garder votre calme et de voir le bon côté des choses. Nous allons faire de notre mieux pour que cette situation ne dure pas. "


Elle se rassit ensuite, et reprit la parole sous l'air inquisiteur de ses collègues :

" Je m'excuse de m'être sans doute trop avancée mais il vaut mieux mettre les choses directement au clair. Chacun d'entre nous devra se mobiliser. Que pensez-vous d'un petit en-cas collectif pour ce soir ? "


[Désolée pour le pavé et la prise de décision un peu brusque, mais il faut bien faire avancer les choses]


Dernière édition par Celyn Creedpeur le Dim 2 Nov - 22:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mar 21 Oct - 9:04

A la table des Dorelly, l'animation allait bon train. Il y avait beaucoup d'étudiants que la situation avait l'air d'amuser, certains le prenaient avec le sourire, d'autres s'animaient grandement, en imaginant déjà comment ils participeraient. Une étudiante, non loin d'Imaë, proposa même de partager ses provisions. C'était une dénommée Dakota, il avait déjà eu l'occasion de la croiser vaguement, dans la salle commune. Il lui adressa un sourire, et s'exclama, à sa suite :

" Je peux aussi proposer des bonbons, moi. On sait jamais, ça peut toujours être nécessaire à notre survie ! "

Avoir une mère qui tient une confiserie, ça a décidément bien des avantages. La première Dorelly à s'être levée, Grace, était directement allée adresser la parole aux directeurs. Elle n'avait pas froid aux yeux. Notre tunisien, lui, s'était contenté de fixer les elfes de maison avec un air compatissant. Il avait toujours été extrêmement sensible aux sorts des créatures et autres animaux, c'était bien pour cela qu'il étudiait la santé magique. Il partageait l'opinion des elfes de maison, et ce disait qu'un tel changement d'habitudes pourraient être amusant tout en ayant un grand impact. Se trompait-il ? Seul l'avenir le lui dira.

A la table du personnel, on s'agitait grandement aussi. Visiblement, les professeurs se concertaient sur le meilleur compromis. Mais ils n'eurent pas à le faire longtemps, se furent les elfes de maison qui leur imposèrent leur vision des choses, et le marché qui leur permettrait de reprendre, ensuite, leurs fonctions. Et quel marché... Les étudiants demeuraient déconcertés, et le discours de Celyn Creedpeur accentua cela. C'était donc vrai. En disparaissant comme par magie, les elfes avaient imposaient une drôle de situation : tout le monde devrait participer à la cuisine et l'entretien de l'établissement, le tout sans magie. Le tout sans magie. Pour Imaë, cela ne le dérangeait absolument pas, il avait l'habitude, chez lui, de participer aux tâches ménagères, parfois sans baguette parce que sa mère estimait trop facile de toujours se reposer sur la magie. Mais tout de même, ils n'y allaient pas de main forte, obliger l'ensemble des étudiants à faire cela... il y allait avoir des clash, c'était prévisible. Instinctivement, Imaë jeta des coups d'oeil en direction d'étudiants de noble ascendance, dont l'air sombre trahissait facilement les pensées. Tout le monde allait réellement jouer le jeu ? Les professeurs également ?

On dirait bien. La directrice Kalawei semblait plutôt motivée à cette idée, et après les tirades de Miss Creedpeur, se leva à son tour. Ils avaient une demi-heure avant d'espérer un vrai repas, et la directrice de Relations internationales attendait des volontaires pour le diner du soir même. A son annonce, certains commencèrent à se lever, afin de proposer leur aide. Il en fit de même, expert en botanique, très manuel et touche-à-tout, Imaë se révélait aussi être un très bon cuisinier.


" Je me propose comme volontaire. " fit-il, en se dégageant quelque peu de la table des Dorelly, jetant un clin d'oeil à Kathy assise à ses côtés.

" On n'oubliera pas ce repas de si tôt ! " songea-t-il à mi-voix, intérieurement excité à l'idée des prochains jours, où le quotidien bien tranquille de S.W.Y.N allait être changé.
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Elias Jensen
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Lun 27 Oct - 16:05

Chez les Plumentine, nombre d'étudiants grommelaient dans leur coin. Concernant la situation des elfes de maison, chacun avait son opinion. Mais pour ce qui était de l'appel de leur ventre, les trois quarts étaient du même avis : le temps commençait à se faire long, et ce n'était pas en bavardant que leur faim allait se calmer ! Elias était de cette opinion. Bon mangeur, il se demandait maintenant ce qui allait advenir pour les repas d'aujourd'hui et les autres jours à venir. Le combat des elfes de maison, il était totalement pour. Il se demandait même comment cela se faisait qu'ils n'avaient pas fait ça plus tôt.

Dans son idée utopique d'égalité entre les espèces et les divers sortes de sorciers, les elfes de maison avaient toute leur place, et seraient des employés comme n'importe quel sorcier. Il n'y aurait plus toute cette tradition insultante et asservissante. Il serait payé, respecté comme tout autre employé. Oui, Elias le voyait ainsi, et c'était le sourire aux lèvres qu'il suivit tout l'échange entre les petites créatures et les membres de la direction. Il fut même étonné par la position de Sven O'Well et Celyn Creedpeur. Même s'ils n'avaient pas l'air de le faire de plein gré, au moins ils acceptaient le marché proposé. La perspective d'imaginer les professeurs en train de faire le ménage avait de quoi intriguer... et lui-même, par ce machisme prononcé qui était le sien, grinçait quand même des dents. Passer le balai... il ne l'aurait nullement imaginé, mais bon, c'était pour la bonne cause.


- Tant que j'ai pas la Creedpeur, l'Ivanov et l'Andrezy sur le dos, je veux bien balayer tout ce qu'ils veulent. Mais ils peuvent rêver pour que je porte un tablier ! Les filles, j'suis certain que vous ferez ça à ravir. C'est dans les gênes. Lança-t-il avec un grand sourire à l'ensemble des étudiantes qui pouvaient l'entendre.

Puis, Miss Kalawei prit la parole à son tour, telle la sauveuse des ventres affamés. Elle était la première à évoquer enfin un repas pour le midi même.

- Ahhh, enfin ! S'exclamèrent plusieurs étudiants, Elias compris.

La directrice adjointe attendait des volontaires. Même si Elias se débrouillait pas trop mal en cuisine, fallait quand même pas exagérer. Y'avait pas marqué 'bon samaritain' sur sa tête. Ceux qui n'avaient pas envie d'aider en cuisine pouvaient revenir d'ici une demi-heure. Ceci étant dit, un petit groupe de cinquième année à Plumentine proposèrent d'échanger quelques balles sur le terrain de Quidditch. Elias se joignit à eux, et se leva à leur suite alors que le groupe des volontaires se constituait.

- J'espère que ça sera mangeable quand même. Fit-il en passant non loin d'eux, les mains dans les poches.

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Anthony Osward
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mar 28 Oct - 22:40

A la table des Dorelly, on attendait avec tout autant d’impatience que les plats s’emplissent de mets la plupart du temps délicieux. Mais cette fois-ci, il faudrait attendre, apparemment. Anthony sursauta lorsqu’un elfe apparut soudainement sur ses genoux. La créature, aussi stupéfaite, lâcha un petit cri aigu et finit par disparaître de nouveau pour atterir quelques mètres plus loin, en compgnie de ses congénères, apparu au même instant. Comme tous, Anthony ne pouvait qu’être surpris de cette soudaine irruption. Cependant, la cause en était légitime. Ayant grandi dans un univers quasi-moldu, le traitement des elfes de maison était l’une des choses qui l’avaient le plus frappé dans la monde magique.

Cependant, Anthony n’avait pas encore les armes pour s’exprimer sur le sujet. Si les elfes étaient esclaves depuis des siècles, peut-être y avaient-ils de bonnes raisons et ses pauvres arguments se feraient sans doute détruire d’une brise par un partisan de cette pratique. Ainsi, il n’avait encore jamais lancé le débat clairement avec personne, ayant simplement évoqué le sujet avec quelques amis, du même avis, mais sans doute avec autant de moyens que lui. Ainsi, il assista à la scène de manière passive, regardant Grace supporter le mouvement elfique, Mr O’Well accepter le marché ainsi que Miss Creedpeur. Finalement, les créatures obtiendraient sûrement gains de cause. Tant mieux, mais restait aux sorciers à se procurer à manger. Il faudrait former des groupes, soit. Anthony serait sûrement de la cuisine, le ménage sans baguette n’étant pas vraiment son fort.


« Eh beh… Faut bien que les choses changent à un moment ou un autre… » se dit-il plus à lui-même qu’au voisin à qui il s’adressait.

Ce dernier haussa les épaules, apparemment indifférent à ce qui pourrait bien advenir et préférant de loin examiner la partition qu’il avait sous les yeux en mangeant sa pomme. Deux places plus loin, Imaë proposait des bonbons. Anthony sourit en pensant que c’était en effet le moment où jamais de faire sa pub. Les elfes disparurent d’un seul et même mouvement, laissant libre cours aux conversations des étudiants. Les avis étaient partagés et sans surprise, quelques membres de familles aisées n’hésitaient pas à railler les décisions prises par la direction, en prononçant des mots dégradants envers les elfes.

* Il y a des gens chez qui il vaut mieux ne pas imaginer ce qui se passe…*

A ces pensées, Anthony décida aussi de lever la main comme volontaire en précisant :

« Je veux bien participer aux cuisines. »

De toute façon, personne n’aurait le choix. Si Miss Creedpeur en avait décidé ainsi, ce serait ainsi jusqu’à nouvel ordre et les plus mécontents devraient faire avec, ou quitter les lieux probablement.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Dim 2 Nov - 2:02

Assey c'était glissé en silence, a pas feutrés jusqu'à une place situé vers le côté le plus éloignée de l'épi centre des trois tables. Elle n'avait aucun besoin de se mêler au brouhaha des étudiants elle était ici pour manger un point c'est tout! Et elle devait le faire rapidement, avant la reprise des cours la jeune joueuse voulait s'entraîner au quidditch!!

La jolie tchèque fixais donc avec une légère anxiété la pendule, les plats n'étaient toujours pas là, comment se faisse??

un petit regard pour la table des professeurs, ils n'en savaient apparemment pas plus, les élèves peut être ??..Ils étaient toujours aussi bruyants mais un peu inquiets peut être aussi

....

Ah enfin la voie de la sagesse la seule, la vrai, la directrice de leur maison!!Plus elle la regardait plus Assey avait l'intime conviction que quelque chose se passerait. Pourquoi ? Conviction féminine?? Très peu pour moi!!

tout simplement parce que miss Creedpeur était la seule a pouvoir faire quelque chose, selon la jeune cinnacrow tout du moins!!

Pour autant elle aurait préféré un déjeuner comme les autres platonique mais savoureux préparés par les sympathiques elfes de maison..sympathique avait-elle dit ?? Non il y en avait bien un ou deux peu recommandable le dénommé T-Low en particulier elle ne le portait pas dans son coeur!! Peu importe, pour une fois elle n'était pas contre un peu d'animation!!!

car elle allait être servie n'est-ce pas ?? Oui parce que quelques secondes après sa réflexion des rires retentirent, stupéfaites elle se leva d'un bon !Qui pouvais bien faire une farce aussi douteuse!! Regardant au sol l'étudiante envoya sa crinière détachée dans la "panique" dans la figure. Coupée du monde quelques secondes elle tenta de prendre appui sur la table pour se redresser et regarder ces camarades.

Ce qu'elle fit non sans un concert de godet métallique chutant sur le sol, en une seconde les cinnacrow portèrent leur regards accusateurs sur elle, puis "hinhinhinhin", et elle n'était plus la vedette (malgré elle) du show.


* merde!*

Les choses se passèrent alors très rapidement. Les elfes apparurent les uns après les autres certains avaient leur air habituelle lorsqu'ils étaient vus par les humains, apeurés, stressé, angoissé prêt à rendre tout service possible.d'autres avaient l'air revanchard et prêt à donner de la voie.elle reconnut furtivement quelques uns des elfes qu'elle connaissait ou espionnais lorsqu'elle étudiait tard le soir.

Cependant au lieu de se presser comme les autres et de s'attrouper près des elfes Assey posa son croupion sur le banc avec un petit sourire ironique.


-la rébellion des elfes de maison!!!

*Peu importe qu'ils discutent temps que je peux être tranquille!! Les revendications des elfes de maisons ne sont pas bien compliquées de toute façon!

Je suis sûre pourtant que certains vont se mettre dans le pétrin..a le zéle des sorciers!!

On ne se refait pas après tout!!*

Même si elle restait droite et seule sur son trône..haeum banc mais ça fera l'affaire!! Bref elle écoutait quand même avec patiente les différentes revendications des elfes. Ne se sentant pas vraiment concernée par tous les reproches, elle aimait bien ces petits être et était toujours plutôt propre.Cependant descendant de son pied destral elle se rendit compte qu'ils avaient tous, aussi bien elle, que les fils à papa ou les professeurs quelque chose à se reprocher vis a vis des elfes.

*Nos erreurs construisent qui nous sommes!!*

BLABLABLA!!!!BLABLBLAAAAA!!

C'était à en être écoeuré, toute cette bonne volonté qui jaillissait précipitamment de tous les étudiants, des professeurs!!Pourquoi les gens se plaisaient dans l'hypocrisie maladive?? étaient ils tous incapables d'accepter la réalité, d'entendre,d' écouter et d'assimiler?? Pourquoi toujours tout se résumais à un simple effort pratique et collectif?? Ne fallait-il pas surtout comprendre les fondements des revendications des elfes?!

Bien que la blonde ne cautionnait pas cette grève, l'attitude de toute l'académie la mettait hors d'elle!!


*trop c'est trop! Nan mais!!*

une chose improbable se produisit alors, Assey-Tôa DalaSimkamil se leva dans un grand mouvement de perle et de crinière blonde. A vrai dire si on connaissait les jumeaux DalaSimkamil on ne ce serait pas étonnés outre mesure de cette intervention, mais ici tout était différent. Toujours est il qu'elle attrapa la coupelle de son voisin ( je vous rappel que la sienne est tombé quelques minutes plus haut tôt) et la frappa avec vigueur sur la table en bois. Elle ne sut pas vraiment qui entendait mais sa voix était claire et son élocution impeccable...du moins pour ces voisins directs.


"ASSER!!!!

Comment pouvez tous être aussi immature!!!C'est bien beau de s'enthousiasmer pour être volontaire et cuisiner!! Mais pensez vus une seule seconde au véritable sens de cet engagement ??Aux fondements des revendications elfiques?!

Mais surtout prenez vous conscience du mot respect.. Et je parle là d'un respect mutuel sachez le chers Elfes!! Car il est bien plus important que toutes vos belles paroles!

Pensez à agir sur le fond et non sur la forme comme vous en donnez l'impression....."

*ho zut*

Prête a s'asseoir elle se ravisa

"Veuillez m'excusez pour cette intervention."

se baissant elle ramassa sa coupelle, la posa sur la table puis se posa elle même afin d'observer graviter toute l'académie.

*se taire était pourtant tellement simple Assey !!!Pourquoi ais-je eut l'impulsivité et toi la popularité espèce de vieux coche ridé de frère!!!*
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Lun 3 Nov - 18:31

Néo n'était pas arrivé depuis longtemps à l'académie irlandaise, mais déjà il s'était fait à ses décors fabuleux, à sa brume matinale, à ses reliefs particuliers! Il aimait bien la bâtisse dans laquelle il était logé, ses collègues avaient l'air plutôt atypiques, un beau pèle mêle de genre !! C'était parfait pour lui!! Plus il y avait à découvrir plus c'était intéressant....Peut être avait-il cela dans le sang! (la découverte ndlr).

Ce matin il n'avait pas de cours, il pouvait donc vaquer à ses occupations préférées. Après avoir rangé rapidement ses affaires et recopier quelques parchemins sur ses voyages il décida de se dégourdir les jambes. Flâner c'était intéressant pour une personne dans son genre, parce qu'on ne passait pas inaperçu avec un look comme le sien mais également parce qu'on ne pensait à rien... Peut être à regarder devant soi pour ne pas chuter, et encore!!

Cependant c'est bien beau cher prof de flâner, mais il faut regarder l'heure de temps en temps!! Trop occuper à regarder l'herbe pousser et le monde tourner notre petit monsieur en avait oublier l'heure du déjeuner!!

Alerté par les grondements de son estomac en furie Bartock se décida à bouger sa grande carcasse jusqu'à la grande salle.

Mais se diriger façon Bartock dans un établissement scolaire c'est avoir l'air blasé mais pas trop, juste ce qu'il faut pour sourire aux étudiants, envoyer un clin d'oeil moqueur à ceux qui flirts et sourire à ses collègues....STOP un ptit instant je reviens sur mes pas!!

Les couloirs étant donc a peu près vides et notre grand garçon décida alors de se dépêcher quelque peu!! L'heure devait être bien passée!


*Dites donc quel boucan*

Aux abords de la salle le bruit était tel que, personne de censé ne se serait risqué à rentrer. C'est donc sans aucun commentaire de ma part que je vous apprends que Néo passa la porte et s'arrêta d'un air ahuri.

La salle était bondée! Un amalgame d'étudiants hurlants et optimistes comme la petite brune des Dorelly, toujours prête à mener un combat bannière au vent. Des garçons enthousiastes également, une grande blonde de la table des corbeaux semblait en désaccord avec ses camarades. Les professeurs quant à eux semblaient gérer avec plus ou moins de brio l'effervescence générale!

O'Well ne manquait pas à son devoir ...disons de gentleman et Creedpeur calmait le jeu....Mais direz-vous qu'est-ce qui cloche??

Rergardez mieux...Plus bas!!Un peu plus bas!!Parfait!!

Le regard vif du passionné des créatures s'attarda sur les petits êtres qui gravitaient autour des sorciers. Pourquoi y avait-il des elfes... Et en nombres suffisant pour couiner assez fort pour exploser toutes les vitres de la bâtisse ?

Quelques secondes d'observation seulement suffirent au grand brun pour saisir, dans les grandes lignes ce qui se tramait! Apparemment c'était la course à qui mettrait la main à la patte le premier?! Trêve de plaisanteries douteuses Néo et en avant!!


"Haeum...Bonjour à vous tous..."

Sa carrure fine lui avait permis de se glisser rapidement jusqu'à la table de ses collègues. Prenant place sur le fauteuil qui était libre il écouta poliment pendant quelques minutes les autres professeurs.
Son petit sourire taquin sur les lèvres il se leva afin de reprendre un air un peu plus sérieux.


"Puisque personne ne l'a fait je lance l'idée de nettoyer le dortoir des Dorelly."

Pourquoi avoir choisit le dortoir des Dorelly,??Tout simplement parce que c'était le seul qu'il n'avait pas visité . Et puis parce qu'il aimait faire des choses imprévues, même pour lui même!!


"Je sens que nous allons bien nous amuser pendant les jours à venir!
Eh bien au moins nous avons des élèves particulièrement impliqués dans la vie de leur établissement!!!! "

[Edit Celyn : J'ai corrigé les fautes les plus visibles, attention toutefois Néo, pense à te relire ! S.W.Y.N est située en Irlande, et non en Écosse. Par ailleurs, gare à la confusion ses/ces. Wink]
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Celyn Creedpeur
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mar 4 Nov - 0:37

Une fois rassise, Celyn ne put que sourire légèrement, alors que sa collègue Chenoa reprenait son expression. Toujours aussi vive qu'à l'accoutumée, cette dernière l'épaula, entrainant directement les autres membres du personnel à s'activer pour le repas du midi. Dans son élan, elle interpela même les étudiants, recherchant parmi eux des volontaires pour cuisiner un petit en-cas pour tout le monde. Une fois que la directrice adjointe eut fini de parler, Celyn acquiesça ses dires d'un hôchement de tête. Elle faisait bien de mettre directement les étudiants dans le bain. Pour l'écossaise, une durée d'attente de trente minutes lui parut quelque peu optimiste, mais elle n'en fit rien, fixant les trois tables des maisons, espérant que des motivés se fassent entendre.

Et cela fut le cas. Un peu partout, des téméraires aux plus discrets, des mains se levèrent, signalant leur motivation. Dans un léger soupir, elle constata que les Cinnacrow étaient les moins motivés, qu'y pouvait-elle... un certain nombre d'étudiants de grandes familles en faisaient partis, et elle savait d'avance qu'elle aurait à essuyer leurs commentaires acides quant à cette décision de la direction que d'entrer dans le jeu des elfes de maison. Autant ne pas y penser de suite, pour aujourd'hui, le plus important était de nourrir les ventres affamés, et d'organiser au plus vite un roulement de groupes de nettoyage et de cuisine.

Alors que la directrice de Relations internationales se retournait de nouveau vers la table du personnel, Celyn l'interpela :


" Vous avez très bien fait. J'espère que le nombre de volontaires suffira. Pour ma part je vais rester ici à réfléchir comment nous allons devoir organiser tout cela. Ceux parmi vous qui n'iront pas dans les cuisines, j'aurais besoin de votre collaboration. " fit-elle en direction de ses collègues, d'une voix ferme.

En effet, parmi les membres du personnel, quelques-uns se joignirent au groupe constitué par Miss Kalawei. L'historienne ajouta :


" Vos collègues vous guideront jusqu'aux cuisines. Elles se trouvent sur la gauche de l'Amphithéâtre Viridian, quelques mètres plus loin. C'est une petite porte au bout d'un couloir que l'on remarque rarement. En gros, on ne tombe pas dessus par hasard... "

D'un geste, elle l'encouragea à descendre les marches de l'estrade, suivit des autres volontaires professeurs, regroupant ainsi une bonne vingtaine de personnes prêtes à mettre la main aux fourneaux (vu la quantité d'estomacs à nourrir, c'était pas trop mal).

* Une bonne chose de faite. * songea-t-elle, en suivant des yeux le groupe des cuisiniers volontaires qui s'éloignait, suivi des étudiants désireux de s'occuper pendant la demi-heure à venir.

Une étudiante de sa maison se fit alors remarquer, prononçant un "Assez" qui se fit remarquer des étudiants restants dans la salle. C'était une dénommée DalaSimkamil, une première année. Fronçant les sourcils, Celyn l'écouta parler puis se releva, faisant deux pas en avant sur l'estrade, fixant la jeune étudiante.


" Je crois que vous ne saisissez pas bien, Miss DalaSimkamil. Dans ce genre de situation, les négociations passent avant tout par une acceptation du compromis proposé. Estimez-vous qu'il serait plus respectueux des elfes de maison de parler tout de suite avec eux, sans se salir les mains ne serait-ce qu'une seule fois pour comprendre leur peine ? En acceptant ce qu'ils proposent, nous allons leur montrer que l'ensemble de l'établissement est prêt à les écouter, et à faire changer les choses. Il faut que vous regardiez plus haut que le bout de votre nez avant de parler d'immaturité. Nous savons parfaitement ce que nous faisons, et à mes yeux, les étudiants qui se sont portés volontaires sont bien plus reconnaissants envers les elfes de maison que vous qui pestez alors que ces derniers s'en sont allés. Vous devez bien savoir que cette histoire ne s'arrêtera pas à un simple coup de balai et une casserole qui mijote. Quand les elfes estimeront que nous avons fait preuve de bonne foi, le dialogue sera de nouveau ouvert, pour entendre une nouvelle fois leurs dernières revendications. "

Elle marqua une pause, observa l'étudiante qui ramassait sa coupelle et poursuivit :

" La relation entre elfes de maison et sorciers a depuis toujours été une relation de servitude. C'est triste à dire, mais si cet évènement bouleverse bien des choses, et permet à ces créatures de s'exprimer sur un pied d'égalité, il n'en demeure pas moins que des traditions ancestrales ne peuvent pas être révolutionnées du jour au lendemain. C'est progressivement que l'Histoire s'écrit. Ce jour restera gravé dans les mémoires, nous allons tous faire un effort – et en cela je compte sur vous -, pour être plus respectueux envers ces créatures à l'avenir et leur garantir de meilleures conditions de travail, mais des liens aussi puissants que ceux qui ont toujours lié sorciers et elfes ne peuvent se détruire aussi vite. Ils en sont largement conscients, je l'assure. "

Elle adressa un léger sourire à la jeune Cinnacrow, et éleva la voix afin d'être entendue des autres étudiants toujours présents :

" Comme l'a dit ma collègue, vous avez une demi-heure de temps libre. Je vous rappelle que vous devrez impérativement consulter le planning des groupes et la liste de leur constitution sur le panneau d'affichage, plus tard dans la journée. Je vous demanderais d'être coopératifs. Par conséquent, je vous dis à toute à l'heure. "

Dans un claquement de cape, elle revint à la table du personnel. La Grande Salle se vidait quelque peu, dans un brouhaha constant. Elle se rassit quand une voix sur sa gauche l'invita à commencer à réfléchir à l'organisation concrète des divers groupes, et la répartition des surveillants.

" Ah, professeur Bartock, je ne vous avez pas vu arriver. Vous faites bien de vous proposer. "

Sans même utiliser sa baguette, elle fit apparaître une plume, un encrier et un rouleau de parchemin qu'elle ouvrit devant elle. Rapidement, elle y inscrivit une sorte de liste, avec diverses indications d'horaires et de lieu. Tout en débattant avec ses collègues et en tenant compte de leurs divers goûts, elle commença à les répartir à la surveillance de différents lieux. La table du personnel était fortement animée et le temps s'écoulait lentement...


Dernière édition par Celyn Creedpeur le Mer 19 Nov - 14:12, édité 4 fois
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Chenoa Kalawei
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mar 4 Nov - 13:48

Quand Chenoa se retourna vers ses collègues, après son discours aux étudiants, Celyn Creedpeur lui signifia qu'elle approuvait sa démarche. Plusieurs des professeurs se proposèrent pour la suivre. Elle leur adressa un des sourires dont elle avait le secret et, sans faire mentir sa réputation de femme active, lança immédiatement :

- Alors, allons-y !

Des volontaires se levaient à toutes les tables, bien moins nombreux cependant à celle des Cinnacrow. Elle dévisagea Celyn Creedpeur, et le soupir de l'historienne ne lui échappa pas. Elle lui offrit un demi sourire, qu'elle pourrait interpréter absolument comme elle le voudrait. Bien qu'elle vienne d'arriver à l'université, elle y avait fait ses études. Et elle était assez intuitive pour comprendre le problème qui se poserait pour les Cinnacrow, considérant qu'énormément d'entre eux étaient issus de familles riches, et souvent nobles. Elle n'était pas du genre à généraliser, cependant. Elle avait foi en les humains, et en leur diversité. Elle n'ignorait pas qu'il y aurait des réfractaires à la nouvelle situation dans toutes les maisons. Leur signifier qu'ils n'avaient pas le choix ne serait pas la partie la plus agréable de leur travail. Elle ne s'inquiétait pourtant pas. Elle ne doutait pas que Celyn Creedpeur saurait les rappeler à l'ordre. Quant à elle, sous ses dehors doux et parfois excentriques, il y avait une femme sûre de ses décisions, et qui ne s'en laissait pas compter. Les étudiants s'apercevraient rapidement que, bien que la jeune femme ait souvent l'air, par ses manières sociables et enjouées, d'être elle-même une étudiante, elle n'en était pas moins un professeur qui savait ce qu'elle attendait de ses élèves.
Elle frappa dans ses mains pour obtenir le silence, réunit les volontaires et, légère comme à son arrivée, elle quitta la grande salle avec eux.


Une demi-heure plus tard


Quand Chenoa, les professeurs qui l'avaient accompagnée et leur équipe de volontaires rentrèrent dans la grande salle, une demi-heure plus tard, un long murmure de satisfaction courut dans la pièce. Mumure coupé court chez certains étudiants, que la vision de leur repas du midi ne réjouit pas. Il n'était pas question du choix vaste et varié que proposaient d'ordinaire les elfes de maison. Il avait fallu faire avec les seuls ingrédients qu'ils avaient consenti à laisser à leur disposition, et avec les faibles rudiments de cuisine que possédaient les vaillants, mais inexpérimentés volontaires. La petite équipe improvisée bénéficia quand même de son heure de gloire, et les étudiants concernés gonflèrent faussement leur torse sous les applaudissements et sifflements de leurs camarades. A croire qu'une heure de retard dans leur repas du midi transformait des étudiants civilisés en une bande de bêtes sauvages et affamées.
Chenoa, plongée dans une discussion animée avec deux étudiantes de quatrième année, agitait distraitement sa baguette et, presque sans y prendre garde, faisait ainsi léviter quatre immenses plateaux, chargés de salades en tous genres. Elle avait fait, une demi-heure auparavant, un crochet par sa chambre, et avait emmené aux cuisines ses provisions d'herbes et épices, presque aussi nombreuses et variées que les pays du monde. Mais, assaisonnée ou non, une salade reste une salade, et les étudiants les plus voraces firent grise mine. Les jeunes volontaires, de la même façon, suivaient des plateaux de sandwiches qu'ils maintenaient en l'air, plus ou moins crispés sur leur baguette selon leur aisance. La jeune femme remarqua, avec un sourire attendri, qu'un Dorelly de première année, que ses camarades appelaient Imaé, et qui s'était éclipsé des cuisines un peu avant la fin de la préparation, en avait profité pour aller chercher une quantité impressionnante de bonbons, qu'il avait déposés sur les plateaux dont il se chargeait.

La grande salle était aussi remplie que quand elle était partie. Et pourtant, cela faisait tout juste une demi-heure. Sa ponctualité méritait, cette fois, d'être signalée. Celle des étudiants aussi, d'ailleurs, qui n'avaient sans doute jamais été tous en même temps aussi exacts à un de leurs cours. Un groupe d'étudiants ébouriffés, à la table des Plumentine, rentrait visiblement du terrain de quidditch. Passant devant eux, elle lâcha d'un ton amusé :


- J'espère que l'effort ne vous a pas trop fatigués.

Abaissant sa baguette pour déposer un de ses plateaux sur leur table, elle ajouta :

- Le sport, ça creuse. Je vous épargne la politesse qui consiste à attendre que tout le monde soit servi.

Ils ne se le firent pas dirent deux fois, et remplirent leurs assiettes. Et elle continua sa route à travers la grande salle, sans que les étudiants sachent exactement si elle venait de leur faire une remontrance ou non. Elle déposa un plateau sur la table des Dorelly, un autre sur celle des Cinnacrow où, il faut l'avouer, l'ambiance était glaciale. Elle emmena le dernier jusqu'à la table des professeurs. Les volontaires, dispersés dans la pièce, achevaient de distribuer leurs plateaux de sandwiches. Une fois le repas servi, Chenoa, qui ne s'était pas encore assise, demanda à nouveau l'attention de l'ensemble des étudiants.

- J'espère qu'une fois votre appétit rassasié, vous réfléchirez sérieusement à la situation. Il ne s'agit pas de repas retardé, mais d'un réel débat, qui implique, au fond, bien plus que le seul statut des elfes de maison. Un sujet de réflexion inespéré, finalement, pour vos petites têtes. Certaines sont sans doute bien remplies, certes, mais les livres ne font pas tout. Cessez de pester, et profitez-en pour apprendre.

Changeant en une fraction de seconde son air sérieux en sourire éclatant, elle conclut :

- Je continuerai bien à discuter avec vous, mais, voyez-vous, je suis réellement affamée. Donc, en attendant la mise en place de la nouvelle situation, je vous souhaite bon appétit !

S'asseyant à la table des professeurs, elle s'adressa à ses collègues :

- Epicé ou non ?

Et, agitant sa baguette, elle entreprit de remplir leurs assiettes. Pas inquiète, ni perturbée pour deux sous. Etrangement sereine, dans la situation troublée qui s'annonçait. Chenoa dans toute sa splendeur.

_________________
Audacieuse, douce, aérienne. Mutine, profonde, libre. Oiseau migrateur.

Chenoa Kalawei,
Directrice de la filière Relations Internationales et professeur d'Ethnomagie
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Alekseï Ivanov
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mer 5 Nov - 14:56

Alors comme ça les elfes de SWYN étaient libres et même rémunérés. Cela surprenait quelque peu le sous-directeur, mais après tout, pourquoi pas ? Si les elfes avaient comme nature la soumission, autant les contenter, mais si ce n’était pas ou plus le cas, alors il était légitime d’appliquer le principe d’égalité entre les espèces conscientes et réfléchies, cela allait de soi. Cependant, dans l’esprit du professeur Ivanov, cette « révolte » n’avait toujours pas lieu d’être et était bien plus un frein au bon fonctionnement de l’école qu’une réelle revendication. S’adressant aux directeurs, mais répondant plus à Celyn qu’autre chose, il déclara :

« Si les elfes ont de tels droits, alors j’imagine qu’ils ont aussi des devoirs. Ils ont été employés par l’université comme tout autre membre du personnel. Si un professeur ou autre ne sait pas se faire respecter comme il le demande, c’est qu’il n’a plus sa place ici. Il en serait alors de même pour ces créatures. Si elles sont libres et donc non soumises aux étudiants, alors qu’elles se fassent respecter elles-mêmes. D’autant plus qu’elles ont les moyens magiques de le faire, croyez-moi. M’avez-vous déjà vu suspendre mes cours pour la simple raison qu’ils aient été perturbés, même plusieurs fois de suite ? Non, je considérerais cela comme un manque à mon devoir. Alors si la justice doit être appliquée, qu’elle le soit jusqu’au bout et de façon réciproque. »

Tel était l’avis du sous-directeur. Que les elfes soient soumis ou non, cette révolte n’avait pas lieu d’être, et pour des raisons différentes dans chacun des deux cas. Ce n’était pas parce que les elfes avaient été soumis à la servitude qu’il fallait renverser la tendance. De son point de vue, ce n’était pas là faire progresser l’égalité, ni même faire avancer quoique ce soit. SWYN était connue pour ses excellents résultats, mais qu’adviendrait-il si les étudiants devaient sacrifier de leur temps en quantité non négligeable pour passer le balai au lieu de rendre un devoir ? La logique ne sautait pas aux yeux d’Alekseï dans la situation présente, loin de là.
Cependant, la décision était prise et vu le nombre d’étudiants et de professeurs déjà volontaires, il n’était pas possible de reculer pour le moment, quelques soient ses convictions. Une deuxième élève, de la même manière que Grace, osa prendre la parole à voix haute. Dans le brouhaha, Alekseï ne l’entendit pas clairement, mais comprit l’essentiel. Encore une fervente militante pour la libération des elfes de maison. Beaucoup devaient encore penser qu’ils étaient maltraités ici. Il y a quelques années, la plupart des sorciers auraient ri devant de tels propos, mais les choses avaient évolué, et la situation des elfes de SWYN était probablement l’une des meilleures dans le pays, outre l’irrespect des élèves. Regrettant apparemment d’avoir ouvert la bouche, la jeune fille se fit discrète, ce qui exaspéra d’autant plus le professeur. Miss Creedpeur lui répondit comme il se devait, fidèle à ses opinions, et finit par revenir à la table du personnel. D’un mouvement, elle fit apparaître un parchemin et une plume, montrant clairement sa volonté de répartir les tâches dès maintenant. A la suite du professeur Bartock, Alekseï proposa :


« Dans ce cas, j’aimerais me charger de la Salle Commune de Cinnacrow, si personne n’y voit d’inconvénient bien entendu. »

Il aurait aimé, pendant ce laps de temps libre, quitter les lieux pour retourner à ses occupations, mais en tant que sous-directeur, il faisait partie de ceux qui se devaient de rester pour maîtriser la situation pour le moins inhabituelle. C’est ainsi que, jetant un œil de temps à autre sur la Grande Salle, Alekseï fit apparaître devant lui ce qu’il avait laissé sur son bureau : l’extrait d’une thèse d’un étudiant sur les enchantements de contrôle. Cette partie, sans doute l’une des plus fondamentales, traitait la connexion magique à distance entre l’enchanteur et l’enchanté. Comment, sans contact visuel, le contrôle était encore possible ? L’étudiant avait demandé au professeur de lire ceci et de lui donner son avis. Il fallait avouer que les comptes-rendus d’expériences faites étaient étonnants et que la qualité de la thèse, si le reste suivait, était des meilleures. Trop absorbé dans sa lecture, ce n’est que lorsqu’un énorme plat de sandwiches vint se poser non loin de lui sur la table qu’Alekseï daigna relever les yeux et ranger le document. En une demi-heure, ce petit groupe de bénévoles étaient parvenus à préparer des repas pour toute l’université. L’originalité n’était pas la même que celle des elfes, mais il fallait avouer que pour un repas de secours, il était plutôt bien réussi, ne proposant pas que de simples sandwiches, mais aussi quelques autres mets.
La sous-directrice dirigeant l’opération culinaire finit par revenir à table, servant ses collègues avec entrain, de quelques coups de baguette. Alekseï lui rendit un léger sourire et lui répondit :


« Pour moi ce sera sans épices pour cette fois. Je vous remercie grandement de l’investissement dont vous faites preuve. Je vois qu’une fois encore, Miss Creedpeur n’a pas fait d’erreur dans le choix de la nouvelle sous-directrice. »

Il n’avait pas encore eu l’occasion d’adresser la parole à sa nouvelle collègue, mais apparemment, celle-ci avait l’intention d’assumer pleinement ses nouvelles fonctions à peine arrivée, une qualité nécessaire à tout membre de la direction.
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mer 19 Nov - 13:27

Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre de lui, Sven O'Well était resté muet, contemplatif, dès le moment où l'elfe lui avait lancé un tablier de dédain et s'en était allé. Si pour le Professeur O'Connelly tout ceci n'était qu'une farce, Sven O'Well était bien plus sérieux qu'il ne le laissait paraître, et profitait ainsi de ces moments d'observation alors que Celyn et Chenoa prenaient les choses en mains. Un simple tablier jeté sur les genoux du directeur pouvait-il symboliser un fort mouvement de rébellion ? Même si Sven en savait long sur l'excitation, la colère mais également la peur de ne pas aller au bout de ses idées, il était loin d'envisager ce geste comme un symbole du partage. Au contraire, même s'il n'avait pas riposté et gardait aux lèvres un sourire en coin énigmatique tout en balayant la grande salle du regard, Sven n'avait pas pour unique but de s'en tenir là, à apaiser les foudres, bien que méritées, des elfes de maison de S.W.Y.N. Aujourd'hui elles étaient telles, mais demain ? A ce que laissait entendre sa collègue Celyn Creedpeur, les elfes auraient vite fait de reprendre leur rôle en se considérant payés, mais, le pensait-elle réellement, ou était-ce une réponse bien menée pour faire taire une étudiante trop fougueuse ? Malgré lui, Sven détaillé Celyn sous un autre angle, moins lubrique et amusé peut-être (XD ?) que d'ordinaire. Très professionnelle, elle recensait sur un parchemin les groupes de volontaires aux cuisines et aux dortoirs. Sven lui-même espérait qu'un jour ou l'autre, les étudiants trop récalcitrants à cette idée se porteraient volontaires, par loyauté ou même par ennui. Car telle était la situation à présent, Sven redécouvrait l'ennui. Celui qu'il ne pouvait pas partager avec ses collègues en la présence des étudiants, celui qui considérait une situation et un débat bien plus grand que celui d'une simple université. Les elfes de maison ne manquaient pas de famille, de contacts, et auraient vite fait de faire le tour de la planète pour inciter leurs proches à faire de même dans leur demeure de service. Certains seraient écoutés, comme ceux-ci, d'autres seraient reniés, et d'autres au service de familles trop conservatrices seraient même exécutés de sang-froid. Telle était la réalité que Sven envisageait, en laquelle il croyait pour sûr malgré son optimisme à toute épreuve...
Où en serait la communauté des elfes de maison dans quelques temps ? Reprendraient-ils leur place ou construiront-ils des écoles de sorcellerie ? Oui, car si certains ne les en pensaient pas capables, les elfes de maison étaient des créatures rusées et puissantes, et exposées bien trop longtemps aux secrets et aux mal-êtres des sorciers. Qui savait ce qu'ils seraient capables de faire par vengeance ?

En son for intérieur, Sven sourit paisiblement en voyant Miss DalaSimkamil se rasseoir sur son banc sous les explications de Celyn Creedpeur. Il constatait lui-même que ce débat était loin d'être terminé, et que, même chez les elfes trop souvent qualifiés d'inférieurs, le complexe de supériorité pouvait jaillir à tout moment et s'amplifier, quitte à bouleverser les études supérieures des étudiants sorciers. Oui, car si Sven était fantaisiste il n'était certainement pas dupe, et il savait bien qu'à la longue, les étudiants ne pourraient pas supporter un rythme aussi endiablé que celui de leurs cours, de leurs recherches et du ménage, aussi nombreux fussent-ils. Si Sven avait donné tant d'énergie à se porter volontaire, lui-même doutait de sa performance, de l'image de S.W.Y.N à l'étranger en répercussion à cet événement. Lui-même se souciait peu de l'ordre et des autorités, mais depuis quelques années il apprenait à travailler avec ses collègues, chose qu'il n'avait alors jamais fait auparavant. Ruiner la réputation d'une université prestigieuse, être forcés de renvoyer des étudiants exténués chez eux détruiraient tout le temps et le travail mis à contribution de S.W.Y.N par Maela, Celyn et les directeurs adjoints...
Venues d'une loyauté naissante, Sven refusait de faire subir tant de frustrations.

Toutefois, il sortit de sa torpeur, tenant le tablier à la main comme s'il s'agissait d'un vulgaire chiffon. Discrètement, il se pencha sur l'épaule de Celyn et lut les notes qu'elle inscrivait sur le parchemin concernant les groupes de travail. Professionnelle et organisée, la jeune femme repérait avant tout les volontaires avant, sans doute, de préparer un discours pour les sourdes oreilles.
Tout en parcourant le parchemin des yeux, il remarqua qu'elle notait la préférence d'Alekseï pour les Dortoirs de Cinnacrow. Sagement, mais sans une pointe d'amusement, Sven ajouta :


" Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais faire profiter quelqu'un d'autre de mon tablier au profit de ma présence dans les couloirs des appartements des professeurs, ainsi que les nôtres bien entendus, à condition que vous me permettiez de lustrer le miroir dans lequel vous vous contemplez chaque matin..."

Concernant les bureaux des professeurs où la plupart logeaient, les elfes avaient toujours eu des ordres très stricts donnés par le professeur en question. Tous avaient au moins la permission d'entrer et de nettoyer le parquet et ôter la poussière, mais certains membres du personnel leur refusaient l'accès à leurs dossiers ou leur garde-robe, par pudeur sans nul doute, ce que Sven O'Well comprenait aisément.
Mais outre le travail minutieux que l'entretien de tels lieux demandait, ils étaient également la plus grande concentration de cheminées du château, et Sven comptait bien surveiller toute discussion via celles-ci pendant la durée de la grève. Bien sûr, il ne pouvait pas retenir tous les elfes dans l'enceinte de S.W.Y.N, et ceux-ci pouvaient transplaner auprès de qui ils voulaient, mais l'homme ne perdrait pas de temps à s'assurer que tous ses contacts (et en bons termes ou non, ils étaient toutefois nombreux) étaient sur le qui-vive. Pour l'heure, il n'était pas en mesure de faire plus pour l'université, mais il se gardait un poste d'observateur silencieux et guilleret en toutes circonstances pour mesurer, une fois pour toutes, l'ampleur du mouvement. S'il parvenait d'ici là à s'entretenir avec ses collègues qui rejoignaient son opinion, peut-être parviendrait-il également à couvrir les cheminées des salles communes et le Phare à Hiboux, bien que ceux-ci soient rarement utilisés par les elfes de maison.

Afin d'amadouer Celyn et s'accorder un bouleversement dans toute son organisation, Sven lui adressa un sourire angélique, enfantin, qui lui permettrait pour sûr d'obtenir la place qu'il souhaitait. Sans doute Celyn Creedpeur ne serait-elle pas charmée par ce sourire trop de fois usé par le directeur, mais lasse d'une nouvelle tentative, d'une sorte de caprice que seul Sven s'autorisait plein d'immaturité.
Toutefois, afin d'étayer ses paroles, l'homme posa une main gantée de cuir sur l'avant-bras de sa collègue et se pencha plus près de son oreille pour chuhoter :


" De tous les infimes défauts qui vous caractérisent, je ne vous pensais pas naïve..."

Etait-ce un moyen de la provoquer ou bien de lui faire comprendre que son choix était calculé ? Dans tous les cas, cette remarque aurait le mérite d'attirer l'attention de Celyn sur sa demande, et ainsi de la prendre en considération.
Dans un ultime sourire, il lâcha le bras de sa collègue et, tablier en main, s'approcha de nouveau de la table des professeurs où quelques sandwichs et salades venaient d'être servis. D'un regard amusé, Sven remarqua la moue, quoique non moins charmante, de Maela Rowan face au menu improvisé par sa collègue. Reconnaissante, sans doute l'était-elle, mais qu'était donc un repas sans une bonne bouteille de vin pour une dame telle que Maela ?

Considérant cependant que l'heure n'était pas à la dînette, Sven O'Well balaya une nouvelle fois la Grande salle qui s'était peu à peu vidée et porta plus particulièrement son attention sur un groupement d'étudiants, fermement collés à leur banc, qui ne semblaient pas désireux de se lever sans un repas dignes de ce nom. Certains avaient sans doute élevés de cette façon, d'autres, trop anxieux, étaient sans doute trop sceptiques quant au bouleversement de l'ordre, depuis des années établi, qui était en train de se produire sous leurs yeux. D'un regard bleu perçant, Sven nota un nom sur chaque visage qu'il contemplait, et contourna la table des professeurs.
Au passage, il s'arrêta derrière Chenoa Kalawei qui faisait voleter plusieurs plateaux de repas improvisés vers ses collègues avec un sourire charmant de bonne volonté et de candeur. Sourire aux lèvres, l'homme suivit la scène des yeux et profita d'un instant où sa collègue avait les mains occupées de sa baguette et d'un plateau pour déplier le tablier sur sa poitrine et l'attacher sur sa nuque. Se penchant vers elle, il chuchota, non moins charmeur :


" De toutes les qualités que seule une femme sait pleinement posséder, vous êtes sans nul doute l'ange dans la cuisine, Chenoa "

Sans plus de cérémonie à une remarque qui pouvait semblait machiste, mais qui ne l'était en rien, Sven descendit de l'estrade sur laquelle était surmontée la table des professeurs et fit voleter sa grande cape noire entre les plateaux en suspension.
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Celyn Creedpeur
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   Mer 26 Nov - 1:07

[Vous pouvez toujours faire réagir votre personnage, toutefois, pour l'avancement de l'intrigue, veuillez lire ceci. N'oubliez pas de suivre l'intrigue de près Wink !]
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MessageSujet: Re: Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]   

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Intrigue : Tu repasseras pour le repas. [Ouvert à tous !]

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